« Droits dans leurs bottes »

Lu hier sur le Monde, cette réaction d’un lecteur (MD) du Monde à un article sur le Tour de France :

« le sport professionnel est à l’image de notre société, il est pourri par l’argent et n’est plus qu’un vecteur publicitaire pour les sponsors et annonceurs. Tous les moyens sont bons pour se mettre en « valeur » avec la complaisance sinon la complicité des dirigeants de fédérations et les autorités sportives, politiques en tête dont il sert les intérêts. La bonne question est : est-ce que le sport a un jour réellement véhiculé les nobles valeurs dont on le gratifie, une base de notre éducation ? »

La réaction du lecteur duMonde est un peu épidermique, je vous l’accorde, mais les questions que ce lecteur aborde ont le mérite d’être posées. Et beaucoup se les posent aujourd’hui.

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Evidemment, il y a de quoi être choqué par ce qu’est devenu le sport. Mais ce qui est plus choquant encore, c’est de voir les médias qui hier ont largement contribué à la mise en place de ce système de starisation des professionnels, encourageant ainsi, comme le public, le « toujours plus » avec son inévitable corrolaire « le dopage », jeter aujourd’hui ce même système aux orties.

Certes, les coureurs mis en question ne sont pas seulement de pauvres victimes naïves du système. N’ont-ils pas eux-mêmes, alors qu’ils n’étaient encore que de simples cyclistes amateurs, commencé à touché à des produits que l’on trouve dans tous les rayons des magasins de sports un peu spécialisés (le dopage des cyclistes amateurs est un autre scandale passé sous silence). Mais l’injustice vient du fait qu’eux seuls aujourd’hui sont livrés à la vindicte populaire et que tous les autres s’en sortent les cuisses à peu près propres.

Le plus grand scandale de la polémique actuelle, c’est que tous – qu’il s’agisse des organisateurs du Tour, des fédérations de sport, des politiques, des sponsors, des chaînes de télévisions, des journaux sportifs, et surtout du public – viennent de se découvrir soudain une virginité, une bonne conscience et une innocence « plus blanc que blanc » qu’on ne leur soupçonnait pas hier encore.

Tous « droit dans leurs bottes ! » Plus Juppé qu’eux tu meurs !

Fraternité bafouée (1)

Sarko a demandé à Hortefeux d’atteindre l’objectif de 50% d’immigrés issus de l’immigration économique (basée sur l’existence de contrats de travail) au détriment donc de l’imigration familiale qui prévalait jusqu’à maintenant. On pourrait s’offusquer du fait que l’économie prenne le dessus sur l’Humain.

Mais il reste un point encore plus choquant : c’est qu’en demandant implicitement à son ministre de freiner par tous les moyens l’immigration familiale, Sarko ne respecte pas le droit à la vie de famille qui est inscrit dans le préambule même de la constitution.

Et s’il est un rôle primordial que doit avoir un chef d’Etat, c’est bien celui d’être garant de notre Constitution, non ?

A reculons

La presse nous annonce que Jean-Louis Borloo quitte le ministère de l’économie avec beaucoup de regrets. Un économiste qui entre en marche arrière au ministère de l’écologie et qui vit cette nomination comme une punition, ça nous laisse de belles perspectives !!!

Carignon en liberté

Condamné à cinq ans de prisons pour « corruption, complicité, recel et abus de biens sociaux », Alain Carignon sort tout juste de prison après y avoir passé vingt neufs mois effectifs. Ce personnage malhonnête envisage de reconquérir la mairie de Grenoble. C’est un comble. Il déclare par ailleurs, comme le rapportent les journaux du week-end dernier, qu’il voterait « volontiers une loi interdisant le retour en politique des élus qui ont été condamnés ». On croît rêver.

Mais derrière ce cynisme il y a un autre truc qui me choque profondément. Il me semble que toute personne « normalement constituée », après deux ans et demi passés à l’ombre n’aurait qu’une chose à coeur : 1 – rejoindre enfin sa femme, ses enfants et les amis qui lui restent. 2 – se cacher à jamais aux yeux de la société. Mais non, le monsieur, qui n’a aucune once d’amour propre, ne vit plus que pour une seule ambition : se refaire une nouvelle carrière politique.

Il y a une inhumanité terrible derrière un tel personnage qui est prêt à tout sacrifier, même sa vie privée, à sa soif de pouvoir. Comme tous les hommes politiques, que je considère depuis belle lurette comme « des gens à part », Carignon ne vit pas dans le même monde que le nôtre.

Décidément, ce n’est pas ce triste sire qui va me réconcilier avec le monde politique.

Liberté bafouée (1)

Dans un commentaire à mon article Valeurs républicaines en danger, Anne me demandait de préciser ma pensée sur les intentions que je prêtais à Sarko de fliquer la société. Finalement, ça m’a donné l’idée de relever dans l’actualité différents dérapages verbaux, prises de position, décisions du nouveau chef de l’Etat, tendances … qui iraient dans le sens d’atteintes aux trois valeurs fondamentales de la République. Il devrait donc y avoir plus ou moins régulièrement sur ce blog des articles intitulés « liberté bafouée », « égalité bafouée », « fraternité bafouée ».

Mon premier article concerne la liberté de la presse.

J’ai beaucoup apprécié les dossiers fondamentaux que le journal Marianne a consacré aux élections présidentielles en nous éclairant notamment sur des aspects troublants de la personnalité de Sarko. J’ai encore plus apprécié le fait que ce journal, dès les résultats du 2ème tour, soit « entré en résistance ». J’ai trouvé que son rédacteur en chef, Jean-François Kahn, était courageux et n’avait pas froid aux yeux. Le ton libre du journal est actuellement une véritable bouffée d’air frais dans le monde médiatique actuel dominé par les muselières.

Or, voilà que Daniel Carton publie un livre « Une campagne off » aux éditions Albin Michel et cite une déclaration de Sarko au directeur du Figaro Magazine lors d’un déjeuner : « Je sais déjà ce que je ferai sitôt à l’Elysée : je m’occuperai personnellement de Jean-François Kahn ».

Liberté de la presse, vous avez dit ?

Alors que j’allais mettre ce petit article en ligne, je tombe ce soir sur un article du Monde qui donne encore un peu plus d’eau à mon moulin. Il relate un autre événement, à savoir une lettre que le syndicat des journalistes du Journal du Dimanche a adressé à Arnaud Lagardère, propriétaire du journal, qui est intervenu auprès de la direction pour qu’un article sur Cécilia Sarkozy ne soit pas publié. Cinq petits extraits de ce courrier :

« Vous êtes intervenu samedi auprès de la direction de la rédaction pour que cet article ne soit pas publié ».
« Nous estimons qu’il s’agit là d’une censure inacceptable, contraire à la liberté de la presse. L’ensemble des journalistes du JDD s’indigne de cette pratique d’un autre âge, d’ailleurs largement dénoncée par l’ensemble de notre profession, en France comme à l’étranger »
.
« Vos relations privilégiées avec Nicolas Sarkozy ne sauraient nous contraindre à renoncer une nouvelle fois aux exigences de notre métier. La rédaction du JDD, indépendante, revendique le droit de refuser toute subordination qui voudrait la priver de son devoir d’informer »
.
« En l’espace d’un week-end, cette intervention a donné du crédit aux graves accusations portées contre les titres du groupe, soupçonnés d’avoir favorisé la campagne de Nicolas Sarkozy ».

Liberté de la presse, vous avez dit ?

Valeurs républicaines en danger

Nous sommes entrés inéluctablement dans une période de régression des acquis sociaux. Ce qui a été obtenu de longues luttes par nos parents et les générations qui les ont précédés peut être mis à mal rapidement. Ils peuvent être défaits bien plus rapidement qu’ils n’ont été gagnés, tout comme un pull-over que l’on peut détricoter bien plus vite qu’on ne l’a tricoté. Et celà, qu’il s’agisse de gouvernements de droite ou de gauche. La droite ira à fond dans le sens du capitalisme financier, cela ne fait aucun doute. La gauche non, mais que peut-elle vraiment faire dans un monde où patronat et actionnaires tirent les ficelles. Depuis longtemps, le pouvoir n’appartient plus aux politiques, c’est un leurre.

Mais bien plus que le danger qui pèse sur ces acquis, il y a une autre menace, bien plus sourde et insidieuse, qui est déjà en marche et qui me semble beaucoup plus inquiétante. Je crois en effet qu’aujourd’hui la république est menacée dans ses fondements mêmes. Liberté, égalité, fraternité. Voilà bien trois mots qui sont déjà mis à mal dans les discours et qui peuvent le devenir rapidement dans les faits.

Liberté, vous avez dit ? On sent bien les vélléités du nouveau chef de l’état de fliquer l’ensemble de la société, y compris ce qui se passe sur internet.

Egalité ? En votant Sarko, les français ont clairement voté pour le creusement des inégalités. Les pauvres seront plus pauvres (comment ont-ils pu voter pour lui ? c’est un mystère) et les riches encore plus (là on comprend le sens de leur vote).

Fraternité ? Tout est actuellement bon pour opposer les différentes catégories de citoyens français entre eux : ceux qui bossent contre ceux qui sont au chômage, les français de souche contre les immigrés, les parents contre les enseignants, ceux du privé contre les fonctionnaires de l’Etat … Alors, fraternité mon cul, oui !

Non, non, on a beau essayer de se rassurer, d’espérer que ce type est respectable, différent du manipulateur d’opinion que nous avons vu pendant la campagne, la situation me semble infiniment plus grave que ce que l’on veut dire.

Mais en y regardant de plus près, la gravité de la situation n’est pas due à Sarko lui-même mais bien au fait qu’il s’appuie sur un véritable mouvement d’opinion publique. Sarko ne fait que surfer sur la vague, poussé par une immense lame de fond. Ecoutez autour de vous : beaucoup de gens sont convaincus aujourd’hui qu’il y a trop de libertés, qu’il y a trop de solidarité dans notre société …

Notre peuple, qui n’a plus d’idéal républicain, est bien malade.

Fraise : d’Espagne ou de nos jardins ?

J’attends le mois de mai pour manger les premières fraises. Elles viennent toujours du jardin. Cette année, la récolte s’annonce exceptionnelle. Pour la première fois, j’ai mis entre les pieds de fraises un fumier de vache contenant pas mal de paille, le couvert végétal entretenant ainsi une certaine humidité (le fraisier aime les endroits frais) et le fumier amenant des matières organiques (le fraisier est une plante très exigeante à ce niveau). C’est une technique qui me semble infiniment plus intéressante que le plastique noir habituel, en raison de l’apport en matières organiques. Hier soir, j’ai donc cueilli mes premières fraises.

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Evidemment, la plupart des consommateurs en mangent depuis deux mois déjà, les rayons des magasins en regorgent. Mais manger des fraises dès février est un privilège de pays nantis. Cela a un prix. Il y a derrière cette habitude de consommer des fruits « hors saison », venant de plus en plus souvent de l’autre bout de la planète, l’un des pires aspects de la mondialisation. Les conséquences sont souvent énormes, que ce soit d’un point de vue énergétique, social et environnemental.

Justement, le Canard enchaîné a publié la semaine dernière un article au sujet des fraises. En voici de larges extraits  » : « Bien rouge, bien ronde, bien calibrée, autant de goût qu’un fruit en plâtre. Elle se fabrique dans le sud de l’Espagne, sur 5000 hectares où s’affairent des centaines d’ouvriers agricoles sous-payés, venus du Maghreb et d’Europe de l’Est… On l’enferme sous des kilomètres en plastique, on la bourre d’engrais et on l’asperge d’insecticides et de fongicides. Tous les jours, 400 tonnes de fraises espagnoles prennent la route des supermarchés français. Une juteuse affaire pour les centrales d’achats qui déboursent 1,5 euros le kilo contre 2 pour la fraise française. Hic : elle constitue un fléau écologique… Tout autour du parc national de Donana, où poussent 95% des fraises ibériques, l’irrigation intensive a pompé la moitié des nappes phréatiques, dont l’eau est désormais bourrée de nitrates. Qui plus est, 110 hectares, sur 2000 cultivés illégalement, empiètent sur le parc naturel. Autre joyeuseté : chaque année, 4500 tonnes de résidus plastiques sont éparpillées dans la nature. Fraise sur le gâteau, le WWF a détecté dans l’eau, dans l’air et dans le sol du bromure de méthyle, un pesticide interdit par l’Union Européenne notamment parce qu’il détruit la couche d’ozone. »

On voit, avec cet exemple pris dans un pays proche, que la mondialisation engendre aussi la déréglementation. Le profit et les envies hors normes des consommateurs français engendrent ailleurs le non-droit. Et l’Espagne est un pays occidental ! On imagine sans peine comment cela peut se passer dans les pays dits « du sud ».

Toujours à propos des fraises, Serge Latouche, auteur de « Le pari de la décroissance » nous rappelle qu’un yaourt aux fraises, avant de parvenir à nos assiettes, aura parcouru 9000 kilomètres, si l’on cumule le trajet du lait et celui des fraises.

Des pays du sud qui étaient, il n’y a pas bien longtemps encore en autosuffisance alimentaire, crèvent aujourd’hui de faim. Le système économique que nous leur avons imposé les contraint à exporter leur nourriture vers nos pays riches. On se donne bonne conscience en disant que si on ne leur achetait pas ces produits, ils mourraient encore plus de faim. A voir ! Ne serait-ce pas notre système bien-pensant, à la solde des grandes firmes de l’agroalimentaire, qui entretient cette idée ?

J’ai la certitude que nous ne pourrons pas faire face aux enjeux énergétiques, sociaux et environnementaux d’aujourd’hui sans revenir à un monde « relocalisé » où l’on produise au plus près des lieux de consommation.

Ce type-là n’est-il pas fou ?

Trois phrases extraites du discours de Sarko hier :

« Mai 1968 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 1968 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, le vrai et le faux, le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire qu’il ne pouvait exister aucune hiérarchie des valeurs. D’ailleurs, il n’y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie. Il n’y avait plus rien du tout ! ».

« L’héritage de mai 1968 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique. Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portées par les valeurs de mai 1968 ».

« Voyez comment la contestation de tous les repères éthiques a contribué à affaiblir la morale du capitalisme, comment elle a préparé le terrain au capitalisme sans scrupule des parachutes en or, des retraites chapeaux, des patrons voyous ».

Dire en public que mai 68 a engendré la dérive boursière et les golden parachutes, il fallait oser le faire !

Honnêtement, je me demande si ce type n’est pas fou.

La Haute-Saône se distingue une fois de plus

Toujours aussi désolé de ne pouvoir participer à la vie de ce blog. J’ai toujours des problèmes avec free et suis encore obligé de squatter d’autres ordinateurs pour écrire des articles qui se font de plus en plus rares.

Comme je l’ai annoncé, dès que tout sera revenu dans l’ordre, je vais vite passer à des articles non politiques et parler surtout de nature, de jardinage et de musique.

Mais avant, j’aimerais vous faire part d’une petite information dont je ne suis pas fier : la Haute-Saône figure au 4ème rang des départements qui ont voté Le Pen. Avec 16,48% de voix extrémistes, elle ne se fait battre que par le Vaucluse (16,55%), la Haute-Marne (17%) et l’Aisne (17,28%). C’est d’ailleurs étonnant de consulter la carte des résultats et de voir la différence entre la moitié Est de la France et la moitié Ouest où Le Pen fait des scores très bas. Pourquoi une telle différence ?

Semblant de démocratie

Je me demande parfois si la démocratie représentative, qui donne à une minorité le pouvoir de prendre des décisions pour tous, n’est pas un leurre dans notre société actuelle. Nos dirigeants et nos candidats nous laissent nous exprimer. On a d’ailleurs de plus en plus l’occasion de participer. Alors, on a va donner naïvement notre avis lors d’une enquête publique – avis dont personne ne tiendra compte – ou on va surfer sur le web et participer bêtement à un « débat participatif »…

Nos élus et ceux qui prétendent l’être prochainement laissent s’exprimer le bon peuple – ça ne mange pas de pain – mais, au dernier moment, qu’il s’agisse d’une enquête, d’un débat participatif ou de n’importe quelle sollicitation de l’opinion publique, on nous sortira une synthèse « de derrière les fagots » qu’on avait préparée avant que ce brave peuple n’ouvre la bouche !

Ce qui m’effraie le plus dans cette manière de fonctionner, c’est qu’en pratiquant ainsi des semblants de démocratie, nos élus et nos candidats contribuent à dérouler un tapis rouge au vote extrêmiste. Ce sentiment partagé dans la population de ne plus « compter que pour du beurre » n’est-il pas là, malheureusement, l’une des premières raisons à ce vote ?

Législation « pur porc »

Face aux lobbyes de tous poils, la législation n’est souvent qu’un faux-semblant. On se croit protégés de certaines atteintes mais nous sommes bien souvent trop naïfs. Ou alors, nous ne voulons pas voir. Ainsi, en matière d’alimentation, la plupart des consommateurs sont persuadés qu’on ne peut pas nous faire avaler n’importe quoi et qu’il existe des lois limitant le dosage de certaines molécules et interdisant d’autres. C’est vrai pour certaines, peu nombreuses. Mais il y a tellement de produits dont on ne sait rien, tellement de « seuils autorisés » qui ont été établis au pifomètre, qu’on peut se poser des questions. Et on ne rappellera jamais assez que sur 100 000 molècules de synthèse inventées par l’Homme, seules 2 000 (soit 5% seulement) ont fait l’objet de tests sur la santé.

Il est un autre domaine où le grand public est persuadé que la réglementation est bien faite, c’est celui de la pollution des eaux. On n’arrête pas d’entendre parler de réglementations, de « contrats de rivière », de rejets limités dans le milieu naturel et même de taxes qui s’appliquent aux pollueurs. Justement, parlons-en de ce principe « pollueur-payeur » dont on entend souvent parler. Il me semblait normal que les taxes-environnement payées pas les différents usagers de l’eau soient calculées au prorata de ce que rejettent les uns et les autres dans le milieu naturel. Et j’imagine que le public est certain qu’il en est ainsi. J’en étais moi-même persuadé. Jusqu’à hier soir. J’étais à l’assemblée générale de Franche-Comté Nature Environnement et j’ai appris qu’en France, le montant des prélévements de cette taxe étaient plus importants chez les pêcheurs à la ligne que chez les propriétaires de porcheries. Les lobbyes agricoles sont très forts. Convaincre le législateur que cet innocent pêcheur à la ligne que l’on voit, avec son air débonnaire le long de nos rivières, est un pollueur en puissance, il fallait le faire !

A vous dégoûter de manger du porc. A vous dégoûter aussi d’aller à la pêche. Le 22 avril et le 6 mai, au lieu d’aller à la pêche, j’irai donc voter. Promis.

18, rue d’Enghien

276, ce serait donc, d’après la presse, le nombre de policiers affectés à la sécurité du siège de campagne de Sarkozy. Pas étonnant donc que la rue d’Enghien, dans le 10ème arrondissement, vive dans une drôle d’ambiance. Les contrôles sont permanents, les habitants sont excédés, les commerçants voient leur chiffre d’affaire baisser.

Après avoir exigé des analyses d’ADN pour identifier le voleur du scooter retrouvé du fils du « premier flic de France » (du jamais vu dans l’histoire de la police), « Sarko candidat » continue donc d’utiliser tous les moyens que « Sarko ministre de l’intérieur » met à sa disposition. Des fonds publics au service d’une paranoïa aigüe ! Une honte dont les principaux médias parlent peu. Par comparaison, le siège de campagne d’un autre candidat de droite (Bayrou) ne bénéficie de la protection d’aucun policier.

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(cette photo édifiante, qui m’a été envoyée par un ami, nous laisse
effectivement imaginer ce que pourrait être « la France d’après »)

Avant hier matin, j’ai bien ri : leMonde a publié un article très circonstancié disant que Greenpeace venait de déjouer les services de sécurité et avait déversé huit tonnes de maïs transgénique devant la porte de Sarko qui est le seul candidat à être contre le moratoire sur les OGM. Bizarre, quelques heures plus tard, l’article complet avait disparu (alors que d’habitude, leMonde.fr laisse ses articles une quinzaine de jours en ligne), il ne restait plus qu’un article de quelques lignes agrémenté d’une photo. Le lecteur de ce blog trouvera un compte-rendu plus détaillé de ce fait sur Tribune.fr.

La rue d’Enghien ressemble désormais à un pays occupé. C’est devenu une zone de non-droit. Il semblerait même que les Renseignements Généraux enquêtent sur les habitants.

Terminons cependant par une note d’humour. Une habitante de la rue d’Enghien raconte qu’ayant oublié ses papiers, les gendarmes ne l’ont pas laissé rentrer seule chez elle et qu’ils l’ont obligée à l’accompagner à son domicile. Cette dame s’appelle Mme Delarue-Barrey.

Du baume au coeur

D’une manière générale, l’actualité n’est pas très réjouissante. Mais il me semble que les rares choses positives ne sont pas mises en valeur par les grands médias. Et à y regarder de plus près, il y a un peu partout des expériences, des mouvements, associatifs ou autres, qui sont des début de réponse à la masse de nos problèmes.

Hier matin, Clotilde Dumetz sur France Inter a commencé sa revue de presse en racontant la mobilisation citoyenne d’une petite bourgade bretonne de 6 500 habitants.

23 Maliens, habitants de Montfort-sur-Meu, viennent d’être placés dans des centres en attendant d’être réexpédiés dans leur pays. Ils étaient arrivés il y a cinq ans. Tous se sont adaptés de manière exemplaire au pays. Ils sont devenus des silhouettes familières de la vie locale, travaillant, prenant des cours d’alphabétisation, tombant amoureux de françaises, participant au club de foot local… Tout allait bien. Mais voilà, le 28 février dernier, la police est venue interpeller ces Sans Papiers. Car ces hommes n’étaient pas en situation régulière. La justice a été très expéditive et a confirmé en quelques jours seulement les arrêtés d’expulsion.

Mais c’était sans compter sur les habitants de la bourgade. La décision de la justice a fait l’effet d’une bombe. Les commerçants sont montés au créneau, suivis par le patron de l’usine (qui employait les Maliens), le maire, le curé, les ouvriers, les cadres, les lycéens, les retraités… Samedi, il y avait 1500 personnes dans les rues de Montfort-sur-Meu pour réclamer le retour de ces expulsés qui sont sur le point d’être mis dans des charters.

Bel exemple de mobilisation que les médias nationaux, hormis Libé et peut-être quelques autres, n’ont pas vraiment relayé. Pourtant, cette info me semble essentielle dans le contexte actuel.

Je me demande si les crises actuelles et à venir, qu’elles soient économiques, sociales ou environnementales, ne vont pas avoir pour effet de créer ici et là, contre toute attente, de véritables réactions collectives de solidarité. Un bel exemple à méditer. Qui met un peu de baume au coeur.

Quand les sondés se rebiffent

Les sondages sont devenus de véritables spams qui nous parasitent à chaque élection. Il est de bon ton de proclamer qu’on ne se laisse pas soi-même influencer. Mais est-ce vraiment le cas ? Quel est le véritable impact de tout ça ?

En posant une question au départ improbable (« Bayrou au 2ème tour »), les instituts de sondages ont laissé entendre à l’opinion publique que seul un troisième homme pourrait battre Sarko au 2ème tour. La question qui semblait déjà vouloir mettre au placard Ségo risque peut-être aussi de se retourner contre Sarko. Qui manipule ? Qui est manipulé ? On a l’impression que des sondages bien orientés, distillés à certaines doses et commentés d’une certaine manière peuvent faire ou défaire des hommes politiques.

Quand ça l’arrange, chaque homme politique se dit insensible aux sondages. Mais quand Ségo baisse dans les sondages, Sarko n’hésite pas à dire d’un air faussement contrit « toutes mes condoléances » dès qu’il rencontre un socialiste. La politique n’est vraiment pas reluisante ces temps-ci !

Ce n’est pas reluisant, mais y’a un truc qui m’a fait sourire la semaine dernière. C’est raconté dans le Nouvel Obs (vous savez, ce journal qu’on ne trouve plus que dans les salles d’attente des dentistes). C’est l’histoire d’un mec qui travaille dans un institut réputé de sondage et qui, il y a quelques semaines, a fait une déclaration devant des journalistes … en étant cagoulé : « Ce que je vais vous dire peut me coûter cher : on est tenu à la confidentialité. Secret d’Etat ». Ce monsieur, qui ne travaille qu’au téléphone, raconte que les sondés lui raccrochent de plus en plus souvent au nez. Mais ce n’est pas le plus grave : il y a une nouvelle génération montante de sondés qui acceptent l’entretien mais qui s’amusent avec le sondeur en donnant des réponses incohérentes et en ricanant avec insolence : « Oui, c’est vrai, je change d’avis toutes les deux minutes. On a le droit, non ? ». Ou alors « Vous nous manipulez depuis des années, alors nous aussi on s’y met. Vous fabriquez vos questions selon vos intérêts. Nous, on fait pareil avec les réponses. » Et cette autre réaction : « Vous nous avez volé notre vote en 2002, maintenant on ne va plus se laisser faire ».

Je dois avouer que ça me plait bien cette nouvelle forme de résistance des sondés. A vrai dire, toutes les formes de résistance me conviennent bien.

Une vie entière derrière l’aspirateur ?

Les médias aiment les chiffres. Tous les journaux, sauf quelques exceptions, sortent à tour de bras des enquêtes, des sondages … et il ne nous vient rarement à l’idée de vérifier les chiffres qui nous sont proposés (celà nécessiterait tout un travail d’investigation qui n’en vaut certainement pas le coup). Mais parfois, les chiffres qu’on nous fait avaler sont trop énormes. Tellement énormes qu’on sort sa calculette. On vérifie alors et on n’en revient pas du côté fantaisiste des chiffres qui nous sont assenés avec une présentation qui semble à première vue très scientifique.

Ainsi, dans l’avant dernier Télérama, un petit entrefilet intitulé « Poussièrethon » nous dit : « Une femme parcourt 11 000 kilomètres derrière un aspirateur au cours de sa vie, alors qu’un homme dépasse péniblement les 1 300 kilomètres ! Etonnantes moyennes, issue d’une étude commandée par un fabricant … d’aspirateurs ».

Les 11 000 kilomètes, c’est à dire 11 millions de mètres me paraissant tellement énormes, j’ai évidemment pris une nouvelle fois ma calculette. Si je divise ce chiffre par 50 (nombre d’années à faire le ménage) et par 365 (le nombre de jours dans une année), j’arrive exactement à une distance de 602 mètres passée chaque jour derrière l’aspirateur, ce qui me semble colossal !

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Je ne sais pas à quoi ça rime de publier ce genre de chiffres. Est-ce que le but final est de nous faire acheter un peu plus d’apirateurs ? De nous faire croire que le mâle est ridicule avec ses 71 petits mètres par jour et qu’il doit copier sa compagne ? De nous dire que le rôle de la femme est de passer sa vie entière derrière un aspirateur ? D’insinuer qu’elle n’a rien d’autre à foutre que de se promener ainsi à longueur de journée dans la maison ? Dans tous les cas de figures, cet article me semble caricatural et injurieux pour l’être humain, homme ou femme, que l’on voudrait voir réduire à un vulgaire robot marchant bêtement derrière un engin mécanique. Et il est lamentable que Télérama relaie ce genre de choses. Ou alors, c’est de l’humour au quatrième degré. Mais ce n’est pas le genre de cette revue qui me semble dépourvu de la moindre once d’humour depuis le départ du regretté pince-sans-rire Alain Rémond (que les fans retrouvent maintenant avec plaisir chaque semaine dans Marianne).

Evidemment, même si j’ai très peu de chances d’être publié dans le courrier des lecteurs, j’ai écrit à Télérama. Avec cette conclusion « la femme n’aspire-t-elle pas à autre chose ? ».

Un fait divers comme tant d’autres

La scène se passe à Vesoul il y a une quinzaine de jours. Une automobiliste s’arrête, laisse le moteur allumé et file au bureau de tabac. Peu de temps. Juste le temps nécessaire pour que deux jeunes lycéens lui volent sa voiture. Un fait divers comme tant d’autres. Affolés par la présence de gendarmes au loin sur le rebord de la route, les deux lycéens font demi tour sur la double-voie et roulent alors dans le sens inverse de la circulation. Le choc est violent. Les deux jeunes sont tués sur le coup. Un fait divers comme tant d’autres. Dans la voiture en face, il y avait l’une de mes voisines. Qui terminera sans doute sa vie sur un fauteuil roulant. Un fait divers comme tant d’autres.

J’ai appris hier que les parents des voleurs avaient porté plainte contre l’automobiliste qui avait osé laisser ses clés sur le tableau de bord. Et la société leur donnera sans doute raison de vouloir ainsi monnayer la mort, même peu glorieuse, de leurs enfants. Ils toucheront sans doute le pactole. De quoi finir eux-aussi leur vie dans un fauteuil. Doré.

Un fait divers comme tant d’autres, vous-dis-je. Ainsi va le monde.

A propos de la grippe aviaire (7)

On se souvient de la psychose de la grippe aviaire qui avait frappé les médias de l’automne 2005 au printemps 2006, période entrecoupée par le mois de décembre 2005 où la grippe aviaire avait bizarrement complétement disparu de l’actualité (il fallait bien vendre les dindes de Noël, non ?).

On se souviendra longtemps du vent de panique provoqué par la découverte d’oiseaux migrateurs, morts ou même vivants. Par contre, ce dont le grand public ne se souvient pas, c’est que des enquêtes sérieuses avaient émis des doutes et montré du doigt les élevages industriels. Lobbying oblige, ces enquêtes n’ont jamais été reprises ni par les grands médias, ni par les hommes politiques, ni par leurs services secrets (vous aurez évidemment reconnu au passage villepingouin, Sarkoq et les services d’Interpoule).

Ce n’est pas un hasard si la grippe aviaire est apparue dans les pays d’Asie où les élevages industriels sont poussés à leur paroxysme (plus de trente poules par mètres carrés, nourries avec des résidus d’os et même des fientes). Ce n’est pas un hasard si la maladie est apparue le long de la liaison ferroviaire qui relie l’Asie et l’Afrique et qui est justement le siège d’intenses trafics de volailles entre ces deux continents. Ce n’est pas un hasard si cette liaison ferroviaire orientée Est-Ouest ne correspond pas du tout à l’axe de migration des oiseaux migrateurs asiatiques. Ce n’est pas un hasard non plus si le Laos, qui est le seul pays asiatique à ne pas pratiquer d’élevage intensif et à avoir fermés ses frontières aux volailles étrangères et aux farines animales, a été le seul pays asiatique épargné.

Avec un milliard d’oiseaux qui transitent chaque année par Europe occidentale et probablement un million d’entre eux qui meurent de mort naturelle chaque jour en France (eh oui, les chiffres sont énormes, ils sont de cet ordre là), il n’y avait aucune raison objective de succomber à la panique au moindre oiseau trouvé mort.

La psychose de la grippe aviaire s’est aujourd’hui arrêtée, mais objectivement, il n’y a pas de raisons de s’inquiéter moins ou de s’inquiéter plus qu’il y a un an, les élevages industriels continuant leur course concentrationnaire à la productivité.

Le sujet est quelque peu revenu sur le tapis les temps derniers. Pas en France mais en Grande Bretagne.

Le virus H5N1 est apparu récemment dans un élevage du Norfolk dans l’Est de l’Angleterre. Les autorités anglaises ont fait exactement ce qu’auraient fait les autorités françaises : laisser accuser les oiseaux migrateurs. Manque de pot (poule au pot !), les experts qui doutaient d’un tel scénario, viennent tout juste de s’apercevoir que le groupe éleveur Matthews (qui emploie 7 000 personnes) possèdait plusieurs succursales, dont une en Hongrie, de laquelle il importe chaque semaine 38 tonnes de volailles. Et le virus qui a décimé l’élevage anglais est exactement de la même souche que celui qui a décimé un élevage hongrois. Si l’affaire fait du bruit en Angleterre, c’est que Tony Blair était au courant de ces échanges de volailles, qu’il n’avait pas daigné avertir le Parlement et l’Union Européenne et que son ministre a même déclaré « qu’il n’y avait aucune sorte de lien hongrois ».

Mais bon, la vie est ainsi faite, les hommes au pouvoir ne risquent rien de nos jours. Ils peuvent jouer avec les médias, avec la santé publique, mentir avec aplomb, ils resteront quand même en place. Allez, roule ma poule !!!

Comment parler de l’Irak ?

Depuis quelques temps, j’ai envie d’écrire un petit article sur la situation en Irak. Mais les mots ne viennent pas. Et je crois que les solutions, mêmes politiques, seront difficiles à trouver. L’Irak est condamné au chaos. Si les américains restent, c’est le bordel. S’ils s’en vont, c’est encore plus le bordel. Evidemment, il ne fallait pas y aller. Mais ça ne sert plus à rien de dire ça. Alors, qu’écrire ?

Et puis, comme par hasard, alors que je venais de penser à la difficulté d’écrire un article, Claudine vient de m’envoyer une photo accompagnée d’une légende très humoristique, un truc comme il en circule tant sur internet. Voilà, je mets la photo sur ce blog, peut-être cela nous permettra-il de discuter de ce sujet épineux.

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Et puis, si la discussion ne vient pas, j’espère au moins que ça vous aura fait rire un peu !

Les sans-abris orphelins … en attendant Sarko !

Avec l’abbé Pierre, les sans-abris trouvaient un toit.
Nul doute que Sarko caresse aussi le projet de leur proposer un toit à partir de mai : à Fleury-Mérogis, Fresnes, Paris-la-Santé …
Les sans-abris, qui ne souhaitent pas rester orphelins longtemps, attendent donc avec impatience l’avènement de l’empereur Nabot-Léon (*).
(*) On ne voit pas trop à priori ce que vient faire le mot « Leon » dans le jeu de mot « Nabot-Léon ». Voici l’explication, elle est toute simple : dans l’un de ses derniers discours, Sarko a eu le toupet de faire référence aux hommes de gauche en prenant comme exemple Jaurès (ce qu’une certaine presse a d’ailleurs dénoncé) mais aussi Léon (Blum). Et puis, au rythme de démagogie du personnage (qui semble sans limites), je m’attends à ce qu’il fasse bientôt référence à un autre Léon (Trotsky) (mais dans ce cas-là, ne va-t-il pas s’aventurer sur une pente glissante … en faisant « trop d’ski » ?)