Blogue toujours, tu m’intéresses !

95 % des blogs ne sont jamais lus.
95% des blogs sont truffés de fautes d’orthographe.

Les deux chiffres sont les mêmes, y-a-t-il un rapport direct entre ces deux constats ? On peut se poser la question. Car comment un moteur de recherche peut-il trouver des choses très mal orthographiées ?
Exemple, je recherche comment planter des poireaux dans mon jardin, je tape avec Google les mots « planter » « poireaux » et « jardin », je vais tomber immanquablement sur les sites de Leroy Merlin, de Willemse France ou de Vilmorin. Mais comment pourrait-on arriver sur un blog où quelqu’un de probablement très compétent parle de « plenter des poirots dans sont jardain ». Et même si j’arrivais, par un hasard extrême, sur un blog où l’on parle « d’aler à la pèche aux brochais dans la riviaire », je crois que j’aurais vite fait, dès la première ligne, de replier mes gaules.

Ah, que vienne le temps où tout le monde, ou presque, fera des phautes d’autographes ! Quand je taperai un mot-clé méconnaissable, car truffé de conneries, il y aura toujours, statistiquement parlant, des tas de personnes qui l’auront écrit exactement comme moi. 95 % des blogs seront alors lus, 5% seulement ne le seront plus. Ce sera enfin l’avènement de l’ère de la communication !

Il pleut dans leur tête !

J’écris ce soir le premier texte de mon blog. C’est un bon jour. Non pas à cause du blog (c’est peut-être une aventure vouée à l’échec car 95% des blogs ne sont jamais lus, paraît-il) mais parce qu’il pleut. Et comme il y a une rubrique « coups de gueule » dans ce blog, la pluie me donne envie de pousser mon premier cri de colère.

La pluie est attendue partout, probablement beaucoup plus à la campagne où les gens vivent plus près de la nature, car il n’est quasiment rien tombé depuis l’automne, même en Franche-Comté. Et voilà qu’hier soir, le présentateur météo de Canal + (que je n’ai jamais regardé, pourquoi a-t-il fallu que la télé soit allumée à ce moment-là) prend une tête de circonstance, une mine déconfite de dernier de la classe, pour annoncer le malheur qui va s’abattre sur nos têtes : demain il va pleuvoir. Aujourd’hui, effectivement, c’est le drame, il pleut, assez faiblement mais de manière continue toute la journée. Et les réactions vont bon train : « ça va ? Mieux que le temps, j’espère », « et dire qu’ils ont annoncé le même temps pour demain », « on vit dans une région pourrie » et patati et patata. Le répondeur météo de Besançon a même classé cette journée, tenez-vous bien, en « vigilance verte, attention si vous pratiquez des activités sensibles à ce risque météorologique ».

La pluie n’est plus considérée comme un élément qui donne la vie, elle est devenue – mode de vie moderne oblige ! – un élément incontrôlable du destin qui nous empêche tous de vivre. Avec l’époque qu’on vit, a-t-on besoin de ça en plus ? La sentence est unanime, partout les réactions sont les mêmes, il suffit de tendre l’oreille dans la rue. Et je ne vous explique pas la tête dégoûtée des gens que l’on croise ! Et que dire de ceux (celles) qui marchent sur la pointe des pieds pour réduire à la surface minimale la zone de contact entre leurs chaussures et l’affreux liquide qui gît sur le sol !

Je dois être un peu anormal, j’adore marcher dans la rue avec une pluie fine qui me mouille le visage, je trouve qu’il y a infiniment plus de poésie et de beauté dans des nuages qui passent que dans un ciel bleu lavasse, j’aime les ronds que font les grosses gouttes de pluie sur le calme de l’eau d’un étang, les éclairs qui déchirent le noir opaque de la nuit … !

Il pleut ? Et si c’était dans leur tête à eux ?