Les oreilles du diable

LE COIN DU JARDINIER (20)
La mythologie fourmille d’anecdotes mettant en oeuvre des plantes et notamment des légumes cultivés. Ne dit-on pas par exemple que si le persil met longtemps à sortir de terre (parfois 40 jours), c’est parce qu’entre temps il lui aura fallu descendre sept fois aux enfers avant de pouvoir germer (dans le même ordre d’idée : ne dit-on pas aussi que si Dupdup met parfois longtemps à sortir un article, c’est parce qu’il lui aura fallu entre temps descendre sept fois à la cave avant de trouver un peu d’inspiration !)

Je pense que la salade les oreilles du diable tire plutôt son nom de la forme de ses feuilles que d’un quelconque rapport avec la mythologie. Dommage, car j’aime les histoires.

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Je ne sais plus où je me suis procuré cette variété, pas très commune il est vrai. Toujours est-il qu’elle fait partie des salades qui ont la faculté de se reproduire toutes seules dans le jardin. Il suffit de laisser chaque été « monter à graines » un ou deux pieds puis de laisser tomber les graines dans le jardin pour que le processus de production de salades « ad vitam eternam » soit amorcé.

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Les petites plantules issues des graines vont résister au gel l’hiver puis se développer au printemps suivant. Les oreilles du diable seront alors l’un des premiers légumes de l’année. On sait que ce système marche aussi avec la mâche, mais peut-être pourrait-on essayer avec d’autres variétés (Christiane vient de me dire que ça fonctionne aussi avec la salade rouge grenobloise qui passe l’hiver).

Bien sûr, on peut améliorer le système, prélever une partie des graines, les garder au sec et les semer au fur et à mesure de ses besoins. C’est une manière de donner un coup de pouce à la nature. Mais je dois dire que cette idée de variétés qui se ressèment toutes seules, année après année, sans l’aide de personne (finalement, le diable n’a pas besoin de son contraire – le Bon Dieu – pour exister) me plait bien.

J’aime les petites fleurs

Je ne suis pas un grand amateur de fleurs au jardin. Les fleurs cultivées sont en général trop grosses, elles étalent un peu trop leurs couleurs vives. Il y a beaucoup de vulgarité dans les fleurs d’ornement, alors que ce n’est pas le but recherché. Pourquoi l’homme s’acharne-t-il à sélectionner des fleurs de plus en plus grosses ?

J’aime par contre les choses plus nuancées, les fleurs de petite taille. Il y a un mois, les ancolies (dont Maryse et Dom nous avaient donné des graines) fleurissaient. J’ai aimé leur discrétion au jardin … mais j’ai oublié de les photographier.

Je déteste les massifs de pensées qui ornent tous les espaces publics, ronds-points et autres entrées d’hôpital. Mais j’ai un faible pour les toutes petites pensées sauvages que ma grand-mère avait dans son jardin et dont j’ai transplanté quelques pieds (les pieds des pensées évidemment, pas ceux de ma grand-mère !) dans les graviers de notre cour. C’est le domaine réservé de Joëlle qui veille à ce que les mauvaises herbes ne viennent pas trop les envahir. Au rythme où elles progressent, les pensées devraient avoir coloniser toute la cour d’ici deux ou trois ans.

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Je n’ai pas non plus d’affection particulière pour la plupart des roses, ces soit-disant « reines des fleurs ». Beaucoup trop grosses en général. Mais Pascale m’a donné il y a quelques années une bouture de rosier grimpant à petites fleurs blanches qui me convient bien. Au bout de cinq ans, les dimensions sont impressionnantes.

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Dans l’affreuse haie de Tuhya dont j’ai héritée en achetant la maison (et que je n’ai pas encore remplacée), émerge un églantier d’ornement dont les fleurs sont beaucoup plus petites que les vraies roses mais infiniment plus nuancées.

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Je ne connais pas du tout la technique du bouturage (il va falloir que je me penche un peu là-dessus, c’est une technique qui offre des tas de possibilités) mais si un lecteur de ce blog est intéressé par ces deux plantes à bouturer – petit rosier blanc et églantier rose – le jardin lui est ouvert (en contrepartie : un petit cours sur le bouturage, dont je suis preneur !). Avis aux amateurs.

La culture des tomates

LE COIN DU JARDINIER (18)
Celui qui pense que la nature est idéale, idyllique, n’a qu’à se faire jardinier. Il retombera peut-être de haut. Il verra qu’il n’y a rien d’acquis et qu’il y a continuellement une lutte permanente entre les êtres vivants. Il en est ainsi entre le jardinier et les autres animaux amateurs de végétaux. Sept pommiers en espaliers que je cultivais amoureusement viennent d’en faire les frais. Les dents des rongeurs sont trop bien aiguisées pour que l’écorce des jeunes arbres leur résiste. Je trouve les campagnols terrestres que j’hébergeais jusqu’à présent dans mon jardin bien ingrats. Ou alors est-ce eux qui me considèrent, peut-être avec raison, comme un intrus !

Il faut beaucoup de constance et de persévérance pour devenir jardiner et on peut facilement céder au découragement.

Heureusement, le jardin réserve aussi beaucoup de satisfactions. Ainsi, mes tomates vont à merveille et me promettent déjà de fructueuses récoltes. Comme chaque année, les premières seront consommées dès le mois de juin, les dernières fin octobre. Là où les jardiniers dits « normaux » se bornent à manger des tomates pendant deux mois de l’année, les jardiniers passionnés arriveront, quant à eux, à doubler la période de production.

Chaque jardinier possède sa propre recette, son petit truc, qui lui permettra de dépasser les limites habituelles. Le jardinier digne de ce nom n’est jamais avare de renseignements, il aime confier à d’autres les petites astuces qu’il a trouvées seul ou glanées au fil de ses longues années de jardinage.

Pour arriver à produire des tomates sur une longue période, je cultive en général deux générations de tomates. La première est semée très tôt, pendant la première quinzaine de février. Les graines sont placées dans du terreau humide au chaud, dans le salon, à peine recouvertes de terre. Dès qu’elles germent, je les transplante dans ma serre. En aucun cas, elles ne peuvent rester dans la maison, l’excès de chaleur et le manque de lumière les feront grandir trop vite et les pieds seront trop frêles. Lorsque la température risque de descendre sous zéro, j’allume dans la serre une petite lampe au kerdane, ça ne consomme pas grand chose (20 litres par an me suffisent), il ne s’agit pas de chauffer la serre mais juste de garder une température positive. Au bout d’une semaine seulement, je sépare délicatement les plantules et les mets dans des godets individuels. Je transplante à plusieurs reprises les pieds de tomates dans des pots de plus en plus grands au fur et à mesure qu’ils grossissent. C’est l’une des conditions indispensables pour avoir de beaux pieds de tomates. C’est comme une tortue aquatique dans un aquarium, elle ne grossit que lorsqu’on la place dans un récipient plus gros !

Je transplante les pieds de tomate en pleine terre dès la fin mars ou le début avril. C’est très tôt mais je les préserve du gel grâce à un dispositif astucieux que l’on appelle Wallo Water. Grâce à ce procédé ingénieux, les plantes pourront résister en théorie jusqu’à – 10°C (je l’ai déjà constaté de visu jusqu’à – 6°C).

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Le Wallo Water est un épais film plastique formé d’alvéoles que l’on remplit d’eau. Cette muraille aquatique créera en son sein une petite chambre intérieure douce préservée du froid qui permettra à la plante de se développer.

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J’enlève cette protection lorsque les gelées ne sont plus à craindre, le plus souvent fin avril (exceptionnellement le 15 avril cette année). La production de tomates de la saison 2007 s’annonce d’ores et déjà exceptionnelle si j’en juge par la taille des quelques tomates que j’ai déjà (photo réalisée hier).

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Les pieds de tomates sont en général épuisés à l’automne et contractent facilement le mildiou. Les jeunes plants résistent par contre nettement mieux. C’est pour cette raison que je sème une nouvelle génération de tomates courant juin, celles-ci sont généralement moins sensibles au mildiou à l’automne (je dis bien « en général » car il arrive parfois que ça ne marche pas, les attaques par le mildiou sont difficiles à comprendre).

Lors d’un précédent article, j’avais annoncé une rencontre physique entre les personnes qui fréquentent ce blog, autour d’une dégustation de tomates. La date définitive est le mardi 21 août à 18H30. Si chacun amène un petit truc à grignoter et une bouteille, la soirée pourra se prolonger … ! 25 variétés de tomates vous attendent ce soir-là.

La culture des endives

LE COIN DU JARDINIER (16)
La culture des endives est pour moi une nouveauté. Je ne la pratique que depuis l’an passé. Mais je me souviens, que lorsque j’étais tout môme, il y a peut-être 45 ans, j’aidais ma grand-mère à mettre en terre pour l’hiver les précieuses racines.

En raison de son mode de culture qui est très particulier, l’endive est un drôle de légume. La culture de cette salade (qui appartient à la famille des chicorées au même titre que nos scaroles) nécessite plusieurs étapes bien distinctes. J’ai photographié tout au long de l’année ces différentes étapes en vue du présent article.

Les graines de chicorée sont à semer en pleine terre au mois de mai. Au fil de l’été, le feuillage va se développer, de la même manière qu’une autre salade, si ce n’est que l’intérieur du feuillage ne « pomme » pas comme celui d’une laitue. Il arrive parfois que l’un des pieds fleurisse et les fleurs ressemblent alors à s’y tromper aux chicorées sauvages que l’on trouve dans les prés ou sur les abords des routes.

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En octobre ou novembre, vient le temps de la récolte des racines. Celles-ci sont volumineuses et pendant longtemps elles ont servi à obtenir, après torréfaction, la chicorée que l’on mélangeait au café. Ces racines seront débarassées de leurs feuilles (à couper à quelques centimètres au-dessus du collet) puis stockées dans la cave en attendant d’être mises en terre au fur et à mesure des besoins.

Le repiquage consiste simplement à mettre les racines verticalement dans un mélange de terre/terreau humidifé, en laissant la partie supérieure du collet à l’air libre. Attention, la terre ne doit pas être trop humidifiée car les racines pourriraient alors (j’en ai fait la douloureuse expérience l’an passé et je n’a pas réussi cette année à éliminé complétement ce problème).

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Si l’on veut échelonner la production et ne récolter que peu d’endives à la fois, un simple seau, plutôt haut, suffira. Les plantes devant rester à l’obscurité, le seau sera recouvert d’un plastique noir ou d’un autre récipient retourné (ce qui permet dans ce cas d’avoir un volume supplémentaire pour que les endives se développent). Les endives vont se développer en puisant dans les réserves accumulées dans les racines. Au bout de quelques semaines (variable selon la température du local), on pourra commencer de récolter ses premières endives. Ne pas oublier de mettre régulièrement d’autres racines en terre pour avoir une production régulière jusqu’en fin d’hiver et même jusqu’en début de printemps.

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Il semblerait que ce mode de culture très particulier, unique chez les jardiniers, ait été découvert en 1850 seulement par le chef de culture du jardin botanique de Bruxelles, un certain Brézier, qui aurait obtenu son premier « chicon » à partir de la variété de chicorée « à grosse racine de Bruxelles ».

En matière de jardinage, nous resterait-il encore aujourd’hui d’autres découvertes de ce type à faire ?

Carottes multicolores

LE COIN DU JARDINIER (15)
J’ai toujours aimé cultiver des légumes aux formes et aux couleurs variées. Impossible pour moi de me cantonner aux tomates rouges, aux potirons orange ou aux carottes oranges. C’est plus fort que moi, ce n’est pas dans ma nature, j’aime trop la diversité. Et comme il fut un temps, il y a quelques années, où l’on me volait (me « carottait ») mes légumes les plus classiques mais qu’on dédaignait mes belles tomates jaunes et mes beaux potirons bleus, ce fut une raison de plus pour continuer à planter des trucs bizarres.

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Ainsi, cette année, presque toutes les variétés de carottes que j’ai cultivées étaient claires, pour la plupart blanches ou jaunes. En cultivant de telles variétés, je ne fais que renouer avec la tradition car pendant très longtemps les gens n’ont mangé que des carottes blanches. La carotte rouge existait cependant déjà en Syrie au 4ème siècle, elle a été introduite beaucoup plus tard par les arabes en Andalousie mais elle n’était pas assez charnue pour concurrencer nos grosses carottes blanches.

Au cours des derniers siècles, une variété orange apparue en Hollande a été à l’origine de l’obtention de nombreuses variétés très colorées. Les carottes oranges se sont alors progressivement imposées, reléguant les variétés traditionnelles dans l’oubli le plus complet. Dommage, car les variétés jaunes et blanches, par leur qualité gustative et leur rendement, peuvent largement rivaliser avec leurs modernes cousines !

Comme je laisse mes carottes en terre au champ la plus grande partie de l’hiver, je vais les récolter au fur et à mesure des besoins. Ainsi, quelques variétés récoltées ce matin, dont « la jaune du Doubs » (à gauche) et « la blanche de Küttingen » (à droite) :

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Aussitôt récoltées, aussitôt servies à table, pour le plus grand plaisir des yeux et des papilles !

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Si ce type de variétés originales vous intéresse, vous pouvez vous renseigner auprès de l’association Kokopelli ou auprès des Graines Baumaux.

La récolte des potirons

LE COIN DU JARDINIER (14)
Je me suis longtemps désintéressé des récoltes de légumes. Pour moi, être jardinier, c’est avant tout semer, travailler la terre, regarder pousser les plantes, les soigner, les observer dans tous leurs détails, … et je n’éprouvais autrefois qu’un plaisir très limité à récoter les fruits de ce labeur. Il s’agissait même pour moi d’une véritable corvée. Et puis les années ont passé et j’ai commencé à apprécier pleinement ce moment où je pouvais faire mes « provisions pour l’hiver ».

Ce matin, je suis allé au champ récolter mes derniers potirons. Ce sont peut-être les légumes que je préfère par la beauté de leurs formes et celle de leurs couleurs. Cette année, j’ai cultivé un peu plus de variétés que d’habitude. J’ai mes préférées naturellement, que je cultive année après année mais j’en teste quelques nouvelles tous les ans.

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Les potirons se récoltent en général vers le 15 octobre, l’idéal serait même de le faire un peu plus tard, le temps de laisser les fruits venir tous à maturité (surtout cette année car les fruits se sont formés tardivement), mais il faut dans ce cas surveiller de très près la météo et les enlever avant les premiers risques de gelée.

Contrairement à une idée répandue, les potirons se conservent mal en cave où ils pourrissent facilement. Un endroit sec et même chaud (de 10 à 20°C) leur convient bien. Il semblerait que les potirons se gardent mieux lorsqu’on les retourne la queue en bas (je n’en connais pas l’explication exacte, peut-être qu’il se désèchent moins ainsi). Avec un peu d’habitude, on finit par connaître les variétés qui se gardent peu (on les consomme alors en début d’hiver) et celles que l’on peut consommer tardivement jusqu’au début du printemps.

Il y aurait des tonnes de choses à dire sur ces fruits magnifiques, qu’il s’agisse de leur histoire, de leur valeur alimentaire, de leurs nombreuses utilisations… Après ce premier texte sur la manière de les récolter et de les conserver, je devrais donc leur consacrer une série d’articles dans les temps qui viennent.

« Matt’s Wild Cherry » dans votre jardin ?

LE COIN DU JARDINIER (13)
J’aime beaucoup les tomates cerises, pour des tas de raisons.

La première raison est d’ordre gustatif, je trouve que leur parfum est généralement plus délicat que celui des grosses tomates. Autre raison : les tomates-cerises se prêtent bien à une consommation directe dans le jardin, c’est le genre de fruits que l’on grapille en passant et c’est pour moi un plaisir immense de pouvoir déguster des petits fruits sur place. Et dernière raison enfin : les tomates-cerises sont assez proches de la souche sauvage des tomates et en ont gardé une certaine rusticité : les pieds sont généralement assez résistants et sont moins sensibles au mildiou.

Ainsi cette année, alors que tous les pieds de tomates ont été décimés par le mildiou (suite aux conditions exceptionnelles du mois d’août), la seule variété qui résiste tant bien que mal est une tomate cerise. Il s’agit de la variété appelée Matt’s Wild Cherry que je cultive depuis quinze ans et dont je produis la semence.

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Le feuillage de cette variété est tellement fourni qu’il n’y a qu’une seule manière de la cultiver : il faut obligatoirement la palisser dans plusieurs directions sur du grillage (l’idéal étant du grillage à moutons). Les résultats sont toujours stupéfiants, les différentes tiges s’étendent de part et d’autre à deux mètres de pied et à deux mètres de haut et les pieds ont une allure impressionnante. Cette méthode de palissage a aussi pour avantage d’aérer le feuillage qui sèche alors très vite après une pluie ou le brouillard, ce qui est un moyen de lutte contre le mildiou.

Les tomates Matt’s Wild Cherry sont délicieuses mais comme la peau se déchire facilement à la cueillette, j’ai donc pris l’habitude de couper carrément les grappes avec une paire de ciseaux ou éventuellement de les manger sur place.

Cet article n’a qu’un but : informer les lecteurs de ce blog que je peux donner des graines de cette variété à quiconque en voudrait. Je peux également fournir des graines de la belle variété orange (probablement yougoslave) dont j’ai parlé dans mon précédent article sur les tomates.

J’ai confectionné des petits sachets contenant 20 graines de Matt’s Wild Cherry et des sachets contenant 10 graines de tomate yougoslave (à conserver impérativement dans un endroit sec à l’obscurité). Je peux envoyer les graines par courrier. Les jardiniers pourront ensuite produire eux-mêmes leur propre semence selon la méthode que j’ai décrite dans mon précédent article consacré à la conservation des graines. Avis donc aux amateurs.

Et si certains préfèrent plutôt des plants, je peux leur préparer un pied de chaque au printemps prochain. Et en plus ils auront droit à une bière quand ils viendront les chercher !

Les courgettes au jardin

LE COIN DU JARDINIER (12)
La plupart des jardiniers ont les yeux plus grands que le ventre et sèment en général trop de graines (ou repiquent en terre trop de plants) d’un seul coup. La production en est souvent énorme mais s’étale sur une période assez courte.

Ainsi en est-il des courgettes dont on ne sait plus trop que faire en juillet-août et que l’on propose à des voisins qui en sont vite inondés (surtout si leurs autres voisins ont aussi trop de courgettes).

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En théorie, les pieds de courgettes semés en mars-avril pourraient donner des fruits jusqu’aux gelées. Sauf que l’oïdium et le mildiou ont vite raison des pieds âgés et fatigués, devenus sensibles aux maladies, et qu’il devient alors difficile d’avoir des récoltes après le début septembre.

La solution est très simple. Au lieu de planter six pieds de courgettes au printemps, comme le font la plupart des personnes, il suffit de n’en planter que deux (voire éventuellement trois). Plus tard dans la saison, pendant la première quinzaine de juillet, on déposera de nouvelles graines dans le sol, on ne gardera ensuite que deux plants, et nous voilà ensuite assuré d’avoir une deuxième production du début septembre jusqu’aux premières gelées, ce qui augmente la période de récolte de deux mois.

Finalement, avec cette méthode, vous faites d’autres heureux : vos voisins, leurs poules et leurs lapins, qui vont pouvoir enfin manger autre chose que des courgettes !

Même si le temps de l’automne est aux brouillards et à la pluie, l’oïdium et le mildiou n’auront que peu de prise sur ces jeunes plants vigoureux et en bonne santé. Voici par exemple un jeune pied de courgettes jaunes que j’ai semées le 15 juillet, qui donne des fruits depuis une semaine malgré les conditions météo peu propices et que j’ai photographié hier matin.

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Il y a plein de manières de consommer la courgette, les plus courantes étant sans doute le gratin et les courgettes farcies. La plus simple à mon avis, celle dont on se lasse le moins, se résume à les faire revenir à la poêle (ou dans une sauteuse) dans un peu d’huile, exactement comme des pommes de terre sautées. Ne pas hésiter, comme sur la photo ci-dessous, à bien les laisser brunir. Saupoudrer simplement d’un peu d’ail et de persil au moment de servir.

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Si vous avez d’autres recettes, merci d’en faire profiter les lecteurs de ce blog !

Des salades toute l’année !

LE COIN DU JARDINIER (11)
Nous voici au 15 août, le moment pour le jardinier de semer cette délicieuse salade qu’est la mâche (communément appelée doucette en Franche-Comté), l’une des salades les plus délicates, au goût subtil de noisette.

S’il n’y avait qu’un seul légume à garder dans mon jardin, ce serait assurément la salade (ou plutôt les salades, il en existe tellement de sortes !). Car en se débrouillant bien, le jardinier amateur peut en consommer tous les jours de l’année (ce que je fais) et les récolter en toutes saisons.

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Voici comment on peut échelonner les semis pour récolter ses propres salades à longueur d’année :

– juillet : semer des chicorées scaroles pour la consommation d’automne (à la fin juillet/début août on peut semer en plus la variété de scarole cornet de Bordeaux, un peu plus dure, mais qui possède une certaine résistance au gel et qui pourra donc être consommée en début d’hiver et même plus tard si l’hiver est assez doux). A la même époque, semer un mélange de chicorées amères (trévise, rouge de Véronne, pain de sucre…) qui seront mangées en fin d’hiver.

– du 15 août au 15 septembre : semer de la mâche qui sera consommée de novembre à avril. Choisir de préférence la variété mâche à grosse graine (la plupart des autres variétés sont trop petites et sont très longues à nettoyer sous le robinet… et comme c’est moi qui fais ce boulot à la maison !).

– début septembre : semer une laitue d’hiver (par exemple la variété Merveille d’hiver) qui sera repiquée en octobre puis consommée en avril-mai du printemps suivant.

– de mars à juillet, faire des semis de salades diverses (il y a toute une gamme de salades possibles : laitues, batavias, romaines, laitues à couper…). Faire des semis tous les mois pour échelonner les récoltes car les salades ont tendance à monter en graines avec la chaleur.

– en avril/mai : semer en pleine terre des endives (que l’on appelle aussi chicorées de Bruxelles) qui seront récoltées en octobre pour être ensuite à nouveau cultivées au noir en cave et consommées ensuite pendant tout l’hiver (je consacrerai prochainement un article sur la culture de l’endive).

Vous vous y retrouvez ? Quelle salade !

Le paillage au jardin

LE COIN DU JARDINIER (8)

Nous sommes donc en pleine canicule et certaines plantes du jardin commencent de souffrir. Le jardinier est alors confronté à un dilemne un peu délicat : faut-il arroser ou non ?

La plupart des gens commencent à arroser très tôt, dès le printemps. Les légumes adoptent alors la loi du moindre effort : plutôt que d’aller chercher l’humidité en profondeur, ils ne développent qu’un système racinaire faible car ils trouvent en surface toute l’humidité dont ils ont besoin. Petit problème, une fois qu’on a commencé d’arroser : il va falloir arroser sans cesse, faute de quoi les légumes vont s’étioler (d’autant plus qu’ils vont avoir des besoins en eau de plus en plus importants au fur et à mesure qu’ils grossissent et que la saison avance).

Il y a par contre des jardiniers qui n’utilisent pas d’eau. Ainsi, la plupart de ceux qui ont la chance de pouvoir cultiver leurs légumes en plein champ n’arrosent jamais, d’abord parce qu’ils n’ont pas la possibilité de le faire mais aussi parce que les plantes s’en sortent généralement très bien (je l’ai constaté même pendant la canicule de 2003). Les tomates, par exemple, vont développer un système racinaire très important, de petites radicelles pouvant même aller chercher l’humidité à plusieurs mètres de profondeur.

Depuis ce printemps, je n’ai pas arrosé une seule fois mes tomates, mais aucune n’a encore souffert du manque d’eau (j’ai même déjà deux pieds qui dépassent ma taille et je mange des tomates depuis le 22 juin). Mais comme la canicule sévit en ce moment, qu’elle risque à priori de durer encore quinze jours au moins, j’ai décidé ce matin de mettre en oeuvre une technique que j’utilise régulièrement l’été, le plus tard possible, il s’agit de la pratique du paillage qui permet aux plantes d’avoir à leur disposition de l’humidité en surface tout en arrosant très peu.

Je suis donc allé ce matin récupérer de la paille dans les champs (on peu le faire facilement lorsque les moissons sont terminées et que la paille a été pressée, il en reste toujours un peu sur le terrain). J’ai ensuite mis une couche de paille autour de mes pieds de tomates et je les ai ensuite arrosés. Dans quinze jours, malgré la canicule, la terre sous la paille sera encore humide et je n’aurai plus besoin d’arroser de nouveau.

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Un peu plus tard dans la matinée, je suis aller repiquer des petits choux que j’avais semés, en utilisant la même technique de paillage. En temps normal, il serait impossible de repiquer des choux avec de telles chaleurs. Le paillage par contre le permet, je l’ai souvent constaté. Et avec cette technique, les choux vont grossir très vite.

La technique est donc simple, gratuite, économe en eau. Elle n’a que des avantages, d’autant plus qu’il se développe sous la paille toute une vie organique intéressante à observer, avec des tas de petites bestioles qui sont de précieux auxiliaires pour le jardinier. Mais j’aurai l’occasion d’en parler plus tard.

Quand on sera devenu vieux, ce serait sympa si on pouvait aussi nous pailler, afin d’éviter qu’on se dessèche trop. Mais bon, je n’y crois pas vraiment. Alors, avec cette chaleur torride, quand je me dessèche un peu trop, j’aime encore bien appliquer la vieille méthode classique, éprouvée par des générations de jardiniers : je file chercher une bière ! Ce que je fais d’ailleurs sur le champ !

Plantons des espaliers

LE COIN DU JARDINIER (6)
Les arbres fruitiers du jardin fleurississent. La semaine dernière, c’était les pêchers, c’est maintenant au tour des pommiers et des poiriers de fleurir les uns après les autres. J’aime beaucoup ce moment de l’année et je me demande souvent pourquoi les gens plantent des arbres exotiques d’ornement alors qu’un fruitier, c’est si beau ! Et en plus, ils donnent des fruits à l’automne !

Si j’aime beaucoup les vergers traditionnels avec leurs arbres de plein vent qui sont un élément irremplaçable du paysage, je dois dire qu’en tant que jardinier amateur, j’ai un faible pour les petits arbres, ceux que l’on appelle « espaliers ».

Ces arbres ont plein d’avantages. D’abord, ils donnent des fruits très rapidement, au bout de trois années seulement, alors qu’avec des formes plus classiques, il faudra attendre une dizaine d’années. Ensuite parce qu’on peut les tailler, récolter les fruits, … à hauteur d’homme, à hauteur des yeux, ce qui présente un avantage certain quand on a, comme moi, la fâcheuse idée de vieillir (et qu’on est de moins en moins à l’aise sur des escabeaux ou des échelles). Et enfin parce que sur un espace limité, on peut mettre un grand nombre de variétés différentes car on peut espacer les arbres de 1,5 m seulement avec deux mètres entre les lignes (alors qu’habituellement, il faut 8 mètres en tous sens). Mes 25 espaliers (25 variétés différentes) prennent ainsi peu de place.

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Si les gens ne plantent pas d’espaliers en général, c’est d’abord parce que leur plantation est plus difficile (il faut installer des poteaux et du fil de fer car ces arbres, greffés sur des porte-greffes faiblement vigoureux, ont un système racinaire faible et doivent donc être palissés) mais aussi parce que leur taille est beaucoup plus compliquée. Alors que pour un arbre de plein vent, on peut se contenter de ne tailler qu’une fois par an en début de formation, puis tous les deux ou trois ans ensuite, les espaliers necessitent qu’on s’occupe d’eux plusieurs fois chaque année : d’abord pour former les arbres, les diriger pour leur donner la forme qu’on veut, souvent sur un seul plan, mais aussi pour attacher les branches, ajouter des baguettes verticales (de noisetier par exemple) pour y attacher les cordons …

Mais pour moi, ce surcroît de travail n’est pas un inconvénient, au contraire. Car à force d’intervenir en permanence sur ces arbres, on finit par bien les connaître, la moindre branchette nous est alors familière dans ses moindres détails, on s’y attache beaucoup. Un jardinier qui possède des espaliers leur porte en général beaucoup d’affection. Quand il va au jardin, il coupe en passant une petite branchette qui dépasse dans l’allée, il incline telle autre pour favoriser la mise à fruits sur cette branche … car sur les espaliers, il y a toujours quelque chose à faire, pour le plus grand plaisir de ceux qui, comme moi, ont le sécateur qui les démange en permanence.

Si vous aimez vous occuper d’arbres fruitiers, plantez des espaliers, votre plaisir sera alors multiplié par dix. Mais surtout ne les achetez pas, il vous suffit d’acquérir des jeunes plants de l’année (que l’on appelle scions) et de les former vous-mêmes. C’est alors un vrai travail de création.

Les plantes s’aiment ou se détestent

LE COIN DU JARDINIER (5)
Il y a des gens qu’on aime et d’autres qu’on n’aime pas. Le monde est ainsi fait. Allez savoir pourquoi certaines personnes vous hérissent alors que vous vous sentez en harmonie avec d’autres. Les plantes connaissent elles-aussi aussi le même type de problèmes existentiels : le voisinage de certaines leur convient bien alors que d’autres plantes leur sont indésirables.

L’homme, doué d’intelligence, a toujours inventé des tas de solutions selon les personnes qu’il a en face de lui, qu’il aime ou qu’il n’aime pas selon le cas : insulter le voisin qu’il déteste et le forcer même à déménager, casser la gueule à un rival, draguer une personne avec qui il estime avoir des affinités … Les plantes n’ont pas toute cette panoplie à leur disposition. D’autant plus que l’absence de mobilité est un facteur limitant. Impossible d’aller casser la figure à la plante voisine par exemple. Elles ont alors recours à des moyens plus limités certes mais très spécifiques au monde des plantes.

Ainsi, de nombreuses plantes émettent par leurs racines (mais aussi parfois par leurs fruits) des gaz ou des acides qui ne sont pas problématiques pour certaines plantes voisines mais qui en perturbent d’autres. Par ailleurs, à l’opposé, le développement de certaines plantes favorise le développement dans le sol de micro-organismes qui ont plutôt un impact favorable sur d’autres plantes du voisinage. Les plantes entretiennent donc entre elles des relations qui sont soit favorables, soit néfastes, soit neutres.

Dans la nature, les plantes sont disposées de manière plutôt harmonieuse, les millénaires qui se sont succédés ayant bien régulé les choses, et l’on trouve souvent ensemble des plantes dont les influences réciproques sont plutôt favorables. Mais le jardinier, en imposant la présence de plantes à d’autres, perturbe cet ordre naturel et oblige certaines plantes « qui ne s’aiment pas » à cohabiter.

Depuis les premiers travaux de scientifiques publiés pour la première fois en 1908 par le biologiste allemand Küster, le jardinier possède cependant quelques éléments dont il peut s’inspirer pour aménager son jardin. Les connaissances se sont affinées pendant tout le 20ème sièce et l’on sait maintenant que l’on a intérêt à faire cohabiter le poireau et la carotte car le poireau éloigne la mouche de la carotte alors que la carotte éloigne le ver du poireau. A l’inverse, certaines associations défavorables sont aussi bien connues et il faut éviter par exemple de planter des haricots ou des pois à côté des oignons car les bactéries fixatrices d’azote qui se trouvent sur les racines des légumineuses sont inhibées par les composés sulfurés émis par les oignons.

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Ces effets bénéfiques ou au contraire indésirables durent dans le temps et il l’on peut utilement en tenir compte pour la rotation de ses cultures. Par exemple, on sèmera avantageusement de la salade dans un coin où il y aura eu des radis l’automne précédent et où l’on mettra l’année suivante des choux ou des concombres.

La liste de toutes les associations favorables ou défavorables est longue et c’est un peu compliqué (aussi compliqué que chez l’homme, ce n’est pas peu dire !). Un livre est paru sur le sujet : il s’agit d’un ouvrage de Hans Wagner, intitulé « le poireau préfère les fraises » aux éditions Terre vivante, qui permet de trouver tous les renseignements utiles sur le sujet. Coût : 14,48 euros. Mais si vous cherchez dans ce livre comment vous débarasser de certaines personnes, en émettant certaines substances particulières, sachez que le livre ne dit rien de tout ça. Dommage ! Tout ouvrage a ses limites !

Bonnes et mauvaises herbes

LE COIN DU JARDINIER (4). Le printemps amène son lot de bourgeons et de fleurs, mais aussi son tas de … mauvaises herbes ! Le jardinier passe beaucoup de temps à les éliminer ou tenter au moins de les contenir à un niveau acceptable. Toutes les herbes réputées mauvaises ne le sont pas vraiment toutes, et d’ailleurs le concept de « mauvais » ou de « nuisible » n’est plus, à mon sens et dans un contexte de diminution de la biodiversité, à employer aujourd’hui. D’autant plus que les jardiniers modernes se mettent aujourd’hui à parler de « bonnes mauvaises herbes », allez donc vous y retrouver !

Mais bon, là n’est pas mon propos d’aujourd’hui, il est plutôt de vous apprendre à reconnaître de manière facile et imparable si une herbe est « mauvaise » ou « bonne ». C’est un véritable scoop car les jardiniers se la posent, mais sans la résoudre avec certitude, depuis des millénaires. En fait, la réponse est très simple, il suffit d’arracher la plante. Si elle repousse, elle était forcément « mauvaise ». Intéressant comme technique, non ?

J’imagine d’ici la tête de celui qui est sceptique quant à la méthode employée, mais j’imagine aussi le regard allumé et malicieux de celui qui a compris toutes les applications qu’on peut en tirer. Je l’entends déjà me dire avec un sourire en coin « et si j’extrapole et que j’utilise ta méthode pour faire la différence entre mauvaises gens et bonnes gens ? ». En un sens, je comprends sa question car je remarque qu’il arrive à beaucoup de mauvaises gens de mourir mais qu’il en revient toujours autant. Et je lui répondrais tout de go « Extra, Paul ! Mais sache que je décline toute responsabilité quant à la méthode employée ».

Je ne tiens tout de même pas à me retrouver face à un procès, pour un simple conseil en jardinage !

Découvrons les « courges d’hiver » asiatiques.

LE COIN DU JARDINIER (2)
Quand j’ai mis en ligne mon blog, il y a plus d’un mois, c’était aussi avec la ferme intention d’écrire régulièrement des articles sur le thème du jardin, qui est l’un de mes loisirs préférés. Mais au bout de cinq semaines, le bilan est plutôt maigre : ma rubrique « coups de pioche » ne fait état que d’un seul article sur ce thème. Il va donc falloir y remédier, d’autant que le printemps approche à grands pas. Vous allez me dire que le froid est bien installé (la neige devrait encore tomber cette nuit) et que rien ne presse, c’est vrai, mais tout peut aller très vite d’ici une semaine ou deux. Mais bon, ne nous pressons pas, les jardiniers sont toujours trop impatients (et je fais malheureusement partie de ceux-là) !

En attendant que l’hiver finisse et que l’on puisse faire les premiers semis au jardin, le jardinier dispose encore d’un peu de temps pour feuilleter les catalogues de graines et faire des commandes. Pour certains légumes se semant tardivement, il reste même encore beaucoup de temps pour se pencher sur les variétés à semer. C’est notamment le cas des courges et potirons. C’est l’un de mes légumes préférés, tant par la diversité des formes, des couleurs, des goûts et des possibilités culinaires (je profite de l’audience que me donne mon blog pour essayer de faire croire que c’est moi qui fait la cuisine !). 

Certains catalogues en présentent des dizaines de variétés, parfois même une centaine comme les graines Baumaux (oui, certains vont me reprocher de faire de la pub pour Baumaux qui vient d’attaquer en justice l’association Kokopelli, je sais, c’est regrettable, et je vais d’ailleurs faire prochainement un petit article sur ce problème épineux). Il est difficile de s’y retrouver, tant la gamme des cucurbitacées (non, non, c’est pas une insulte !) est étendue. 

Au cours des dernières années, j’ai essayé des tas de variétés différentes mais je reviens souvent aux mêmes : Muscade de Provence (la meilleure pour la soupe), Jack Be Little (ou Little Be Jack) et Sweet Dumpling (ces deux dernières variétés peuvent être utilisées de manière très originale, plantez-les sans hésiter, je donnerai des recettes à l’automne prochain) et surtout les « courges d’hiver » que presque personne ne connaît, et qui sont d’un goût très délicat. Vous allez me dire : « et les potimarrons ! ». C’est vrai que les potimarrons jouissent d’une réputation excellente et que leur parfum (de chataîgne) et leur chair dense en font le potiron idéal pour les gratins. Oui, mais désolé de vous décevoir, il me semble que les potimarrons d’aujourd’hui ne sont plus aussi savoureux que ceux d’il y a vingt ans (dégénérescence génétique ? Manque de rigueur dans la sélection des graines ?). Et puis sourtout, tout ça est remis en cause par l’apparition récente des courges d’hiver !

Ces courges d’hiver, que l’on appelle « winter squash » sont originaires d’Asie. Les fruits sont de petite taille, de 1 à 3 kg seulement, ce qui est un avantage considérable car cela évite d’avoir à garder des grosses courges entamées qui finissent par moisir. Le moelleux de leur chair et leur goût délicat en font des légumes d’exception, bien supérieurs aux potirons classiques et un peu meilleurs que les potimarrons. Et en plus, ils se conservent mieux ! Si vous êtes un gastronome, doublé d’un curieux, nul doute que ces courges d’hiver doivent trouver une place dans votre jardin. Il y avait une super variété nommée « Tasty delite » qui était extraordinaire d’un point du vue gustatif mais d’une apparence très moyenne (couleur marron) qui a disparu des catalogues (je paye un grand nombre de bières à celui qui m’en trouvera quelques graines !), il en subsite quatre autres dans le catalogue Baumaux (eh oui, encore lui !) : deux variétés excellentes que j’ai testées l’an passé (Snow Delite et Iron Cap) et deux autres variétés que je vais m’empresser d’essayer cette année (Amazonka et Golden Debut).

Dans un prochain article il me faudra parler d’autres légumes méconnus qui viennent du même continent : les radis asiatiques !

Baumaux et Kokopelli : prenez-en de la graine !

LE COIN DU JARDINIER (1)
Chaque année en janvier, le jardinier qui sommeille en moi se réveille. Se réveille même violemment : la veille encore j’étais plongé dans la langueur hivernale et le matin, je me réveille soudain avec quelque chose de puissant qui monte en moi. J’ai alors envie d’aller au jardin, de semer, de planter, de travailler la terre. Mais il me faut me rendre à l’évidence : les semis, ce n’est pas avant au moins deux mois ! Alors je trouve une activité « jardinage » de substitution et je me mets à feuilleter, de manière un peu fiévreuse, les catalogues de graines. En janvier et février, ces catalogues deviennent mes livres de chevet et je me plais alors à admirer les poivrons aux couleurs éclatantes, les feuilles biscornues de la laitue « oreilles du diable » ou les formes plantureuses de certains potirons. Mais plus je regarde les catalogues, plus j’ai envie de semer et plus ça devient l’enfer car une petite voix intérieure me répète de manière obsessionnelle « dans deux mois, deux mois … ».

Quand je dis que j’ai souvent la tête plongée dans « les » catalogues, c’est un peu exagéré, car en fait, au fil des années, il n’y en a plus que deux qui retiennent vraiment mon attention. Ils ont chacun leur approche et leur philosophie différentes :

1 – le catalogue des graines Baumaux : c’est le top du top parmi les pros de chez pros, le catalogue est richement illustré (c’est un régal pour l’oeil), il y a une grande diversité (plus de 100 variétés de potirons par exemple) et l’on y trouve un certain équilibre entre variétés anciennes traditionnelles et variétés modernes plus productives (hybrides F1). Seul petit bémol : si les variétés traditionnelles sont d’un prix moyen, les variétés F1 et surtout les nouvelles introductions au catalogue sont chères (mais depuis quelques années, les prix de tous les fournisseurs – qu’il s’agisse de Tézier, Vilmorin … – ont fait un grand bond). Contact : www.graines-baumaux.fr

2 – les graines de Kokopelli : on est là dans un autre univers, non commercial, qui est celui d’une association militante qui fait un travail remarquable de sauvegarde de variétés anciennes menacées, du monde entier, et qui œuvre dans de nombreux pays du tiers-monde pour que les populations s’affranchissent du lobbying inacceptable exercé par les grandes multinationales des producteurs de semences. Le catalogue est très riche, plus riche que celui de Baumaux (plusieurs centaines de variétés de tomates par exemple), mais si l’on est simple acheteur on n’a accès qu’à une gamme limitée (la gamme «boutique») alors que si l’on devient adhérent à l’association, l’ensemble des variétés du catalogue devient accessible. Les graines sont d’un prix très modéré. Seul reproche : un grand nombre de variétés ne sont pas illustrées (mais sont bien décrites). Contact : www.kokopelli.asso.fr

On pourrait aussi se contenter d’acheter des variétés classiques que l’on trouve un peu partout, dans n’importe quel magasin. Mais ce petit article s’adressait en priorité à tous les curieux et amoureux de la biodiversité au jardin. Si vous faites partie de ceux qui ne plantent que des tomates rouges, il n’est pas trop tard, faites le pas : essayez les tomates jaunes, vertes ou roses de Baumaux et Kokopelli !