Chronique d’une sécheresse annoncée (1)

Ici, en Franche-Comté (mais c’est un peu pareil dans presque toute la France), les réserves d’eau se font d’octobre à mars. Ce qui tombe ensuite, à partir d’avril, est absorbé par la végétation (sauf pluies exceptionnelles) et ne sert plus à alimenter les nappes.
Or, depuis l’été dernier il pleut très peu. L’année 2021 avait été bien arrosée certes, mais ce sont seulement quatre mois très excédentaires qui ont fait la différence avec des pluies quasiment deux fois plus importantes que la moyenne mensuelle (janvier, mai, juillet et décembre) mais les 8 autres mois ont été déficitaires en eau.

Depuis le mois d’août dernier, il pleut très peu et si on excepte le mois de décembre, très arrosé (+66%), les 7 autres mois ont eu un déficit en eau sévère : août (-29%), septembre (-23%), octobre (-11%), novembre (-17%), janvier (-24%), février (-19%), mars (-83%).

Le trimestre qui s’achève a été exceptionnellement sec (57% seulement de la pluviométrie habituelle, avec un mois de mars tellement sec que ça n’a peut-être jamais été vu : 17% seulement de la pluviométrie moyenne mensuelle, déficit donc de 83%). Et le mois d’avril qui arrive ne va sans doute pas changer la donne car avril est souvent, ici, l’un des mois les moins pluvieux.

L’été s’annonce forcément très dur car une sécheresse d’hiver et une sécheresse de printemps annoncent forcément un été encore plus sec (même si la pluviométrie redevenait normale entre temps). Ici, autour de moi, personne ne parle de tout ça (à part quelques amis jardiniers et quelques agriculteurs) et il y a même des gens qui pensent que l’hiver a été pourri et froid.

On en reparlera plus tard … !

Et chez vous ?

25 réflexions au sujet de “Chronique d’une sécheresse annoncée (1)”

  1. Dans notre région, le ressenti des gens (hiver pourri) est peut-être lié au fait qu’il y a souvent des nuages… sans pluie, ajouté à la durée courte des jours. . :unsure:
    Mais c’est une interprétation personnelle..

  2. Oui, sans doute est-ce lié à ça (car effectivement il y a eu une longue période brouillasseuse), mais je crois surtout que c’est lié à notre mode de vie moderne, la moindre goutte de pluie nous emmerde … ! (moi par contre, ça me ravit, je suis un inconditionnel de la pluie et c’est d’ailleurs pour ça que le premier article de ce blog, en 2006, était lié à ce sujet).

  3. Je partage largement l’inquiétude du temps à venir, dans les deux sens du terme.
    Le déficit en eau est déjà visible, les effets se feront sentir vite avec en plus une absence de gelées matinales qui entraîne la végétation à se développer très vite : ce qui reste dans le sol sera vite pompé.
    Et puis surtout, ce scénario printanier se répète depuis quelques années avec des variantes. Alors je crains des effets durables et profond sur la nature franc-comtoise.
    Que peuvent par exemple devenir « nos » tourbières dans ces conditions ? Et « nos » grand tétras ?
    Quand on sait par ailleurs que les deux pôles subissent une élévation hors normes des températures…
    https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/meteorologie-plus-30-c-dessus-moyennes-saison-antarctique-arctique-97462/

  4. c’est difficile pour moi d’entrer dans la conversation pluie et sec.Je ne suis pas sûre à 100 %
    dans mon village nous avons des sources et nappes phréatiques et nous pouvons pomper l’eau du lac Léman
    mais il ne faut pas se plaindre, il y a tellement plus de misères dans le monde que si mes fleurs flétrissent, elles refleuriront l’an prochain.
    Bernard je t’envoie par mail la photo du pinsons : arbre ou nord « 

  5. Il semblerait d’après ce que j’ai lu qu’on se dirige vers un été très sec et chaud qui arrivera alors que nous sommes déjà avec des déficits en eau, comme le dit bien Bernard.
    On était pourtant bien avec la Nina. Pourquoi faut-il que El Nino soiT de retour si vite :sad:
    Un hiver pourri ! Alors là, les bras m’en tombent :shocked: Il est vrai que je suis plus au sud que les Francs-comtois mais j’ai plutôt vu un hiver exceptionnellement beau. A part une semaine de mauvais temps (évidemment lorsque j’étais en Haute-Tarentaise pour m’occuper de mes petites filles), nous avons toujours eu du grand ciel bleu. Je vais me faire huer si je dis qu’à force, cela devient monotone :devil:

  6. Le Doubs est quasi au niveau de juillet août en ce moment….
    Mais bon l’année dernière on nous promettait une sécheresse canicule toussa en mars et au final on s’est fait rincer. On verra et de toutes façons on n’y peut rien ou presque quoiqu’en pensent Jadot, Vignot et les über-verts…

  7. OUI. Et en plus, on était sous l’influence de la Nina alors que là, on est repassés en Nino ce qui apporte toujours chez nous des étés caniculaires.

  8. Euh ! Le « OUI » se rapporte à la phrase de Bernard « situation non comparable ». En ce qui concerne les nappes, je ne sais pas alors je ne dis rien.

  9. Ici, en vallée de Saône, même constat..Je vais prendre du recul sur la culture salades, quand je pense au temps et à l’eau nécessaire pour les très faibles résultats..Mes tomates seront plantées en pot (18 l), de même que les fraisiers et les framboisiers..Mon sol étant argileux, il devient rapidement du béton et les arrosages ne pénètrent plus. « Il faut biner ! » me disent les malins assis sur leurs chaises percées. Sauf que c’est plutôt au pic de chantier qu’il faut travailler, et le « béton » se reforme vite..
    J’ai constaté à mon niveau que les variétés anciennes résistaient mieux à la nouvelle donne climatique, exemple en haricots, les « rognons de pont l’abbé » ont battus nettement leurs « concurrents.. »…en grimpant je vais essayer « pea bean », une variété connue depuis le XVIe siècle.. donc forcément une lignée originale, directement importée des Amériques, sans modification.
    Egalement le système « milpa », groupe haricot/maïs/ courge, avec un drain au milieu pour l’irrigation (tuyau de drainage percé et partitionné en longueur de
    25/30 cm, avec du sorgho en alternance avec le maïs. J’ai actuellement de superbes rangs de fèves en fleurs qui font le régal des bourdons..Cette récolte d’hiver sera relayée par les haricots précités..
    J’ai bien conscience de la dureté des temps, et de l’avenir difficile pour la production de nourriture, ce qui échappe à la plupart de mes contemporains..

  10. Bonsoir Otto

    il est pas sympa l’ami Bernard, moi je suis presque certaine qu’il a trouvé un moyen de pomper l’eau de l’Ognon pour arroser ce qu’il fait pousser autours de sa maison.
    Bernard, attention, si tu fais pousser des belles salades attention aux visiteurs du soir qui pourraient venir se servir de tes belles pommées.
    Moi je n’ai pas de salades, mais des jolies chaises de jardin, et mes locataires profitent de la nuit pour me voler mes chaises…………..
    On ne va pas faire d’histoires mais quand elles partiront fin novembre on surveillera bien la déménageuse.
    Elles sont tellement « culottées » ces femmes qu’elles ont même un matin bombardé notre voiture avec des oeufs…………..
    pour quelle raison, on ne sait pas trop, mais mon avocat a été averti et elles ont reçu un blâme de sa part.
    chers amis, méfiez-vous de la couleur noire, nous on s’est fait rouler dans la farine.

  11. C’était des oeufs bio au moins ?
    Trêve de plaisanterie : ah, l’éternel problème entre propriétaires et locataires … ! Ici c’est une peu pareil en France, mis à part quand même que les avocats agissent et que le blâme dont tu parles est quelque chose d’inconnu ici en France, du point de vue juridique tout du moins.

  12. je ne sais pas mais des oeufs, coquille et blanc et jaune cela fait des traces difficiles à faire partir.

    voici des propos tout différents, nous rentrons d’un WE en Valais et les abricotiers sont en fleurs.
    Je n’en avais jamais vu en fleur, l’année dernière à la même date toutes les fleurs étaient enrobées d’eau pour éviter le gel.
    Cette année si toutes les fleurs produisent des fruits les producteurs ne sauront pas que faire de leurs récoltes.

    Les jardins sont bien fleuris, et les arbres d’ornement croulent sous les fleurs des magnolias, mais les pommiers et poiriers, ainsi que les cerisiers ne sont pas encore fleuris.
    Les asperges et les fraisiers sont sous couverts de serres en plastic, tout comme les pdt.
    quant aux poiriers, pommiers et cerisiers pas encore en fleurs.

  13. délaissant quelques instants mon écran, je regarde par la fenêtre (point de nourrissage) et il y a un écureuil noir au poitrail blanc qui se régale des grains de tournesols et de blé, et en « toile de fond » quelques petits flocons.
    un dicton dit : neige en avril remplit le baril…………………
    mais je ne sais pas si cela concerne le « houblon—————en fait Bernard, tu utilise quoi pour créer ta boisson favorite.

  14. Consommation d’eau limitée dans 90 départements. J’imagine que c’est en Bretagne, là où l’on ne sait même pas quel est le goût de l’eau, que la consommation d’eau n’est pas restreinte .
    C’était un petit clin d’oeil à Yves :wink: :tongue:

  15. oui, je sais, c’est juste parce que je suis tombé sur cet article ancien et que je l’ai trouvé rigolo, que j’ai mis le lien.

    En lien avec la canicule, un autre (d’un humour plus scabreux) :
    http://lechodelaboucle.fr/2022/06/17/panne-de-climatisation-la-morgue-du-chu-de-besancon-toutes-les-visites-scolaires-sont-annulees/

    Et enfin, dans un autre style plus trash, cet article lié à l’actualité (pénurie alimentaire) :
    http://lechodelaboucle.fr/2022/01/28/dijon-lancien-dermatologue-collectionnait-les-peaux-de-motardes/

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