Les zygènes sont de drôles de papillons. Leur peinture métallisée est toujours fraîche et ils semblent tout droit sortis d’un garage. Ces couleurs vives sont signe de toxicité et sont un bon moyen de défense contre les prédateurs en tous genres. C’est sur les scabieuses et les centaurées qu’on les trouvera le plus souvent, et notamment la zygène de la filipendule qui est largement la plus commune de nos zygènes.
Lors de mon escapade dans le Haut-Jura, j’ai rencontré une zygène aux couleurs bien différentes, beaucoup moins vives. Mais la répartition des tâches m’a conduit à le déterminer comme étant elle aussi une zygène de la filipendule. Il semblerait donc qu’il y ait une grande variabilité de couleur chez cette espèce.
L’appartenance à cette espèce m’a été confirmée quelques heures plus tard lorsque j’ai pu observer l’accouplement.
Ayant eu envie de montrer cette scène à Joëlle, Claude-Roland, Maryse, Dan, Dom & Co qui se trouvaient à un kilomètre du site, j’ai traversé les prés et les hautes herbes en direction de la maison où nous étions, le couple de zygènes délicatement posé sur mes grosses paluches.
Personne n’était encore rentré à la maison, j’ai posé les zygènes dans un coin, ils ont continué leurs ébats et attendu patiemment que tout le monde vienne les admirer.
Le soir, à la tombée de la nuit, le couple n’avait toujours pas bougé et l’accouplement, qui avait commencé au moins cinq heures plus tôt, durait encore. Il faut dire que ce genre d’accouplement n’a rien de violent. Je ne sais d’ailleurs plus qui, dans notre groupe, a fait la réflexion qui si on avait regardé de plus près, on aurait sans doute remarqué que pendant l’accouplement le mâle roupillait pendant que la femelle faisait du crochet … Pas très excitant finalement la vie de ces p’tites bêtes !









































