Un scandale de plus, me direz-vous ! (2)

Il y a une semaine, tous les journaux nous ont gavé (nous prend-on pour des oies ?) avec le mariage de l’acteur Jean Reno auquel participaient Nicolas Sarkozy et Johnny Halliday en tant que témoins du marié. Il ne me semble pas que ce genre d’information méritait plus de deux lignes et on peut se demander pourquoi des journaux plutôt habituellement sérieux se mettent d’un seul coup à dériver vers un genre d’articles habituellement réservés à la presse pipole à sensations. Enfin, le manque de sujets en été explique peut-être celà !

Le Canard Enchaîné de cette semaine nous éclaire un peu sur ce mariage qui a eu lieu aux Baux-de-Provence. Voici une partie du texte du Canard : « Scène remarquable : une bonne partie de la vieille ville, placée sous le contrôle pointilleux des flics et des gendarmes, a été fermée aux touristes de 11 heures du matin à la fin de l’après-midi. Tout au long du parcours emprunté par les mariés et les invités, des panneaux de tulle et de carton de 2 mètres de haut ont été installés, afin de cacher le cortège aux yeux impies. Et sans doute aussi pour protéger l’exclusivité du reportage photo promise au magazine « Gala » qui aurait déboursé 150 000 euros. En outre, les bars et les commerces situés sur le parcours ont été priés d’évacuer leurs clients et de fermer leurs portes. Une perte sèche de chiffre d’affaires qui a provoqué les protestations de certains commerçants ».

L’Etat met donc ses flics au service d’un événement d’ordre privé. Il s’agit là de l’une des nombreuses dérives de notre république qui évolue, de mois en mois, vers un système de plus en plus monarchique (et encore, Sarko n’est pas encore monarque, qu’est-ce que ce sera s’il arrive à ses fins !).

Evidemment, il ne s’agit que d’un scandale de plus. Progressivement, nous nous habituons à ce genre de pratique. Mais doit-on l’accepter pour autant ?

Les insectes pollinisateurs dépriment

Parmi les insectes qui butinent les fleurs, j’ai un petit faible pour les bourdons. D’abord et surtout pour leur facilité d’observation : on les voit toute l’année, dès les premiers beaux jours, du lever du jour à la tombée de la nuit, et ils se laissent observer de très près. Mais aussi parce qu’ils jouent un rôle énorme dans la pollinisation des fleurs et participent ainsi à la survie d’autres espèces.

Lorsqu’on parle de la pollinisation des arbres fruitiers, qui est indispensable pour qu’il y ait des fruits, on a tendance à ne parler que des abeilles et on cite rarement les bourdons. Quelle injustice ! Pourtant les bourdons sont bien plus actifs que les abeilles et visitent, dans le même espace de temps, deux ou trois fois plus de fleurs. Alors que les abeilles ne viennent visiter les fleurs qu’au-dessus d’une température de 15°C, les bourdons se contentent de 10°C (ce qui a son importance car les printemps franc-comtois sont plutôt froids et les fleurs des fruitiers n’ont parfois comme seule visite que le bourdon terrestre). Et puis, notons l’efficacité extraordinaire des bourdons dont les ouvrières déposent une phéromone (hormone volatile odorante) sur les fleurs butinées, indiquant à leurs suivantes que ces fleurs ont déjà été visitées et leur évitant ainsi une prospection infructueuse (vous imaginez un voleur mettant sur la porte d’une maison qu’il a visitée, une petite pancarte « déjà cambriolée » !). Comportement fascinant !

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Pour la première fois, je me suis fait du souci ce printemps pour les bourdons, n’ayant guère vu ces beaux insectes velus dans mon jardin. Plus tard dans la saison, j’ai remarqué que bon nombre de courgettes se formaient mais tombaient presque aussitôt (donnant l’impression qu’elles pourrissaient), signe que les fleurs n’avaient pas été visitées par les insectes.

Hier, je suis tombé sur un article paru dans leMonde.fr qui confirme mes observations. Ce journal fait état d’une enquête menée simultanément par une équipe de chercheurs britanniques, allemands et néerlandais. Leur étude montre que dans bon nombre d’endroits, les abeilles ont déjà subi une baisse de 67 % des effectifs et que les mouches pollinisatrices ont parfois décliné de 33 %. Cette baisse a déjà des répercussions sur les plantes : « 75 plantes sauvages qui nécessitent d’être pollinisées par des insectes ont vu leur distribution diminuer, tandis que 30 autres, pollinisées par le vent ou l’eau se sont, au contraire, répandues davantage ». Les chercheurs sont inquiets car, « quelle que soit la cause retenue, l’étude suggère fortement que le déclin de quelques espèces peut déclencher une cascade d’extinctions locales parmi d’autres espèces associées ».

Le service gratuit que nous offrait les insectes butineurs depuis 140 millions d’années est donc en train d’être détruit en quelques décennies seulement.

Soyons honnête : si les journaux font état des résultats de cette étude, c’est bien parce que la baisse des populations d’insectes pollinisateurs a une incidence sur le plan économique (pour produire leurs céréales, les Etats-Unis songent déjà à élever des insectes pour pallier la disparition des espèces sauvages mais se désolent par avance du coût engendré et du manque à gagner).

Mais là où certains ne voient aujourd’hui qu’un problème financier, se cache aussi une vraie tragédie dont peu de journaux parlent. Car nul doute que la baisse des insectes pollinisateurs s’inscrit dans un phénomène plus ample qui touche l’ensemble des espèces animales et végétales de la planète.

Une espèce disparaît toutes les vingt minutes, à un rythme cent fois plus rapide que la normale. Affolant ! Personne ne sait encore quand viendra le tour de l’Homme. Mais on pourrait commencer d’avoir une petite idée, non ?

Cette affaire commence à sentir le roussi et va finir par me foutre le bourdon !

La pire des saisons ?

Je me demande si l’été n’est pas en train de devenir la pire des saisons !

Et dire que tout ça n’est peut-être qu’un avant-goût de ce qui nous attend demain !

Quelques degrés encore de plus et on imagine bien que cette chaleur pourrait vite devenir apocalyptique. Vous n’avez pas cette impression ?

Ces arbres qui nous enterreront

J’habite un petit village (Bussières en Haute-Saône) où il n’y a pas vraiment de patrimoine, tout du moins au sens où on l’entend habituellement. Les maisons n’ont pas une architecture remarquable et le château y est d’un style très moyen. Seule l’église sort un peu du lot (comme toutes les églises de Franche-Comté d’ailleurs qui sont toutes plutôt belles). Il y avait bien un superbe lavoir mais il a été transformé en petite salle des fêtes. Il y a aussi une fontaine mais sa réfection indispensable et son entretien courant sont sans cesse remis aux calendes grecques.

Alors, en matière de patrimoine, vu la pauvreté ambiante, on s’accroche à ce qu’on peut. Par exemple aux arbres qui font aussi, d’une certaine manière, partie de notre patrimoine. Il y a ainsi un arbre qui m’a toujours semblé donner un peu de cachet au centre du village. Il s’agit d’un marronnier. Oh, c’est loin d’être un arbre remarquable, au contraire, sa taille n’est pas très grande mais il est là depuis quand même pas mal du temps, on ne sait pas trop depuis quand au juste … ! Il a même une petite histoire, faite de petits riens : c’est là que les gamins installaient chaque année la crêche de Noël (j’étais de ceux-là il y a 45 ans), c’est aussi sous ses branches que quelques générations de jeunes garçons ont embrassé leur première fille (je ne dirai pas si j’étais aussi de ceux-la), car cet arbre a été aussi un lieu de rencontre.

Il y a cinq ans, la commune a pris un arrêté municipal pour le couper, sans vraiment de raisons apparentes. Il est possible que quelques vieux grincheux du coin (ceux que Brassens appelaient les « vieux cons ») aient été gênés par les feuilles mortes à l’automne. J’ai ouï dire qu’un expert avait trouvé l’arbre en mauvaise santé mais aussi qu’un contre-expert l’avait trouvé plutôt sain. Alors, allez savoir … ! Il aurait pu y avoir débat au sein du village mais la municipalité a pris une décision unilatérale et arbitraire, selon l’adage bien connu « qui veut couper son arbre l’accuse de la hache ! ».

En ville, les vieux arbres dépérissants, même dangereux, font l’objet d’attentions particulières, ce qui est la moindre des choses. Ainsi les arbres des parcs publics de Besançon. En milieu rural, au contraire, on s’en tape !

La décision était prise, mais l’arbre n’était pas encore coupé ! Quand je me suis étonné de la décision des élus, le maire de l’époque a reconnu que le conseil municipal était peut-être allé un peu vite en besogne et que l’abattage de l’arbre n’était pas forcément une bonne décision. Souhaitant même visiblement faire marche arrière, il m’a conseillé de donner mon avis dans le bulletin municipal. Ce que j’ai évidemment fait.

Les arguments de mon article étaient faciles : l’arbre avait une allure saine, il n’avait aucune branche morte, aucun signe extérieur de maladie, il avait surtout essuyé sans dommages les deux tempêtes de juin et décembre 99… Beaucoup d’habitants ont été de cet avis, d’autant que j’ai joué aussi sur la corde sentimentale en rappelant la petite histoire de l’arbre (voir ci-dessus). A la suite de l’article, ça a discuté un peu dans le village et les élus n’ont pas osé appliquer l’arrêté.

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Aujourd’hui, l’arbre est toujours debout, en très bonne santé apparente. Et même en très bonne santé tout court, comme semble le confirmer le fait qu’il ait passé sans encombres la canicule de 2003 et n’en ait même pas subi les contrecoups. Par contre son sort n’est toujours pas complétement réglé car si la commune n’a pas osé le tronçonner (par conviction ou par peur de la réaction des habitants ?), elle n’a pas non plus annulé sa décision, de peur peut-être de se désavouer.

Quand je regarde aujourd’hui les protagonistes de cette histoire qui date d’il y a cinq ans déjà, je m’aperçois que les moustaches du Dédé ont blanchi, que le René, depuis son opération, n’a plus la démarche aussi sûre, que moi-même ai pris pas mal de rides et même quelques kilos superflus (mon « tronc » s’est épaissi mais de manière moins harmonieuse que celui d’un arbre) … mais que le marronnier se porte … comme un charme !

Dans un contexte haut-saônois où bon nombre de vieux arbres du département sont systématiquement éliminés, notamment le long des routes, je me dis que tous ces arbres, que l’on accuse d’être malades, si on les laissait vivre jusqu’à leur belle mort, enterreraient tous ces élus éphémères qui prennent à la hâte les décisions d’abattage… et peut-être enterreraient même aussi leurs descendants les plus proches !

C’est peut-être aussi ma petite fierté à moi, de penser que cet arbre, sauvé (pour l’instant) à la suite d’un tout petit article de rien du tout, va probablement me (nous) survivre !

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (5)

Suite de notre rubrique destinée aux naïfs qui croient encore que la baisse du niveau de vie, c’est pour tout le monde. Deux infos très récentes :

1 – Zacharias, patron de Vinci, n° 1 du BTP, se fait éjecter de son siège avec la coquette somme de 200 à 300 millions d’euros, plus peut-être 8 millions supplémentaires qu’il réclame à corps et à cris pour avoir réussi le rachat des autoroutes du sud de la France. Les journaux ont calculé qu’il avait mis de côté une somme représentant l’équivalent de 5 766 années de la rémunération moyenne d’un salarié de Vinci (source : Le Canard Enchaîné du 21 juin). Je viens de faire un petit calcul rapide : en se basant sur 40 annuités de travail par salarié et 2 enfants par couple, les petits Zacharias à venir vont pouvoir se rouler les pouces pendant toute leur vie, et ceci pendant 6 générations complètes. Les 64 Zacharias de la dernière génération à en profiter pourront donc remercier ce lointain aïeul qui avait travaillé si dur. Et à mon avis, comme je n’ai pas pas pris en compte les intérêts de la somme (trop dur à calculer !), les 128 pauvres petits Zacharias de la 7ème génération devraient aussi en profiter (je dis bien « les pauvres petits » car il n’est pas certain que « chez ces gens-là, Monsieur », on puisse vivre avec le salaire moyen d’un employé de chez Vinci).

2 – Le numéro Un européen de l’assurance Allianz a annoncé aujourd’hui la suppression de 7 500 emplois. Ceci dans un contexte où l’entreprise vient de faire, non pas un déficit, mais un bénéfice record de 4,9 milliards d’euros. Le responsable d’Alliantz, Gerhard Rupprecht, a déclaré sans rire que la suppression des emplois est « un pas douloureux mais nécessaire pour sécuriser la compétitivité durable d’Allianz » (source : LeMonde.fr d’aujourd’hui). Il fallait oser le dire !

L’Europe en marche. Pour le meilleur ou pour le pire ?

L’Europe continue d’avancer. Malgré les pieds de nez des Français et des Néerlandais. Malgré aussi l’arrêt du processus démocratique de consultation de la base (la plupart des Etats, qui craignent la contagion, ont arrêté de demander l’avis du bas-peuple sur la question de la constitution). L’Europe continue donc, comme si de rien n’était. Pour le meilleur et pour le pire.

Deux infos glanées dans leMonde.fr des dernières semaines :

1 – L’Agence Européenne des Médicaments (EMEA) s’est déclarée favorable, mardi 6 juin, à l’utilisation de l’antidépresseur Prozac chez les enfants âgés de 8 ans et plus en cas d’épisodes dépressifs majeurs. Le comité scientifique de l’EMEA a considéré que « le bénéfice de l’utilisation de Prozac dans cette indication l’emporte sur les risques potentiels ». La décision d’étendre la consommation du Prozac aux enfants s’appliquera à tous les pays de l’Union et devrait entrer en vigueur en France à la fin de l’année.

2 – La commission européenne travaille sur un nouveau réglement de l’agriculture bio. Si ce projet était accepté, l’Union Européenne tolèrera que les produits étiquetés « bio » puissent contenir des OGM et puissent être cultivés avec des produits chimiques comme les pesticides. En outre, selon le projet de la Commission, il sera interdit de mentionner sur les étiquettes qu’un produit a été soumis à des exigences supérieures au règlement européen. En gros, si le produit est réellement bio, il sera interdit de le dire ! Ce réglement pourrait sonner le glas de l’agriculture bio. Une première mouture du projet a été rejetée mais le dossier va être repris à partir du 1er juillet prochain.

Jusqu’à présent, j’étais persuadé que s’il y avait au moins un domaine où l’Europe allait dans le bon sens, c’était bien le domaine de l’environnement (directive habitats, oiseaux migrateurs…). J’ai subitement un doute.

On nous dit que l’Europe stagne à cause de la France. Mais les lobbies, qu’ils soient agricoles ou pharmaceutiques ne stagnent pas, ils continuent d’avancer.

Braves gens, vous pouvez une fois de plus dormir sur vos deux oreilles, nos élus européens veillent sur vous et votre santé !

Bordel de bordel !

On parle assez peu dans les journaux de cette gigantesque foire au sexe organisée en marge de la coupe du monde de football. 40 000 filles ont été « importées », principalement de l’Europe de l’Est et de l’Europe centrale, pour cette occasion. La législation allemande rend la chose possible, la prostitution ayant été légalisée dans ce pays en 2002.

Je ne sais pas combien de « passes » peut faire une fille dans la soirée et la nuit. Une dizaine ? Il pourrait donc y avoir 400 000 personnes qui se rendent le soir dans ces endroits un peu particuliers, que l’on a construits pour l’occasion. Il y en a pour toutes les bourses (si j’ose dire) : dans des hôtels pour les plus riches, mais surtout dans des cabanons construits dans des parcs clos de la taille de terrain de foot pour les moins riches. On y prend un ticket d’entrée et on y fait la queue ! Le chiffre quotidien de plusieurs centaines de milliers de mecs qui se livrent à cette activité montre l’ampleur de cette industrie naissante (la relation sport/sexe n’est peut-être pas nouvelle mais son officialisation est récente, elle date des derniers jeux olympiques d’Athènes). La mafia du proxénétisme s’y fait des « couilles en or » (l’officialisation de la prostitution, comme aux Pays-Bas, montre que sa légalisation n’empêche pas le développement des systèmes parallèles mafieux).

Je suis indigné en imaginant que chaque soir, des centaines de milliers de personnes, imbibées de bière et profitant de leur anonymat passager (la plupart ayant leur domicile à plusieurs milliers de kilomètres de là), vont aller se vautrer dans leur bestialité, réduisant la femme à une fonction purement hygiénique et ne la considérant que comme « un trou et du poil autour ». Faut-il leur rappeler que la masturbation peut rendre d’éminents services ?

Je suis également scandalisé de voir que les autorités apportent leur bénédiction à ces pratiques esclavagistes (toute forme de prostitution relève à mon avis de l’esclavagisme, aucune des prostituées n’ayant choisi de son plein gré de faire ce métier qui n’est pas, comme on le dit souvent, le plus vieux métier du monde… cette expression n’étant qu’un truc de mec voulant trouver à tout prix un argument pour légitimer la prostitution).

Comment Angela Merkel peut-elle accepter que la dignité de la femme soit ainsi bafouée ? Comment peut-elle accepter que l’image de l’Allemagne soit ainsi salie ? Pourquoi aucun des 32 pays ayant ratifié la convention contre la prostitution ne dénonce-t-il pas officiellement la chose ? Pourquoi les sportifs eux-mêmes (la Fifa, les équipes de footballeurs, …) restent-ils en majorité muets sur cette affaire (laissant ainsi se ternir un peu plus l’image du sport en général, et du foot en particulier) ? Et les médias, pourquoi ne parlent-ils pas plus de ce scandale ? Car la mondialisation de la marchandisation du sexe est bien un scandale !

Et les hommes ! On ne les entend pas beaucoup ! Car si cette affaire est une honte pour les sportifs, pour les autorités, pour les médias et pour nos sociétés dites « avancées », elle l’est avant tout et surtout pour les hommes.

Sous les vents dominants

(le 100ème article du blogadupdup)
Vendredi dernier, le vent avait viré à la bise. Bonne occasion pour aller observer les blaireaux en forêt. En effet, vu l’emplacement de mon affût, seule la bise ne porte pas mon odeur au terrier et me permet de faire des observations. A mon arrivée sur le site, j’ai soudain un doute puis une affreuse certitude : le vent vient à nouveau de changer de sens et la situation ne m’est plus du tout favorable, bien au contraire. Effectivement, à peine assis sur mon surplomb qui domine les terriers, un blaireau passe la tête de son antre, hume l’air avec circonspection puis rentre vite au plus profond de sa tanière. Une heure et demie plus tard, je quitte les lieux sans avoir revu l’animal. J’aurai passé tout de même une bonne soirée, le blaireau dérangé un peu moins : IL NE FAIT PAS BON ÊTRE SOUS LES VENTS DOMINANTS.

Dimanche matin, c’est jour de ball-trap pour les blaireaux du coin. Le bruit des kalashnikov est parfois supportable. Mais ce dimanche, le vent propage le bruit des canons avec une grande violence dans le petit jardin qui est habituellement mon domaine de tranquillité. IL NE FAIT PAS BON ÊTRE SOUS LES VENTS DOMINANTS.

Ce matin, je tombe sur un petit article qui traite des cas de cancers dans la zone située au nord-est de l’incinérateur d’ordures ménagères de Besançon. Le taux de lymphomes non hodgkiniens, étudié par le professeur Viel (voir la revue Environmental Science and Technology), y est multiplié par 2,5 par rapport à la normale. Tiens donc, peut-être un début d’explication, ceci explique peut-être celà ! DECIDEMENT, IL NE FAIT PAS BON ÊTRE SOUS LES VENTS DOMINANTS !

La France rurale et les fonds européens

Voici donc le premier anniversaire du référendum sur la constitution européenne et à nouveau des tas d’articles dans les médias. C’est bizarre, cette manière de parler de l’Europe par intermittence. Entre le traité de Maastricht et le vote sur la constitution, il s’est passé plus d’une douzaine d’années de silence sur la question européenne. Même silence depuis une dizaine de mois. Et voilà que le sujet ressort aujourd’hui pour mieux disparaître dans quelques jours. Espérons tout de même qu’un vrai débat commencera dans quelques mois avec l’approche de l’élection présidentielle.

L’an passé, lors de la campagne à l’occasion du référendum, j’ai été surpris que personne n’aborde le problème des FONDS EUROPEENS. Les élus partisans du « oui » auraient pu nous dire ce que l’Europe, par le biais des sommes reversées aux différents Etats, avait amené aux citoyens de base, en terme de développement local, notamment dans la France rurale. Pourquoi n’ont-ils pas mis en avant cet apport de l’Europe ? Peut-être parce qu’il n’y a pas de quoi être fiers de ce que nous avons fait de cet argent. Je m’explique :

– premier constat : une partie des Fonds Européens est repartie à Bruxelles, faute d’avoir été utilisée. Ainsi, pour ne prendre que l’exemple du département de la Haute-Saône, le Préfet de Région avait, en son temps, montré du doigt les cantons de Marnay, de Gy et de Gray qui n’avaient dépensé que 10 F par habitant alors qu’ils avaient 300 F de disponibles. Est-ce parce que les élus de ces cantons manquaient d’idées, de projets ? Est-ce qu’ils n’ont pas relayé l’info auprès de leur base, notamment auprès du milieu associatif qui est souvent une force de proposition ? Est-ce que ces élus locaux n’ont pas soutenu les projets associatifs lorsque ceux-ci existaient (les associations étant souvent vues par les élus, comme un contre-pouvoir dangereux) ?

– deuxième constat : les Fonds Européens ont souvent été utilisés à mauvais escient. Ainsi, dans le village où j’habite, le cimetière a été agrandi grâce à des fonds européens. Un cimetière, est-ce du développement ? Un chemin forestier a été créé avec les mêmes fonds, il ne sert pas à grand’chose et les élus municipaux disent qu’ils l’ont fait parce que le coût était presque entièrement pris en charge.

– troisième constat : les fonds européens ont fait le jeu des politiques locaux. C’est souvent l’élu le plus important du coin (le conseiller général, le député) qui dit à « ses » maires : « je peux t’apporter tant sur ce projet ». Il s’agit bien entendu de fonds publics, la plus grande part étant souvent européenne, mais tout est présenté comme si le petit seigneur du coin distribuait cet argent en fonction de ses accointances politiques ou simplement de son bon vouloir princier. En milieu rural, l’argent européen est parfois dépensé à des fins électoralistes et clientélistes et renforce le pouvoir de nos petits hobereaux locaux.

Demandez au citoyen espagnol ou portugais : il sait combien l’Europe a permis à son pays de se développer. Demandez au citoyen français, il ne sait pas grand chose de l’existence de ces fonds et de leur utilisation (ou de leur non-utilisation).

Le référendum organisé il y a un an était une bonne opportunité pour aborder un peu ce sujet. L’occasion a été ratée !

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (4)

Concernant l’affaire Clearstream, la presse d’aujourd’hui retiendra probablement que Jean-Louis Gergorin a enfin avoué qu’il avait envoyé la première lettre anonyme de cette affaire, comme l’avait annoncé « le Canard » il y a quinze jours.

Mais ce que l’on entendra probablement moins, c’est que d’après les propos de Gergorin, il y a entre 5000 et 10000 particuliers qui ont ouvert un compte Clearstream. Quand on sait que le « ticket d’entrée » dans cette société financière est de 20 millions de dollars, on peut se rendre compte que les pauvres ont encore, comme on dit en jargon sportif, « une bonne marge de progression ». Voilà donc de quoi redonner le moral à tous les exclus de la Terre !

Danse macabre autour d’un sarcophage

S’il y a un mot qui me fait rigoler en ce moment, c’est bien le mot « sarcophage ». Car je viens juste d’en découvrir le sens et je crois qu’il signifie, éthymologiquement parlant « qui mange du Sarko ». Moi qui côtoie des gens qui bouffent du Sarko à longueur de journée, me voilà donc dans un univers morbide, entouré de sarkophages.

Mais ce mot a aussi une résonnance moins drôle, car le sarcophage est ce nom donné au dispositif qui a été construit autour des ruines fumantes des réacteurs de Tchernobyl en 1986. Savez-vous que ce sarcophage fuit aujourd’hui de toutes parts ? Hervé Kempf (dans leMonde.fr) a consacré à ce problème un article intéressant il y a une quinzaine de jours. L’article commence de la manière suivante :« Le compteur s’agite. Tic-tic-tic, crachote son petit haut-parleur, tel un réveil devenu fou, pendant que les chiffres défilent sur l’écran. Au bout d’une minute, il atteint 545 : ce n’est pas un score de jeu vidéo, mais le nombre de désintégrations radioactives enregistrées à 200 mètres de ce qui reste du réacteur n° 4 de la centrale ukrainienne de Tchernobyl ».

Les « liquidateurs de Tchernobyl » ont construit ce sarcophage à la hâte en 1986. Mais l’enveloppe de béton et la ferraille se sont très vite fissurés et la surface des trous atteint aujourd’hui 100 mètres carrés (oui, oui, vous avez bien lu !). Par ailleurs, tout peut aller très vite car d’après EDF « c’est un vrai Lego, dont le toit ne tient que sur deux poutres, et dont la dalle, comme le sol est sablonneux, a tendance à s’affaisser ». On peut donc s’attendre à ce que 4 tonnes de poussières radioactives soient libérées d’un seul coup. En attendant, ayons tout de même une petite pensée pour ces centaines d’ouvriers qui travaillent aujourd’hui à retaper ce sarcophage et que l’on rechange souvent pour ne pas qu’ils soient exposés à des doses trop massives.

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La BERD (Banque Européenne de Reconstruction et de Développement) a déjà voté 850 millions d’euros pour reconstruire un nouveau sarcophage mais la situation est complétement bloquée depuis pas mal de temps, pour des raisons politiques d’abord mais aussi pour des raisons techniques qui valent le coup d’être dévoilées car, si les officiels nous disent que le réacteur contient encore près de 95 % du combustible originel, soit 190 tonnes (ce qui est énorme), l’Ukrainien Georgi Lépine affirme : « il ne reste que moins de 10 % du combustible ». Le reste, évidemment, se serait échappé par les fameux trous.

A notre niveau de connaissance, en tant que simples citoyens, il nous est évidemment impossible de dire qui a raison mais la situation est grave. Car, si les officiels ont raison, il n’en reste pas moins que 95 % du combustible peut nous sauter à la gueule d’un moment à l’autre. Dans le deuxième cas, si c’est Geori Lépine qu’il faut croire, on l’a pris en pleine poire dans les années passées, mais sur une longue durée, de manière insidieuse, sans que personne n’ait rien dit (mais peut-être que là aussi, ça s’est arrêté aux frontières).

Lors du vingtième anniversaire de Tchernobyl, le 26 avril dernier, les slogans étaient plutôt du genre « Tchernobyl, plus jamais ça ! » comme s’il s’agissait d’un problème passé. Non, non, Tchernobyl c’est aussi aujourd’hui que ça se passe !

Mini-krach à la bourse du carbone

La Bourse dégringole. Non pas la Bourse de Wall Street ou celle de Tokyo. Non, celle de Powernext qui essuie depuis quelques jours un mini-krach. Powernext s’appelle plus exactement Powernext Carbon et régule, non pas le taux de carbone de la planète (ça se saurait), mais les échanges commerciaux relatifs au droit de polluer.

Le principe est limpide. Chaque état s’est vu attribuer un quota de gaz carbonique, ceci pour tenter d’enrayer l’émission de gaz à effet de serre. Celà part d’un bon sentiment … sauf que le législateur (s’appelait-il Machiavel ?) a permis aux pays trop pollueurs (qui dépassent donc leurs quotas) de continuer à polluer en leur donnant la possibilité d’acheter des droits à polluer aux pays qui ne polluent pas assez. Vous me suivez ? Une vraie usine à gaz !

Il apparaît que certains pays ont pollué moins que les quotas qui leur étaient alloués. C’est le cas de la France qui s’est vue attribuer 156 millions de certificats (un certificat = 1 tonne de CO2), dont 21 millions seulement pour EDF (tiens, tiens, EDF qui nous rabat les oreilles avec son discours sur son énergie propre !) mais qui en a rejeté 18 millions de moins. C’est aussi le cas des Pays-Bas, de la république Tchèque et de la Belgique.

Il n’y a pas de quoi pavoiser de ce résultat car la pollution, évidemment, demeure énorme. On peut juste dire qu’on va à peine moins vite dans le mur. Mais de là à dire qu’on inverse la vapeur … ! D’autant plus que cette baisse est peut-être due tout simplement au fait que l’allocation des quotas a été trop généreuse.

En conséquence de ces baisses d’émission de CO2, les entreprises ont de plus en plus de mal à vendre leurs droits à polluer à la Bourse Poxernext Carbon, d’où une baisse très forte de leur valeur, qui conduit à un mini-krach boursier (perte de 55% en moins de dix jours). La situation est même dramatique pour ceux qui ont misé fort dans cette affaire (on imagine même l’effet pervers du système, certains groupes industriels pouvant à juste titre se dire : « Merde, on n’aurait pas dû faire autant d’efforts pour moins polluer, on n’arrive même plus à vendre notre droit à polluer ! »).

Jean-Michel Bezat consacre un article à la question dans l’édition du Monde de samedi dernier. Son article est ignoble. Le journaliste place son propos uniquement sur le plan économique. Je cite quelques phrases : « L’amélioration imprévue de la qualité de l’air ne fait pas le bonheur des spéculateurs », « Les émissions de CO2 n’ont pas atteint le niveau attendu et de nombreux certificats risquent donc de ne pas trouver preneur … leurs détenteurs ne pourront pas en reporter l’utilisation ». L’article ressemble à une lamentation du genre « les pollueurs sont bien à plaindre ». Juste un petit bémol : il y a quand même trois mots pour l’environnement, mais noyés dans une phrase tout aussi ignoble que les autres : « Un bien pour la santé publique, mais un coût pour des groupes qui, comme Rhodia, ont beaucoup investi ». C’est nouveau, ça vient de sortir : on peut maintenant investir sur la destruction de la planète.

Je suis, une fois de plus, scandalisé.

Nous avons un bon ministre

J’ai écrit la semaine dernière un article sur la manière dont nous sommes représentés par nos hommes politiques au Sénat.

Je tombe à l’instant sur un article du Monde qui nous donne aussi un aperçu du sérieux avec lequel nos hommes politiques, et pas des moindres – un ministre en l’occurence – nous représentent.

Débats au Sénat

Fin mars, un ami m’a fait passer un texte de Christian Velot, chercheur et enseignant en biologie à l’Université Paris-Sud et animateur de conférences sur les OGM. Christian Velot faisait partie de la délégation de militants anti-OGM qui est allée au Sénat écouter les débats sur le projet de loi et le compte-rendu qu’il en fait est assez édifiant. En voici le texte dans sa quasi-intégralité :

« Premier coup derrière les oreilles : le nombre de sièges vides. Sur 331 sénateurs, seulement 49 étaient présents en ouverture de séance, et il n’en restait plus que 35 après une demi-heure ! Je me dis alors qu’il doit au moins y avoir tous ceux qui sont (ou qui prétendent être) concernés par le sujet, et notamment qui sont censés défendre nos positions. On a bien cherché (c’était facile, ils n’étaient pas nombreux) : pas de Dominique Voynet, qui était pourtant venue le matin même faire de belles déclarations lors de la conférence de Presse ! Aucune présence non plus de Jean-Luc Mélenchon, proche de José Bové depuis la campagne contre le TCE, et pour lequel il est sans doute moins payant de venir faire son boulot au Sénat que se pavaner debout sur un banc du trottoir du boulevard Arago pour être certain de bien être remarqué pendant le passage de la manif anti-CPE de samedi dernier…

Au delà de cet absentéisme pitoyable, reste le déroulement des « débats » : à pleurer (ou hurler mais on ne pouvait pas) ! Un brouhaha incroyable ! Personne ou presque n’écoute l’intervenant qui fait (ou plutôt qui lit) son discours. Chacun parle dans son coin avec ses voisins ou y va de ses petites activités personnelles. J’ai dix fois moins de bruit dans un amphithéâtre de 200 étudiants d’une moyenne d’âge de 20 ans, et sans que j’ai besoin d’exercer la moindre autorité. L’intervenant pourrait s’adresser à la porte de ses chiottes, ça ferait le même effet.

Du balcon où nous étions situés, nous avions une vue plongeante sur les pupitres des sénateurs du groupe UMP. Pas un seul n’avait le projet de loi sous les yeux ! Raffarin et ses potes ont passé leur temps de présence (environ 30 minutes) à causer entre eux et se marrer, certains tournant carrément le dos à l’intervenant. D’autres remplissaient des dossiers, regardaient leur agenda. Deux sénatrices au fond de l’hémicycle (et donc juste en dessous de nous), après avoir regardé ensemble un album photo, s’échangeaient leur permis de conduire, leur pièce d’identité, sans doute pour mieux constater… les dégâts provoqués au cours du temps par les crèmes à l’ADN végétal de chez Dior. Un autre montrait à son voisin des photos d’une maison imprimées en couleur sur du papier A4, probablement la résidence secondaire qu’il vient de s’acheter avec les 120 000 euros annuels qu’il perçoit pour venir se gratter les couilles au Sénat, une autre encore réorganisait ses papiers et ses billets de 20 euros dans son portefeuille… Et le plus drôle (enfin, façon de parler), c’est qu’à la fin d’une intervention, et uniquement s’il s’agissait bien sûr d’un intervenant de leur groupe, ils applausissaient comme des automates.

En ce qui concerne les interventions elle-mêmes, les âneries de ceux qui défendaient le texte étaient à la hauteur de leur méconnaissance du dossier. Quand à ceux qui étaient censées intervenir dans notre sens, il est clair que je ne les choisirais pas comme avocats, à moins que je ne souhaite être assuré de faire de la prison à vie : mous du genoux sur le fond, monocordes et sans aucune conviction sur la forme. Eux non plus n’avaient probablement pas lu le projet de loi, …à moins qu’ils n’aient tout simplement pas vraiment envie de s’y opposer.

Bref, à pleurer vous dis-je … »

Voilà. Braves gens, vous pouvez dormir tranquilles, vos sénateurs ont le sens de leur responsabilité politique.

Ces vieux qui nous gouvernent

Devient-on un peu plus con, ou un peu moins con en vieillissant ? Brassens a donné son point de vue dans une chanson écrite à l’époque où il balançait entre deux âges : « le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con … ». Vous la connaissez peut-être !

Aujourd’hui, je n’ai pas un avis définitif et tranché sur la question, je pense qu’il n’y a aucun mérite, ni à être jeune, ni à être vieux (ni évidemment à être con !). Pourtant, il n’y a pas si longtemps encore, j’étais tenté de penser qu’en vieillissant on devait acquérir un peu de hauteur de vue, un peu de sagesse – le mot est un peu grand, disons « de bon sens » – mais quand j’écoute ou quand je lis les propos de vieux qui sont sous le feu de l’actualité, souvent des politiques, mais aussi des scientifiques, des responsables syndicaux, des journalistes, des hommes ou femmes du show-bizz … je me dis que Brassens devait avoir un peu raison quelque part, ces gens ne semblent pas s’être spécialement bonifiés en vieillissant, le temps ne fait effectivement rien à l’affaire.

Je n’ai évidemment rien contre les vieux (d’autant plus que j’y arrive à grandes enjambées !) mais je pense qu’actuellement ils sont beaucoup trop présents dans la vie publique (notamment dans la vie politique), qu’il pourrait y avoir un rééquilibrage en faisant une grosse place pour des gens nouveaux. J’aimerais entendre des gens différents à l’antenne, pendant les campagnes politiques, pendant les journaux télévisés (je dis ça, mais c’est un peu hypocrite, car de toute façon je ne regarde jamais). Vous n’avez pas envie d’un peu de fraîcheur, vous ?

Le journal « les Inrockuptibles » n° 537 du 14 mars dernier nous donne une info intéressante : en vingt ans, l’âge moyen d’un homme politique ou d’un responsable syndical est passé de 45 ans à 59 ans. Pendant le même laps de temps, le nombre de députés de moins de 45 ans est passé de 38% à 15%.

Ca vous inspire quoi ces chiffres ?

Un scandale de plus, me direz-vous ! (1)

Il va falloir un jour que dans mon blog il y ait une rubrique du genre : « on nous ment », « on nous manipule » ou « on nous dit pas tout ».

Il y a des tas d’infos qu’on ne lit jamais dans les journaux classiques, il faut fouiller pour les trouver ou on les reçoit alors par des amis via internet.

Ainsi cette info scandaleuse, diffusée par un conseiller municipal de Montélimar, mais dont on ne nous parle pas à 20 H sur TF1 : Sainte Bernadette est venue recueillir les 200 kg de pièces jaunes qui avaient été collectées à Montélimar, ce qui représente la somme d’environ 10 000 €. Jusque là tout va bien. Sauf que la commune de Montélimar reconnaît avoir déboursé 80 000 € pour accueillir la brave dame. Sauf aussi qu’il faut rajouter à ce montant le prix de l’affrètement du TGV spécial, du détournement de plusieurs trains sur l’Ardèche et le coût du personnel des services techniques et de la police municipale. Sauf enfin, et c’est là le plus choquant, que les chambres et repas de la « première dame de France » et de sa suite de 130 personnes ont été réglés avec un chèque de l’association « Opération Pièces Jaunes ».

Notre république prend des allures de monarchie ! Je suis scandalisé ! Pour qui prend-on le populo ?

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (3)

Aujourd’hui commence le 4ème forum mondial de l’eau à Mexico. L’occasion de rappeler qu’un milliard d’habitants n’ont pas accès à l’eau potable et que 2,7 milliards ne disposent pas d’évacuation de leurs eaux usées. Et tout ça va empirer, la ressource en eau se fait de plus en plus rare et de plus en plus précieuse.
Pendant ce temps, les plus riches de la planète prennent des bains de champagne dans leurs salles de bains dorées.

Autre info parue ce jour dans leMonde.fr : « Les grands groupes français ont connu un millésime 2005 exceptionnel. Les 39 entreprises du CAC 40 à avoir publié leurs résultats (Pernod Ricard a un exercice décalé) ont dégagé des bénéfices nets de 84 milliards d’euros, en hausse de près de 30 % par rapport à 2004. ».
Au moment où cette info paraît, certains osent critiquer des jeunes qui manifestent dans la rue pour réclamer des conditions d’embauche décentes … !

C’était la suite de notre rubrique « tout va bien dans le meilleur des mondes ».
A suivre.

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (2)

Info parue hier dans le journal Forbes qui publie l’état des plus grandes fortunes de la planète : l’année 2005 a été une année exceptionnelle pour les milliardaires et vous serez probablement très contents d’apprendre que leur nombre vient de passer à 793 (soit 102 de plus qu’en 2004) et que leurs revenus cumulés sont supérieurs à celui du PIB de l’Allemagne (qui est quand même la 7ème puissance économique mondiale).

Sur un continent pauvre comme l’Amérique du Sud, le nombre de milliardaires augmente même très rapidement. Qu’ont-ils donc à toujours se plaindre, ces salauds de pauvres, voilà qu’ils commencent eux-aussi à avoir leur propres milliardaires ?

La pudeur de la violette, vous connaissez ?

Incroyable le texte d’un journaliste dans leMonde.fr de ce soir : « Alain Juppé a une pudeur de violette dès qu’on l’interroge sur son avenir politique, mais ses amis préparent activement son retour ». S’il avait le moindre soupçon de pudeur, pensez-vous qu’il oserait revenir ? Il vous manquait à vous ?

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (1)

Si l’on se fie aux vieux adages, « il faut de tout pour faire un monde », on peut alors admettre que nos sociétés vivent avec des gros et des maigres, des beaux et des laids, des gens cons et des gens qui le sont un peu moins (par exemple des gens qui regardent TF1 et les autres), des écolos et des chasseurs, des gens de gauche et des gens de droite, des hétérosexuels et des homosexuels, etc …Jusque là je suis évidemment d’accord. Mais des riches et des pauvres ? Oui, mais jusqu’à quel point ? Par exemple, gagner dix fois plus ? Comme je suis intimement persuadé que les choses les plus importantes de la vie ne peuvent pas s’acquérir avec de l’argent (l’amour, les amis, la santé, la culture…) ça ne me gêne pas plus que ça si certaines personnes gagnent dix fois plus que d’autres et, si ces personnes ont axé l’essentiel de leur vie sur l’acquisition de biens matériels, pourquoi pas, c’est avant tout leur problème ! Mais gagner cent fois plus ? Là, ça commence à poser question. Et mille fois plus ? J’entends déjà les lecteurs de mon blog qui sont persuadés que je vais parler des grands dirigeants d’entreprises dont les salaires et les stocks-options ont fait la Une des journaux au cours des dernières années et qui gagnent infiniment plus que nous, pauvres miséreux que nous sommes. Et bien même pas ! Je veux parler de ceux qui gagnent, non pas mille fois plus que d’autres, ni dix mille, ni cent mille, ni même un million mais DIX MILLIONS DE FOIS PLUS.

Vous allez me dire : « ce que tu nous dis là, Dupdup, c’est pas possible ! » Et bien « Si » : si les pouvoirs publics et les journalistes nous bassinent à longueur de journée avec le problème de la grippe aviaire, c’est peut-être pour qu’on ferme les yeux sur la triste réalité de ce monde, sur des problèmes infiniment plus importants et dont on ne veut surtout pas nous parler, à savoir que les écarts entre riches et pauvres n’ont jamais été aussi importants. Je vous donne l’information parue dans Télérama (n° 2923 de janvier dernier) : « la fortune des 225 personnes les plus riches est égale au revenu des 2,3 milliards les plus pauvres ». Oui, vous avez bien lu, mettez une deuxième paire de lunettes (si vous faites évidemment partie des riches de la planète qui ont les moyens d’avoir des lunettes), c’est bien un rapport de 1 à 10 millions qui existe entre les gens. Un chiffre à faire vomir.

Que vous inspire ce chiffre ? Les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres (y compris dans nos sociétés occidentales) mais n’a-t-on pas dépassé depuis longtemps le seuil de l’insupportable ? Vous et moi ne faisons pas partie des très riches de la planète mais encore moins des plus pauvres. Il faut bien l’admettre, nous dénonçons cet écart qui s’agrandit entre riches et pauvres, mais comme nous faisons partie, d’une certaine manière, des nantis de la planète, nous ne le disons pas trop fort … ! Jusqu’à quand celà peut-il durer ?