Semaine vénitienne (3)

Troisième article consacré à la Cité des Doges. Ce troisième volet est consacré au JARDIN DE VENISE.

Le jardinier que je suis a de quoi être un peu perdu dans un lieu où l’eau et la pierre sont les éléments dominants. Peu de contacts avec la terre sont possibles dans cette cité lacustre. Je savais pourtant que l’une des îles de la lagune de Venise n’était qu’un immense jardin mais la plupart des ouvrages sur Venise n’en parlent pas. J’ai enfin découvert que cette île était signalée dans le guide National Geographic. Elle s’appelle Sant’ Erasmo et elle est facile à localiser sur la carte.

Le voyage en vaporetto est assez long car il faut traverser une bonne partie de la lagune. Le long du parcours, nous croisons des hauts fonds vaseux où se tiennent des aigrettes garzettes, des chevaliers et quelques autres limicoles. C’est assurément l’endroit le plus sauvage de la lagune.

haut-fond

L’endroit est d’ailleurs si sauvage que nous y avons croisé un bateau … de corsaires !

corsaires

Joëlle, Emmanuelle, mon frère Claude et moi avons été les seuls à débarquer sur l’île. Sant’ Erasmo n’est pas connue des touristes. Et pour cause : il n’y a rien à voir sur cette île, aucun monument prestigieux, aucun musée, pas d’oeuvre d’art … Rien à voir donc, sauf pour le jardinier en quête d’un peu d’espace cultivé. Il faut sans doute être un peu paysan pour aimer cette île. Et un peu naturaliste aussi car l’espace y est très sauvage …

jardin

Il nous a fallu une heure et demi pour faire la moitié du tour de l’île, c’est dire si cette île est importante en taille. Quelques centaines de petites maisons, tout au plus … Deux ou trois personnes qui circulaient sur de vieux vélos nous ont croisés pendant notre ballade. Et un ou deux jardiniers de ci de là, mais pas très nombreux à cette période de l’année  (ou alors, ils faisaient la sieste !).

jardinier

On cultive de tout sur cette île : des artichauts, des asperges, des poireaux, des salades, des tomates, des choux, des poivrons, des grenades, des nashis, du raisin, des herbes aromatiques, des figues, … Tout cela se retrouve sur les marchés de Venise sous l’appellation nostrani (« de chez nous »).

asperges

Semaine vénitienne (2)

Les articles de la semaine sont à peu près organisés dans ma tête. Il y aura en fait un article tous les soirs sur Venise. C’est la première fois que je fais ainsi une « semaine thématique ». Je crois que j’ai un besoin vital de vacances. Mon choix de Venise n’est donc pas complètement le fait du hasard.

Après VENISE LA MORT, voici VENISE LA NUIT. Peu de texte ce soir, juste quatre images.

La nuit qui tombe sur la lagune :

lagune
La nuit qui met en valeur l’architecture de la ville :

pont
eglise
Et enfin, dans les quartiers périphériques, là où vont peu les touristes, un étal de légumes qui n’est pas encore fermé :

legumes
Bonne nuit !

Semaine vénitienne (1)

J’ai toujours aimé les cimetières. Allez savoir pourquoi. Peut-être parce qu’il s’agit de lieux chargés d’émotion, chargés d’histoire. Je me rappelle d’ailleurs avoir écrit un premier article sur le sujet.

En novembre dernier, lors d’une petite escapade à Venise, je suis allé à San Michele, un cimetière qui occupe entièrement l’une des îles de la lagune. Le cimetière est reconnaissable de loin. Tous les bateaux qui partent en direction des îles de Burano et de Murano passent devant ce lieu. Mais peu s’y arrêtent.

cimetiereexterieur

Le cimetière de Venise est étonnant. Paisible comme tous les cimetières. Mais la qualité architecturale lui donne un cachet particulier.

cimetiere2

Si j’avais tant tenu à aller dans ce lieu, c’est parce que le corps d’Igor Stravinski y repose. Le sacre du printemps est pour moi l’une des plus grandes partitions ayant jamais été écrite, je me devais de faire cette petite visite à son auteur. Stravinski y est enterré dans l’un des cimetières intérieurs au centre de l’île (en fait, il s’agit non pas d’un unique cimetière mais d’un ensemble de cimetières), probablement l’endroit le plus calme de l’île. Stravinski est mort à New York en 1971 mais c’est à Venise qu’il sera enterré, selon ses dernières volontés, à côté de don épouse Véra.

stravinski

Juste à côté, dans un coin très ombragé, repose Serge Diaghilev, mort bien plus tôt, en 1929. Ce nom vous dit quelque chose ? Il s’agit de l’inventeur des fameux ballets russes. Mais Diaghilev est surtout connu pour avoir commandé à des compositeurs des oeuvres fameuses dont justement le sacre du printemps, oeuvre révolutionnaire qu’il a demandée à Stravinski en 1913 (Diaghilev a commandé, puis interprété avec ses ballets russes, de nombreuses autres oeuvres à Ravel, Debussy, Satie, Prokofiev, Richard Strauss et Poulenc …).

tompbediaghilev
Comme je suis en train de trier des photos sur Venise, cet article est le premier d’une série qui pourrait durer toute la semaine. Mais pas de panique, il n’y aura pas que des tombes (juste encore une !).

Petit page de pub bio

Allez, une bonne pub pour l’alimentation bio (sur une parodie de « la guerre des étoiles »), pourquoi pas ? (merci à Christophe qui m’a fait connaître cette vidéo).

Allez, j’ose le dire une fois : « Merci Sarko » !

Hou la la, je vais me faire rentrer dedans par les fidèles de ce blog. Je le sens, ça va grincer dur dans les chaumières connectées au blogadupdup. Et bien tant pis, l’honnêteté oblige l’antisarkozyste primaire que je suis à le dire : cette annonce de gratuité pour les moins de 25 ans et pour les enseignants dans 50 musées nationaux et 100 monuments publics est une très très bonne idée. Sarkozy l’a annoncé il y a tout juste une semaine. C’est une vraie idée de gauche. Mais la gauche n’a pas applaudi. Et quand elle était au pouvoir, elle ne l’a pas fait.

Si j’applaudis des deux mains, c’est uniquement sur le principe même d’une telle mesure.  Je sais que l’expérimentation qui avait été faite dans certains musées a montré que la gratuité n’amenait pas forcément de nouveaux publics mais je suis persuadé que sur le long terme ce sera une bonne mesure. Evidemment, reste à savoir s’il y aura bien une dotation supplémentaire de l’Etat pour compenser le manque à gagner des musées (d’autant que 80% des billets d’entrée sont vendus aux touristes étrangers) et il semblerait qu’aucune garantie n’ait été donnée par le Ministère de la Culture qui reste plutôt évasif sur le sujet.  Peut-être s’agit-il aussi d’une annonce qui sera balayée dans quelques jours par d’autres annonces, on a l’habitude … Et bien sûr il y a aussi cette annonce assez terrifiante d’un Conseil de la Création Artistique présidé par Moi Je 1er lui-même. Mais aujourd’hui, je ne ferai pas de mauvais esprit (pour une fois !).

musee

J’entends déjà votre objection à tous mais il n’en demeure pas moins que derrière cette idée de gratuité de la culture pour un public qui, reconnaissons-le, ne fréquente pas du tout les musées, se cache un enjeu de taille : celui de la culture pour (presque) tous (n’était-ce pas l’une des grandes utopies, avortée d’ailleurs, de mai 68 ?) ! Et cette idée est généreuse !

Allez, vas-y Eddy …

Quand j’étais gamin puis adolescent, le moment de « faire les quatre heures » marquait une pause très appréciable en fin d’après-midi. C’était le moment où l’on revenait des champs pour reprendre rapidement des forces à table avant de repartir chercher les vaches aux champs. La pause durait peut-être un quart d’heure. Mais en juillet, ça durait plus longtemps à cause du Tour de France. Je me rappelle qu’à l’époque on réglait l’heure de faire les quatre heures et l’heure d’aller s’occuper du bétail en fonction de l’horaire d’arrivée du tour de France. Et en juillet, la petite pause de la fin d’après-midi dépassait largement le quart d’heure réglementaire, allant peut-être jusqu’à trois quart d’heure, grâce aux coureurs qui défilaient sur le petit écran. Voilà pourquoi,  alors que je ne suis pas très attiré par le sport et que j’ai parfois la dent un peu dure à l’encontre des sportifs, je garde une petite place dans ma tête pour le Tour de France (même si, je le sais, le Tour n’est plus vraiment ce qu’il était).

Quand j’étais adolescent (à l’époque où l’adolescence durait de 14 ans à 18 ans, et non de 10 à 25 comme maintenant), c’était le règne d’un seul homme : Eddy Merckx, qui a dominé les années 1969-1975.

J’ai toujours trouvé qu’Eddy Merckx avait une tête sympa et je garde plutôt un bon souvenir de ce visage qui crevait le petit écran dans ces années-là.  Et bien, quelle ne fut pas ma surprise de retrouver Eddy Merkx (alors que je croyais qu’il était mort, tellement tout cela est loin dans ma mémoire) en faisant une recherche sur un autre sujet sur Youtube. Je dois dire que j’ai été bluffé par Eddy racontant, de manière très spontanée semble-t-il, deux fables de LaFontaine. On savait que nos amis Belges étaient les rois de l’humour, cela se confirme. Alors, si même les sportifs arrivent à me faire rire, va vite falloir que je révise mes a-priori …

Hommage

Magnifique composition que celle réalisée par Christophe en hommage à Arcimboldo :

J’en profite pour signaler que j’organise demain soir mardi 12 août à 18H à la maison une soirée d’échanges sur nos différentes pratiques en matière de jardinage. Cette petite animation est réalisée dans un cadre associatif mais elle est évidemment ouverte à toute personne intéressée par la culture des légumes. La soirée se terminera de manière conviviale. Possibilité donc d’amener un repas à tirer du sac.

L’ART dans la nature (1)

Alors qu’il y a quinze jours j’étais à Venise, notre ami Jean-Yves, qui croyait que j’étais en Corse (non, la Corse, c’est pour dans quinze jours) a laissé un commentaire sur mon article « blog en congés » en essayant de mettre une image en ligne. Mais je ne crois pas que, techniquement, on puisse mettre une image dans un commentaire. Si quelqu’un sait, je suis preneur. Voici l’article de Jean-Yves et la photo qu’il m’a envoyée ensuite par mail :

« C’est bien ma veine ! Le voilà en Corse…
Je ne savais pas où déposer l’image suivante… Pas sur ObsNatu, ni chez les entomologistes, pas plus que les botanistes. Les géologues n’ont pas le sens de l’humour (ou très peu, car on sait bien qu’ils sont terre-à-terre).
J’ai pensé à toi et à vous tous, qui avez un sens artistique non conventionnel, d’inspiration naturelle.
Je proposerai à Bernard une image, celle-là pour commencer car j’en ai plusieurs en réserve, une sculpture créée de toute pièce par LA Nature, une sculpture stochastique, nouvel art premier s’il en est. Elle trônait dans un tas informe de cailloux, mais en ex-dessinateur-peintre-sculpteur, elle m’a sauté à la figure.
Combien y avait-il de chances pour que les processus érosifs entamassent cette roche de cette manière ? Et combien encore pour que je passasse par là ? Et que je la visse ? C’est donc du domaine des probabilités composées : p = p1 . p2 . p3, soit à mon humble avis beaucoup moins que de voir péter une centrale nucléaire, et en tous cas infiniment moins que d’entendre un de nos zoumpolitic’ dire une connerie au sujet de l’environnement.
Amitiés à toutes et tous.
Jean Yves C. »

Dans le mail qu’il m’a envoyé, Jean-Yves ajoutait : « Peut-on croire que les artistes aient inventé l’art ? Modigliani n’a qu’a bien se tenir. »

Alors, vos réactions ?

Un oeil tourné vers les élections américaines (1)

Aux Etats-Unis, la course à l’investiture démocrate continue donc, grâce au rebond d’Hillary Clinton. Les Républicains américains n’ont jamais eu bonne presse en France, même chez les électeurs de droite, probablement à cause de leur politique étrangère et je ne vais froisser personne sur ce blog en disant que ces derniers n’ont pas ma faveur.

Je ne me suis jamais passionné pour ce qui se passait au niveau politique outre-Atlantique, bien qu’étant persuadé que le résultat des élections américaines peut avoir de grosses répercussions sur le reste du monde.

Cette fois-ci, je suis de très près ce qui se passe. L’idée d’avoir un président femme ou un président de couleur me séduit fortement. Bien entendu, ce n’est pas parce qu’Hillary Clinton est une femme qu’elle est meilleure en politique (quoique, ça mérite débat …) mais je crois à la valeur des symboles.

A y regarder de plus près, il n’y a pas de différence fondamentale entre les programmes des deux candidats démocrates (si ce n’est un plan de couverture maladie universelle qu’Hillary Clinton espère bien imposer à une Amérique qui crève aussi, ne l’oublions pas, sous son nombre de pauvres). Pourtant, j’ai une nette préférence pour Obama. Pas à cause de ses qualités exceptionnelles (intelligence, éloquence et charisme) mais bien à cause du symbole que représenterait son élection.

D’un point de vue politique intérieure, la victoire d’un candidat de couleur permettrait aux Etats-Unis de se réconcilier avec leur triste passé : passé ancien (esclavage, ségrégation) et passé récent (le triste épisode des noirs de la Nouvelle Orléans livrés à eux-mêmes lors de l’inondation de la ville).

D’un point de vue politique extérieure, il est certain que la victoire de Barack Obama redonnerait du baume au coeur à tous ceux qui croulent sous le joug impérialiste américain, et pas seulement au Proche-Orient. Cet homme, né d’un père Kenyan et ayant vécu en Indonésie, symbolise aux yeux du monde, comme le rappelle le journal Le Monde, « l’internationalisme, le dialogue, le métissage », alors que Bush est le triste symbole « de l’unilatéralisme, du nationalisme et de l’arrogance ». Bien sûr, on pense à l’Irak qui est en toile de fond de cette élection … Mais on pense aussi, d’une manière plus générale, aux relations qu’entretiennent les Etats-Unis avec la plupart des pays (il est difficile d’ailleurs de reconnaître un seul succès international à Georges Bush au cours de ses deux mandats, la force primant toujours sur la diplomatie).

Le résultat de l’élection prochaine peut-être un événement à la hauteur de ce qu’ont été l’abolition de l’esclavage et la lutte pour les droits civiques. Difficile de ne pas faire le parallèle entre Barack Obama et Martin Luther King. En espérant toutefois que la fin soit plus heureuse …

Blog en congés

Me voilà donc parti avec des amis une nouvelle fois sur l’île de Texel en mer du Nord. Le soleil nous y attend une fois de plus. Le vent aussi probablement. Ainsi que des dizaines (centaines ?) de milliers d’oiseaux.

Mon blog reprendra en musique le dimanche 17 février. Il y aura juste une petite exception le 14, j’ai demandé à Joëlle de mettre en ligne ce jour-là un petit texte que j’ai préparé à propos de la Saint-Valentin.

Dans mon article précédent consacré aux livres, j’ai oublié de citer la nouvelle de Jean Giono : L’homme qui plantait des arbres. Alors la voici dans une vidéo en deux parties réalisée par nos amis Québecquois en 1988 et racontée par la voix magique de Philippe Noiret. Alors, si vous avez 30 minutes devant vous, installez-vous devant votre ordi et dégustez …

2ème partie :

Bonne semaine à tous.

C’est qui VOUS ? (2)

Cette petite rubrique avait été expérimentée avec succès il y a quelques mois, avec un premier thème consacré aux MUSIQUES que vous aimez. Une douzaine d’articles en ont déjà découlé (« le Petit dimanche musical » que certains attendent maintenant chaque dimanche avec impatience).

Si cela vous intéresse toujours de mieux connaître les personnes qui viennent sur ce blog, continuons avec ce nouveau thème : LES LIVRES. Pas de règle, on peut simplement citer quelques livres qu’on aime, on peut aussi dire pourquoi on les aime, on peut aussi se limiter à un seul livre (le dernier qui nous a marqué ou celui qui est sur notre table de chevet depuis toujours…).

Comme je suis un lecteur de niveau très moyen (guère plus d’une vingtaine de bouquins par an, jamais un ouvrage philosophique, jamais un ouvrage politique, rarement un essai littéraire … et le pire, c’est que je n’ai pas forcément honte), je suis au moins certain qu’avec ma liste je ne vais donner de complexes à personnes.

Il n’y a d’abord que trois ouvrages dans lesquels je suis plongé sans cesse, que j’ouvre plusieurs dizaines de fois par an, ce sont des livres qui m’aident à mieux vivre mes passions pour la musique, la nature et le jardin. Ils ont beau être des ouvrages que l’on peut qualifier « d’utilitaires », ils figurent incontestablement dans les trois premières places de mon Top 10. Ce sont le dictionnaire des grands musiciens de chez Larousse (en deux tomes, épuisé depuis longtemps), l’encyclopédie du jardinier (aux éditions Actes Sud) et l’album ornitho (aux éditions Delachaux et Niestlé).

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Pour les autres livres que j’aime, je cite en vrac, sans ordre particulier :
L’automne à Pékin de Boris Vian
Longtemps de Erik Orsenna
Les enfants de la Terre de Jean M. Auel (uniquement les 2 premiers tomes)
Le tableau du maître flamand de Arturo Pérez-Reverte
– toute l’oeuvre de George Simenon
La Citadelle des ombres de Robin Hobb (bien que je n’aie pas encore lu le dernier tome)
Les poésies de François Villon
L’éloge du rien de Christian Bobin
Le Prophète de Khalil Gibran

A vous maintenant … !

Quand l’actualité sourit (1)

L’actualité ne donne pas beaucoup d’occasions de nous réjouir. Dans toutes les colonnes des journaux, les sujets graves l’emportent grandement sur le reste. Avec raisons certes. Ce blog n’échappe d’ailleurs pas complètement à la noirceur ambiante. J’aimerais rééquilibrer au profit de sujets plus positifs. D’où cette nouvelle rubrique qui est également ouverte à tous ceux qui aimeraient mettre en lumière et relayer des infos différentes, chargées d’espoir.

Ce premier et très court article est consacré à l’une des infos les plus heureuses de ce début d’année : la suppression du Paris-Dakar. C’est une grande victoire. Une très grande victoire même. Même si ma joie est tempérée par un bémol. Car j’aurais tellement voulu qu’un dernier rallye soit mis en place cette année. Pas un Paris-Dakar mais un Dakar-Paris. Voir des Mauritaniens traverser avec suffisance et arrogance nos campagnes et nos villages français à 180 à l’heure sur leurs poids lourds et leurs 4X4, entourés d’une meute de journalistes africains et nous jetant des cacahuètes, ça en aurait jeté un max non ?

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Sur le site d’un gars bourré de talent

Sur les indications de Christophe, je vais maintenant régulièrement sur le site d’un jeune anglais ornithologue qui habite à Besançon et qui réalise ses observations d’oiseaux le long du Doubs, la plupart du temps en aval de la ville. C’est un passionné d’oiseaux doublé d’un talent fou pour le dessin et l’aquarelle. Christophe m’a dit que ce gars-là a déja réalisé des milliers d’aquarelles. Allez faire un tour sur le site, vous serez conquis par le travail de l’artiste :
http://www.surfbirds.com/blog/besancon/

Et vive la pluie !

Il a beaucoup plu ces jours-ci : 80 mm (80 litres/m2), ce qui est énorme. Il est tombé en deux jours ce qu’il tombe habituellement en cinq semaines. En 24 heures, il est même tombé 50 mm (du mercredi 16H au jeudi 16H).

C’est Dan, familier du pluviomètre, qui vient de me communiquer ces chiffres. Et dans son mail, il m’écrit : Et comme un « bonheur » ne vient jamais seul, arrivée de deux pinsons du nord à la mangeoire pour la première fois depuis deux ans.

J’aime bien cette idée de bonheur associée à celle de la pluie. Je me suis d’ailleurs déjà exprimé plusieurs fois en ce sens sur ce blog. J’ai été très heureux de voir tomber ces gouttes d’eau, j’ai toujours dans ces moments-là ce sentiment très fort que la nature avait besoin de cette eau pour revivre. Mais aussi la sensation puissante que, d’un point de vue physiologique, mon propre organisme avait besoin – aussi bien dans la tête que dans le corps – de cette arrivée de pluie.

Et vous, vous avez apprécié cet épisode pluvieux ?

Conférences en vues

A signaler deux conférences qui auront lieu prochainement à la Maison de la Nature de Brussey :
Les poissons de la Vallée de l’Ognon par Jean-Pierre Hérold ce vendredi 23 novembre à 20H.
Darwin et les créationnistes par Claude-Roland Marchand le vendredi 14 décembre à 20H. Cette conférence est sensiblement la même que celle qui a été donnée en février dernier dans le cadre de l’Université Ouverte, dont j’avais fait un compte-rendu et qui avait suscité pas mal de commentaires sur ce blog. Plusieurs lecteurs avaient regretté de n’avoir pu être présents à cette soirée. On peut retrouver le compte-rendu que j’avais fait à l’époque en tapant les conférences de Claude-Roland Marchand (1) dans le moteur de recherche ci-contre.

Un drôle de zèbre

Drôle d’aventure que celle de ce zèbre offert au 19ème siècle par un gouvernant africain à Jules Grévy, alors Président de la Rébublique Française. Mis en captivité (le zèbre, pas le président !), il allait être identifié comme appartenant à une espèce inconnue. Les scientifiques ont alors donné le nom de Grévy à ce nouvel animal. Le zèbre de Grévy fait aujourd’hui partie des trois seules espèces de zèbres connues au monde.

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Nul autre Président de la république Française n’est venu depuis concurrencer Grévy dans ce domaine. Même si Sarko est apparemment un drôle de zèbre apparaissant sporadiquement et presque simultanément à tous les coins de la planète, il est très peu probable que soit découverte un jour une nouvelle espèce à qui l’on donnera son nom. Il aurait fallu pour cela que notre président naisse à une époque où la découverte de nouvelles espèces de mammifères était encore possible. Je dois d’ailleurs dire – et vous vous en doutez – que ça ne m’aurait pas déplu qu’il naisse effectivement à une autre époque que la mienne !

Mon ami Samuel Delon est un grand connaisseur de la faune africaine (une quinzaine de voyages d’étude à son actif) et notamment du zèbre de Grévy qu’il suit à chacun de ses voyages. Je crois même que l’idée d’un ouvrage consacré entièrement à cette espèce est en train de le titiller. Samuel est actuellement au Kenya et reviendra juste à temps samedi 10 novembre à 18H salle Proudhon à Besançon pour le vernissage de son exposition consacrée exclusivement au zèbre de Grévy. Avant de partir, Samuel Delon m’a fait savoir que tous les lecteurs de ce blog étaient invités à ce vernissage. Cette exposition est réalisée dans le cadre d’une exposition plus large sur l’Afrique, auquelle ont participé d’autres franc-comtois passionnés. L’expo sera en place jusqu’au jeudi 15 novembre.

Un art de vivre (1)

LA PETANQUE
Bises et poignées de mains. Rencontres entre amis. Boules qui claquent. Concentration. Détente. Elégance du geste. Plaisanteries fines. Blagues à la con. Sourires en coin. Regards complices. Fair play. Joëlle qui passe à vélo. Petite bière. Prêts pour la revanche. 12 à 12 : le coeur qui palpite. Emotion. Passants qu’on salue. Joëlle qui repasse à vélo. Le jour qui s’éteint. Oiseaux qui chantent. Légèreté de l’air. Re-petite bière. Re-bises et re-poignées de mains.

La pétanque est assurément un Art de Vivre.

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Unis dans une même ferveur !

Notre société privilégie de plus en plus l’apparence, « le paraître », le faux, à la réalité. Il en est ainsi en politique où ce qui est affiché vaut plus que ce qui est fait réellement. Il en est ainsi également chez les individus : ce que l’on affiche est plus important parfois que ce que l’on est dans la réalité. La maison de lingerie Wonderbra l’avait compris l’an dernier lorsqu’elle a mis en vente une culotte au fessier rebondi. Parmi toutes les belles fesses que vous avez vues depuis, il y avait peut-être l’un de ces faux-culs destinés à doter chaque acheteuse d’un soit-disant « cul idéal ».

La même marque vient de récidiver. Elle a présenté au salon professionnel de la lingerie qui s’est tenu début septembre (le Lyon Mode City 2007) un soutien-gorge particulier à l’intention de celles qui veulent faire croire qu’elles ont les mêmes seins que Madonna. Des tétons, « moulés dans le bonnet » vont donc avoir pour effet d’optique de relever le bout des seins de 5 cm. Des seins dressés vers le ciel ! Ce soutien-gorge appelé Nipples (« mamelons » en anglais) permet d’obtenir, sous un pull, l’effet seins nus (avec le maintien de la poitrine en plus). Il est d’ores et déjà en vente dans les magasins Galeries Lafayette de France.

Cet article de lingerie a été réalisé en série limitée. Comme il est peut-être déjà en passe d’être épuisé, les intéressées pourront se rabattre sur des minitétons en silicone d’un autre fabricant, à placer directement sur la poitrine, réutilisables et repositionnables (en vente auprès d’Under Cover). Ou même encore des adhésifs à glisser sous le corsage pour éviter qu’il ne baille, ou sous un décolleté plongeant afin qu’il reste en place, « même en dansant le cha-cha-cha » (dixit l’américain Fashion Forms).

Je mijotais depuis quelques jours déjà l’idée de faire un article à ce propos (dans ma rubrique « coup de gueule » évidemment) et de dénoncer cet affreux concept machiste de « femme-objet ». Mais aujourd’hui, je suis passé en voiture à Amancey. Et là, surprise, une très belle paire de seins apparaît à mes yeux à l’entrée du village, les deux tétons dressés comme je n’en avais jamais vus. Ah cette paire de seins qu’on m’amenait sur un plateau (le Plateau d’Amancey, les francs-comtois l’auront compris). A côté, une église dont le magnifique clocher dressait sa pointe vers les cieux.

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Et là j’ai baissé les bras. Je n’avais pas compris le message subliminal du fabricant, probablement soudoyé par le Big Boss : « seins dressés vers le Ciel », j’aurais dû comprendre ! Si Dieu s’y met aussi …! Je ne suis pas de taille à lutter ! Et je dois dire que quand j’ai vu ces trois tétons unis dans la même ferveur, le même élan dynamique entièrement dirigé vers la voie lactée (de la secrétion mammaire du même nom), je dois dire que j’ai été conquis !

Alors au dernier moment, à l’heure de mettre mon article en ligne, j’ai classé celui-ci dans la rubrique « coup de coeur » plutôt que dans la rubrique « coup de gueule » !

Conférence de Claude Aubert (1)

Il y avait deux volets différents à la conférence de Claude Aubert, le premier traitant de l’influence de la consommation bio sur la santé, le deuxième sur les conséquences sur la planète. Je dois dire que je n’allais pas à cette conférence pour le premier des deux sujets. Les consommateurs bio m’insupportent parfois. Et même souvent (bien que je pratique moi-même le jardinage biologique). Dans les magasins bio, on trouve des tas de gens que l’on sent préoccupés par leur petite santé. Les visages n’y sont pas gais, souvent refermés sur exu-mêmes, le silence est de règle (ou alors on ne parle qu’à mots chuchotés dans une atmosphère quasi-religieuse). Ce type de magasins « respire la mort » ! Mais c’est pratique, quand Joëlle y va pour acheter des aliments de base comme de la farine, au lieu d’attendre sur le parking à voir défiler une partie de la misère du monde, j’en profite pour aller dire un petit bonjour à Roland et Maryse qui habitent tout près !

courgette2.png

(courgettes bio de ma production 2007)

Voici, en vrac, quelques infos glanées dans la première partie de cette soirée. Je dis bien « en vrac » car il est difficile de structurer la masse d’information qui a été donnée (il y avait des tas de diapos avec graphiques tous plus intéressants les uns que les autres, les conférenciers devraient donner – ou vendre – à chaque participant un CD avec les documents powerpoint qu’ils ont présentés) !

La valeur nutritive d’un élément dépend de nombreux facteurs tels que la variété cultivée, le mode de culture (fertilisation, traitements, taille…), la date de récolte, le stockage, les techniques de transformation… « L’équilibre alimentaire reste le premier facteur d’apports nutritionnels suffisants » (j’ai bien aimé cette phrase).
Globalement, les légumes bios sont plus riches en matières nutritives (sels minéraux, vitamines et surtout en polyphénols, ces fameux composants anticancéreux et anti maladies cardiovasculaires que l’on trouve par exemple en abondance dans les choux, le thé vert ou le vin rouge).
La variété cultivée a de l’importance : par exemple, avec un mode de culture conventionnel, la Golden ne contient que 8 mg de vitamine C au lieu de 30 mg pour la calville ; on aura beau cultiver de la Golden en bio on ira certes un peu au-delà des 8 mg mais guère plus !
Les céréales bio contiennent moins de protéines mais de meilleure qualité.
Le mode de culture ou d’élevage est également important. Ainsi les poules élevées en plein air contiennent plus d’acide folique et de vitamine B12.
Les animaux d’élevage, s’ils ont le choix, préfèrent la nourriture bio. C’est sûrement un signe !
Les résidus de pesticides, qui sont probablement, avec les métaux lourds, les pires composants que l’on puisse trouver dans les aléments, sont quasiment absents des produits bio (3 à 4 % des produits en contiennent cependant au lieu de 50% dans la nourriture issue de l’agriculture conventionnelle – tiens tiens, c’est quand même intéressant d’apprendre que 50 % des aliments non-bio ne contiennent aucun résidu de pesticide).
Les produits bio contiennent plus d’omega 3, ces fameux acides gras essentiels qui sont très importants, contrairement aux omega 6 qui, si j’ai bien compris, sont les mauvaises graisses trop représentées dans l’alimentation moderne. On aura ainsi intérêt à boire du lait bio car il contient beaucoup plus d’omegas 3, du fait que les vaches sont nourries avec de l’herbe plutôt qu’avec des tourteaux.

Justement, à propos de lait, Claude Aubert a terminé cette première partie en tirant une sonnette d’alarme. Le lait maternel est pollué. Les urines des enfants contiennent des pesticides organophosphorés. Les études montrent que le taux de leucémie est divisé par deux avec une alimentation bio, qu’il y a une corrélation étroite entre taux de pesticides et naissances prématurées, et, d’une manière générale, entre pesticides et pathologies. Le plus inquiétant est sans doute les 400 composés chimiques qui ont déjà été identifiés dans les cordons ombilicaux (en moyenne 200 composants chimiques de synthèse par cordon ombilical).