Bon lundi !

Certains d’entre vous reprennent le travail ce matin. D’autres l’ont fait la semaine dernière ou même il y a plusieurs semaines déjà.
Bref, que vous reveniez de vacances ou qu’il ne s’agisse simplement que d’un lundi matin morne comme beaucoup de lundis matins, nul doute que cette vidéo aura de l’effet sur vous. Merci à Christophe de me l’avoir fait connaître.

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

J’aime beaucoup le DVD que Bernard Lavilliers vient de consacrer à celui qui, pour moi, est le plus grand monsieur de la chanson française. Je veux parler de Léo Ferré.

Deux extraits de ce concert, pour vous mettre l’eau à la bouche. « Les poètes » d’abord, une chanson que Ferré avait composée en 1960.

« Est-ce ainsi que les hommes vivent » ensuite dont le texte est d’Aragon et dont la musique a été composée par Ferré à la même époque (1961 exactement).

J’aime beaucoup l’écriture d’Aragon qui est très musicale en elle-même. Pas étonnant donc que ses textes, mis en musique par Ferré mais aussi par Ferrat et par Brassens, se soient prêtés à autant de chansons devenues populaires (« Il n’y a pas d’amour heureux », « Que serais-je sans toi », « Aimer à perdre la raison », « Nous dormirons ensemble » …).

Trois autres versions de « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » glanées sur le net : successivement Marc Ogeret, Mélanie Carp (une très belle révélation pour moi) et Catherine Sauvage qui était une grande interprète des chansons de Léo Ferré (sur sa vidéo qui dure plus de 8 minutes, « est-ce ainsi que les hommes vivent ? » est précédé par une autre chanson de Ferré de la même époque : « vingt ans », elle est chantée juste après l’interview de l’artiste).

Bon dimanche à tous.

Gentiane jaune et vérâtre blanc

Un article proposé par Etincelle
Dans le blogadupdup, on nous dit tout sur les plantes du potager, mais les plantes sauvages sont un peu oubliées. Alors, allons voir un peu du côté du « sauvage » …
Encore dimanche dernier, j’ai surpris quelqu’un, lors de l’une de mes balades en montagne, qui a montré le vérâtre blanc (Veratrum album) à ses amis, en le présentant comme la gentiane jaune (Gentiana lutea).
Cette confusion entre les deux plantes est très courante, d’autant plus que les deux poussent, en général, l’une à côté de l’autre.
Et pourtant, mieux vaut ne pas confondre les deux !

Photo-264(à gauche, le vérâtre blanc, à droite, la gentiane jaune)

Avec la gentiane jaune, on peut fabriquer un apéritif maison un peu amer, du même style que la Suze.
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Avec le vérâtre blanc, ce n’est pas vraiment conseillé, la plante étant très toxique (il y a régulièrement des accidents).
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Comment différencier les deux ?

Je pensais naïvement que lorsque la plante était en fleur, la confusion était impossible, et pourtant, dimanche dernier, les deux étaient en fleur.

La gentiane jaune à des fleurs jaunes (sans blague !) :
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Le vérâtre blanc à des fleurs « blanc verdâtre » :
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Avouez que les deux fleurs ne se ressemblent pourtant pas !

Lorsque la plante n’est pas en fleur, c’est un peu plus difficile, mais à peine.

Les feuilles de la gentiane jaune sont face à face sur la tige :
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Les feuilles du vérâtre blanc sont alternées.
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Alors, allez-y, vous pouvez maintenant aller récolter la racine de la gentiane jaune sans risque de vous empoisonner.
Désolée pour les Bretons, les Belges, ceux de la Brenne et tous les autres lecteurs qui vivent loin des montagnes …
Ils auront beau fouiller leur campagne dans tous les sens …
La gentiane jaune ne pousse qu’en altitude.

Vers un blog « semi-collectif »

Finalement, après moult et moult réflexions, ce blog ne deviendra pas vraiment collectif, au sens où je l’entendais au départ. En effet, je ne pense pas qu’il puisse être géré par plusieurs personnes à la fois. Par contre, il deviendra largement ouvert à tous ceux qui ont pris l’habitude de participer, d’une manière ou d’une autre, à sa vie et qui ont envie de proposer des articles.

Nous avons pris l’habitude d’avoir de temps en temps un « petit dimanche musical » proposé par Luc, Yves, Christophe… Nous avons également instauré un rendez-vous littéraire mensuel où chacun pouvait proposer un livre de son choix. Désormais, et c’est là la nouveauté, tout autre sujet pourra être abordé par l’un(e) d’entre vous. Vous avez envie qu’on discute d’un sujet d’actualité, d’un sujet politique, d’une citation d’un auteur, d’un film, d’un disque qui vous tient à coeur… vous avez envie d’amener un peu d’humour sur ce blog, vous avez envie de parler d’un oiseau, d’une fleur ou de tout autre sujet, alors n’hésitez-pas. Il suffit juste de m’envoyer le texte de votre article par mail (les principaux contributeurs à ce blog ont mon adresse email) et, dans la mesure du possible, des photos que vous avez réalisées vous-même pour illustrer votre article.

Petit rappel cependant : il est fort probable que je continuerai à mettre en ligne les articles avec le même rythme que celui qui a prévalu jusqu’à présent. Il y a donc fort à parier que l’article que vous proposerez sera recouvert, dès le lendemain ou le surlendemain, par un autre article. C’est une règle sans doute difficile à accepter mais c’est la seule que j’aie trouvée pour maintenir une certaine dynamique à ce blog.

Autre chose : il se pourrait que chaque année à l’automne (période physiologiquement difficile pour moi, je suis alors victime, comme les plantes, de « baisse de sève ») je fasse une petite pause de plusieurs semaines, voire de quelques mois comme l’an passé, histoire de me ressourcer. Merci de comprendre donc ce besoin de retrait provisoire, gage d’une reprise ensuite encore plus dynamique.

Allez, on commence demain avec un article proposé par Etincelle.

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Noirs indésirables en Pologne

Microsoft fait évidemment de la pub sur toute la planète. Bizarrement, sa dernière pub n’a pas été la même partout et les Polonais ont eu droit à une affiche modifiée sur laquelle le personnage black très souriant est transformé en personnage blanc (tout aussi souriant d’ailleurs). L’affaire fait du bruit sur internet. Vu les proportions que prend l’affaire, Microsoft a annoncé qu’elle allait enquêter sur l’auteur de cette falsification. Facile comme réponse !

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microsoft2(images extraites de ce site)

Oiseaux du Finistère (2)

Bécasseaux, bécassines, courlis, pluviers, gravelots, barges, vanneaux, chevaliers, échasses, avocettes, tournepierres … La famille des limicoles (terme qui veut dire littéralement « qui aime le limon ») est sans doute la famille d’oiseaux la plus importante sous nos latitudes. Mais elle est relativement peu représentée dans l’Est de la France où j’habite. C’est au bord de la mer, et notamment au bord des vasières, que l’on peut apercevoir les membres de cette grande famille en grosses quantités.

Lorsque je vais sur l’île Texel en Mer du Nord, je passe une grande partie de mon temps d’ornitho amateur à admirer ces oiseaux au long bec et aux longues pattes (car il s’agit là d’une caractéristique propre à la plupart des espèces de limicoles). Ce long bec et ces longues pattes donnent à ces oiseaux une élégance qui a peu d’équivalent dans le reste du monde des oiseaux. Disons-le tout net : les limicoles sont mes oiseaux préférés.

Lors de mon petit séjour en Bretagne de la semaine dernière, nous étions en pleine période de migration.

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Les bandes de petits limicoles qui passaient au raz des flots m’ont donné du fil à retordre. Car s’il faut beaucoup d’habitude pour les déterminer avec précision dans la longue-vue, il faut bien connaître les caractéristiques de chacune des espèces et avoir de l’expérience pour les déterminer à coup sûr sur l’instant lorsqu’ils volent. Mais avec un appareil photo numérique, on peut s’amuser à les déterminer sur l’écran. Tiens, et si vous essayiez … ?

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Nous prendrait-on pour des porcs ?

Le Canard Enchaîné de la semaine dernière a révélé comment les lobbies agro-alimentaires s’opposent au projet de l’Europe d’imposer une taille minimum de 3 mm aux caractères des étiquettes d’emballages afin que les consommateurs puissent connaître réellement la composition de ce qu’ils ingurgitent ! Mais non, en ramenant cette taille à 1,2 mm comme le demandent les fabricants, il sera beaucoup plus difficile à la plupart d’entre nous de se rendre compte que la terrine de lapin qu’ils mangent contient essentiellement du porc ou que les graisses qu’ils avalent sont en fait de mauvaises graisses très nocives pour la santé.

La semaine d’avant, le Canard avait révélé un autre scandale. En effet, des chercheurs ont comparé la flore intestinale des obèses et des non-obèses. Et là, surprise : les intestins des obèses sont remplis de probiotiques. Ces mêmes probiotiques que Danone met dans ses yaourts, avec comme argument qu’il s’agit de « bonne bactéries actives et vivantes ». Un milliard de bactéries par pot d’Activia et d’Actimel, ça a sans doute à terme des effets sur l’organisme. Après vérification par les chercheurs du labo de Virologie de Marseille, il s’agit exactement des mêmes bactéries que l’on utilise depuis belle lurette, sous le nom d’activateurs de croissance, dans les élevages de porcs et de poulets. En donner à un porc fait augmenter son poids de 10%. Et c’est sans le moindre scrupule et sans la moindre étude préalable que nos firmes agroalimentaires nous ont fait bouffer ces activateurs de croissance.

Moi, je m’en fous, je ne mange jamais ce genre de truc, mais vous ?

La culture des pastèques

L’année 2009 aura été une année exceptionnelle pour le jardin (enfin, dans la secteur de Besançon où j’habite…  car toutes les régions n’ont pas eu la chance d’avoir autant de précipitations). Mis à part les aubergines et les poivrons que j’ai loupés, tout se porte à merveille. Mêmes les tomates qui avaient commencé à souffrir du mildiou se sont remises sur pied progressivement. La production risque fort de durer jusqu’à la fin septembre. Voici ma dernière récolte.

tomates
2009 est notamment une bonne année pour les melons, ce qui contraste fort avec les années précédentes (car si la culture du melon réussit trois années sur quatre en Franche-Comté, la loi des séries a fait que les trois années précédentes ont été mauvaises). Cette année donc, la qualité est au rendez-vous.

melon
Il y a une autre cucurbitacée, voisine du melon, que les habitants de l’Est de la France ne pensent pas à semer. Il s’agit de la pastèque. Pourtant, après plus de vingt années de culture de ce fruit, je peux assurer que sa culture est tout aussi facile que celle du melon, avec l’avantage de réussir tous les ans. La récolte de cette année est exceptionnelle de par le nombre et la taille des fruits.

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La culture de la pastèque se fait grosso modo de la même manière que celle du melon, à savoir que l’on peut soit semer ses melons en godets au début avril pour les repiquer ensuite au début mai, soit les semer directement en pleine terre au cours de la première quinzaine de mai. On peut même pratiquer les deux méthodes, ce qui donne l’avantage d’une production de fruits sur août et septembre.

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Les pastèques aiment l’eau (leur nom anglais est d’ailleurs water melon) mais leurs feuilles sont petites et recouvrent peu le sol, elles n’entretiennent donc pas une humidité suffisante. Je ne les ai jamais arrosées, ce qui explique peut-être que les fruits des autres années étaient assez petits (ce qui n’est d’ailleurs pas vraiment gênant en soi). Cette année, j’ai été débordé par l’herbe (dans toute la zone des melons et des pastèques) et cette herbe a finalement été un gros avantage, elle a entretenu une forte humidité au sol, ce qui explique aussi en partie (en plus des conditions météo) la taille exceptionnelle des pastèques.

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Bateau qui coule a trouvé sponsor

En marchant avant-hier au bord de la Loire à Orléans, mon regard a été attiré par un petit bateau attaché à la rive. En regardant de plus près, je me suis aperçu que le bateau prenait l’eau et qu’il y avait accroché au cordage un petit fanion, celui de la Banque Populaire.

bateau

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Le parallèle avec la situation actuelle m’a paru saisissant : une société qui prend l’eau avec plein de gens dans ses cales et des banques au-dessus de la mêlée qui ne se mouillent pas.

Oiseaux du Finistère (1)

Tout juste rentré de Bretagne donc. La Bretagne est une belle région, notamment le Finistère et ses côtes découpées.

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Je n’ai pas été bon côté photos, ayant encore du mal à m’approprier toute la complexité des appareils réflex numériques et n’ayant sans doute plus, l’âge aidant (ou plutôt n’aidant pas), la vivacité d’esprit pour digérer les 281 pages de la notice technique. Mais bon, j’ai quand même réalisé quelques clichés et réussi à extraire quelques photos parmi les centaines dont la plupart seront éliminées ou sont déjà passées illico à la poubelle.

Je dois dire que je n’étais pas allé dans le Finistère depuis quelques années et que je n’ai pas retrouvé cette fois-ci les quantités d’oiseaux d’autrefois. Là aussi, comme ailleurs, on assiste à une diminution drastique des populations. C’est très net au niveau des passereaux mais ça l’est également chez les sternes et les limicoles.

Une petite balade à la pointe St Mathieu (à côté du Conquet) m’a permis d’observer d’assez près le cormoran huppé. Lui qui me semblait autrefois présent en grand nombre, m’a semblé en diminution.

cormorans

cormoran

cormoran
Sur cette même pointe, j’ai pu voir d’assez près le pigeon biset qui est l’ancêtre de notre pigeon domestique et dont il subsiste encore, notamment sur le littoral breton, quelques populations sauvages se reproduisant sur les falaises maritimes.

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Et puis, au détour d’un chemin, juste au moment de finir la balade, la vision fugitive d’une femelle de busard saint-martin en train de chasser les petits rongeurs ou quelques petits oiseaux.

busard

Marque-page (4)

On a beau être de gauche (ce que je revendique, personne n’est parfait), il faut bien l’admettre : le bilan des expériences collectivistes sur la planète s’est souvent avéré désastreux : exemple des 20 millions de morts politiques sous Staline. Quant à Mao, impossible de vous donner des chiffres. On ne sait même pas, à 10 millions de morts près le bilan humain du régime maoïste, c’est vous dire  ! (et ceci sans compter les centaines de millions de Chinois victimes de lavage de cerveau et déstructurés dans leur mental).

Un livre très beau est paru il y a deux ans : il s’agit de « La rivière et son secret » de Zhu Xiao-Mei, auteure que les amateurs de musique connaissent bien car il s’agit d’une très grande pianiste. Zhu Xiao-Mei raconte dans ce livre son histoire personnelle dans la Chine de Mao et notamment son passage en centre politique de rééducation. Nul doute qu’il y a plus de larmes que de rires dans cette Chine-là et cela ressort admirablement bien de ce livre. A lire donc absolument.

Je ne ferai pas de cet ouvrage un rendez-vous littéraire mensuel comme nous en avons pris l’habitude sur ce blog car ce livre est relativement cher et je tiens à ce que ces rendez-vous voient la participation d’un maximum de personnes.

Au cas ou vous l’achèteriez, voici un petit marque-page à imprimer (accouplement de couleuvres vertes et jaunes que j’ai observé en Corse l’an passé)

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Tiens, à propos de couleuvres, quand on ressort, très ému, de la lecture du livre de Zhu Xiao-Mei, on a une furieuse envie : celle de trouver encore quelques maoïstes français survivants (vous savez, ceux qui nous en ont fait avaler des couleuvres) et de leur faire bouffer « le petit livre rouge » de Mao-Tse Toung (qu’on aura, entre temps volé à la bibliothèque municipale du coin).

Les prisons : la grande honte de notre pays

Triste record que celui qui va être battu cette année ! En effet, le nombre de suicidés dans les prisons va atteindre des limites jamais atteintes jusqu’ici. 90 suicides depuis le début de l’année, soit presque un tous les deux jours.

MAM vient de demander un rapport d’urgence.
Mais de qui se fout-elle ?
Des rapports, il y en a des tonnes et tous vont dans le même sens.

Le dernier rapport est tout récent, il date d’avril. Son auteur, le psychiatre Louis Albrand, est très en colère suite aux propos de la ministre de l’intérieur, comme l’a rappelé le dernier numéro du Canard Enchaîné : « La cause essentielle des suicides est la surpopulation ! Quand vous êtes à 8 dans une cellule de 2, que vous déféquez devant les autres, que l’odeur envahit l’espace tandis que vous mangez, que vous ne pouvez dormir car les autres mettent la musique, que toute intimité vous est refusée, vous ne pensez pas qu’il y a de quoi être poussé au désespoir et à la dépression ? »

prison(image en provenance de ce site)

Alors, quand on écoute ce conseiller de MAM expliquer d’un ton mielleux « Avec la modestie de ceux qui arrivent, nous voulons comprendre pourquoi ces détenus ont voulu se tuer et comment ils ont réussi », on a juste envie de leur faire bouffer, à lui et à sa ministre, tous les rapports qui ont été écrits sur le sujet.

Papillons nocturnes en Brenne (5)

Lors de ce stage fin juin/début juillet à Azay-le-Ferron en Brenne consacré aux papillons nocturnes, plusieurs espèces d’écailles ont été attirées par nos lampes. Parmi elles, l’écaille pourprée (rhyparia purpurata), appelée également écaille pourpre ou écaille mouchetée.

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Comme chez de nombreuses écailles, c’est lorsque l’insecte ouvre ses ailes qu’il montre tout l’éclat de sa parure : les ailes antérieures jaune soufré parsemées de petites tâches noirâtres s’écartent et laissent alors apparaître le rose/rouge magnifique des ailes postérieures, leurs belle tâches noire et leur fine bordure frangée jaune.

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Cette espèce autrefois commune se raréfie et semble devenue rare dans toute la moitié nord de la France. Elle aime les lieux ouverts, aussi bien secs que humides et c’est là qu’elle vole tard dans la nuit (elle n’est attirée par les lampes qu’après minuit).

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Les oeufs vont être pondus par groupes d’une centaine sous les feuilles de ronce, de prunellier, de sauge des prés, de plantain, de centaurée, de pissenlit ou d’origan. L’espèce est donc assez éclectique et est adaptée à bon nombre de plantes. A l’automne, la chenille qui fait 1 cm de long va hiverner sur le sol. Elle grandira très vite au printemps, jusqu’à la taille de 5 cm, avant de se métamorphoser en juin.

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Variations chez les tomates

Tiens, ça fait longtemps que je n’avais pas parlé de tomates sur ce blog ! Si vous croyiez avoir définitivement échappé aux articles sur ce légumes, c’est raté … car en voici un nouveau.

Cela a déjà été dit à plusieurs reprises sur ce blog : la récolte de graines de tomates ne peut se faire que s’il s’agit de variétés anciennes. Inutile de vouloir retrouver les caractères de la variété d’origine avec des graines issues d’hybrides F1, vous trouveriez à vos tomates des qualités différentes de celles que vous escomptiez. Ainsi, si la variété hybride d’origine était réputée résistante au mildiou, il y a peu de chance que vous retrouviez ce caractère à partir de votre propre récolte de graines.

Voici une petite expérience qui m’est arrivée et qui peut illustrer ces propos.

Pascale m’avait fait découvrir une cerise jaune succulente de son jardin. J’en ai récolté quelques graines. L’année suivante, alors que j’avais déjà fait mes propres semis, Pascale m’a appris qu’il s’agissait en fait d’une variété hybride. J’ai quand même mis en pleine terre deux plants, histoire de voir ce que ça allait donner (les hommes étant parfois aussi curieux que les femmes !).

Le premier plant donne des tomates cerises qui jaunissent bien, dont la peau est assez fine et dont le goût est plutôt bon.

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Le deuxième plant donne des tomates complètement différentes, les tomates sont plus grosses, la couleur reste verte à peine teintée de jaune, la peau est très dure et le goût est très moyen.

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Les deux graines ayant donné ces plants très différents sont pourtant issues du même fruit au départ. L’an prochain, je vais semer des graines de la première tomate que j’ai trouvée bonne mais rien ne me garantit que je vais pouvoir retrouver la même bonne tomate cerise jaune.

Il arrive aussi parfois que l’on ait des surprises avec des variétés anciennes. Thierry, que j’avais croisé lors du salon écobio de Besançon, m’avait donné à cette occasion quelques graines d’une variété de tomate africaine appelée « trèfle du Togo ». Je les ai semées, j’en ai gardé deux plants et j’ai donné les autres plants à des amis. L’un des pieds me donne de belles petites tomates rouges côtelées et qui correspondent bien à la description de l’espèce.

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Le deuxième plant me donne des tomates de la même forme, sauf que toutes les tomates de la plante deviennent oranges à maturité et non rouges.

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Il est certain que même les tomates anciennes ne sont jamais « fixées génétiquement » et qu’il existe des variations, souvent minimes, d’un fruit à l’autre. En étant observateur et en faisant preuve de beaucoup de rigueur, on peut mettre à profit ces petites variations, et obtenir, génération de tomates après génération de tomates, des fruits qui, à un moment donné, s’écarteront suffisamment de la variété type d’origine pour qu’on puisse alors parler de nouvelle variété. C’est ainsi que procédaient nos aïeux jardiniers.

Je me demande si l’évolution n’a pas franchi d’un seul coup un grand pas dans mon jardin en faisant apparaître spontanément ces fruits oranges. Nul doute que je vais conserver précieusement ces graines et les cultiver année après année jusqu’au moment où tous mes plants sélectionnés ne donneront que des fruits oranges. Je pourrai alors sans doute parler de la « trèfle du Togo orange ». A suivre donc.

Marchandiser la misère. Jusqu’où ?

Deux infos lues dans la presse hier.

La première vient du Népal. Oui, vous savez, le Népal c’est ce pays où l’on récolte 10 ans de prison si on tue une vache mais 10 jours seulement pour le meurtre d’une femme (info donnée par un lecteur du Monde hier). Le gouvernement népalais vient de décider de donner 50 000 roupies (460 euros) à tout homme qui acceptera d’épouser une veuve, ceci afin de briser l’ostracisme dont la gente féminine est victime, notamment en milieu rural. Une manifestation de femmes, qui refusent à juste titre que leur misère soit monnayée, a eu lieu hier à Katmandu pour s’opposer à ce texte de loi. Les manifestantes ont demandé à ce que l’argent soit plutôt utilisé à favoriser l’accès à la santé et à l’éducation des veuves et de leurs enfants. Un bel exemple de dignité venant de la part de ces femmes.

La seconde info, parue dans Rue 89, est ahurissante et, en cette époque de l’année, cela n’a évidemment rien à voir avec un poisson d’avril. Michael Bloomberg, maire de New York n’a pas trouvé mieux (« dans l’intérêt des contribuables » dit-il), pour débarrasser sa ville de ses SDF, d’offrir à tout pauvre qui en fait la demande … un billet d’avion vers n’importe quelle destination de la planète (pour peu que la personne ait dans ce pays un proche qui puisse l’accueillir). La mairie offre le billet simple mais évidemment pas le retour. Une famille de 5 personnes vient ainsi d’arriver à Granville dans la Manche et les 6 332 dollars du coût du voyage (y compris le train de Paris à Granville) ont été payés par la ville de New York. Le maire de Granville, qui fera tout pour accueillir cette famille dans de bonnes conditions, n’en est pas moins scandalisé par l’attitude du maire de New York qui, pour lui, rappelle celle du pouvoir français affrétant des charters d’immigrés en direction du Mali ou du Sénégal (bien vu la comparaison !).

OK, on peut être scandalisé dans le cas présent mais si on proposait d’envoyer certains de nos hommes politiques et médiatiques (tiens, un physicien politique pris au hasard par exemple) à l’autre bout de la planète pour un voyage sans retour, je crois que je finirais par trouver que l’initiative a du bon.

Le plus ancien orgue jouable au monde

Joëlle et moi venons de passer deux jours dans le Valais en Suisse. Nous avons terminé ce très court séjour par un concert d’orgue donné à la basilique Valère dans la ville de Sion. La basilique est très belle, elle est construite en haut d’une colline et offre une belle vue sur la ville et les vignobles.
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Sa construction date du 11ème siècle et l’intérieur est un mélange harmonieux d’art roman et d’art gothique.

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L’orgue de la basilique Valère est le plus ancien orgue jouable au monde. Sa construction date du début du 14ème siècle, il a ensuite été agrandi en 1687 et vient de faire l’objet d’une restauration en 2004. Sa position dans l’église est étonnante, on dirait un nid d’hirondelle accroché au mur.

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Il s’agissait d’un concert donné dans le cadre du festival international de l’orgue ancien et de la musique ancienne dont c’est la 40ème édition. Nous avons eu le privilège d’écouter l’organiste Georges Athanasiadès qui fêtait là son … 80ème anniversaire. Et comme des anniversaires peuvent en cacher d’autres, il y avait au programme des oeuvres de Henry Purcell, dont nous célébrons cette année le 350ème anniversaire de sa naissance et de Joseph Haydn mort il y a tout juste 200 ans.

L’organiste était accompagné sur certaines oeuvres (de Marcello, Vivaldi et Tartini) par un grand violoncelliste Roumain : Alexandre Morosanu.

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Allez, faut que je vous avoue une chose : je me suis endormi quelques instants pendant le concert. Non pas que je m’ennuyais, bien au contraire, mais l’orgue et le violoncelle donnaient une telle atmosphère de sérénité dans l’église que je me suis senti bien … au point de piquer du nez.