Arrête ton char, Dassault !

Vous connaissez le Concorde ?
Vous connaissez le Rafale ?
Vous connaissez le Mirage ?
En fait le Concorde est un Mirage. Et le Rafale est aussi un Mirage.
Euh, Dupdup, t’as fumé la moquette ? T’y connais kèkchos’ en aéronautique ?
Non, j’y connais rien, cette histoire de mirage, c’est les journalistes du Monde qui le disent (et d’autres journaux aussi, comme le Canard).
Je récapitule.
On nous a bassiné en son temps avec le Concorde. Alors que ça a été un fiasco : on n’en a vendu aucun !
Pour le Rafale, rappelons-nous il y a trois ans : notre Zorro VRP national avait annoncé à grands renforts de médias la vente de 36 Rafale au Brésil. Or, résultat des courses trois ans plus tard : zéro (ce qui n’est pas une surprise après les refus des Pays-Bas en 2001, de la Corée du Sud en 2002, de Singapour en 2005, le camouflet marocain en 2007, le revers cinglant enregistré en 2009 aux Emirats arabes unis et le désengagement tout récent des Suisses).
Le Rafale est donc à l’aviation militaire ce que le Concorde est à l’aviation civile : un pur mirage ! Un échec donc !
Moi, je m’en fous. Aviation civile et aviation militaire sont aussi indécentes l’une que l’autre.
De quoi se réjouir donc !
Sauf que (avec Dupdup y’a toujours un « sauf que ») Dassault vit bien malgré tout. Car l’Etat s’est engagé à payer le manque à gagner. Le Monde nous dit que « Dassault a obtenu des pouvoirs publics l’assurance de produire, quoi qu’il arrive à l’exportation, un avion par mois, afin de garantir ses installations industrielles, ses emplois et ses prix ».
180 nouveaux Rafale viennent d’être commandés par l’Etat, ce qui va porter le nombre de Rafale à 286 en 2021. A 142 millions pièce le Rafale, le contribuable aura donc payé un peu plus de 40 milliards à un monsieur qui devrait plutôt pointer à Pôle-Emploi pour incompétence notoire.
Elle est pas belle la vie du père Dassault ?
Et le Monde de conclure : « Il est pour le moins singulier que le contribuable français continue à financer, sans compter, un avionneur privé ».
286 Rafale ? Pour quoi faire ? Va vite falloir qu’on se trouve autre chose après la Lybie !

40 réflexions au sujet de “Arrête ton char, Dassault !”

  1. Oui mais mais un seul avion peut détruire 35 écoles …
    Et hop, plus d’enfants, plus d’écoles.
    Des économies à la clé ….
    Comprennent rien, sur le blog à dupdup … :kissing:

  2. Effectivement, comprennent rien sur le blogadupdup !
    Et si les gamins meurent sur le coup, ça évite aussi les frais d’hôpitaux !
    Et avec un peu de chance, les pompes funèbres feront un prix de groupe ! :devil:

  3. Je viens de faire un calcul rapide, je n’ai pas l’impression qu’ici une école vaille 4 millions d’euros, loin de là. Mais ça dépend évidemment du nombre de classes.

  4. En Mongolie, le troc donnait les équivalences suivantes :
    Un bœuf = cinq moutons,
    Un cheval = deux bœufs,
    Une femme = cinq chevaux
    Un fusil = deux femmes.
    Alors les gars, vous préférez quoi ?
    Un fusil ou deux femmes ? :angel:

  5. Je ne pratique pas – ou très très peu -la censure sur ce blog, mais je me suis sérieusement demandé si j’allais laissé le commentaire d’Etincelle.
    Car je me demande si l’idée même de pouvoir troquer sa femme contre moutons, boeufs, chevaux … ne va pas donner envie à certains d’amener leur douce moitié en vacances en Mongolie ! :devil:

  6. Cela dit, pour éviter toute erreur d’interprétation de mes propos, il n’y a pas de quoi être fier que la France vende des avions de guerre !
    (évidemment, si on ne les vend pas à l’Inde, ce sera un autre pays qui le fera, et ça ne changera pas grand’ chose au final).

  7. Pas de panique !
    Si en 2010, la France était le quatrième exportateur mondial d’armements, en 2010, les ventes ont bien chutées.
    Pour les antimilitaristes, c’est une bonne nouvelle.
    Après, question balance commerciale, c’est le contraire, plutôt une mauvaise nouvelle.
    Faut savoir ce qu’on veut !
    Si seulement on avait une balance commerciale avantageuse sans avoir besoin de vendre des armes … Ce serait TROP bien comme on dit maintenant.
    Faut-il être fier d’être français ?
    Bof ! On pourrait peut-être miser sur autre chose que sur des armes. :sad:

  8. Sans compter les autres contreparties pas vraiment à l’avantage de la France dont nous aurons connaissance dans les mois qui viennent ainsi que d’autres dont nous n’aurons jamais connaissance certainement. Sans parler des commissions occultes et autre choses pas très claires qui ne manqueront pas d’accompagner l’affaire.
    Il serait malvenu de ne pas se réjouir de cette vente (attention, rien n’est signé pour l’instant, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué) si on considère notre balance commerciale et les emplois français qui en dépendent.
    Mais pour moi, il est malgré tout difficile de m’en réjouir sans réserve car une arrière pensée tenace me désole.
    Qu’un pays tel que l’Inde où une grande pauvreté (et même la misère) touche une grande partie de la population soit capable d’aligner des milliards pour acheter des avions de guerre et autre armements onéreux, c’est désespérant.
    Et que ce soit mon pays qui soit le vendeur me fait honte.
    Il n’y a qu’à voir tout le mal que nos ventes d’armes à certains pays africains ont fait.

  9. Le PDG d’Air France, Alexandre de Juniac, qui doit ce poste à Nicolas Sarkozy, veut dénoncer la quasi-totalité des conventions collectives de l’entreprise et affiche des priorités inquiétantes : le social, voilà l’ennemi !

  10. Lequel a fait partie (je crois) des invités privilégiés (ainsi que Olivier Dassault d’ailleurs) d’un certain Thierry Gaubert dans sa belle maison (que dis-je, beau palace) en Colombie, dans un endroit bien protégé et réservé aux « grands » de ce monde, tout ça à coup de blanchiment d’argent « sale », de détournement d’argent public et tutti quanti. Pendant ce temps, d’autres se lèvent à 4 heures du matin (:wink: pour Yves) pour faire tourner la machine.
    A vomir ! :sick:
    http://www.wikistrike.com/article-en-colombie-le-palais-cache-d-un-homme-du-president-90969636.html
    http://forum-plus.forumactif.org/t1597-le-clan-des-colombiens
    http://www.mediapart.fr/journal/france/021211/nibar-et-nichon-les-droles-daffaires-de-thierry-gaubert-et-de-son-associe?onglet=commentaires
    Humeur grivoise va apprécier ! :wink:

  11. Je ne sais toujours pas …
    C’est le pouvoir qui corrompt ou les corrompus qui parviennent aux pouvoir ?
    :cwy:

  12. Sans doute un peu des deux, je pense.
    Cela dit, pouvoir et argent ne sont pas toujours liés. Souvent mais pas toujours. Il y a plein de gens corrompus qui se trouvent juste en-dessous des gens de pouvoir. Ils travaillent dans l’ombre, dans l’anonymat, on l’a vu avec tous les gens qui sont impliqués dans les affaires de vente d’armes, qui sont par exemple très proches en des dirigeants Africains. Travailler dans l’ombre, c’est à dire ne jamais accéder directement au pouvoir, est une règle qui leur garantit de durer.

  13. On a souvent tendance à penser que la corruption est le fait de nos seuls dirigeants. Je pense que c’est au contraire quelque chose qui affecte tous les niveaux de la société.

  14. Oui. Mais je pense que c’est quelque chose qui affecte ceux qui acceptent le système tel qu’il est parce que leur rêve est d’atteindre les hautes sphères. Et c’est bien ce qui fait peur. On n’a pas cessé de se demander pourquoi il y avait des gens de la France d’en bas dans l’électorat de Sarkozy. Le fait est que, même s’ils ne pensent pas pouvoir jamais accéder au niveau de vie de notre cher président et de ses proches, c’est ça qui les fait rêver. Ce sont des gens qui sont capables de dire : « bah, si on était à sa place, on ferait pareil, non ? » (Je sens que je suis un peu trop fatiguée pour bien argumenter, ce soir… mais ça me tient un peu à cœur, tout de même.)
    Étincelle se demande à juste titre si le pouvoir corrompt ou si les corrompus parviennent au pouvoir… J’ai l’impression que le pouvoir corrompt, oui, mais que pour avoir envie d’accéder au « pouvoir », il faut en effet une certaine dose d’esprit corrompu… (Arf, m’énerve, je sens que je m’explique vraiment mal !)
    Un dernier mot sur les armes, alors, tellement simpliste que je ne peux pas me tromper ou m’égarer : ce genre d’achats par des pays dont la population meurt de faim me révolte autant que toi, Étincelle ! Et quand on voit que l’Europe accepte d’aider la Grèce à la condition qu’elle achète des armes, on se demande comment on pourrait en sortir… Désarmement ! C’est la seule politique cohérente, si on veut la paix, non ?!
    Trop souvent, je désespère de l’être humain (pas bien du tout, ça !). Heureusement que le blogàdupdup est plein de commentaires qui rassurent sur le potentiel humain (bouh comme c’est moche, comme terme, pardon ! Disons : vous redonnez confiance en l’homme, merci ! – oui, Etincelle, en la femme aussi ;) )

  15. J’ai lu plusieurs articles disant qu’une des raisons de l’endettement de la Grèce était le coût exorbitant de son armée alors qu’aucune situation à ses frontières de justifie la présence d’une armée de cette taille-là.
    Alors si, comme tu le dis Slo, « l’Europe accepte d’aider la Grèce à la condition qu’elle achète des armes », on marche sur la tête … Cela dit, c’est pas un scoop, on sait depuis longtemps qu’on marche sur la tête, non ? :angry:

  16. trop hâtif le cocorico français?
    « Le groupe britannique BAE Systems n’exclut pas d’abaisser le prix de ses avions pour revenir dans l’appel d’offre lancé par l’Inde sur cent vingt-six avions de chasse. Le gouvernement indien est entré en négociations exclusives avec Dassault pour des raisons de prix mais le contrat n’est pas encore signé. »
    (médiapart)

  17. Réaction au commentaire de Slo…
    Au-delà de la corruption, il est naturel pour un cadre de devoir s’éloigner de la réalité du terrain. Sa perception de la réalité vécue provient donc naturellement des outils dont il dispose pour analyser ce vécu, en rapport avec le sien, de la qualité de ses relations avec des témoins objectifs aussi, et de sa capacité à entendre ceux qui le sont moins !
    Ces outils sont donc importants et ils peuvent ne pas être performants, par exemple, une situation financière ou un bilan de production ne témoignent pas nécessairement des difficultés ou des souffrances quotidienne des salariés de base.
    Ensuite, plus le temps passe, et plus cette vision ressentie peut s’atténuer, se déformer et elle ne peut souvent plus se référer à un constat objectif ou une situation vécue par le passé. On oublie ! Et puis on est en prise avec de nouvelles contraintes : rédaction, réunion, synthèse, interprétation… Alors, à supposer que ces cadres aient eu un vécu de terrain (ce qui est plus rare à mesure qu’on s’approche du plus haut niveau), la réalité s’éloigne.

    Avant la corruption, bien des étapes sont possibles, on s’accommode, on n’entend plus les voix discordantes, on n’écoute plus celui qui parle mal mais témoigne juste…
    La dérive est lente, insidieuse, et le risque peut être simplement d’oublier de quoi l’on tire son pouvoir, d’où l’on tire ses propres résultats.
    Après, on côtoie des personnes qui de la même façon s’éloignent de la réalité et il est facile, je l’ai vu, de voir des personnes très honnêtes dériver vers des positions subjectives, admises par facilité.

    On disait, peut-être le dit-on encore, qu’un bon patron devait mettre ses mains dans le cambouis… Une part des dérives actuelles se trouve là, et encore plus lorsque ce patron est un actionnaire, non relié véritablement à l’entreprise.

    La corruption est insidieuse, et je pense que bien des exemples caricaturaux sont le fruit d’une lente dérive, et que les cris d’orfraies qu’ils peuvent pousser lorsqu’on les y prend sont sincères : ils font comme beaucoup autour d’eux, et la simple mise en relation avec la réalité est brutale, insupportable. Normal, il n’en ont plus l’habitude et ils ne se rendent plus compte, ils ont dérivés vers des territoires qu’ils croient toujours pareils.

    Nous sommes tous capables de cette dérive, peu y échappent. Il faut être bougrement résolu et intègre pour ne pas suivre le mouvement, ne pas renier ses principes.
    Il faut aussi saluer et soutenir ceux qui ne cèdent pas, ceux qui portent malgré tout leurs objectifs, leurs valeurs de départ, sans les avoir pervertis, rabotés, amputés, oubliés.

    J’aime bien cette phrase que je rapporte de mémoire et dont je ne connais pas l’auteur : « on peut mesurer la valeur de quelqu’un à la considération qu’il accorde à ceux qui ne peuvent rien pour lui ».

    Une joli thermomètre à pouvoir !

  18. L’Inde est coutumière du fait de casser des contrats. Eurocopter qui avait remporté l’appel d’offres pour la livraison au gouvernement indien de 197 hélicoptères a vu son contrat cassé en décembre 2007.
    Le Canard nous dit en outre cette semaine que le Rafale sera vendu à l’Inde 87 millions d’euros l’unité alors que Dassault vend des centaines de Rafale au gouvernement français à raison de … 150 millions l’unité (chiffres de la cour des comptes).
    Pourquoi brader ainsi l’avion si ce n’est pour le vendre à tout prix en période électorale française ?

  19. « Pourquoi brader ainsi l’avion si ce n’est pour le vendre à tout prix en période électorale française ? »
    En fait, l’avion peut être bradé à n’importe quel prix; Dassault s’en tire toujours car les contrats qu’il passe avec les pays étrangers sont garantis par l’Etat français, càd que l’Etat paye le manque à gagner de la transaction.
    L’essentiel, comme tu le dis, c’est l’effet d’annonce.
    Dassault n’est d’ailleurs pas le seul à bénéficier de ce type de « soutien à l’exportation » (comme c’est gentiment dit!).
    Officiellement, on soutient l’activité française, ce qui justifie la garantie offerte par l’Etat.
    « Occultement », ça pourrait devenir intéressant … et les articles de Mediapart le prouvent.

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