La fabrication du jus de consoude

Un article proposé par Jérôme
La consoude officinale (Symphytum officinale) appartenant à la famille botanique des Boraginacées, tout comme la pulmonaire, le myosotis ou la bourrache pour ne citer que celles-ci, est une plante remarquable à de nombreux égards. En effet, douée de propriétés pharmacologiques intéressantes pour l’homme, la consoude est également mellifère et très utile au jardin. On la trouve généralement dans des zones humides et fraîches (bords de rivières ou de mares) et peut se montrer assez envahissante, ce qui n’est pas pour nous déplaire !!!

 Nous connaissons tous l’extrait de consoude (même si personnellement je ne l’ai jamais réalisé) qui est obtenu par fermentation d’un kilo de feuille de consoude ajouté à dix litres d’eau. Quelques jours et brassages plus tard, on obtient notre fameux extrait fermenté dont les propriétés sont multiples : fertilisant riche en potasse (K), insecticide, stimulant de la flore microbienne du sol.

Il existe une autre méthode pour obtenir un excellent fertilisant naturel avec la consoude et qui est peu connue des jardiniers. C’est bien dommage car celle-ci est bien moins contraignante. En effet, dans cette technique il n’y a pas d’utilisation d’eau et la taille des récipients est réduite pour un usage familial.

Pour cela il vous faut récupérer ou acheter trois seaux identiques (ceci est important) d’une dizaine de litre. Ces trois seaux vont être emboîtés chacun les uns dans les autres

  • Le seau A, le plus bas (au sol) est celui qui va récupérer le jus qui sera produit.
  • Le seau B, celui du milieu est celui qui va contenir les feuilles et tiges de consoude hachées grossièrement. Le fond de celui-ci sera préalablement percé de trous afin que le jus formé puisse s’écoulé dans le seau A.
  • Le troisième seau, le seau C vient se placer en dernier et va servir de lest, de manière à ce que la consoude soit bien compressé. On le remplira d’eau, de sable etc … pourvu que ce soit lourd !!!. Sur la photos il s’agit d’une magnifique éclogite ramenée lors d’un stage de géologie dans les Alpes Italiennes (voilà pour la petite histoire).

Une fois le montage réalisé, il ne nous reste plus qu’à attendre !!! Rien d’autre, et je vous assure que c’est aussi simple que cela. Quand il n’y a plus de jus qui se forme on peut filtrer et stocker dans une bouteille en verre.

Le temps d’attente entre la mise en place du montage et la mise en bouteille va dépendre pour beaucoup de la température de la pièce.

Pour ma première expérience, j’ai obtenu un litre et demi de jus de consoude pour un seau de 10 litres rempli en trois fois à raz-bord (la consoude se tassant au fur et à mesure on peut en rajouter mais ceci n’est pas une obligation) en trois semaines.

Au jardin, le jus doit être dilué à raison de 1 volume de jus pour 40 volumes d’eau soit 250 mL de jus pour un arrosoir de 10 L d’eau pour pouvoir arroser vos tomates, courgettes, fleurs etc …

Bonne culture 2012.

30 réflexions au sujet de “La fabrication du jus de consoude”

  1. La consoude est une plante qui se plait très mal chez moi et j’ai du mal à en garder un pied au jardin, il périclite au fil des années. :angry:

  2. Avant de l’utiliser pour le jardin je l’utilisais comme plante médicinale. C’est une des plantes médicinale dont les effets sont les plus évidents. Elle s’appelle consoude parce qu’elle re-soude. Tout. Mais je la connais surtout pour les plaies. On prend la racine, on l’épluche grossièrement et on la gratte avec un couteau, de préférence avec des dents (le couteau, vous pouvez faire cela même si vous êtes édenté). Il se forme alors une espèce de purée gluante. On pose directement cette purée sur la plaie. La mixture va vite devenir brune (dès le grattage) et va sécher. Le fait qu’elle soit gluante aide à l’adhérence. Cela forme comme une croute de sang et quand cette croute tombe la plaie est guérie. J’ai un ami qui l’a utilisée sur une très vilaine plaie à la main la guérison a été spectaculaire. Je l’utilise aussi régulièrement sur les animaux. La texture fait qu’elle adhère partout et on peut ainsi faire un « pansement » là ou des compresses ne peuvent être maintenues en place. Les plumes et les poils aident même au maintien du produit. Poule, pigeons, chat, chiens, vaches, âne…. presque tout le monde y a gouté ici. Je l’ai utilisé en infusion (de la racine) pour un problème d’ancienne blessure sur le boulet de la patte d’un âne.

  3. La consoude évoquée dans cet article est la grande Consoude ou Consoude officinale (Symphytum officinalis pour les intimes de la botanique), cette plante des bords de ruisseaux mais également des terrains vagues frais se décline avec des fleurs de différentes couleurs allant du violet-pourpre au jaune très pâle. C’est de loin la plus courante des consoudes.
    Par ailleurs, il existe d’autres espèces du genre Symphytum qui sont moins courantes que l’Officinale :
    La Consoude rude très rare en Franche-Comté (région dôloise) ;
    La Consoude tubéreuse, également très rare dans la région, observée dans le Haut Doubs à une reprise ;
    Enfin la Consoude hybride qui a été vue à plusieurs reprises dans les années 2000 à 2010, en divers points de la région (une dizaine de localités), cette dernière mérite d’être recherchée car elle passe probablement inaperçue.
    On voit que les petites cousines de la grande Consoude restent peu courantes ; je ne connais pas les répartitions dans les autres régions de France mais il semble que la Grande Consoude soit vraiment la plus courante de la tribu.
    Voilà, c’était le point botanique et géographie de la journée, à bientôt pour un prochain flash d’informations géo-botano-stratégiques. :angry: :blink: :biggrin:

  4. Il existe d’autre espèces de plantes appelées consoude à cause des propriétés réparatrices. Par exemple le bugle rampant appelé petite consoude. Mais les propriétés de réparation et cicatrisation ne sont vraiment reconnues que pour la grande. Le bugle est cependant intéressant pour couvrir des parties ombragées du jardin.

  5. C’est étonnant Bernard que tu ne puisses garder des pieds de consoude dans ton jardin car c’est une plante peu exigeante quant à la qualité du sol :blink: . Quand on la replante au jardin (printemps ou automne mais pas en été) , il faut lui donner pas mal d’eau au départ. Faire des boutures de consoude sans détruire une belle station c’est très simple. Il faut récupérer un bout de racine que l’on met dans un sac plastique hermétique et au frais. Au bout de quelques jours, de petites radicelles commencent à apparaitre suivi par des feuilles, et zou on replante. Rien de plus simple. :biggrin:

  6. C’est sans doute parce que mon pied de consoude est dans la pelouse et que je ne travaille pas la terre autour du plant.

  7. Bonjour,
    Il y a de très nombreuses variétés de consoude.
    La plus connue est la consoude officinale (officinale parce qu’elle a des propriétés médicinales)
    La consoude rugueuse (symphytum asperum) est bien connue des agriculteurs OGM dans l’Ontario par exemple. Cette plante très intéressante par ailleurs, envahit les champs parce qu’elle résiste au roundup
    Pour votre jardin nous vous conseillons la consoude bocking 14 : C’est la variété qui contient le plus d’éléments fertilisants et qui n’est pas envahissante.
    Pour l’alimentation animale vous choisirez plutôt la consoude bocking 4 qui est plus appétente et qui contient le maximum de protéines.
    Pour vous soigner toutes les variétés peuvent convenir.
    A noter que dans le jardin la consoude est utile sous forme de purin ou de concentré mais pas uniquement: c’est un excellent activateur de compost, c’est excellent dans les trous de plantation, c’est excellent en paillage, cela attire les insectes pollinisateurs…
    Bon jardinage
    Fan de consoude
    http://www.b-actif.fr/
    et http://www.la-consoude-au-jardin.fr/

  8. J’ai lu un jour qu’on ne doit pas consommer la cousoude (Symphytum officinale) car c’est une plante toxique pour le foie à cause des alcaloïdes de pyrrolizidine (AP) qu’elle contient .

  9. y’en a qui font bien leur boulot. Pub, pub, pub
    je peux vous indiquer où en trouver gratos.
    par exemple vous trouvez un copain ou une copine pourquoi pas sur ce blog, ou alors vous allez au bois ou au fossé le plus proche de chez vous. Elle est moins riche que la 14 ça tombe bien il y en a de milliers de fois plus. Elle se ressème, quoi de plus naturel pour une plante, ça vous fera des plants à donner (voir plus haut) et petite elle n’est pas difficile à enlever, si amateur j’ai quelques plants à donner, mais franchement vous devriez en trouver près de chez vous.

  10. Ca vaudrait le prix d’aller faire un petit tour au bord d’un ruisseau, ou dans des endroits humides pour en trouver quelques pieds.
    Un pépiniériste chez qui je vais en vend des pieds à trois euros pièces….
    Il vend aussi des graines d’orties.
    C’est marrant, je n’ai pas d’orties dans mon jardin, alors qu’en Belgique, ça poussait comme le chiendent (qui lui, est devenu mon ennemi – à la différence que l’ortie peut avoir des utilisations nombreuses, comme la consoude, mais aussi culinaires – soupes, risotto).
    Je ne me souviens d’ailleurs pas en avoir vu dans le coin où j’habite. Je ne pense pas que le sol des garrigues y soit très favorable. Ni pour l’ortie et sans doute encore moins pour la consoude.

  11. Je me suis souvent fait la remarque que dans le Sud on ne trouvait pas d’orties. C’est une plante qui aime les sols profonds riches en matière organique, ce qui explique que dans la garrigue elle ne soit pas présente.
    Léa, quand tu voudras faire une tisane d’orties, faudra donc que tu ailles faire un tour du côté de chez Luc ! :wink:

  12. Bon ben , y’a plus qu’à trouver de la cousoude , trois seaux et mettre cela en pratique !!
    Merci Jérôme !!
    Est-ce que le système des trois seaux fonctionne aussi avec les orties ou simplement avec la cousoude ? Comme j’ai un coin plein d’orties dans mon jardin …. Que je garde précieusement même si ça dérange un voisin !!

  13. ahahhhh… c’est une bonne idée, la prochaine fois que je retourne chez mes parents, je m’invite chez Luc :devil:
    Mais je pense qu’on doit y boire plus de tisane d’orge :wink:
    Et je vais de ce pas consulter le lien donné par Francis pour vérifier où je peux trouver cette plante magique dans le coin!
    Par contre, pour changer le sujet, avez-vous entendu que le fondateur des Platters, Herb Reed est mort hier à 83 ans?

  14. De rien Yves j’avais envie de partager cette expérience avec vous :smile: Et pous l’ortie je ne le pense pas mais je sais par contre que l’on on peut mettre une couche de consoude, une couche d’ortie, une couche de consoude etc … dans le seau. Tiens ça me donne des idées :w00t:
    Par contre la pub c’est insupportable. « Les c… ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait », hein qui disait le père Audiart. Mais y connait pas Raoul le mec !!! :devil:
    Léa, n’achète pas les plants de consoude en jardinerie ou des graines d’ortie, c’est du vol pur et simple. J’ai quelqu’un qui doit me ramener quelques plants de consoude je te ferai des boutures et gratos en plus si tu le souhaites. Pour l’ortie, pas besoin de graines, qui mettent beaucoup de temps pour germer. Il suffit de ramasser quelques rhizomes d’ortie, d’en faire de petits tronçons de 5/8 cm de long et de les mettre à bouturer gentiment dans un jardinière au chaud à 4 cm de profondeur. Quand les plants ont bien repris avec feuilles et tiges on remet en terre.
    D’ailleurs pour les personnes qui aiment la consoude et l’ortie, ou qui sont naturaliste à leurs heures perdues, je ne peux que vous recommander les livres de Bernard Bertrand aux éditions de Terran. Je les ai quasi tous et sont très bien … promis je n’ai pas d’action chez eux :biggrin:
    Jérôme.

  15. Est-ce qu’on sait ce qu’apporte exactement la consoude ? des oligoéléments ? de la potasse ? du bore ? ….

  16. Dans mon jardin, la consoude est devenue une herb blue commune depuis l’année dernière. Sans doute que j’avais tapé distraitement des graines, mais j’ai oublié.
    Pour répondre à Yves, j’ai mis quelques « foies » des fleurs dans mes salades, et, à défaut d’être franchement goûtu et clairement toxique, ça donne du plus bel effet. De plus, j’ai pas mal de copain en bonne forme qui font régulièrement des beignets de jeunes feuilles de consoudes. …enfin, ça ne prouve rien… :smile:

  17. C’est sur le long terme que c’est toxique par effet d’accumulation. De temps en temps c’est pas grave du tout !!! Ca a un goût de poisson parait-il, est-vrai luc de Belgique?
    :cheerful:

  18. Non non , mais c’est pas grave , vous avez le temps avant de mourir … Ces sympathiques alcaloïdes présentent simplement des risques cumulatifs de nécrose des veines hépatiques avec un dépérissement consécutif du foie. Les dégâts seraient lents et insidieux ….
    Non , Franchement , c’est une plante qui est merveilleuse pour enrichir le sol du potager mais je ne me risquerais pas à en manger . Même si elle a le goût de poisson ou d’huître et dieu sait que j’aime ça !!
    ftp://ftp.fao.org/codex/meetings/cccf/cccf5/cf05_14f.pdf

  19. C’est comme tout faut pas en abuser, autant s’acheter un bon poisson chez le poissonnier je suis d’accord avec toi Yves, il vaut mieux éviter de se faire du mal pour rien et laisser la consoude pour le jardin !!!

  20. Hier, je suis allé porté des replants de salade chez un voisin jardinier. Il avait un massif de consoude impressionnant, il aurait sans doute en remplir deux ou trois brouettes. Il va m’en donner quelques pieds à l’automne et j’essaierai de les mettre dans un endroit plus favorable.

  21. la consoude est une plante splendide ce se soit pour le jardin et pour l’humain il est vrai qu’il ne faut pas en abuser mais il faut l’utiliser. c’est comme tout dans la vie . :cheerful:

  22. En alimentation il faut en effet la consommer avec modération car elle peut si abus être toxique pour le foie mais pour le potager c’est une véritable alliée : En purin, en décoction, en jus, en paillage ou pour activer le compost !

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