John Mayall, figure de légende (2)

John Mayall passait avant-hier soir à Besançon pour un concert qui fait partie d’une tournée européenne, (avec notamment 20 concerts en France). Avec cinquante ans déjà de vie consacrée au blues (son premier groupe date de 1956), le Monsieur n’est plus un débutant : bientôt 73 balais au compteur.

Il y avait pas mal de monde ce soir-là à Micropolis mais la salle n’était pas pleine. Beaucoup de cinquantenaires comme moi, dont quelques mecs un peu éméchés et un peu chiants pendant le concert, mais aussi pas mal de jeunes. Après une première partie consacrée à un chanteur-guitariste qui s’accompagne d’un séquenceur, les Bluesbreakers arrivent sur scène. La formation n’a plus rien à voir avec le premier groupe mythique de Mayall, les musiciens (qui, à l’époquent s’appelaient Eric Clapton, Jack Bruce ou Peter Green) ne sont plus les mêmes. Ils sont rejoints par John Mayall au 3ème morceau.

Pendant toute la soirée, Mayall, passera du clavier à l’harmonica et à la guitare. J’ai beaucoup aimé les parties de piano/orgue et celles d’harmonica, Mayall se livrant notamment en milieu de concert à un blues endiablé avec une longue partie d’harmonica assez époustouflante (mais un peu en deça tout de même du célèbre « room to move » que j’ai attendu en vain toute la soirée). Les quelques morceaux joués par Mayall à la guitare sont moins convaincants : il faut dire que les Bluesbreakers comptent un guitariste hors-pair en la personne de Buddy Whittington qui accompagne Mayall depuis 1993. Le son de la guitare de Whittington est incisif et ressemble à celui de Mick Taylor des Stones (qui a fait aussi ses débuts avec Mayall). La complicité entre Mayall et Whittington est très forte, les deux autres musiciens sont beaucoup moins présents et je dois dire que je n’ai pas été très sensible au jeu du bassiste et à celui du batteur, leur fonction se limitant à celle d’accompagnateurs de second plan.

Dès le 5ème ou 6ème morceau, une partie du public s’est levée pour aller juste devant la scène et j’ai dû, moi aussi, quitter mon siège pour aller devant les musiciens car les gens debouts devant moi m’empêchaient de tout capter.

D’un point de vue acoustique, j’ai trouvé que la voix et l’harmonica de Mayall était moins bien sonorisés que les autres instruments, mais peut-être étais-je trop près de la scène ! J’ai beaucoup aimé la plupart des morceaux joués à ce concert, l’énergie de John Mayall et la diversité des morceaux, alternant harmonica, claviers et guitare. Bien que possèdant une trentaine de disques de Mayall (sa discographie est copieuse) et les connaissant plutôt bien, je n’ai reconnu que très peu de morceaux (ais-je la mémoire qui flanche déjà ?). Une mention particulière pour le célèbre « All your love » joué à la fin du concert (pendant le rappel je crois) et qui demeure incontestablement l’un des plus grands blues jamais créé.

Avec son énergie débordante, Mayall est parti pour jouer jusqu’à plus de 80 berges. Alors, à quand une nouvelle tournée en France ?

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(John Mayall dédicaçant ses disques après le concert)

L’histoire des piments et des poivrons

L’HISTOIRE DES FRUITS ET DES LEGUMES (1) – Je viens juste de mettre en ligne sur ma galerie d’images une série de photos consacrées aux piments (présentation de 20 variétés parmi la petite centaine que j’ai déjà cultivée). Comme l’histoire des plantes cultivées me passionne, je profite de l’occasion pour parler sur mon blog de cette plante, sauvage au départ, qui connaîtra, grâce à l’homme, des chemins divers et variés.

Premier constat étonnant : poivrons et piments, malgré les apparences, ne sont qu’une seule et même espèce botanique appelée capsicum annuum (pour les intimes). L’utilisation par l’homme de cette plante date de 5 000 ans avant JC (à une époque où les hommes étaient probablement bêtes puisqu’ils ne savaient même pas qu’ils vivaient 5000 ans avant J.C) et les graines de cette espèce ont été retrouvées lors de fouilles archéologiques de la vallée du Tehuacan au Mexique. La plante utilisée était-elle encore sauvage ou avait-elle déjà été génétiquement modifiée par des phénomènes de croisement hasardeux ou des mutations naturelles accidentelles ? On ne le saura probablement jamais. Toujours est-il que lorsque Christophe Colomb débarque en Amérique, en 1492, il découvre ce fruit (on l’appelle légume, mais botaniquement parlant, c’est un fruit) sous deux formes différentes, car les indiens avaient, au cours des précédents millénaires, déjà sélectionné cette plante pour obtenir un piment assez doux et un autre beaucoup plus fort, probablement plus proche de l’espèce sauvage (il faut rappeler que les civilisations précolombiennes avaient atteint un niveau très performant et très complexe de pratiques agricoles, cette première sélection du piment n’a donc rien d’étonnant).

Colomb pensait avoir découvert une sorte de poivre et c’est donc tout naturellement que les piments, rapidement diffusés sur toute la planète, vont prendre des noms dérivés du mot poivre : poivron, poivre d’Inde, poivre d’Espagne, paprika, pepper (en Angleterre), pepperone (en Italie), pebroun (en Provence)…

La molécule qui donne le goût piquant aux piments est la capsaïcine. Les deux formes différentes découvertes par Christophe Colomb connaîtront des destins différents : la forme la plus forte, celle qui contient le plus de capsaïcine, donnera naissance à ce que nous appelons aujourd’hui communément les « piments » servant d’épice dans de très nombreuses préparations. Ceux-ci seront diffusés grâce aux Portugais (qui étaient à l’époque un peuple d’agriculteurs mais aussi de navigateurs) sur plusieurs continents et notamment en Afrique et en Asie, et évidemment sur tout le bassin méditerranéen.

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L’autre forme, la plus douce, va être progressivement adoucie par la sélection, jusqu’à obtenir un piment complètement dépourvu de capsaïcine, que nous appelons aujourd’hui « poivron ». Le poivron n’est donc qu’un piment doux, dépourvu de piquant et affadi au fil des siècles. C’est ce piment doux qui fera la conquête des européens non méridionaux. Jean-Luc Danneyrolles résume, de manière très imagée, cette évolution : « le poivron va s’embourgeoiser, prendre du poids, de l’épaisseur, et même du ventre ! Il est devenu un beau gros légume débonnaire ».

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La force des piments est évaluée selon l’échelle de Scoville qui va de 0 à 10 selon le taux de capsaïcine contenu (de 0 pour les poivrons, appelés aussi piments doux, à 10 pour les piments très forts tels que Habanero ou Squash Red).

Ceci n’est qu’un raccourci de l’histoire de cette plante étonnante qui est partie un jour à la conquête de la planète. Pour plus de détails, on consultera avantageusement un ouvrage extraordinaire et très documenté: l’encyclopédie du potager (14 auteurs différents), éditions Actes Sud.

A propos de la grippe aviaire (5)

LA GRANDE MANIPULATION. Et s’il y avait un gros coup monté derrière toute cette histoire de grippe aviaire ? Le truc est quand même un peu gros : le virus commence à faire parler de lui dans les élevages industriels asiatiques et on en arrive, trois ans après, non pas à condamner les gros élevages concentrationnaires comme il aurait été logique de le faire, mais à interdire les petits élevages artisanaux ou amateurs de plein air et même à accuser sans retenue les oiseaux sauvages.

Le Canard Enchaîné de la semaine dernière nous donne des arguments convaincants, émanant de Juan Lubroth, expert à la FAO, et de l’ONG espagnole « Grain », qui accusent au contraire l’élevage industriel d’être le grand coupable dans cette affaire. Voici ces arguments qui s’appuyent sur des constats :

1 – C’est dans les pays où la production intensive de volailles est la plus développée, notamment dans des fermes industrielles intégrées à de grands circuits commerciaux, qu’est apparue la grippe aviaire.

2 – La propagation de la maladie ne s’est pas faite selon les itinéraires et les saisons de migration des oiseaux mais correspond aux voies de transport des volailles, oeufs à couver, aliments, notamment par la route et le chemin de fer.

3 – Il y a toujours eu des grippes aviaires dans les petits poulaillers mais qui n’ont jamais évolué vers des formes pathogènes, alors que ce virus, qui est plutôt bénin en temps normal, trouve dans les grandes concentrations industrielles de volailles (27 poules par mètre carré) des conditions idéales pour muter.

4 – Ce n’est pas un hasard si le Laos, bien que survolé par des millions de migrateurs, est l’un des rares pays asiatiques à ne pas être touché par le virus : il a interdit les frontières à la volaille industrielle de Thaïlande et les éleveurs laotiens élèvent leurs poules dans des conditions normales, c’est à dire que les volailles ne mangent ni matière fécales, ni litières … comme dans les autres élevages asiatiques (vous saviez, vous, que le poulet que vous dégustez le dimanche avait avalé tout ça !).

Finalement, avec un peu de recul, on peut dire que tous les ingrédients étaient réunis pour que la machine s’emballe : des lobbyings puissants, des politiques qui lèchent les bottes du patronat, des médias qui ne peuvent qu’en rajouter une couche de plus, au risque sinon de plus faire de l’audience, des occidentaux à qui l’on a inculqué la culture du « risque zéro » dans un monde qu’ils souhaitent aseptique et qui ont le trouillomètre à zéro dès que se pointe le moindre microbe (ah, les pauvres, s’ils savaient qu’on en respire 14 000 par heure en moyenne !).

Ce qui m’inquiète dans cette histoire, et tant que simple citoyen qui a droit à l’information, ce n’est pas qu’on ait cherché à me manipuler (mes articles montrent au contraire que je n’ai pas été dupe depuis le début), mais que nous sommes peut-être manipulés à tous les niveaux de l’information, sur tous les sujets. Même dans un journal comme leMonde.fr, plutôt du genre sérieux, que je lis tous les jours, je n’ai trouvé aucune des infos énumérées ci-dessus qui montrent du doigt les élevages industriels.

Justement, à propos de ce journal, je vais terminer cet article par un petit trait d’humour. Il y a quinze jours, leMonde.fr publiait un article censé montrer que les oiseaux migrateurs, en étant bouffés par les chats, pouvaient transmettre le virus au genre humain. Mais la photo qui illustrait l’article montrait un chat en train de croquer, non pas un oiseau sauvage, mais … un oiseau domestique ! Quelle art de la mise en scène !

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La NEF DES FOUS est de retour !

La Crémerie à Besançon est un lieu que j’aime bien. D’abord parce qu’on y entend souvent de la bonne musique, mais aussi parce que le lieu est petit (et je dois dire que les petites salles de concert sont, de loin, celles que je préfère), et puis enfin parce qu’il est très agréable de pouvoir boire une bière en écoutant de la musique.

Le 5 février dernier, la Nef des Fous s’y produisait, après trois années d’absence scénique. Je dois dire que ce groupe me manquait. J’avais pris l’habitude de les suivre, régulièrement depuis leurs débuts en 99, mais voilà que peu de temps après leur passage aux Eurockéennes en 2001, le groupe s’est dissout, plusieurs des musiciens de la Nef partant alors à la recherche d’expériences musicales personnelles et diverses et je dois dire que je ne m’attendais pas à une reconstitution du groupe.

Le public était venu nombreux à la Crémerie. J’ai retrouvé avec beaucoup d’émotion la voix et les textes de Nacim, le violoncelle de Thomas, la guitare de Stéphane et les autres musiciens. L’esprit du groupe n’a pas changé, on retrouve le son particulier de la Nef avec le violoncelle qui vient appuyer la ligne mélodique, les jeux très nuancés de la batterie, de la guitare et des claviers, la qualité d’écriture des textes, … Bravo au nouveau contrebassiste, qui se donne à fond à sa nouvelle formation. Bref, que de la bonne musique et le public d’ailleurs ne s’y est pas trompé !

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La formation ne m’a jamais semblé aussi unie que ce soir là, chacun faisant corps avec le groupe. Le concert était fait de morceaux anciens et de nouvelles créations. J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir « l’étranger », chanté deux fois dans la soirée à la demande du public, et surtout « le son des bars » qui demeure mon morceau préféré. Le groupe étant dans une phase de création, de nombreuses compositions nouvelles, toutes très belles, ont été offertes au public. On peut d’ailleurs écouter et télécharger trois d’entre elles sur le site du groupe. La Nef est d’ailleurs en train de sortir un CD 3 titres.

Mon seul regret : que la Nef des Fous ne se produise pas plus souvent ce printemps. Il ne semble pas qu’un autre concert soit programmé dans les temps prochains et c’est vraiment dommage.

Encore un grand bravo à Nacim, Olivier, Thomas, Julien, David et Stéphane !

Des oiseaux, en veux-tu, en voilà ! (7)

Dernier épisode de ma petite aventure hivernale avec mes amis les zoziaux. Avant-hier matin, une quinzième espèce, un gros-bec, est venue se poser sur ma main. La scène a duré cinq minutes, me laissant largement le temps d’admirer la beauté du plumage, à une trentaine de centimètres seulement des yeux. Hier matin, il est revenu une seconde fois.
L’hiver se termine, j’arrête le nourrissage hivernal des oiseaux à la fin mars. Je ne pense pas qu’une nouvelle espèce vienne d’ici là. Tant pis, ce sera pour l’hiver prochain.

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A propos de la grippe aviaire (4)

Les journalistes nous ont tellement raconté n’importe quoi à propos de la grippe aviaire, qu’on est en droit de se demander si on n’a pas atteint, avec cette affaire, le summum de la connerie. Et bien non, le maire de Saint-Baudille de la Tour (Isère), en allant encore plus loin dans le délire, a réussi à crever le plafond et atteindre le niveau 11 sur l’échelle de la bêtise humaine. Voici le texte qu’il a envoyé à ses administrés le 27 février dernier.
« Chers propriétaires de volailles,
Les nouvelles directives prises concernant la grippe avaire, m’obligent à vous informer : je vous rappelle donc qu’il y a nécessité de confiner localement tous vos volatiles dans un lieu coupé de tout contact extérierur. Ce dispositif préventif demeure, à mon avis, insuffisant : il doit être assorti d’autres mesures et en particulier, par l’éradiction d’un certain nombre d’espèces de charognards ou de carnassiers sauvages, des animaux ou oiseaux susceptibles de manger un canard contaminé et ensuite de transférer ensuite la grippe aviaire des plans d’eau, d’où elle est arrivée, jusqu’à vos basses-cours. Il s’agit, notamment, des renards, des fouines, des belettes, des putois, des corbeaux, des pies, des buses et d’autres rapaces sédentaires. Ces différentes espèces ont déjà provoqué chez nous un déséquilibre total de notre faune sauvage, elles sont aujourd’hui trop nombreuses et trop dangereuses dans le contexte actuel. Je vais donc demander à Monsieur le Préfet une autorisation de diminuer considérablement la population de ces prédateurs à haut risque et agir en concertation avec la société de chasse ».

Cela se passe de commentaires !

Dur dur pour les premiers migrateurs !

Dans son commentaire sur mon article consacré à l’ouette d’Egypte, Roland s’interrogeait sur la survie des hirondelles de rochers observées lundi dernier 13 mars à Saint-Claude par une température de -5°C. On se demande effectivement comment de telles bestioles, qui ne se nourrissent que d’insectes volants, arrivent à faire face à de telles conditions.

Michel me faisait remarquer lui aussi qu’une trentaines d’hirondelles de cheminée survolaient le Doubs à Osselle samedi dernier 11 mars (pour ma part, je n’ai jamais observé d’hirondelles aussi précoces). Depuis plus d’une semaine, la température est basse, la bise souffle et il n’y a pas l’ombre d’un moucheron qui puisse servir de nourriture à ces oiseaux (Michel me signale tout de même avoir vu avant-hier son premier papillon, un citron).

On ne peut qu’être admiratif devant ces oiseaux, qui paraissent si fragiles mais qui bravent la force des éléments naturels – certes, au prix d’une mortalité probablement élevée – pour rejoindre avec hâte leurs lieux de reproduction. Ah amour, quand tu nous tiens !

D’autres migrateurs arrivent les uns après les autres, le tarier pâtre, le bruant des roseaux, la bergeronnette grise et même le milan noir et le busard cendré (ces deux dernières observations étant également de Michel). Avez-vous vu d’autres espèces migratrices fraîchement revenues d’Afrique ?

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (3)

Aujourd’hui commence le 4ème forum mondial de l’eau à Mexico. L’occasion de rappeler qu’un milliard d’habitants n’ont pas accès à l’eau potable et que 2,7 milliards ne disposent pas d’évacuation de leurs eaux usées. Et tout ça va empirer, la ressource en eau se fait de plus en plus rare et de plus en plus précieuse.
Pendant ce temps, les plus riches de la planète prennent des bains de champagne dans leurs salles de bains dorées.

Autre info parue ce jour dans leMonde.fr : « Les grands groupes français ont connu un millésime 2005 exceptionnel. Les 39 entreprises du CAC 40 à avoir publié leurs résultats (Pernod Ricard a un exercice décalé) ont dégagé des bénéfices nets de 84 milliards d’euros, en hausse de près de 30 % par rapport à 2004. ».
Au moment où cette info paraît, certains osent critiquer des jeunes qui manifestent dans la rue pour réclamer des conditions d’embauche décentes … !

C’était la suite de notre rubrique « tout va bien dans le meilleur des mondes ».
A suivre.

Après la mouette : l’ouette !

Dans mon dernier article, je parlais des inondations qui avaient transformé la plaine alluviale devant chez moi en gigantesque lac. Ce plan d’eau provisoire et éphémère avait attiré quelques mouettes rieuses, pour le plus grand plaisir des yeux. Hier matin, autre surprise et autre occasion de se rincer l’oeil, une ouette d’Egypte barbotait dans le champ inondé à cent mètres seulement de la maison. Vous allez me dire : « C’EST QUOI UNE OUETTE ? »

Mon ami Roland avait fait il y a quelques temps un commentaire sur l’un de mes articles à propos des espèces que l’on nomme « férales » et qui sont soit des espèces échappées de captivité, soit domestiques mais qui arrivent toutes deux à se reproduire de manière pérenne dans la nature. L’ouette d’Egypte est l’une de ces espèces férales. Au départ, l’ouette vit à l’état sauvage en Afrique ; elle a été introduite récemment dans le sud de l’Angleterre où elle a commencé à se reproduire, ainsi qu’aux Pays-Bas. C’est d’ailleurs dans ce dernier pays (sur l’île Texel) que j’ai observé pour la première fois cette petite oie, il y a deux ans seulement (auparvant, je ne savais même pas que ça existait !).

Depuis hier, le niveau de la rivière est redescendu et la prairie est fréquentée par de nombreuses alouettes (mars est d’ailleurs un mois particulier pour cet oiseau : nous voyons à cette époque se côtoyer quelques hivernants qui ne sont pas encore repartis, des nicheurs fraîchement revenus qui s’installent déjà sur leur territoire et des migrateurs en transit, les plus nombreux, qui remontent vers le nord).

La vallée de l’Ognon serait-elle envahie par la « bande des ouettes » ? D’abord la mouette, puis l’ouette et enfin l’alouette. A quand la rare marouette ?

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (2)

Info parue hier dans le journal Forbes qui publie l’état des plus grandes fortunes de la planète : l’année 2005 a été une année exceptionnelle pour les milliardaires et vous serez probablement très contents d’apprendre que leur nombre vient de passer à 793 (soit 102 de plus qu’en 2004) et que leurs revenus cumulés sont supérieurs à celui du PIB de l’Allemagne (qui est quand même la 7ème puissance économique mondiale).

Sur un continent pauvre comme l’Amérique du Sud, le nombre de milliardaires augmente même très rapidement. Qu’ont-ils donc à toujours se plaindre, ces salauds de pauvres, voilà qu’ils commencent eux-aussi à avoir leur propres milliardaires ?

John Mayall, figure de légende (1)

Le blues a imprégné de manière durable toute la musique occidentale et influence encore de nombreux groupes rock d’aujourd’hui. Cette musique est née dans les années 20 aux Etats-Unis mais y est restée plus ou moins confidentielle, concurrencée fortement pas le jazz. Ainsi, la plupart des bluesmen pionniers de cette époque ont vite sombré dans l’oubli. Au début des années 60, la jeunesse blanche américaine redécouvrait certains de ces authentiques musiciens (c’est par exemple le cas de Skip James dont traite le film de Win Wenders : the Soul of a man, que je vous conseille) mais la plupart des musiciens créateurs du blues étaient morts à cette époque, certains n’ayant même pas été enregistrés par les producteurs. Probablement que l’impact considérable du rock ‘n roll, joué surtout par des musiciens blancs (Elvis Presley, Eddy Cochran, Gene Vincent …), musiciens qui avaient finalement repris le cadre musical du blues (avec ses trois accords de Mi7, La7 et Si7) a conduit la jeunesse américaine à se replonger dans les racines du rock et à découvrir cette filiation directe avec le blues.

Rejetés ou incompris dans leur pays d’origine, certains bluesmen authentiques n’ayant pas trouvé le succès aux Etats-Unis sont venus s’installer en France dans les années 60 et ont contribué à faire connaître cette musique dans notre pays. C’est notamment le cas du guitariste Big Bill Broonzy et du pianiste Memphis Slim (dont il existe un somptueux enregistrement live de l’époque, au caveau des Trois Mailletz à Paris en 1962).

Mais ce sont surtout les musiciens blancs qui ont contribué à faire connaître le blues en Europe. Les Rolling Stones étaient de vrais amoureux du blues (ils étaient en particulier fans de Muddy Waters) et leurs cinq premiers disques témoignent de leur profond attachement à cette musique … l’énergie rock en plus ! Plus tard, les Stones deviendront cette immense institution que l’on connaît aujourd’hui.

John Mayall fut celui qui contribua le plus à perpétuer cette musique en Europe. Après avoir fait ses armes musicales avec des groupes divers dès 1956, il fonde en 1963 le légendaire « Bluesbreakers » qui eut une influence considérable sur la musique de cette époque. Les musiciens des années 60 qui passèrent à l’école « Mayall » connurent des destins prestigieux : d’abord Eric Clapton (aujourd’hui infiniment plus connu que le maître), Jack Bruce (qui fonda avec Clapton le groupe Cream) et Mick Taylor qui alla ensuite rejoindre les Stones (dont il fait encore partie aujourd’hui) après la mort de Brian Jones. L’année 1969, avec la sortie du célèbre disque « Turning Point » marque la fin des Bluesbreakers (que Mayall reformera de manière épisodique dans les années 80) et le départ du bluesman pour les Etats-Unis qu’il ne quittera plus. John Mayall est un musicien « accompli » qui joue aussi bien de l’harmonica, de la guitare que du piano. Aujourd’hui, John Mayall a plus d’une cinquantaine de disques à son actif et je pense d’ailleurs parler prochainement dans mon blog d’une petite sélection de ses disques incontournables (il me faudra aussi parler des deux autres grands musiciens de blues blancs : Rory Gallagher et Johnny Winter).

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En 2003, John Mayall a fêté ses 70 ans, entouré d’Eric Clapton et de Mick Taylor, lors d’un concert mémorable à Liverpool.Cet article dans mon blog n’a qu’un but, certains l’avaient peut-être déjà compris : vous dire que le vieux bluesman qui vient se produire le 23 mars prochain à Besançon n’est pas n’importe qui !

Un beau livre à s’offrir

Les ornithos de l’Est de la France se souviendront longtemps de l’hiver 2004-2005. Beaucoup d’entre eux (et j’en fais partie) voyaient pour la première fois cet oiseau extraordinaire venu des forêts de la taïga : le jaseur boréal.

De tous temps, l’arrivée de cet oiseau a marqué les esprits, tant son irruption pouvait prendre des allures d’invasions spectaculaires, que l’on retrouve chroniquées dans la littérature (ainsi en 1413, 1519, 1682, 1779… et plus récemment en 1965 et 1988). Ces oiseaux ont d’autant frappé l’imaginaire collectif que la croyance populaire les associait à l’arrivée imminente de malheurs, tels que la guerre, la famine ou la peste (les Hollandais l’appellent d’ailleurs « pestvogel »).

L’invasion de l’hiver dernier a été particulièrement remarquée en Suisse, avec la présence de plus de 10 000 individus. C’est donc tout naturellement que deux photographes suisses ont réalisé un superbe ouvrage consacré à cet oiseau. Les deux auteurs s’appellent Jean-Lou Zimmermann et Blaise Mulhauser. Ce magnifique ouvrage de 100 pages contient 45 superbes photographies, une vingtaine de dessins au crayon et raconte la vie du jaseur, le mystère de sa migration et la richesse de son comportement.

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On peut commander cet ouvrage à la Maison de la Réserve – 28 avenue de la gare – 25160 LABERGEMENT SAINTE MARIE au prix de 30 euros + 5 euros de frais de port. Bonne lecture !

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (1)

Si l’on se fie aux vieux adages, « il faut de tout pour faire un monde », on peut alors admettre que nos sociétés vivent avec des gros et des maigres, des beaux et des laids, des gens cons et des gens qui le sont un peu moins (par exemple des gens qui regardent TF1 et les autres), des écolos et des chasseurs, des gens de gauche et des gens de droite, des hétérosexuels et des homosexuels, etc …Jusque là je suis évidemment d’accord. Mais des riches et des pauvres ? Oui, mais jusqu’à quel point ? Par exemple, gagner dix fois plus ? Comme je suis intimement persuadé que les choses les plus importantes de la vie ne peuvent pas s’acquérir avec de l’argent (l’amour, les amis, la santé, la culture…) ça ne me gêne pas plus que ça si certaines personnes gagnent dix fois plus que d’autres et, si ces personnes ont axé l’essentiel de leur vie sur l’acquisition de biens matériels, pourquoi pas, c’est avant tout leur problème ! Mais gagner cent fois plus ? Là, ça commence à poser question. Et mille fois plus ? J’entends déjà les lecteurs de mon blog qui sont persuadés que je vais parler des grands dirigeants d’entreprises dont les salaires et les stocks-options ont fait la Une des journaux au cours des dernières années et qui gagnent infiniment plus que nous, pauvres miséreux que nous sommes. Et bien même pas ! Je veux parler de ceux qui gagnent, non pas mille fois plus que d’autres, ni dix mille, ni cent mille, ni même un million mais DIX MILLIONS DE FOIS PLUS.

Vous allez me dire : « ce que tu nous dis là, Dupdup, c’est pas possible ! » Et bien « Si » : si les pouvoirs publics et les journalistes nous bassinent à longueur de journée avec le problème de la grippe aviaire, c’est peut-être pour qu’on ferme les yeux sur la triste réalité de ce monde, sur des problèmes infiniment plus importants et dont on ne veut surtout pas nous parler, à savoir que les écarts entre riches et pauvres n’ont jamais été aussi importants. Je vous donne l’information parue dans Télérama (n° 2923 de janvier dernier) : « la fortune des 225 personnes les plus riches est égale au revenu des 2,3 milliards les plus pauvres ». Oui, vous avez bien lu, mettez une deuxième paire de lunettes (si vous faites évidemment partie des riches de la planète qui ont les moyens d’avoir des lunettes), c’est bien un rapport de 1 à 10 millions qui existe entre les gens. Un chiffre à faire vomir.

Que vous inspire ce chiffre ? Les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres (y compris dans nos sociétés occidentales) mais n’a-t-on pas dépassé depuis longtemps le seuil de l’insupportable ? Vous et moi ne faisons pas partie des très riches de la planète mais encore moins des plus pauvres. Il faut bien l’admettre, nous dénonçons cet écart qui s’agrandit entre riches et pauvres, mais comme nous faisons partie, d’une certaine manière, des nantis de la planète, nous ne le disons pas trop fort … ! Jusqu’à quand celà peut-il durer ?

La culture du « risque zéro »

Yohann devait partir ces jours-ci avec les enfants de sa classe observer les oiseaux au bord du lac du Der en Champagne. L’éducation Nationale lui a interdit de partir, pour raison de grippe aviaire. Quand on connaît le lac du Der et le fait qu’aucun oiseau ne peut y être observé à moins de trois cent mètres (l’eau est très loin des zones d’observation), on reste sceptique quant au risque réel que représentent ces oiseaux. Mais bon, on est en pleine période de psychose collective et ceci explique sûrement cela !Cette anecdote soulève le problème plus général de la sécurité et du risque. Depuis de nombreuses années, notre société est obnubilée par le « tout sécuritaire » et nous voyons apparaître, dans tous les domaines, des normes et des réglementations de tous genres dont on peut douter de l’efficacité à long terme. Quand j’étais enfant, c’est en se brûlant au moins une fois que l’on apprenait que le feu est dangereux et c’était là une expérience – douloureuse certes – mais très formatrice et riche d’enseignements. Aujourd’hui, tout est devenu dangereux : le feu, l’eau, le moindre outil, la moindre aspérité, la moindre marche d’escalier … La peur s’installe partout et l’apparition de la grippe aviaire cristallise toutes ces peurs, de manière irrationnelle.

J’ai gardé précieusement un texte relevé dans le courrier des lecteurs de Télérama (en date du 25 octobre 2003), écrit par un enseignant de Lyon, qui soulève ce problème du risque avec beaucoup d’ironie et des mots très forts. 

Voici ce texte : “RISQUE ZERO : Parents, soyez tranquilles ! Je suis un des rares instits de France qui veillent encore sur la sécurité de vos enfants. Il paraît que le risque zéro n’existe pas. Foutaises. Ce n’est qu’une question de volonté. Il y a belle lurette que je me suis débarrassé des sorties et autres vétilles qui mettent en péril vos chérubins. Plus de gymnase à l’extérieur de l’école, plus de spectacles ou d’animations à la médiathèque. La rue est trop dangereuse. Les classes vertes et autres excursions de fin d’année ne font plus partie de mon vocabulaire. Faute d’ascenseur, je me suis battu pour ne plus avoir ma classe à l’étage. Malheureusement, quelques marches d’escalier attendent encore traîtreusement vos enfants trop pressés. Haro donc sur les déplacements inutiles et les distractions. Les salles de sciences, d’informatique, d’arts plastiques, de musique ne sont plus fréquentées. Les récréations durent dix minutes montre en main. Ils n’ont plus le temps de jouer, donc de se blesser. On a enlevé tout ce qui pouvait fâcheusement blesser vos enfants : cages, paniers de basket, jeux extérieurs. Les arbres ont été rasés, les ballons sont en mousse, les colles sont bio, les ciseaux en plastiques (et tant pis, si ça ne coupe pas), les compas interdits. Les fenêtres sont toujours fermées même avec 34°. J’évite d’envoyer les élèves au tableau. Un jour un élève a trébuché contre un pupitre et s’est cassé une côte contre le dossier d’une chaise qui n’était pas aux normes. Et puis zut ! Tant qu’à faire, gardez vos enfants chez vous … Ils auront vingt fois plus de chances d’être accidentés, mais moi au moins, je serai irréprochable et vous n’aurez pas à monnayer votre deuil devant un tribunal.” 

Y’en a qui doutent de rien !

Je viens de découvrir par hasard un journal intitulé « Ecologie responsable » que je ne vous recommande absolument pas.

Dès les premières pages, on se rend compte que les articles concernant les problèmes d’environnement sont traités de manière plutôt ambigüe, par exemple en ce qui concerne les OGM (les opposants aux OGM y sont même traités « d’opposants au progrès ») et le nucléaire. Ainsi, concernant justement le nucléaire, nous trouvons dans le journal ce titre édifiant « fusion nucléaire : mettre le soleil en bouteille ». Ah, c’est beau le nucléaire, remettez-moi-z’en un carton de 12 bouteilles, s’il vous plait !

Et puis, le comble du comble est l’article consacré à la convention Ecologie de l’UMP (vous aviez peut-être déjà deviné de quels « écologistes responsables » il pouvait s’agir). Je cite un passage du texte en question, ça vaut son pesant de cacahuètes (cacahuètes OGM, naturellement) : « Dans la perspective de 2007, M. Sarkozy a proposé d’engager en cinq ans les actions nécessaires pour que tous les problèmes écologiques de la France soient résolus d’ici une génération » ou « deux pour le climat » a t’il concédé ». Y’en a qui doutent de rien !

Enfin, voilà, vous pouvez être rassurés : l’Union pour une Merveilleuse Planète veille sur nous et nos enfants. Vous pouvez dormir tranquille !

Et dire que je m’étais promis de ne pas faire allusion à la politique dans ce blog ! Enfin, j’aurai quand même tenu 31 articles, un exploit !

Découvrons les « courges d’hiver » asiatiques.

LE COIN DU JARDINIER (2)
Quand j’ai mis en ligne mon blog, il y a plus d’un mois, c’était aussi avec la ferme intention d’écrire régulièrement des articles sur le thème du jardin, qui est l’un de mes loisirs préférés. Mais au bout de cinq semaines, le bilan est plutôt maigre : ma rubrique « coups de pioche » ne fait état que d’un seul article sur ce thème. Il va donc falloir y remédier, d’autant que le printemps approche à grands pas. Vous allez me dire que le froid est bien installé (la neige devrait encore tomber cette nuit) et que rien ne presse, c’est vrai, mais tout peut aller très vite d’ici une semaine ou deux. Mais bon, ne nous pressons pas, les jardiniers sont toujours trop impatients (et je fais malheureusement partie de ceux-là) !

En attendant que l’hiver finisse et que l’on puisse faire les premiers semis au jardin, le jardinier dispose encore d’un peu de temps pour feuilleter les catalogues de graines et faire des commandes. Pour certains légumes se semant tardivement, il reste même encore beaucoup de temps pour se pencher sur les variétés à semer. C’est notamment le cas des courges et potirons. C’est l’un de mes légumes préférés, tant par la diversité des formes, des couleurs, des goûts et des possibilités culinaires (je profite de l’audience que me donne mon blog pour essayer de faire croire que c’est moi qui fait la cuisine !). 

Certains catalogues en présentent des dizaines de variétés, parfois même une centaine comme les graines Baumaux (oui, certains vont me reprocher de faire de la pub pour Baumaux qui vient d’attaquer en justice l’association Kokopelli, je sais, c’est regrettable, et je vais d’ailleurs faire prochainement un petit article sur ce problème épineux). Il est difficile de s’y retrouver, tant la gamme des cucurbitacées (non, non, c’est pas une insulte !) est étendue. 

Au cours des dernières années, j’ai essayé des tas de variétés différentes mais je reviens souvent aux mêmes : Muscade de Provence (la meilleure pour la soupe), Jack Be Little (ou Little Be Jack) et Sweet Dumpling (ces deux dernières variétés peuvent être utilisées de manière très originale, plantez-les sans hésiter, je donnerai des recettes à l’automne prochain) et surtout les « courges d’hiver » que presque personne ne connaît, et qui sont d’un goût très délicat. Vous allez me dire : « et les potimarrons ! ». C’est vrai que les potimarrons jouissent d’une réputation excellente et que leur parfum (de chataîgne) et leur chair dense en font le potiron idéal pour les gratins. Oui, mais désolé de vous décevoir, il me semble que les potimarrons d’aujourd’hui ne sont plus aussi savoureux que ceux d’il y a vingt ans (dégénérescence génétique ? Manque de rigueur dans la sélection des graines ?). Et puis sourtout, tout ça est remis en cause par l’apparition récente des courges d’hiver !

Ces courges d’hiver, que l’on appelle « winter squash » sont originaires d’Asie. Les fruits sont de petite taille, de 1 à 3 kg seulement, ce qui est un avantage considérable car cela évite d’avoir à garder des grosses courges entamées qui finissent par moisir. Le moelleux de leur chair et leur goût délicat en font des légumes d’exception, bien supérieurs aux potirons classiques et un peu meilleurs que les potimarrons. Et en plus, ils se conservent mieux ! Si vous êtes un gastronome, doublé d’un curieux, nul doute que ces courges d’hiver doivent trouver une place dans votre jardin. Il y avait une super variété nommée « Tasty delite » qui était extraordinaire d’un point du vue gustatif mais d’une apparence très moyenne (couleur marron) qui a disparu des catalogues (je paye un grand nombre de bières à celui qui m’en trouvera quelques graines !), il en subsite quatre autres dans le catalogue Baumaux (eh oui, encore lui !) : deux variétés excellentes que j’ai testées l’an passé (Snow Delite et Iron Cap) et deux autres variétés que je vais m’empresser d’essayer cette année (Amazonka et Golden Debut).

Dans un prochain article il me faudra parler d’autres légumes méconnus qui viennent du même continent : les radis asiatiques !

Des oiseaux, en veux-tu, en voilà ! (6)

Deux choses extraordinaires viennent de m’arriver dans mon poste d’observation.

Première chose : hier matin, alors que j’étais en train de nourrir des oiseaux, il y avait alors trois tarins sur ma main, les oiseaux se sont mis à pousser de très gros cris d’alarmes, tout le monde s’est envolé. Il y a eu du bruit sur la toile de mon abri et une femelle d’épervier s’est alors perchée devant moi, sur une branche de thuya, juste sous la toile de mon affût. Elle n’avait attrapé aucun oiseau. Elle est restée une quinzaine de secondes puis s’est envolée tranquillement. C’est la première fois qu’un tel oiseau rentre dans mon affût pendant que j’y suis. La scène s’est passée à un mètre cinquante de mes yeux.

Deuxième chose : ce matin, un pic épeiche est venu sur ma main, comme à son habitude, a pris une noix mais l’a laissée tombée dans le fouillis des branchages où il n’a pas pu la retrouver. Il est revenu aussitôt sur ma main, or il n’y avait plus du tout de noix. Il s’est alors mis à prendre une graine de tournesol, est allé la décortiquer dans la fente d’un piquet à un mètre de mes yeux, est revenu à nouveau et ainsi de suite. Cela a duré longtemps. Au seizième voyage, il s’est mis à taper fort sur le bout de mes doigts gauches (mais ne m’a pas fait trop mal, j’ai de la corne sur ces doigts-là en raison de la pratique de la guitare), puis s’est mis à cogner sur mon avant-bras (prenait-il déjà mon bras un peu ridé pour un vieux tronc noueux ?). Trouvant probablement la bête un peu dure (ou indigeste ?), il est parti sur mon autre main et s’est mis à taper avec force sur le bout d’un doigt, ça a commencé à faire mal. Je ne savais pas trop comment arrêter la scène, alors quand j’ai vu qu’il y avait une petite goutte de sang sur le doigt, j’ai simplement dit « hé … ». Effarouché par le son de ma voix, il s’est envolé en poussant un cri. Quand j’ai retiré mes mains, il y avait aussi une petite tache de sang sur mon avant-bras gauche.

A propos de la grippe aviaire (3)

Voilà encore un journal que j’aime beaucoup : le Canard Enchaîné.

Le journal daté de ce jour rappelle qu’il n’est pas prouvé que les oiseaux sauvages soient responsables des foyers d’infection constatés au Nigéria et en Egypte. Le groupe de chercheurs Promed, spécialisé dans les maladies émergentes, affirme même au contraire que les contaminations proviendraient de traffics de volailles venant de pays infectés, comme la Turquie et la Chine. A suivre.

D’après le Canard, le Préfet de Haute-Normandie a envoyé une note à tous les maires du département pour qu’ils recensent les disponibilités et capacités de leurs cimetières, “dans l’hypothèse où une forte transmission inter-humaine du virus H5N1 de la grippe aviaire serait atteinte”. Le préfet ne fait-il que suivre les directives nationales ? Ou alors ne fait-il que de l’excès de z’ailes ?

A signaler deux jeux de mots du Canard Enchaîné, en titres : “Grippe aviaire : Villepingouin veut confiner Sarcoq” et “L’Europe sous la menace de la grippe aviaire : Mais que fait Interpoule ?”. Je rajouterais (mais c’est facile) : “Si ça continue ainsi, Interpoule va se faire rentrer dans les plumes”. 

Enfin, moi qui trouvais scandaleux qu’il puisse y avoir 10 poules par mètres carrés dans les élevages intensifs, voilà que je me trompais lourdement. Le Canard Enchaîné nous apprend que les députés européens réclament que les poules soient élevées dans des conditions plus décentes, c’est à dire que leur nombre soit limité à 20 seulement par mètre carré (au lieu de 23 actuellement) et que la température des poulaillers ne dépasse pas 33°C. Ces nouvelles mesures devraient permettre, d’après les députés européens, que « les considérations économiques et sociales ne priment pas sur le bien-être et la santé des animaux ». Ah bon, 20 par mètres carrés, c’est du bien-être ? Et si l’on mettait 20 eurodéputés par mètres carrés (pour raison de rentabilité économique par exemple), parleraient-ils aussi de bien-être ?

Tout ça pour dire qu’il ne faut jamais rater un numéro du Canard !