Retour inespéré du castor

Le retour du lynx a fait coulé beaucoup d’encre il y a une dizaine d’années. Celui du loup, aujourd’hui aux portes de la Franche-Comté, fait aussi l’objet d’attention de la part des médias.

Par contre, le retour du castor est passé un peu plus inaperçu, malgré un article dans l’Est Républicain il y a quelques mois.

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La Haute-Saône peut s’enorgueillir du retour de cet animal, disparu depuis problablement trois siècles (on considère qu’avant cette époque, cette espèce vivait sur toutes nos rivières) . La réapparition de ce rongeur énorme (jusqu’à trente kilos, 1,20 m de longueur) s’est faite sur la rivière « la Coney », petit affluent de la Saône, dans le secteur de Corre/Vauvillers. La découverte du castor sur le territoire de la Haute-Saône est due, il faut le souligner car une fois n’est pas coutume, à deux agents passionnés de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (Olivier Roch et Nicolas Petit).

Mais d’où vient cet animal, alors qu’il n’en subsistait que quelques colonies dans la basse vallée du Rhône ? C’est dans les années 80 que quinze castors de la vallée du Rhône ont été capturés et relâchés en Lorraine où la réintroduction a été un véritable succès. En 1992, il occupait tous les sites de la Moselle et de ses affluents. Alors, comment passer du bassin rhénan à la petite rivière « le Coney » qui est dans la bassin rhôdanien ? C’est en suivant le canal de l’Est que ce sympathique animal a fini par découvrir le département de la Haute-Saône. Cette observation est d’autant plus intéressante qu’elle peut préluder à une colonisation de toute la vallée de la Saône et de ses affluents (ce qui était impossible en remontant le Rhône car Lyon et son urbanisation constituent un verrou infranchissable).

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L’Est Républicain qui avait, en son temps, salué la réapparition du castor, avait alors publié ces lignes : « Sur la planète, 30 à 60 espèces animales et végétales disparaissent chaque jour. A contre-courant, la Haute-Saône enrichit son patrimoine naturel ». Faut pas exagérer, la Haute-Saône ne va pas quand même pas sauver la planète ! Enfin, si ça pouvait être vrai … !

Ecureuil pépiniériste

Depuis le début de l’hiver, un écureuil plutôt sombre a pris l’habitude de venir manger sur le rebord de la fenêtre. C’est un vrai bonheur que de le voir tous les matins à trente centimètres de soi, en train de décortiquer noix et noisettes placées là à son intention. Il s’agit probablement d’une femelle, car je l’ai vue régulièrement pendant l’hiver dans le bois derrière chez moi en compagnie d’un autre écureuil, beaucoup plus roux, qui avait plutôt un comportement de mâle.

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Petite surprise, depuis une quinzaine de jours, un deuxième écureuil, beaucoup plus roux et beaucoup plus clair, a pris l’habitude de venir, lui aussi, dérober quelques noix et noisettes tous les matins sur le rebord de la fenêtre. Il s’agit probablement d’un jeune né ce printemps, comme le laissent supposer les traits plutôt fins du visage.

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(les deux photos sont de Joëlle, la nouvelle photographe de la maison)

Ce jeune écureuil a un comportement très prévoyant. Beaucoup des fruits qu’il prend ne sont pas mangés sur place … mais cachés par lui un peu partout dans la pelouse. Il vient prendre une noisette, part aussitôt l’enterrer, chaque fois dans un endroit différent, puis revient aussitôt en prendre une autre, et ainsi de suite, parfois dix fois d’affilée.

Je m’attends donc à voir pousser un de ces jours une forêt de noisetiers et de noyers autour de la maison car, tel un pépiniériste, il en plante un peu partout ! Si mes amis ne retrouvent plus ma maison dans quelques années, ce sera très facile : juste au milieu de la forêt de noyers !