Mes salades de l’année 2009 (2)

LE COIN DU JARDINIER (47)

Les temps derniers il a pas mal plu. De quoi régaler le jardinier que je suis. J’adore être dans mon jardin (en plein champ) lorsque de gros nuages arrivent.

nuages
J’attends en général d’être mouillé, d’avoir senti l’eau assez longtemps sur ma peau, avant de quitter les lieux.

La pluie a fait du bien à toutes les plantes et le jardin a repris du poil de la bête après un période de sec où certaines plantes n’avaient pas très bon aspect. Mais là, c’est reparti et certains légumes ont doublé de volume en moins d’une semaine.

jardin
La période de fin mai/début juin marque le vrai début des récoltes. Les petits pois d’abord qui sont un véritable luxe après une période où il n’y avait pas grand chose au jardin.

pois
Les salades ensuite. Le mois de juin est assurément le mois des laitues, le jardin en donne à profusion et elles poussent sans encombre, les grandes chaleurs ne les faisant pas encore monter en graines.

Il existe essentiellement quatre sortes de laitues.
Les plus communes sont les laitues pommées aux feuilles fines qui forment un coeur serré.
Viennent ensuite les laitues batavias, au feuillage dentelé, assurément les meilleures car beaucoup plus croquantes que les laitues pommées.
Il y a aussi les laitues romaines, volumineuses, sans doute moins consommées qu’autrefois, dont le coeur serré forme une pomme allongée, toute en hauteur.
Les laitues à couper, de type bowl, forment un quatrième groupe et ont pris une place plus importante dans nos jardins (mis à part le mien) .
A cela il faudrait aussi ajouter un cinquième groupe, celui des laitues italiennes, mais une seule semble consommée en France : la variété lollo rossa.

Je parlerai de la plupart de ces types de laitues tout au long de l’année (d’autant plus qu’avec les variétés que j’ai échangées avec Dan, Didier et Fred, je dois avoir près de 40 variétés différentes, vous avez pas fini d’en bouffer ! J’espère pour vous que vous êtes végétarien ou en voie de le devenir !).

Aujourd’hui, je vous parlerai d’une laitue pommée très originale que je viens de récolter. Il s’agit de la laitue truitée, originaire d’Autriche. Son véritable nom est forellenschluss, il veut dire « tacheté comme une truite », ce que montre bien le feuillage marbré de brun rouge.

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Les feuilles du milieu, plus claires, sont très belles et les tâches rougeâtres donnent un aspect que je trouve plutôt appétissant mais lorsque je les ai montrées à Christian, un autre jardinier, il m’a dit « Et tu manges ça ? elles ont l’air malade tes salades ! ».

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Question goût, on sent tout de suite qu’il y a une pointe d’originalité. Un ami m’a parlé de goût de noisette. Je lui ai trouvé une saveur plus sucrée que les autres salades. Et je lis ce soir sur le catalogue Baumaux que cette variété a obtenu, sur le plan gustatif, le premier prix dans un concours où étaient présentées 900 variétés de salades.

Entre nous, je me demande comment on peut goûter 900 variétés de salades, rester objectif pendant toute la durée du concours et aimer encore les salades à la fin de la dégustation ! Avec des bières, je dis pas, mais des salades … !

Mes salades de l’année 2009 (1)

LE COIN DU JARDINIER (45)
Le mois d’avril est fini. Tant pis. J’aime bien les « giboulées du mois d’avril ». Il n’y en a pas eu beaucoup cette année mais comme chaque fois qu’elles se produisent, une belle lumière succède à la pluie. Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas en avril qu’il y a le plus d’arc-en-ciels. Le dernier date d’avant-hier.

village

Le mois de mai est là avec son lot de promesses. Les premiers oiseaux vont éclore, les derniers migrateurs vont arriver, les petites plantules du jardin vont pousser à vue d’oeil et le myosotis va se mettre « à faire le beau » pour plaire au persil.

myosotis

Mais le mois de mai, tout comme le mois d’avril d’ailleurs, est encore un mois difficile pour celui qui aime manger les produits frais du jardin. Bien sûr, il reste encore quelques légumes de l’année précédente (des carottes, des potirons, des pommes de terre, des poireaux, quelques céleris-raves si on a pris la peine de bien les conserver en cave) mais l’organisme a faim de récoltes nouvelles qui  se laissent un peu désirer.

Du côté des salades, la jonction est difficile entre le mois de mars (avec la dernière mâche que l’on consomme juste avant qu’elle ne monte en graines) et la fin mai (périodes des premières laitues). La jonction est difficile donc, sauf pour les jardiniers qui ont pris la peine de semer en septembre l’une ou l’autre des rares variétés de laitues qui arrivent à passer l’hiver, même lorsque le thermomètre descend à – 15°C. Ces laitues, qu’on aura pris la peine de repiquer en fin d’automne, vont passer tout l’hiver en état de latence et commencer de se développer seulement à partir de la fin mars/début avril. Elles vont alors se développer très vite et donner de belles pommes (c’est ainsi qu’on appelle le coeur serré des laitues).

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Il existe quelques variétés qu’on appelle « laitues pommées d’hiver », par exemple la Brune d’hiver, la passion blonde à graine blanche, la Val d’Orge, … mais celle qui donne le plus de satisfaction aux jardiniers de l’Est de la France semble être la merveille d’hiver. C’est celle que ma grand-mère mettait autrefois dans son jardin, c’est celle que je continue de semer chaque automne. Par fidélité pour la tradition … et pour ma grand-mère. C’est un plaisir immense de pouvoir en consommer en cette période de l’année.

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J’ai également quelques plants d’une variété un peu plus tardive, que j’ai semée en septembre et qui ne donnera probablement des petites têtes de salades qu’à la fin mai. Mais j’ai oublié le nom de la variété (quelqu’un aurait-il un remède comme la progression d’Altzheimer ?). Quelqu’un connaît-il cette salade ?

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L’an passé, bon nombre de mes articles étaient consacrés aux tomates (voir ma série « mes tomates de l’été 2008 »). J’ai bien l’impression qu’il y aura cette année un paquet d’articles consacrés aux salades. Désolé pour les non-jardiniers de ce blog !

Le souchet comestible

LE COIN DU JARDINIER (43)
Je me lance cette année dans la culture de légumes qui sont complètement nouveaux pour moi : crosnes du Japon, bardane géante, barbe de capucin, aubergines africaines, salsifis, scorsonères, fenouils, endives rouges … Dernier en date, le souchet comestible que j’ai planté hier matin en pleine terre après l’avoir fait tremper 48 h dans de l’eau.

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Le souchet est une plante consommée en Egypte depuis au moins 4000 ans.

Les rhizomes de souchets se développent sous terre et produisent de tous petits tubercules que l’on peut manger crus ou grillés. Les Espagnols de la région de Valence l’utilisent pour faire une délicieuse boisson appelée chuffa … que j’aurai peut-être la chance de faire déguster l’hiver prochain à ceux qui passeront à la maison.

Il me reste quelques graines à planter, si cela tente quelqu’un (j’en ai pour deux personnes seulement) … !

Jardiniers de France

LE COIN DU JARDINIER (42)
Il y a trois ans, je suis devenu « Jardinier de France ». En adhérant à cette association, j’ai rejoint une structure qui a déjà 130 années d’existence. Vous pouvez cliquer ici pour connaître l’histoire très intéressante de cette société. Parmi les dates qui ont jalonné son histoire, je retiendrai les années 20 au cours desquelles l’association s’est beaucoup impliquée dans le développement des « jardins ouvriers » et les années d’après-guerre marquées par une pénurie alimentaire. Dans ces années difficiles, l’association s’est donnée comme objectif d’assurer la subsistance des plus pauvres. Elle a alors créé sa fameuse « série n° 1 » qui permet à une famille d’assurer sa subsistance, pour une somme très modique, pour une année complète.

Soixante ans plus tard, cette fameuse série existe toujours. A notre époque qui voit le prix des sachets de graines augmenter de manière éhontée et sans justification (il existe de nombreux sachets de graines qui valent 4 ou 5 euros actuellement et qui valaient 4 ou 5 francs il y a quelques années seulement), cette série est précieuse. Pensez donc, vous avez 20 sachets de graines pour 12,50 euros seulement soit 62 centimes le sachets de graines (et en plus, il y a 5% de réduction si on est adhérent). J’achète cette série tous les ans. Elle ne contient que des variétés anciennes qui ont fait leurs preuves (tomates marmande, tomate St Pierre, carotte nantaise, radis de 18 jours, navet de Nancy, oignon jaune des vertus, mâche à grosse graine, poireau de Solaise, chou milan de Pontoise …).

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D’autres séries proposées sont très intéressantes, notamment les séries régionales. Il existe ainsi une série « Ouest » adaptée au climat océanique (12 sachets de légumes + une fleur pour 6,20 euros). On trouve aussi dans le catalogue des jardiniers de France une gamme de 60 variétés au prix de 95 centimes le sachet. Les frais de port s’élèvent à 8 euros mais on peut grouper les commandes (et cela favorise en plus les échanges entre jardiniers). De plus, les sachets contiennent une grande quantité de graines et on peut facilement partager leur contenu avec d’autres jardiniers.

A l’heure où le jardinage pourrait redevenir une nécessité absolue et vitale dans un contexte de crise durable, de telles offres ne peuvent être que les bienvenues. Cliquer ici pour accèder au site des Jardiniers de France.

Des salades tous les jours de l’année

LE COIN DU JARDINIER (40)
La salade est l’un des légumes les plus précieux. Car en se débrouillant bien, on peut en consommer tous les jours de l’année. C’est d’ailleurs ce que je fais, les salades font partie de mon quotidien. Aujourd’hui encore, alors que nous sommes à la mi-février, il y avait ce midi dans mon saladier un mélange de scarole cornet de Bordeaux, d’endive, de mâche, de chicorée pain de sucre et de roquette.

saladier

Nous voici à l’époque où l’on commande ses graines car les premiers semis sont proches.

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Ce petit article est en fait la reprise d’un premier article que j’avais écrit sur le sujet il y a très longtemps et que j’ai eu envie de compléter. Il est destiné à ceux qui auraient envie d’avoir des salades tous les jours de l’année sur leur table et donne des réponses à deux questions : Quelles salades semer ? A quelles périodes ?

Voici donc comment on peut échelonner les semis pour récolter ses propres salades à longueur d’année :

Mars à juillet : c’est la période idéale pour semer des laitues. Il en existe toute une gamme : laitues pommées, laitues batavias, laitues romaines, laitues à couper de type « bowl ». C’est une histoire de goût, je préfère les salades croquantes de type batavia ou romaine. Les jardiniers qui ont la possibilité de cultiver sous abri (sous couche, c’est facile à installer) peuvent débuter leurs semis dès la fin février. Le mieux est de semer peu de graines à la fois mais de renouveler ses semis tous les quinze jours environ (car les salades supportent mal les grosses chaleurs et montent facilement à graines). Pour éviter la contrainte de semer tous les 15 jours, on peut mélanger dans un petit bol les graines de toutes les variétés de laitues pommées, batavias, romaines et laitues à couper dont on dispose et semer tous les mois une partie de ce mélange. Chacune des variétés ayant un cycle de végétation différent, l’échelonnement des récoltes sera ainsi assuré sur une plus longue période.

salade

Avril à mai : semer en pleine terre des endives (que l’on appelle aussi chicorées de Bruxelles) qui seront récoltées en octobre pour être ensuite à nouveau cultivées au noir en cave et consommées ensuite pendant tout l’hiver (voir ici le premier et le deuxième article que j’ai consacré à la culture de l’endive). Pour une culture facile, prendre une variété moderne dite « sans terre de couverture »

Juin à août : On peut continuer de semer quelques laitues pommées, batavias … pour une récolte d’arrière-saison mais cette période est surtout favorable pour les chicorées qui sont des salades souvent plus résistantes aux froids et qui pourront ainsi être consommées tout l’automne. Les chicorées les plus connues sont les scaroles (blondes et frisées). La scarole cornet de Bordeaux occupe une place de choix dans mon jardin car elle possède une bonne résistance au gel et peut même passer la mauvaise saison en pleine terre si l’hiver n’est pas trop rude. Ce sont les chicorées italiennes qui sont pour moi les meilleures sur le plan gustatif car elles offrent la plus grande diversité de goût, il en existe des tas de variétés comme par exemple la chicorée pain de sucre, la rouge de Trévise, la grumolo verde,  la palla rossa, la castelfranco, etc… Plusieurs d’entre elles peuvent se consommer jusqu’au printemps (on peut également les protéger tout l’hiver avec un voile).

Mi-août à mi-septembre : semer de la mâche (appelée « doucette » dans notre région) qui sera consommée de novembre à fin mars. Choisir par exemple la variété mâche à grosse graine (la plupart des autres variétés sont très bonnes au niveau gustatif mais trop petites et trop longues à nettoyer sous le robinet… et comme c’est moi qui fais ce boulot à la maison !). La mâche supporte plutôt bien le froid, les miennes sont recouvertes de neige aujourd’hui et ça ne les dérange pas vraiment.

doucette

Septembre : semer une laitue d’hiver (par exemple la variété Merveille d’hiver ou la laitue brune d’hiver) qui sera repiquée en octobre puis consommée en avril-mai du printemps suivant. Il est important de semer ces laitues d’hiver car ce seront généralement les seules salades consommable en avril et elles feront la jonction entre les dernières salades consommables du mois de mars (mâche, endive) et les premières nouvelles salades de l’année (difficile d’en consommer avant le mois de mai).

Je n’ai pas donné trop d’indications sur les variétés à cultiver mais il en existe des centaines et toutes sont très bonnes à mon avis. C’est un domaine où la qualité gustative me semble être toujours au rendez-vous.

La culture des endives (2)

LE COIN DU JARDINIER (37)
Il m’arrive rarement de reprendre l’un de mes anciens articles. Mais comme je ne maîtrisais pas encore complètement la culture des endives à l’époque du premier article et que celles-ci sont de plus en plus belles au fil des années (dis, Dupdup, ça va du côté des chevilles ?), voici quelques éléments nouveaux à apporter au sujet de cet étonnant légume.

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J’ai d’abord remarqué que l’on pouvait repiquer les endives en terre en fin de printemps. Lorsqu’on éclaircit les endives (qui sont toujours semées trop serrées), on peut repiquer dans une autre partie du jardin les petits pieds qu’on a enlevés plutôt que de les jeter sur le tas de compost. Elles reprendront facilement si on a pris soin de les repiquer par temps pluvieux (c’est un point très important car sinon elles s’étiolent facilement en plein soleil).

Deuxième point : il est vraiment dommage que les gens repiquent toutes leurs endives en même temps. On peut aisément les garder en tas en cave bien froide et ne les repiquer en terre dans des récipients à l’obscurité que de manière échelonnée, ce qui permet d’avoir en permanence des endives à plusieurs stades de développement.

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Je mets en terre mes endives tous les dix jours environ, ce qui m’assure une production très régulière de la fin de l’automne  jusqu’au printemps et je n’en repique que très peu à la fois, généralement six ou sept racines seulement installées dans des petits seaux. Les petits seaux sont recouverts d’autres petits sceaux pour que les endives soient encore plus à l’obscurité. Petit avantage supplémentaire : quand on est invité à déjeuner chez des amis, quoi de plus original que d’amener avec soi un petit seau d’endives (en plus de la bouteille réglementaire, cela va de soi …).

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Troisième point : les variétés dites « sans terre de couverture » (c’est en général écrit sur le paquet de graines) sont plus avantageuses, on peut se contenter de faire affleurer la terre juste au niveau du collet de la plante, ce qui donne des endives plus saines, plus propres aussi, et qui s’abîment moins (l’erreur qui est faite le plus souvent est l’utilisation d’une terre trop humide qui fait pourrir les plantes, cela a été un très gros problème pour moi- enfin, pour mes endives – l’an passé).

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Quatrième élément nouveau pour moi : les racines gèlent difficilement en pleine terre. J’ai arraché un premier tiers de ma production fin octobre avant les premières gelées et j’ai pris le risque de laisser les autres en plein champ. Surprise : le 20 décembre, alors qu’il avait fait moins 8°C sur le secteur, le deuxième tiers que j’ai arraché était intact. J’ai arraché le dernier tiers ce samedi 2 janvier, les plants n’avaient pas souffert alors que nous avions traversé une nouvelle période froide avec une bise glaciale. Le fait de les arracher tardivement évite ainsi le dessèchement qui se produit inévitablement en cave lorsqu’on les met en tas dans l’attente du repiquage (j’ai encore des progrès à faire quant au mode de conservation en cave avant repiquage, il faudra que je me livre les années prochaines à de petites expériences à ce sujet).

Cinquième élément : on peut utiliser de la simple terre de jardin, de préférence assez légère, et se passer de terreau. Les conseils d’utilisation de terreau sont bien évidemment proférés pas les vendeurs de terreau. Mais je suis plus terre à terre…

Enfin, le plus important pour moi : la culture hivernale des endives permet de faire du jardin chez soi en plein hiver et c’est un vrai plaisir que de garder ce contact avec la terre.

Mes tomates de l’été 2008 (4)

LE COIN DU JARDINIER (34)
Malgré l’alternance soleil/pluie qui favorise le développement du mildiou, les pieds de tomates que je cultive résistent plutôt bien. Le soleil très fort des derniers jours a accéléré le murissement des fruits. La moisson continue donc.

Certaines variétés ont mes préférences. C’est ainsi que j’aime les tomates de couleur verte et particulièrement la green zebra qui est l’une des plus belles qui soit.

Voici une nouvelle sélection de variétés cueillies hier avec, de gauche à droite et de haut en bas : White beauty, Borodinsky, Russian lime, Liberty bell, Orange queen et Apéro F1.

En fin d’été, lorsque cette petite série sera terminée, je donnerai la liste des variétés dont j’ai récolté les graines et que je pourrai diffuser auprès des visiteurs de ce blog.

Le chou-rave

LE COIN DU JARDINIER (34)
Tout aussi méconnu que son cousin le chou-navet (appelé aussi rutabaga et dont il sera question dans un autre article), très souvent confondu avec lui, le chou-rave pourrait avoir l’honneur de notre table car c’est un excellent légume. Mais il semblerait qu’il soit plutôt inféodé aux pays du Nord et de l’Est de l’Europe et que sa consommation n’ait pas beaucoup pris dans notre pays.

Malgré son apparence, le chou-rave appartient à la même espèce botanique que les autres choux. Il est d’ailleurs étonnant de constater que le chou de Bruxelles, les choux pommés, le chou-navet, le chou brocoli, le chou-fleur, le chou chinois… sont tous dérivés d’une seule et unique espèce de chou sauvage Brassica oleracea qui pousse sur de nombreux rivages maritimes et notamment en Sicile d’où semblent provenir nos choux cultivés. Il a fallu des centaines de générations pour arriver à ces diversités de formes et on estime que la domestication de l’espèce sauvage a débuté il y a sept mille ans sur la partie ouest du bassin méditerranéen. Le chou (ou plutôt la « tribu » des choux) pourrait être le légume le plus anciennement cultivé de la planète.

Je cultive des choux-raves pour la deuxième année consécutive et leur culture ne présente pas de difficulté majeure. Encore faut-il trouver des graines car les semences de choux-raves sont peu vendues en France. On les sème de mars à juillet, on les repique 4 ou 5 semaines plus tard à 20 cm l’un de l’autre. Ils n’aiment pas le sec et l’année 2008 a donc été une bonne année pour la culture du chou-rave. J’ai cultivé plusieurs variétés cette année, dont une variété rouge.

Les choux-raves peuvent être consommés aussi bien crûs (râpés comme des carottes) que cuits (il faut les cueillir avant qu’ils ne deviennent fibreux) mais, pour l’instant, Joëlle et moi n’avons pas de recettes suffisamment originales pour vous les proposer. Peut-être plus tard dans un autre article … Mais avec Google, vous pouvez trouver des idées, comme par exemple le chou-rave glacé au miel ou la râpée de chou-rave aux pommes. Je ne pense pas que le chou-rave soit facile à trouver sur les marchés.

Mes tomates de l’été 2008 (3)

LE COIN DU JARDINIER (33)
Les pieds de tomates continuent de donner leurs fruits. Il y a longtemps qu’il n’y avait pas eu d’aussi bonne année de production. La variété délice du jardinier dont j’avais parlé la dernière fois est l’une des tomates que je découvre cette année et l’une des plus productives de mon potager. C’est aussi l’une des meilleures sur le plan gustatif et elle est à planter absolument au jardin.

Voici une nouvelle sélection de variétés que je teste cette année (et dont je peux fournir des graines aux jardiniers intéressés). Dans l’ordre de lecture (gauche à droite et haut en bas) : Blue fruit, Russian persimmon, Mortage lifter Rieger, Pépée, Rose de Berne et Moldovian green.

La récolte devrait continuer longtemps si le mildiou ne s’installe pas. Tiens, à propos de mildiou, la voisine de mes parents, qui est très croyante, m’a dit que pour éloigner le mildiou, il suffisait de faire le signe de croix sur les pieds de tomates avec une branche de buis. Mais elle a ajouté aussi que ça ne marchait que si, au préalable, on avait trempé la branche de buis dans de la bouillie bordelaise …

Mes tomates de l’été 2008 (2)

LE COIN DU JARDINIER (32)
J’ai toujours préféré les tomates cerises aux autres tomates en raison de leur qualité gustative. Probablement que le goût de ces tomates est le plus proche de celui des tomates originelles d’Amérique du Sud. La variété Matt’s Wild Cherry dont j’ai déjà parlé sur ce blog est, pour moi, sur le plan gustatif, la reine des tomates. Mais si l’on veut varier un peu les goûts et les couleurs, d’autres tomates cerises, très originales, peuvent être plantées. En voici quatre, de couleurs différentes, qui sont actuellement dans mon jardin, successivement Snowberry (blanc jaune), black cherry (très sombre), galina (jaune) et délice du jardinier (enfin une qui est rouge !!!!!!!!!).

Mes tomates de l’été 2008 (1)

LE COIN DU JARDINIER (31)
Avec le soleil des derniers jours, les tomates murissent très vite. Une quarantaine de variétés se partagent l’espace, dispatchées entre le jardin de mon frère et le mien. Je commence de récolter les graines en vue de les diffuser l’an prochain à qui en voudra. Voici aujourd’hui une petite sélection de 6 variétés. Dans l’ordre (ordre normal de lecture, de gauche à droite et de haut en bas) : Kotlas, Auriga, Black ethiopian, Coeur de boeuf jaune, Surprise siberia et Snowberry.

La variété Auriga est étonnante : certains fruits sont munis d’une drôle d’excroissance qui est apparue lorsque ma voisine a pris son premier bain de soleil en maillot de bain. Cela a beau se passer dans mon jardin, je n’assume aucune responsabilité quant au comportement bizarre (mais humain) de mes tomates … !

Tomates à feuilles de pomme de terre

LE COIN DU JARDINIER (30)
Tous les ans, je mange les premières tomates vers le 15 juin. L’année 2007 avait été une exception et pour la première fois j’avais pu consommer quelques tomates à la fin mai. Mais les années se suivent et ne se ressemblent pas. Ainsi 2008 est plutôt une année tardive et si j’ai mangé mes premières tomates en juin, c’était in extremis le dernier jour du mois.

Par contre, 2008 sera peut-être une année exceptionnelle car le printemps pluvieux a fourni de la pluie au moment où les tomates en avaient le plus besoin, pendant leur phase de croissance. Le feuillage s’est ainsi beaucoup développé, la plupart des pieds dépassent déjà 1,50 m et les plants sont déjà chargés de lourdes grappes.

Presque toutes les variétés que j’avais semées en février se comportent bien jusqu’à présent (entre mon frère Claude et moi, nous cultivons cette année 52 variétés différentes). Si le mildiou épargne les fruits, la production 2008 risque d’être d’un très bon crû.

Manger des tomates du jardin pendant quatre ou cinq mois au lieu des deux mois habituels, c’est possible. Parmi les « petits trucs » indispensables pour y arriver, il faut signaler les tomates à feuilles de pomme de terre.

Les tomates à feuilles de pomme de terre sont en général des variétés sibériennes dont le cycle du fruit est très court. Le temps qu’il faut pour passer de la fleur au fruit mûr est moindre. Je suis persuadé que les jardiniers des régions montagneuses pourraient tirer tous les avantages de ce type de plante. Avec des variétés classiques, ce n’est pas facile par exemple de faire pousser des tomates dans le Haut-Jura, mais avec des variétés sibériennes je suis persuadé que ça marcherait.

Chaque année, je cultive un grand nombre de variétés. La première tomate que je mange est toujours une tomate sibérienne. Cette année, la variété la plus précoce s’appelle Kotlas. L’an passé, c’était Matina. Petite proposition : j’enverrai des graines de ces deux variétés à toutes les personnes qui le souhaitent.

Semer quand la terre est sèche, pourquoi pas ?

LE COIN DU JARDINIER (29)
Le jardinier amateur se trouve confronté cette année à des conditions météo inhabituelles. Il y a quinze, jours, il faisait trop froid pour que les graines germent. Il fait maintenant trop sec pour que la germination se passe bien.

Il y a un petit truc que tous les jardiniers devraient savoir, c’est qu’il existe une méthode infaillible pour faire germer les graines en pleine terre malgré la trop grosse chaleur et la sécheresse ambiante. Il suffit juste d’arroser le semis réalisé et de le recouvrir ensuite de deux ou trois feuilles de papier journal. Le papier va maintenir l’humidité nécessaire à la germination.

Dans ces conditions, les salades sortent de terre en deux ou trois jours, les concombres en cinq ou six et les haricots en guère plus d’une semaine. Avec la chaleur ambiante et l’humidité qui remonte sous le journal, il y a là toutes les conditions requises pour une bonne germination. Cette méthode est la meilleure que je connaisse, il suffit juste d’enlever à temps le papier journal dès que la première plantule sort de terre.

Lorsque je fais du jardin en plein champ, les quelques promeneurs du secteur sont intrigués par ma méthode. Mais comme chacun est confronté en ce moment à ce délicat problème de germination, beaucoup me disent qu’ils vont faire de même …

Et en plus, si vous pensiez que France-Soir, Le Figaro et l’Est Républicain n’étaient bons qu’à allumer le feu, voilà une autre utilisation possible … !

Le jardin : un luxe ?

Quand j’étais gamin, il y a cinquante ans, tous les habitants du village faisaient du jardin par nécessité. Acheter des légumes était considéré comme un luxe et peu de gens avaient véritablement les moyens de le faire.
Aujourd’hui, deux générations plus tard, tout s’est inversé : avoir un jardin et produire ses propres légumes est maintenant considéré comme un véritable luxe.
Vous en pensez quoi ?

La teigne du poireau n’aime pas le poivre

LE COIN DU JARDINIER (28)
J’aime bien les petites astuces que connaissent les jardiniers. Il en existe des tas qui sont, pour beaucoup, vouées à disparaître. Car la mémoire collective orale, qui se transmet de bouche à oreille, fout le camp et beaucoup de savoir-faire disparaissent ainsi progressivement.

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Le ver du poireau est une plaie. Pour s’en débarrasser il existe plusieurs méthodes, notamment celle qui consiste à jardiner en mélange carottes et poireaux. Chaque plante tire alors de cette cohabitation un bénéfice réciproque : le poireau éloigne la mouche de la carotte et la carotte éloigne le ver du poireau. Je n’ai pas testé cette méthode, ne semant pas ces plantes aux mêmes époques mais il semblerait que son efficacité soit toute relative.

Les vieux de mon village trempent les racines de leurs poireaux dans de l’eau légèrement javellisée avant de les repiquer et il semblerait que ce soit assez efficace.

Le ver du poireau étant en fait une chenille (la chenille d’un papillon appelé « teigne »), on pourra empêcher le papillon adulte de venir pondre ses oeufs en plaçant un voile de forçage sur les poireaux lors de leur repiquage. C’est probablement la méthode la plus efficace qui soit connue.

Mon ami Robert utilise quant à lui une méthode inédite et très originale : il met trois grains de poivre dans chacun des trous juste avant le repiquage du poireau. L’odeur du poivre serait-elle suffisamment forte pour empêcher les papillons de venir pondre ? Ou les papilles de chenilles seraient-elles beaucoup trop délicates pour supporter le goût du poivre ? Je n’ai pas la réponse précise mais comme cette méthode semble très bien marcher, je vais m’empresser de l’appliquer dès ce printemps … !

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(ma récolte de ce matin)

Faire ses courses au champ (plutôt qu’à Auchan)

LE COIN DU JARDINIER (27)
Drôle de méthode de culture des navets que celle que j’ai découverte cet automne.

Un agriculteur de mon village a pris l’habitude, lorsqu’il sème de l’herbe en fin d’été, de mettre dans le semoir derrière le tracteur le contenu d’un gros paquet de graines de navets au milieu de ses semences de ray-gras, fétuque et autres graminées. Résultat : dès le mois d’octobre, des tas de navets poussent dans l’herbe tendre. Le terrain ayant été semé depuis peu, il est très meuble, les navets prennent alors leurs aises et deviennent très gros.

Evidemment, le paysan a bien plus de navets qu’il n’en a besoin et a fait savoir à son entourage que les gens peuvent aller se servir librement. Les gens du village y sont allés tout l’automne, ramenant parfois des dizaines de kilos pour en faire de la choucroute (appelée dans notre secteur « choucroute de rave »). J’ai également profité de cette aubaine tout l’automne. Je viens tout juste d’aller faire mes courses en plein champ cet après-midi et j’en ai ramené un nouveau panier plein de navets.

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Cette méthode de culture me semble particulièrement astucieuse et originale.

Récolte de potirons

Il a gelé la nuit dernière. La première gelée de l’automne. Les potirons n’ont pas souffert, je pense, abrités par le peu de feuillage qu’il leur reste. Mais il est grand temps de les rentrer. Voilà qui est fait en ce qui me concerne, je finis tout juste de les récolter. La production est plutôt bonne malgré une pollinisation par les insectes qui s’est faite « en dents de scie ».

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Si quelques blogueurs sont intéressés par quelques potirons, merci de mettre un commentaire sur ce blog ou de m’envoyer un mail ou de m’appeler. Il suffira juste ensuite de passer à la maison ce week-end. Mais absolument ce week-end : les potirons que je ne garde pas pour moi resteront dehors, je les couvrirai les deux prochaines nuits d’une couverture pour les mettre à l’abri du gel, mais après je ne garantis rien. Et en plus, il y a une petite bière à l’appui. Evidemment !

Radis asiatiques

LE COIN DU JARDINIER (26)
En matière de jardinage, toutes les variétés m’intéressent à priori et je fais chaque année de nombreux essais de variétés anciennes – que je privilégie – mais aussi de variétés plus modernes (notamment des hybrides F1). Ainsi, lorsqu’une variété asiatique de radis a été disponible en France il y a une vingtaine d’années, j’ai aussitôt semé les graines dans le jardin. Depuis, la variété Rose de Chine se retrouve tous les automnes sur ma table.

La culture des radis est difficile car ce légume doit obligatoirement pousser très vite. Il a donc besoin de chaleur et d’humidité et l’automne est bien souvent la meilleure saison pour le récolter. Quand la pluie fait défaut et qu’il fait trop chaud, les radis deviennent durs et trop piquants.

Les variétés asiatiques me semblent avoir de gros avantages sur les variétés plus classiques : la résistance aux fortes chaleurs est meilleure, la taille est nettement supérieure et ces radis sont naturellement plus doux, d’un point de vue gustatif. L’an passé, j’ai cultivé cinq ou six variétés asiatiques avec des résultats assez mitigés, j’avais dû les semer en mauvaise lune et ils avaient poussé « tout en feuilles ». Cette année, la réussite est totale, je commencer à récolter les premiers, notamment une variété japonaise qui s’appelle Minowase Summer Cross.

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Cette variété est étonnante, elle peut atteindre 60 cm de long (il est possible que mes radis atteignent cette taille en fin d’automne car ils poussent « à vue d’oeil » et ma récolte ne fait que commencer). Cette variété est à semer en juillet-août. Il est donc trop tard pour cette année, mais je pourrai donner quelques graines l’an prochain aux jardiniers qui souhaiteraient expérimenter cette variété dans leur jardin.

L’artichaut

LE COIN DU JARDINIER (22)
J’ai toujours eu une admiration sans bornes pour les jardiniers des derniers millénaires qui ont domestiqué les plantes sauvages et qui, au fil des siècles, les ont transformées en délicieux légumes. Qui sait aujourd’hui que l’artichaut n’était à l’origine qu’un chardon méditerranéen. Il a fallu une patience infinie pour améliorer l’espèce sauvage.

Il y a deux mille ans déjà, les romains en avaient fait une plante moins épineuse dont on épluchait la tige pour en manger le coeur moëlleux. Beaucoup plus tard, au XIIème siècle, les jardiniers de l’Andalousie musulmane ont porté leurs efforts de sélection, non sur la tige mais sur la fleur, et ont obtenu les premiers vrais artichauts, proches parents de ceux que l’on consomme aujourd’hui. Lorsqu’il pénètrent en France, vers 1530, ces nouveaux légumes seront considérés comme denrées de luxe. Un bon siècle plus tard, vers 1650, l’artichaut quitte les jardins nobles pour rejoindre les cultures de plein champ et être appréciés par les couches populaires d’une bonne partie de la France.

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Notons aussi qu’un autre légume très proche, le cardon, est issu du même chardon sauvage que l’artichaut mais aura connu au fil des millénaires des voies de sélection différentes, tout aussi longues et compliquées.

Les franc-comtois ont peu l’habitude de cultiver l’artichaut. Sa culture marche pourtant bien dans notre région. Il lui faut cependant de l’espace (1 mètre carré par pied), une terre riche, profonde et bien drainée.

Le point le plus délicat est le maintien en vie de cette plante pendant l’hiver. Il faut la protéger mais elle peut pourir facilement. Il faut donc la recouvrir de terre (ou de paille ou de feuilles mortes) très tardivement (en décembre) et la découvrir le plus tôt possible en fin d’hiver (quitte à la protéger de nouveau en cas de gel prolongé). Mais ça ne marche pas à tous les coups et lorsque vous croyez avoir sauvé vos artichauts, ce sont les campagnols terrestres qui les achèvent. Je ne réussis à les faire passer l’hiver qu’une année sur deux. Il faut parfois de la tenacité pour être jardinier.

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On peut multiplier les artichauts en repiquant les rejets (appelés « oeilletons ») qui poussent au pied de chaque plant. C’est la technique la plus habituelle. Je procède plutôt par semis, c’est une technique qui me permet d’avoir sur catalogue six variétés différentes dans le jardin. Cette technique du semis a comme inconvénient de produire parfois queques artichauts épineux mais permet par contre d’avoir des plants beaucoup plus résistants.

Si l’on oublie de cueillir quelques artichauts, ce n’est pas grave, ils produiront chacun, au jardin ou dans un pot, une fleur magnifique. C’était paraît-il la fleur préférée de Sigmund Freud.

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Des pêches tout l’été

LE COIN DU JARDINIER (21)
Les pêchers poussent mieux dans les jardins que dans les vergers. La raison en est simple : le pêcher aime la terre travaillée (c’est aussi pour cette raison qu’on avait l’habitude de le planter autrefois dans les vignes).

Les franc-comtois cultivent peu de pêchers, hormis la traditionnelle pêche de vigne qui se reproduit à partir de noyau et qui ne nécessite pas de greffage. Pourtant, la plupart des variétés conviennent bien à notre région, pour peu qu’on s’occupe un minimum des arbres : travail au sol et traitement à la bouillie bordelaise contre la cloque qui est la principale maladie du pêcher.

Si la pêche de vigne, au goût savoureux, est bien adaptée à notre région, elle a l’inconvénient de ne donner des fruits qu’en septembre, sur une période très limitée. Or, il est possible de manger des pêches du jardin en continu durant tout l’été. C’est ce que j’ai expérimenté depuis quelques années.

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En tablant sur l’échelonnement des dates de maturité, j’ai ainsi planté six variétés différentes qui produisent des fruits de la fin juin jusqu’au 15 septembre. Voici la liste de six variétés que je conseille et qui permettent donc un très bon échelonnement des récoltes :

May flower (maturité à la fin juin)
Red Haven (première quinzaine de juillet)
Dixired (fin juillet)
Reine des vergers (première quinzaine d’août)
Bon ouvrier (deuxième quinzaine d’août)
Pêche de vigne (septembre).