La PAC, une suporcherie ?

Voici un courrier envoyé par un citoyen anglais à son ministre de l’économie (merci à Oetincelleo qui m’a permis de connaître ce texte) :

Monsieur le Ministre,
J’ai un ami fermier qui vient de recevoir un chèque de 3000 livres de la part de l’Agence rurale pour le non-élevage des porcs. C’est pourquoi j’aimerais me lancer dans cette activité du « non-élevage du porc ».
D’après vous, quel est le meilleur type de ferme qui permet de ne pas élever des porcs et quelle est la meilleure race de porcs à ne pas élever ? En effet, en me lançant dans cette entreprise, je veux être certain de respecter toutes les directives européennes dans le cadre de la politique agricole commune.
Je préfèrerais ne pas élever la race spécialisée pour la production du lard, mais si ça n’est pas ce type de race qu’il ne faut pas élever, je suis prêt à ne pas élever la race que vous me conseillerez. Y a-t-il par exemple avantage à ne pas élever des races rares ou y a-t’il déjà trop de monde pour le faire.
Il me semble que la partie la plus difficile sera sans doute de comptabiliser avec précision le nombre de porcs que je n’aurai pas élevé. Existe-t’il au niveau national ou local, un organisme de formation continue dans ce domaine.
Mon ami fermier est très heureux de son nouveau travail. Il a élevé des porcs pendant 40 ans et le meilleur bénéfice qu’il en ait tiré a été de 1422 livres en 1968. Jusqu’à ce qu’il reçoive votre chèque pour ne pas en élever. Si je reçois 3000 livres pour ne pas élever 50 porcs, est-ce que je recevrai 6000 livres pour ne pas en élever 100 ?
Au début, j’envisage d’exploiter sur une petite échelle, m’en tenant à 4000 porcs non élevés, ce qui ferait 24000 euros la première année.
Mais en m’améliorant, je pourrais être plus ambitieux et ne pas élever, disons 40000 porcs, ce qui me rapporterais 2400000 euros.
Je me posais la question de savoir si je ne pourrais pas recevoir d’autres subventions, par exemple celles relevant de la lutte contre le réchauffement climatique, puisque tous ces porcs non élevés ne produiraient pas de CO2 ?
Autre chose : ces porcs que je me propose de ne pas élever, ne mangeront pas 2000 tonnes de céréales. J’ai cru comprendre que vous indemnisiez aussi les fermiers qui renonçaient à cultiver des céréales. Pourrais-je prétendre à bénéficier de ces subventions pour ne pas cultiver des céréales que ne mangeront pas les porcs que je n’élèverai pas ?
J’envisage aussi de m’intéresser à l’élevage des vaches touchées par les quotas laitiers.
J’apprécierais que vous m’envoyiez toute information à ce sujet. Pourriez-vous également m’adresser la documentation concernant les friches ?
Peut-on imaginer des développements ultérieurs grâce au commerce internet avec des champs virtuels (dont il me semble que je pourrais avoir plusieurs milliers d’hectares).
Au vu de tous ces projets, vous vous rendrez compte que je serai sans emploi. Pourrais-je donc bénéficier des indemnités de chômage ?
Je voterai bien sûr pour vous aux prochaines élections.
Avec mes respectueux souvenirs.

Une bonne paire de lunettes s’impose

Sarah Palin a donc fait, dès l’annonce de sa candidature, un véritable tabac auprès des Américains. Mais un succès basé sur quoi ? Pas vraiment sur des considérations politiques. Les Républicains ont pris comme slogan « la vice-présidente la plus sexy de l’Etat le plus cool », c’est vous dire … Et ses lunettes ? Vous avez vu ses lunettes ? Il paraît que l’Amérique toute entière se passionne pour les quatre belles paires de lunettes de Sarah Palin.

Il y a pourtant bien d’autres choses à voir chez Sarah Palin que ses paires de lunettes. Et beaucoup plus graves. Par exemple qu’elle est membre à vie de NRA, le lobby qui promeut le libre port des armes à feu. Qu’elle est pour l’enseignement du créationnisme dans les écoles. Contre l’éducation sexuelle. Pour l’abstinence avant le mariage. Contre l’avortement, même en cas de viol et d’inceste. Pour la peine de mort. Qu’elle déclame partout que le réchauffement de la planète n’est pas de la responsabilité de l’Homme (tiens, elle devrait créer un parti international avec notre Claude Allègre !). Que l’ours polaire n’est pas en danger. Qu’elle est pour la construction d’un oléoduc à travers l’Alaska et pour l’ouverture à la prospection de la réserve naturelle arctique. Qu’elle s’est réjouie de voir son fils de 19 ans partir dans une brigade d’assaut en Irak. Ne déclare d’ailleurs t-elle pas « priez pour nos soldats envoyés à l’étranger par nos dirigeants en suivant un plan décidé par Dieu ».

Je crois que c’est l’Amérique toute entière qui aurait besoin d’une bonne paire de lunettes !

Le mépris affiché par Darcos

Quel mépris affiché par Xavier Darcos envers les enseignants de petite section de maternelle dont la fonction est, d’après le ministre « essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches » !

Phrases volées aux lecteurs du Monde.fr (1)

Je lis le Monde.fr tous les jours mais apprécie très moyennement la qualité des articles. je trouve que le travail d’investigation journalistique a chuté au cours des dernières années. Il y a beaucoup d’articles qui sont très peu documentés et qui ne sont pas mis en perspective avec la situation plus générale et avec les faits historiques. Et il y a par ailleurs beaucoup d’erreurs et d’approximations (je ne m’en rends compte que sur les articles consacrés à l’environnement, mais j’imagine le reste …). Je suis parfois médusé par ce qui est écrit. Dire que des espèces disparaissent de la terre mais qu’il en a toujours été ainsi, sans rappeler que le rythme d’extinction est au moins 100 fois plus rapide qu’à l’échelle des ères géologiques, n’est pas du travail de journaliste. Seul Claude Allègre oserait, c’est vous dire !

Alors, pourquoi est-ce que je lis ce journal ? Simplement parce que les réactions des lecteurs sont d’un bon niveau et que leurs points de vue sont très contrastés. Et lorsqu’on a lu l’article en question + les dizaines et dizaines de réactions, on arrive au bout du compte à se faire une idée plutôt précise du sujet traité. C’est l’avantage de la version internet du Monde sur la version papier.

Ce soir, à la lecture des propos d’une personne ayant réagi à un article, l’idée m’est venue d’ouvrir une nouvelle rubrique consacrée aux réactions des lecteurs du Monde.fr. Ces réactions sont souvent plus brutales, mais tellement plus vraies que ce que peuvent écrire les journalistes dudit quotidien.

Tiens, ce soir, à propos de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers et de la chute de toutes les bourses (pas les miennes, que mes admiratrices se rassurent !), voici ce qu’a écrit un lecteur (François M.) :

“C’est encore une crise de révulsion du capitalisme qui condamne sans état d’âme le plus grand nombre aux profits des happy few, qui vont au final, comme de bien entendu, non seulement recouvrer leurs fonds, mais faire des affaires. Il y aura moins de riches, mais plus riches, et beaucoup plus de pauvres !…”

C’est court, incisif, sans détours, mais tellement vrai ! Je ne pense pas qu’un seul journaliste du Monde aurait pu écrire un truc de ce genre.

J’ai honte pour mon pays (2)

Petit texte qui vient de m’être envoyé par Brind’paille. Une histoire vraie. A lire jusqu’au bout.

Je m´appelle Patrick Mohr. Je suis né le 18 septembre 1962 à Genève. Je suis acteur, metteur en scène et auteur. A Genève je dirige une compagnie, le théâtre Spirale, je co-dirige le théâtre de la Parfumerie et m´occupe également du festival « De bouche à oreille ».

Dans le cadre de mes activités artistiques, je viens

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Liberté bafouée (3)

Le fichier de police Edvige ?
C’est quoi ce truc qu’on nous érige ?
« Le début de la fin » vous dis-je.
Foutue loi, faut qu’on la corrige !

Une sarkonnerie de plus, Edvige ?
Non : la liberté qu’on tue ! Tu piges ?
Faisons de ces ploucs des vestiges !
Quant à MAM ? … Je m’en bats la tige.

Good night. Je vous fais de groches bijes !

Un concept économique surprenant

Les chiffres économiques qui sont tombés les uns après les autres ne sont pas très bons. Il y a quinze jours, on nous disait que la France produisait moins en raison d’un environnement mondial défavorable. OK, dont acte.
La semaine dernière, la ministre Lagarde nous a dit par contre que la loi sur les heures supplémentaires est bien utilisée par les entreprises et résiste à la crise. OK.
OK, OK. Sauf que si l’on croise ces deux infos, ça veut dire que la réalité de la France de Sarko, c’est bosser plus pour produire moins. Il fallait oser …
Il ne reste plus à notre cher Président qu’à nous démontrer comment on va gagner plus en produisant moins …

A propos de la réforme des institutions

Ainsi donc, la réforme des institutions a été adoptée hier soir. Ce qui pouvait être une vraie mesure partagée par presque tous, et notamment par l’opposition, est passée in extremis à une voix seulement. Dommage, car l’ensemble du pays aurait pu se retrouver dans une vraie réforme démocratique. Mais Sarko a choisi une autre voie.

Cinq occasions au moins ont été loupées dans le projet du Président. Cinq propositions qui auraient pu faire partie du packaging « réforme ». Celle d’abord, qui aurait été très symbolique, de donner le droit de vote (au moins aux élections locales) aux émigrés installés depuis plusieurs années. Celle d’introduire une certaine dose de proportionnelle aux législatives. Celle ensuite de mettre fin au cumul des mandats (souhaité par l’ensemble des citoyens). Celle aussi de prendre en compte les interventions présidentielles dans le calcul des temps de paroles. Celle enfin, la plus importante, de réformer en profondeur le scrutin sénatorial qui est l’un des plus antidémocratiques et des plus obsolètes au monde.

A y regarder de plus près, ce sont les mesures qui allaient le plus dans le sens de la démocratie qui n’ont pas été incluses dans le projet de réforme. Inquiétant quelque part, non ?

Alimentation et biodiversité (1)

L’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) tire la sonnette d’alarme à propos de la très inquiétante disparition des variétés de plantes cultivées. Elle estime que les trois quarts de la diversité génétique variétale des plantes cultivées ont disparu au cours du XXe siècle. Aujourd’hui, l’essentiel de l’alimentation humaine, au niveau planétaire, repose sur seulement 12 espèces végétales. La FAO estime que cet appauvrissement considérable est directement lié à la recherche d’une productivité toujours plus grande.

D’après cet organisme de l’ONU, cette érosion génétique de la biodiversité rend l’agriculture actuelle extrêmement vulnérable et incapable de relever les nouveaux défis qui se posent aujourd’hui. « Ce déclin de la biodiversité des principales sources de l’alimentation humaine concourt à rendre les approvisionnements alimentaires plus vulnérables et moins durables, notamment à l’heure du changement climatique avec la disparition annoncée, ou déjà constatée, de nombreuses races animales et variétés végétales comportant pourtant des traits uniques, comme la résistance aux maladies ou la tolérance aux conditions climatiques extrêmes. En conséquence, l’agriculture devient de moins en moins capable de s’adapter aux défis environnementaux que la planète doit relever (changement climatique, désertification, pénurie d’eau, etc.). »

La crise immobilière ? Mais quelle crise ?

Je suis tombé sur plusieurs articles qui parlent de crise de l’immobilier. Il semblerait qu’un peu partout les prix soient en train de baisser et plusieurs articles citent le chiffre de moins 26%. Sur le secteur de la vallée de l’Ognon où j’habite, les maisons qui étaient en vente il y a quelques mois à 250 000 euros le sont aujourd’hui à 180 000. Depuis plusieurs années, il devenait impossible pour beaucoup d’accéder à la propriété et de plus en plus difficile pour certains de payer des loyers très élevés. De toute façon, même avec les nouveaux tarifs actuels, cela reste difficile et les jeunes couples sont les premiers à pâtir de cette situation.

Si j’en juge par les nombreuses réflexions que j’entends tout autour de moi, tout le monde se réjouit de la baisse en cours qui était très attendue.

Alors que cette baisse du prix de l’immobilier est salutaire pour une très grande majorité de la population, les journalistes nous parlent de crise. A croire qu’ils ne vivent pas dans le même monde que le brave populo …

Prime exceptionnelle

Le patronat dit qu’il croule sous les charges sociales. Il en parfois à dire qu’il voudrait bien le bonheur de ses salariés, mais que c’est la faute à l’Etat qui lui ponctionne tout… OK, on entend. Pourtant, la loi du 8 février 2008 voulue par Sarko, donne la possibilité à tous les employeurs de moins de 50 salariés de donner cette année une prime exceptionnelle de 1000 euros à chacun de leurs salariés, sans charges sociales ou presque (je dis « presque » car il y a un tout petit peu de CSG et de CRDS). Le patronat (enfin, celui des petites et moyennes entreprises) devrait applaudir car voici enfin un truc sans charges sociales qui va lui permettre de contribuer au bonheur de ses salariés sans trop de frais. Or, vous en entendez parler ? Vous en connaissez beaucoup de vos voisins, amis, membres de votre famille … qui reçoivent cette prime (qui doit obligatoirement être versée avant le 30 juin) ?

L’île aux fleurs

Ce court métrage a été réalisé il y a presque vingt ans, il est édifiant ! Alors, si vous avez une douzaine de minutes devant vous…

Le libéralisme, qui n’est autre qu’un capitalisme sans garde-fous, sans limites et surtout sans moralité, peut-il mener à autre chose que ce genre de situation ?

Mon cul, c’est du poulet ? Oui, mais du poulet propre … traité à l’eau de Javel !

Il y aura de plus en plus souvent sur ce blog des articles sur la qualité de l’alimentation. C’est, à mon avis, un sujet de société des plus importants, de par ses implications économiques, sociales et environnementales. La logique folle du libéralisme va contraindre de plus en plus le consommateur à bouffer ce qu’il faut bien appeler de la Merde. Avec un grand M évidemment. M comme mondialisation. Ce n’est pas encore tout à fait de la merde mais ça commence à en avoir insidieusement le goût. Pour un gain d’un centime d’euro (de rots ?) supplémentaire par kilo, l’industrie agroalimentaire n’a aucun scrupule à ajouter la petite molécule de synthèse (Saint Thèse, priez pour nous …) qui va se retrouver dans le sang des consommateurs.

La dernière en date ? La commission européenne propose actuellement une levée de l’interdiction d’importer en Europe des volailles américaines traitées au chlore. Le règlement autoriserait, du même coup, l’utilisation en Europe de ce type de traitements.

Saluons la fronde des ministres de l’agriculture européens qui, presque en bloc (19 ministres) dénoncent le retour de ces importations. Mais vous y croyez, vous, que l’unanimité des ministres de l’agriculture européens suffise à empêcher les lobbying agro-alimentaires de nous empoisonner un peu plus ?

J’ai honte pour mon pays …

J’ai rencontré à plusieurs reprises Madeleine Szczodrowski-Fady. C’était au temps où j’allais aux réunions de Haute-Saône Nature Environnement. On trouve dans ce type d’associations des gens qui donnent de leur temps et de leur énergie pour que le monde aille un peu mieux. Madeleine fait partie de ces gens que l’on appelle « militants » avec un grand M. Le communiqué de presse qu’elle vient de publier m’a ému. En voici l’intégralité.

« Ma carte d’identité française étant périmée, je viens d’en solliciter le renouvellement. Or, la sous-préfecture de Lure me demande de prouver, document à l’appui, que je suis bien de nationalité française. Nationalité qui m’a été officiellement reconnue depuis plus de cinquante ans après que je me sois acquittée des formalités nécessaires, mais je ne possède aucun document qui le prouve.

Née en France de parents étrangers non naturalisés (père polonais, mère espagnole), j’ai été pourvue à l’âge de 14 ans d’une carte d’identité polonaise valable jusqu’à ma majorité en avril 1955. A cette date, les autorités françaises m’ont demandé de choisir : conserver ma nationale d’origine ou opter pour la France. J’ai opté pour la nationalité française devant les autorités judiciaires de l’époque. En fonction de quoi m’a été délivré, fin 1955, ma première carte d’identité française, renouvelée depuis sans problème. J’étais demeurée apatride durant sept mois. Lorsque les gendarmes sont venus m’appréhender pour me conduire au camp de Trieste, où étaient internés depuis la fin de la guerre tous les apatrides d’Europe, j’étais en règle depuis la veille seulement.

Me voici en 2008 redevenue apatride, la sous-préfecture m’ayant confirmé oralement le vendredi 16 mai 2008 que ma précédente carte d’identité française ne prouvait rien, et qu’en l’absence de document réclamé elle ne serait pas renouvelée.

Née en France, j’y ai vécu et travaillé toute ma vie. Depuis trente ans mariée à un enseignant fonctionnaire français, j’ai été durant plusieurs années l’assistante d’un parlementaire français devenu par la suite Président de l’Assemblée Nationale – fonction que je n’aurais pu exercer si je n’avais pas été française – et à ce titre j’émargeais au budget de la Nation.

Propriétaire d’une maison, titulaire d’une carte d’électrice, je perçois une retraite, suis assurée sociale, paie mes impôts et mon casier judiciaire est vierge. Bien intégrée dans la société, je crois pouvoir prétendre qu’en ma qualité d’écrivain dont les ouvrages figurent en bonne place à la Bibliothèque Nationale, je parle et j’écris correctement le français.

Il n’empêche qu’à 74 ans, je rejoins la cohorte des sans papiers, des hors la loi, ma carte périmée ne m’ayant pas été restituée. Va t-on en plus me demander de prouver, tests ADN à l’appui, que je suis bien la fille de mes défunts et prétendus père et mère ? Comme le disait Coluche, « jusqu’où s’arrêteront-ils ? ».

Avec le sort réservé aux chômeurs et aux exclus de toute nature dont à présent j’ai l’honneur de faire partie, nous vivons des temps où le grand guignol le dispute à la tragédie. Enfin, si la France ne me supporte pas sans papiers sur sont territoire, qu’elle me fasse embarquer dans un charter. Seulement voilà : m’expulser où ? Le camp de Trieste est fermé depuis belle lurette. »

Merci de relayer cette histoire scandaleuse qui fait honte à notre pays.

Camarade, n’oublie surtout pas la vidange !

La crise alimentaire qui a commencé frappe l’ensemble de la planète. Cette situation ouvre la porte à la spéculation, beaucoup de journaux en parlent, mais aussi peut-être à la malversation. Bien sûr, la fraude alimentaire n’est pas un fait nouveau mais elle pourrait bien se développer de manière exponentielle dans les temps qui viennent, la raréfaction de la nourriture pouvant évidemment inciter à l’ajout de produits de substitution, voire illicites et dangereux pour la santé.

Ainsi, comme le Canard l’a révélé dans un dossier très étayé et très documenté, ce sont 2 800 tonnes d’huile pour moteur qui ont été mélangées en fraude à de l’huile de tournesol destinée à la consommation humaine. Au total, 40 000 tonnes d’huile de tournesol ont été coupées à l’huile de moteur. Le lot, en provenance d’Ukraine, a été distribué aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne et en France où le groupe Saipol (propriétaire de Lesieur) a attiré l’attention de la Répression des Fraudes sur l’existence de ce lot frelaté.

Si Carrefour a admis, du bout des lèvres, avoir retiré de la vente quelques 200 produits contenant cette huile frelatée, une bonne partie de cette huile a été consommée ici et là. Saipol, qui avait pourtant informé la Répression des Fraudes, a même reconnu avoir raffiné l’huile en question (huile minérale issue donc d’hydrocarbures) pour la revendre à « une trentaine de clients de l’industrie alimentaire ». Mieux : la commission européenne s’est fendue en catimini d’une « recommandation autorisant la vente de tous les aliments contenant moins de 10% d’huile de tournesol frelatée ».

Pouvoirs publics français, commission de Bruxelles, le groupe Saipol et l’industrie alimentaire se défendent tous aujourd’hui en prétextant que ladite huile ne présente aucun risque de « toxicité aiguë ». Alors, pourquoi ne pas avoir prévenu les consommateurs !

Aucun risque donc. Mais n’oubliez pas quand même d’aller faire votre vidange tous les 15 000 !

Encore trois milliards qui partent en fumée !

Trois milliards, c’est une somme. C’est exactement le montant estimé pour réduire de deux millions le nombre de pauvres en France. Sarko avait été enthousiasmé par cette idée d’offrir un « complément de ressources » aux érémistes qui trouvent un travail à temps partiel mais qui ne l’acceptent pas car il devient alors moins avantageux de travailler à temps partiel que de rester bénéficiaire du RMI. « Réduire la pauvreté d’un tiers », grâce à cette mesure, était l’un des objectifs du candidat à la présidentielle. Objectif claironné sur tous les toits. Avec tambours et trompettes. Mais Fillion vient de déclarer que le dispositif était trop coûteux. Les plus pauvres ne verront donc pas l’ombre de ces trois milliards. Cela dit, l’objectif de réduire le nombre de pauvres de 30% sera atteint car, comme l’a déjà rapporté le Canard Enchaîné, Sarko est en train de faire modifier en douce le calcul du seuil de pauvreté. Comme quoi, quand on veut on peut … !

Drôle de coïncidence de l’actualité : trois milliards, c’est aussi le montant exact qui vient de disparaître du Fonds de Réserve des Retraites. L’idée de ce FRR était pourtant très bonne au départ. En prévision de l’après-2020 et de la difficulté à payer les retraites, Jospin avait créé en 2002 ce fonds spécial qui devait être alimenté par une partie des recettes des privatisations. Mais l’Etat s’est assis sur ses promesses et les caisses, qui devaient déjà contenir 300 milliards en 2008 n’en contiennent que dix fois moins. C’est à la caisse des Dépôts et Consignations qu’a été confiée la gestion du FRR, cette institution financière de l’Etat étant reconnue pour sa gestion financière plutôt pépère. Mais les éminents énarques qui sont aux manettes de la Caisse des Dépôts et Consignations ont préféré abandonner leur gestion habituelle (basée sur les bons du Trésor) pour une gestion beaucoup plus hasardeuse : jouer en Bourse. En quelques mois, avec la chute des valeurs boursières, trois milliards se sont ainsi envolés en fumée et les caisses du FRR qui contenaient 34,5 milliards en décembre dernier n’en contiennent plus que 31,4 aujourd’hui. Evidemment, il est possible que la Bourse remonte. Mais il n’est pas exclu aussi qu’elle plonge encore beaucoup plus. Le pire est donc peut-être à venir … !

Ce véritable scandale nous a été révélé, une fois de plus, par le Canard.

Baisses d’impôt ?

« la baisse des impôts promise par Sarkozy n’aura pas lieu » annoncent plusieurs journaux qui se font le relai des déclarations du ministre du budget.
Ah bon ! Je me souviens pourtant d’un certain bouclier fiscal … !

Quand nous bouffons de la merde !

Je suis intimement persuadé que notre mode de vie moderne, et notamment notre mode d’alimentation, constitue, d’un point de vue de la santé, une véritable bombe à retardement et que nous n’en mesurerons les effets réels que dans plusieurs décennies.

Jusqu’à présent, je savais qu’en mangeant de la nourriture achetée dans les magasins les plus classiques, on ingurgitait des centaines de molécules chimiques de synthèse et qu’on se s’empoisonnait à petit feu. Tout le monde sait cela aujourd’hui, il faut vraiment se voiler volontairement la face pour ne pas être au courant. Mais je ne pensais pas que les grandes surfaces pouvaient contraindre le consommateur moyen, innocent, à manger de la viande pourrie à son insu. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Regardez le reportage suivant si vous avez le courage d’aller jusqu’au bout.

Il y a un autre reportage qu’il ne faut pas louper – mais probablement le savez-vous, vu le nombre de mails qui a circulé – c’est « le monde selon Monsanto, de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien » qui passe demain soir mardi 11 mars à 21H sur Arte. Il paraît que ce reportage, lui aussi, est édifiant … !

A propos des JO de Pékin

On se souvient encore comment en 2001 les Chinois avaient argumenté très fort pour obtenir que les jeux Olympiques se déroulent à Pékin : ils avaient alors promis « d’énormes avancées » en matière de Droits de l’Homme. Or, rien n’a changé dans ce pays et les libertés y sont bafouées plus que jamais.

Ces JO pourraient être une superbe opportunité pour que le monde entier se penche sur le problème des droits de l’Homme en Chine. Mais il semblerait au contraire qu’ils soient une gigantesque opération de com’ pour le gouvernement chinois qui va nous montrer un pays plus clean que jamais. Clean car les étrangers ne verront pas un seul des 300 millions de Chinois qui vivent avec un dollar par jour. Clean aussi car en matière de libertés, la chasse aux sorcières et aux dissidents s’est bel et bien renforcée depuis quelques mois. Elle n’a d’ailleurs jamais cessé. Cette répression touche les avocats, les écrivains et les simples citoyens que l’on appelle weiquan (« défenseurs des droits »). Ces légalistes se réclament de la Constitution et exigent la juste application des lois de la république populaire.

En 2006, l’avocat aveugle Chen Guangcheng avait été condamné à plus de quatre ans de prison pour avoir dénoncé les rafles illégales de femmes enceintes, d’une violence inouïe, pour les faire avorter de force (dans le cadre du respect des quotas de planning familial fixés par les autorités). La répression avait redoublé tout au long de l’année 2007 avec les mises en résidence surveillée, les brutalités policières, les arrestations, les intimidations, les internements administratifs en camp de travail ou en hôpital psychiatrique.

En décembre dernier, en incarcérant Hu Jia, le dissident le plus en vue en Chine, porte-parole à travers tout le pays des « avocats aux pieds nus », le gouvernement a choisi d’envoyer un message fort à ceux qui seraient tenté de suivre l’exemple de cet homme. Il avait osé cosigné le texte suivant avec le juriste Teng Biao :

« Lorsque vous viendrez à Pékin pour les jeux Olympiques, vous verrez des gratte-ciel, des avenues dégagées, des stades ultramodernes et une foule de gens enthousiastes. Vous n’apprendrez probablement pas que les fleurs, les sourires, l’harmonie et la prospérité poussent sur l’injustice, les pleurs, les emprisonnements, la torture et le sang. Pour tous ceux qui ne veulent pas voir l’esprit olympique avili, nous croyons que la connaissance de la vérité est la première étape pour résoudre le problème. »

A l’heure actuelle, il n’y a aucune condamnation de ce qui se passe dans ce pays. Ni du Comité International Olympique, ni de notre pays, champion des Droits de l’Homme.

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (10)

On ne sait plus trop ce que veut dire un milliard d’euros. Difficile de se faire une idée précise de ce que représente ce nombre presque abstrait. Pour mieux nous montrer l’ampleur de la somme mise en jeu par Jérôme Kerviel de la Société Générale, certains journaux ont cru bon de nous la traduire en nombre de ferraris qu’on aurait pu se payer. Quelle vision occidentale de la chose ! C’est le journal sud-africain Business Day qui nous a montré la vraie indécence de cette affaire : cette somme est supérieure au PIB de 63 pays les plus pauvres de la planète. Dit comme ça, c’est encore plus parlant, non ?