Le Medef, premier assisté de France

La presse sarkozyste nous le dit, nous le redit, nous en rabat les oreilles à longueur de journées : les retraités sont des assistés, les chômeurs sont des assistés, …

A première vue, les 23 milliards du coût du chômage, ça coûte bonbon … et ça sent l’assistanat à plein nez.

Mais le dernier rapport de la Cour des Comptes (en date de la semaine dernière) permet de relativiser.

Ce rapport nous parle d’abord de ces fameuses niches fiscales qui reviennent régulièrement sur le tapis : 500 niches qui coûtent 75 milliards à l’Etat. Mais ça, on le savait, ce n’est pas un scoop.

Puis il nous parle ensuite des niches sociales (qui permettent à l’employeur de payer moins de charges sociales). Elles représentent 79 milliards de manque à gagner (qui s’ajoutent évidemment aux 75 milliards déjà cités). Et ça, on ne le savait pas, ou très peu.

Mais surtout, ce rapport a débusqué « des niches dans les niches ». Ce sont des niches dont on ne soupçonnait même pas l’existence, qui ne sont plus considérées comme des niches mais comme des « modalités particulières de calcul de l’impôt » (vous apprécierez au passage la sémantique) et qui n’entrent pas dans les calculs précédents. Il faut, là encore, ajouter 71 milliards aux chiffres précédents.

Bilan des courses : 75 + 79 + 71 = 225 milliards de manque à gagner.

Bien sûr, certaines niches ne bénéficient pas qu’aux entreprises et bénéficient aussi à des particuliers. Mais à quels particuliers ? En général à ceux qui ont déjà beaucoup d’argent et qui se voient en plus proposer des dégrèvements de toutes sortes.

Il n’en reste pas moins que sur les 225 milliards perdus pour l’Etat, 172 sont de purs cadeaux faits aux entreprises, un chiffre très proche du montant du déficit public.

Alors que représentent les 23 milliards du coût du chômage par rapport à ça ?

Et vous n’avez pas l’impression qu’on vous enfume avec le problème du déséquilibre financier des retraites ? Comme si la solution n’apparaissait pas d’elle-même dans le montant des cadeaux faits au Medef !

13 réflexions au sujet de “Le Medef, premier assisté de France”

  1. Oh un politicien de droite te sortira un argument fallacieux, comme quoi il n’est pas possible de compter de cette manière, que le gouvernement travaille là dessus, voire que les chiffres sont faux, qu’il ne faut pas croire cette propagande d’activistes gauchistes d’internet …
    Quand jean michel apathie dit à xavier bertrand que c’est quand même inquiétant que toutes les rédactions enquetant sur l’affaire bettencourt ont subi des cambriolages ces jours ci, avec disparition de preuves, il lui répond qu’il est en train de faire un sketch de bigard …
    et tout le monde s’en fout… ils peuvent continuer autant qu’ils veulent à ce rythme là

  2. Les dégrèvements de charges sociales pour les personnes qui emploient du personnel de maison, c’est pas ce qu’on appelle des bonniches fiscales ? :w00t:

  3. Une notion intéressante raillée dans une des vidéos : « la soumission librement consentie ».
    C’est pas beau ça ? Ça ne vous rappelle pas la croissance négative ?

  4. Tout est dans les mots.
    Le Canard de mercredi nous cite la phrase d’un député PS (Pascal Terrasse) : « Les pensions ne vont pas baisser, elles vont augmenter à un rythme moins élevé que l’inflation ».
    Croissance négative donc ! :angry:

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