La diversité des piments (3)

Poursuite de ma série d’articles qui me conduira à vous présenter l’ensemble des variétés de piments et de poivrons que je cultive. Le but de cette série est de vous montrer, dans un domaine particulier, la diversité incroyable des variétés cultivées dans nos jardins. Voir ici l’article 1 et l’article 2.

Les récoltes des dernières années sont d’autant meilleures que les changements climatiques favorisent ce type de plantes (il faut bien positiver et composer avec les évolutions en cours, hein !).


Au programme de ce jour : un troisième lot d’une dizaine de variétés (en italique : le nom de l’espèce botanique de départ) :

1 – Alma paprika (capsicum annuum)
Ces piments à la chair épaisse sont peu forts, notamment lorsqu’on retire les veines à l’intérieur du fruit ainsi que les graines.


Il se consomme habituellement sous forme fraîche. Les fruits sont splendides et passent progressivement du blanc au rouge. Cette variété est plutôt précoce.

2 – Aji amarillo (capsicum baccatum)
Cette variété péruvienne est cultivée dans les Andes depuis des siècles pour ses fruits à saveur relevée.


Les fruits passent à l’orange à pleine maturité.


L’arôme est mordant et fruité, les fruits sont excellents en salsa. On peut les utiliser verts, mûrs ou séchés (dans ce cas ils prennent une couleur ocre et un agréable goût fumé). Sylvain en fait une purée qu’il déguste sur des chips. Excellent !

3 – Catarina (capsicum baccatum)
Cette variété mexicaine est assez rare. Le nom espagnol veut dire « piment coccinelle ». Les fruits ont la particularité d’être en forme d’olive.


Les fruits tournent au rouge foncé brunâtre en séchant.  Cette variété est moyennement forte avec une saveur riche (fruitée-fumée) lorsque les fruits sont séchés. Ils peuvent aussi se consommer frais.

4 – Piment banane hongrois (capsicum baccatum)
Cette variété moyennement forte a une peau d’apparence cireuse. La production est très bonne, même en conditions fraîches.


Le piment banane est utilisé pour les conserves mais il peut aussi être consommé frais, grillé, frit ou farci et être cueilli à tous les stades.

5 – Zavory (capsicum chinense)
Cette variété productive offre de délicieux arômes fruités et tropicaux, typiques du piment habanero, mais avec très peu de force (piquant très modéré).


Sa force atténuée et son goût fruité savoureux rappelant l’abricot, il convient aux salsas douces à la mangue, aux pêches, etc… et il parfume très bien les plats de riz.

6 – Corbaci (capsicum baccatum)
Cette variété turque aux très longs piments peut atteindre 30 cm. La saveur est douce, peu forte, bien sucrée. On peut l’utiliser pour la consommation fraîche mais aussi pour les conserves, la friture ou le séchage.


Les fruits passent du vert pâle au jaune, orange, puis rouge. Certains poussent en vrille (queue de cochon). Les plants vigoureux sont à tuteurer.

7 – Cascabel (capsicum baccatum)
Ce piment mexicain moyennement fort, une fois séché, émet un bruit caractéristique de maracas lorsqu’on l’agite (le nom de Cascabel vient de cloche, grelot). Les fruits sont de type « piment cerise » (cherry pepper). Ils brunissent en séchant, leur peau devenant alors semi-translucide.

8 – Trinidad (capsicum chinense)
Cette variété de piment très parfumé mais peu fort, avec un délicieux arôme tropical, envoûte les papilles. Il possède un goût fruité/épicé/sucré qui évoque un habanero, mais sans toute sa furie incendiaire. C’est l’un des rares piments habanero que l’on peut croquer sans craindre de se brûler la bouche.


Les fruits sont de couleur jaune doré à maturité. La forme est variable, plus ou moins aplatie, généralement ressemblant à une lanterne.

9 – Mulato (capsicum baccatum)
Cette variété de piment mexicain tourne au brun chocolat à maturité.


Les fruits peu forts sont utilisés principalement sous la forme séchée pour la préparation des moles, sauces et ragoûts. Le goût est sucré, complexe, voire « chocolaté ». La saveur évoque des notes de cacao, tabac, anis et cerise noire.

10 – Aji dulce (capsicum baccatum)
Cette variété rare est très parfumée mais peu forte, elle possède un arôme de type « tropical » (assez semblable à la variété Trinidad décrite ci-dessus).


Il est par ailleurs connu sous le nom de Cachucha.

En début d’automne, mon salon est encombré de poivrons et de piments qui mûrissent tranquillement. C’est lorsqu’ils arrivent à maturité complète que je prélève les graines.


Tout ça pour dire que je peux envoyer des graines des variétés présentées dans mes articles à toutes les personnes qui le désirent.

7 réflexions au sujet de “La diversité des piments (3)”

  1. Belle collection !
    Bernard, tu nous parles très souvent de tes légumes mais rarement de tes fruits.
    Tu avais bien fait un article sur les cassis, groseilles … mais à part ça, pas grand-chose sur tes pêches, pommes …
    Y a-t-il une raison particulière ?
    Il me semble qu’un jour, va savoir quand, :whistle: , j’avais parlé d’un appel à l’aide pour l’herbier de Montpellier.
    Mais évidemment, je ne me souviens pas de l’endroit où j’avais posté mon commentaire.
    Et bien, pour ceux que cela intéresse, voilà le résultat …
    Au-delà des espérances …
    https://www.commeon.com/fr/projet/sauvonslherbiermontpellier

  2. C’est parce que les arbres fruitiers c’est un peu mon jardin secret :wink:
    Et ce n’est pas par manque d’intérêt, bien au contraire, je crois que j’ai une centaine d’arbres fruitiers dont la moitié de pommiers, presque tous de variétés différentes. Mes vergers viennent de s’enrichir de 23 variétés de pommiers belges que j’ai planté la semaine dernière (grâce surtout à Cédric qui a bien organisé les choses).
    Si ce blog venait à durer, il est possible que j’en parle un jour.

  3. Bonsoir Bernard,

    quelles magnifiques photos, ces « fruits ou légumes » de toutes couleurs et formes sont un régal pour mes yeux, mais pas pour mon estomac qui refuse tout poivron.
    Mais je tenais à féliciter le jardinier.
    Amitiés.

  4. Je suis très impressionnée par tous ces très beaux piments.
    Et très bons d’après ce que tu en dis.
    Dans mon esprit, les piments ont toujours été des fruits immangeables.
    Je devrais peut-être réviser mon jugement.
    Il faudrait sans doute pour cela que j’aille faire une séance de dégustation chez toi à l’automne prochain ?
    J’ai quand même du mal à imaginer qu’on puisse mordre à pleines dents dans un piment, aussi attirant, esthétiquement parlant, qu’il soit.

  5. A part certains piments peu forts qu’on peut croquer à pleine dents et mettre tels quels dans une salade, la plupart des piments se consomment transformés, sous forme de poudre ou de purées (plus ou moins cuisinées, je pratique deux méthodes : l’antillaise et la réunionnaise).
    A noter que la consommation de piments augmente à la vitesse grand V. Je connais plein de gens qui n’en consommaient pas (ça ne faisait pas partie de leur culture) et qui en consomment maintenant.
    J’ai entendu dire il y a quelques années qu’aux USA la consommation de sauces pimentées avait dépassé (en tonnage) la consommation de ketchup. C’est quand même pas rien !
    Peut-être est-ce pour ça que Trump veut construire un mur : pour éviter l’augmentation de la communauté hispano, car il possède des actions dans l’industrie du ketchup !
    :w00t: :w00t: :w00t:

  6. Les périodes de noeuds lunaires, d’apogée lunaire et de périgée lunaire tombent ce mois-ci dans les périodes qui étaient au départ favorables aux légumes-fruits. Conséquence de tout cela : pour celles et ceux qui souhaiteraient semer leurs poivrons, piments, aubergines et tomates en février, il n’y a que trois jours favorables (ce qui est très très peu), les voici : mardi 12, mercredi 20 et jeudi 28. Hors ces trois dates-là, point de salut ! Qu’on se le dise dans les chaumières !!!!!!!!!!!!

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