Chronique de la ruche – Avril 2010

Un article proposé par Christophe.
La fin de l’hiver et l’élévation des températures incitent la reine à redémarrer la ponte. Cette période est sensible car les provisions de miel se tarissent et il est préférable d’apporter un complément de nourriture à cette période où le butinage est encore aléatoire, fortement soumis aux conditions météorologiques. Bref, quatre de mes ruches ont passé ce cap, mais l’une d’elles a subi un de ces petits drames quotidiens…

Dans cette ruche, la reine est morte à ce terrible moment clé et j’ai assisté, désarmé, au pillage des dernières réserves par les abeilles des colonies avoisinantes. Deux jours et une ruche vide ! Je me console un peu en sachant que cette colonie était un peu fragile, sûrement malade. L’essaim bien que relativement important était peu dynamique, la reine sûrement déjà bien usée par son activité forcenée de pondeuse ! Mais j’y reviendrai sans doute à l’occasion d’une autre chronique…

Le printemps est bien là, la floraison des fruitiers est en cours, et l’arrivée du lilas annonce le plein boum dans la ruche. Observez ici une de mes gagneuses au charbon, une belle pelote de pollen accrochée à sa corbeille, le nom donné à l’aplatissement de son fémur postérieur, sur lequel une sorte d’épine évite le fatal décrochage. C’est une des extraordinaires caractéristiques de cet insecte très perfectionné.


C’est avant ce moment-là, fin mars ou début avril, que l’apiculteur ausculte ses colonies : c’est la capitale visite de printemps.

L’apiculteur a pris soin de préparer la ruche afin de contraindre les abeilles à un bâti régulier. On voit sur l’image suivante les étapes de ce travail.


Le premier cadre est uniquement préparé avec un fil tendu, on a collé à chaud sur le deuxième une plaque de cire gaufrée (ébauches d’alvéoles), le troisième cadre a été élaboré par les abeilles qui ont étiré les alvéoles à l’aide de leurs glandes cirières (une autre spécialisation extraordinaire de cette merveille de la nature). La zone noire correspond aux alvéoles qui ont contenu le couvain, donc les larves d’abeilles.

La ruche (ici modèle Voirnot que j’utilise), comporte 10 cadres. Ce sont des étages supplémentaires moins hauts (appelés hausses et que l’on ajoute au fur et à mesure de la récolte par les abeilles) dans lesquels on récolte le miel, en laissant le corps de la ruche avec des réserves normalement suffisantes pour la saison froide.

La visite de printemps permet de constater l’état général de la ruche : état matériel (remplacement d’u ou deux cadres par de neufs), sanitaire (présence d’intrus de maladie), dynamisme (quantité d’abeilles, étendue du couvain).

J’ai pris soin de préparer plusieurs ruches supplémentaires car je compte bien cette année augmenter mon cheptel ! Je vous raconterai la suite des événements (les essaims naturels ou artificiels) dans un autre épisode.

Une image tirée du net montre ici un cadre « vivant » tel que l’on peut l’observer lors de la visite de printemps.


On remarque la ponte en zones concentriques et les alvéoles blanchâtres qui correspondent vraisemblablement à des larves qui seront bientôt closes par un opercule, ces opercules étant déjà en place sur les alvéoles de teinte jaune. Les alvéoles noires, creuses, contiennent des œufs fraîchement pondus ou ont vu récemment une jeune abeille s’en extraire.

Et autour… le miel dont on voit l’aspect brillant lorsqu’il est operculé lui aussi (dès que son taux d’humidité est optimal). Il existe un autre type de réserves : le pollen.

Vous remarquerez que la forme du cadre du corps de ruche est ici rectangulaire (ruche type Dadant), carré pour moi. Alors petite devinette : pourquoi ai-je donc choisi une ruche de ce format cubique alors qu’il constitue un standard peu utilisé ?

Aux petites abeilles que vous êtes de le quérir !

Hirondelles en souffrance

Un article proposé par Daniel.
Tout a commencé le 18 avril, un dimanche, quand j’ai trouvé sur le répondeur téléphonique le message de Jean-Marie.
Le message disait à peu près ceci :
“ Depuis quelque temps,  des hirondelles tournent autour de l’ancienne ferme de Jean, mon voisin, cherchant visiblement à regagner les nids qui se trouvent à l’intérieur et qui sont cette année inaccessibles parce que la porte doit demeurer fermée. Que peut-on faire pour remédier à cette situation ? ”

Pour bien comprendre, quelques précisions s’imposent. Jean est un ancien agriculteur, à la retraite depuis longtemps. Mais il avait  gardé jusqu’à l’an passé un joli troupeau d’une soixantaine de moutons. Une partie de l’étable avait été transformée en bergerie et la porte du bâtiment restait ouverte toute la journée. C’est que Jean, très attaché à la nature et à ses moutons, l’était tout autant à « ses » hirondelles ! Aujourd’hui, à 87 ans révolus,  il a dû se résigner à quitter ses moutons et  la bergerie s’est vidée de ses pensionnaires. Jean, ce qui le chagrine, c’est de ne pas savoir quoi faire pour cette petite colonie d’hirondelles alors qu’il ne peut plus à présent garder sa porte ouverte !

Dès le lendemain matin me voici donc avec Jean-Marie devant la ferme. Tout autour, les hirondelles sont présentes, difficiles à dénombrer tant elles sont nombreuses, vives, volant au raz des rues adjacentes et toujours revenant vers la façade qu’elles frôlent à toute allure.


Construit à la fin des années soixante, le bâtiment est tout en longueur. Au centre, la grange, avec un étage pour le stockage et, de part et d’autre, deux ailes latérales pour accueillir le bétail. En notre entrée, nous découvrons des murs et le sol maculés de fientes, visiblement laissés là par des oiseaux en vol. Sans doute que ces dernières années, la porte n’était pas ouverte à temps le matin et les oiseaux ont dû passer de longs moments avant de pouvoir sortir. Des nids sont accrochés aux poutres du plafond. Nous en comptons vingt-quatre en parfait état.

Une évidence s’impose immédiatement ; il suffirait de pratiquer une ouverture dans une des fenêtres existantes pour remédier au problème ; les dites fenêtres ne sont en réalité que de simples panneaux en résine translucide. Je propose à Jean de remplacer le panneau voisin de la porte par une planche en laissant un espace suffisant en partie supérieure. Les détails de construction sont rapidement évalués. Conscient que cette affaire ne va pas me prendre beaucoup de temps, je suggère que l’on ouvre (enfin !) la porte du bâtiment, en attendant que le panneau soit remplacé …

La porte est ouverte, nous nous écartons et là, spectacle étonnant, dans les quelques  secondes qui suivent (je crois rêver) toute la colonie, à la queue leu leu, se précipite à l’intérieur, remplissant tout l’espace dans un concert assourdissant; c’est un ballet continu d’ allées et venues d’un bout à l’autre de la grange ; les oiseaux se posent un temps sur les nids puis repartent de plus belle. Témoins incrédules, figés sur place, nous découvrons les reflets magnifiques des plumages ; leur beauté, la vivacité des vols, l’impossibilité de suivre leurs mouvements tant il y a d’oiseaux qui virevoltent dans si peu d’espace nous laissent émerveillés. Nous sommes le 19 avril ; arrivées avec le printemps, cela fait donc trois bonnes semaines que ces hirondelles attendent de pouvoir entrer là, après leur long parcours migratoire de milliers de kilomètres !

Deux heures plus tard, je suis de retour sur les lieux, la planche découpée et la visseuse en poche. Le ballet continue, les hirondelles entrent et sortent par la porte, les décibels n’ont pas faibli, mais dans la plupart des nids se trouvent des couples qui y demeurent de plus longs moments. Quelques minutes nous suffisent pour procéder au remplacement du panneau. Quand c’est fait, après un léger instant d’hésitation, nous décidons de refermer la porte.  Les quelques oiseaux qui étaient sur le point de sortir rebroussent chemin, reviennent aussitôt, volent sur place un instant, hésitent puis repartent. Une ou deux minutes se passent ainsi, le temps nous paraît long. Finalement, une hirondelle trouve l’ouverture pratiquée dans la fenêtre, suivie aussitôt par une autre, puis une troisième, les autres continuant à tourner dans la grange, et puis, le soulagement, un oiseau rentre par le même chemin, puis un second, puis s’ensuit un va-et-vient dans les deux sens ; la partie semble gagnée, du moins pour cet été.

Alors naissent les questions. Qu’ont-ils fait, ces oiseaux, pendant tout le temps qui a précédé, tous ces jours qui ont séparé leur arrivée sous nos climats de cette matinée mémorable ? Que ce serait-il passé si rien n’eût été entrepris ? Pourquoi sont-ils restés autour de cette ferme ? Est-ce simplement parce que, dans un très grand voisinage, il n’existe plus un seul abri (le bâtiment a été construit il y quarante ans à la place d’une très ancienne ferme, quand il restait encore dans le village une bonne dizaine d’exploitants en activité ; aujourd’hui, il n’en reste plus qu’un seul, installé en périphérie) ? Ou bien, les vraies raisons sont-elles ailleurs ? Ami ornithologue, qui d’aventure lit ceci, aurais tu par hasard tout ou partie de la réponse ?

Enfin, plus inquiétante, une question qui n’est plus de simple curiosité : dans quelques années, il est probable que ce bâtiment n’existera plus. Alors que faire pour que les lieux de nidifications ne disparaissent pas à tout jamais ? Preuve d’imagination ? Oui, mais avez-vous une idée ?

Dans l’intimité du blaireau (4)

Je pars ce soir observer le blaireau pour la 8ème fois en 9 jours.
Dupdup est devenu fou. Un mordu des blaireaux.
Chaque soir, j’observe des scènes incroyables dans des conditions exceptionnelles.
Mercredi dernier, je venais de retrouver le vieux flash-torche que j’utilisais il y a vingt ans. Et ma foi, les résultats sont plutôt encourageants, même si je n’ai pas encore essayé de téléobjectif et que je me borne encore à mon petit zoom 17/55 mm (certaines des photos qui suivent ont été recadrées).
C’était le 21 avril donc, j’étais avec Patrick et nous avons eu devant les yeux de très belles scènes pendant plus d’une heure de temps :

toute la famille réunie autour du terrier,



… des petites joutes amicales où chacun teste l’autre,

… l’adulte finissant toujours par avoir le dernier mot,

et surtout des séances d’épouillement …


… plutôt intimes pour certaines.



Et pour finir, tout ce petit monde se met à suivre un adulte en direction de la forêt.

Vivement demain soir !

Helium Horse Fly

Pas de vidéo pour ce petit dimanche musical, juste de la musique à écouter en ligne. Celle d’un nouveau groupe liégeois Helium Horse Fly.

J’attendais le concert de ce nouveau groupe de Stéphane (Dupdup) du 4 avril dernier avec impatience. Quelle type de musique cette fois-ci ? Plus rien à voir avec la chanson française de la Nef des Fous ou le « hardcore chaotique déstructuré » de Daverio. Mais comment qualifier la musique de Helium Horse Fly ? Stéphane m’a parlé de « rock/noise/math/indie », ce qui ne vous en dira certainement pas plus. A moi non plus.

Le concert se passait au Maquis à Besançon. Très bon concert avec beaucoup d’énergie et un climat envoutant due à la présence de la chanteuse Marie. J’ai beaucoup aimé le côté précis dans la manière de jouer, les notes étaient incisives, la musique très aboutie et on sentait une vraie complicité entre les musiciens.

Dans la foulée, le groupe a passé une bonne semaine en studio à enregistrer son premier disque. Un vrai travail de pro (18 micros juste pour la batterie !).

Les six morceaux de ce disque constituent le petit dimanche musical de ce jour. Vous pouvez les écouter et les télécharger sur le site du groupe (cliquer sur les mots en couleur pour un accès direct). Vous aurez intérêt à télécharger ce disque en format wav qui donne une qualité d’écoute optimale.

Ce disque est sorti lundi dernier. Enfin, pas réellement « sorti » car on ne peut pas le trouver dans les rayons des disquaires mais uniquement sur le site du groupe où il est en téléchargement libre. Beaucoup de disques sont aujourd’hui en auto-production et diffusés de cette manière.

Le groupe est constitué de Marie, chanteuse,

de Stéphane, guitariste, pianiste et compositeur des musiques et de la plupart des textes,

de Dimitri à la basse…

et de Tom à la batterie.

Vous pouvez en savoir plus en consultant la biographie du groupe. Disponible également : une galerie d’images !

Bonne écoute !

Dans l’intimité du blaireau (3)

Les photos de mon précédent article sur le blaireau avaient été faites dimanche soir à la tombée de la nuit en forêt. Elles avaient été faites en lumière naturelle, dans de mauvaises conditions lumineuses. Ce soir-là, les blaireaux étaient sortis tôt, ce qui avait rendu les photos sans flash possibles.

Je suis évidemment retourné sur le site le lendemain soir. Lorsque je suis arrivé, un chevreuil s’est enfui devant moi et est passé en galopant au-dessus des terriers des blaireaux. Cela a dû perturber les blaireaux qui sont sortis plus tard que d’habitude. Il faisait sombre et impossible donc de faire une seule photo en lumière naturelle. Finalement, lorsque les blaireaux sont sortis de leur tanière, j’ai utilisé le petit flash de l’appareil. Mais il s’agit d’un petit flash minuscule, incorporé à l’appareil et j’ai dû utiliser une sensibilité élevée (1600 et 3200 iso). Les photos que j’ai ramenées ce soir-là ne sont donc pas bonnes (impossible de ne pas avoir des yeux brillants) mais illustrent bien le comportement des blaireaux à leur sortie du terrier : toilette, câlins, amusements, …

Une autre scène émouvante m’attendait lors du retour. Il faisait nuit. Un chevreuil a détalé devant moi dans le pré. Je n’ai vu qu’une tache blanche (celle de l’arrière-train) qui se déplaçait à grande vitesse dans le pré, produisant une courbe « en feston ». Cette tache blanche qui dansait dans le pré était magique.

Chevreuil en plein vol !

Hier soir, il faisait bien nuit lorsque j’ai quitté « mes » terriers de blaireaux habituels et je marchais à travers la forêt. J’ai entendu soudain un animal, venant de la droite, galoper devant moi. Par réflex(e), j’ai braqué l’appareil dans le noir en direction du bruit et j’ai appuyé sur le déclencheur. Par chance, mon vieux flash-torche sunpack  était encore allumé. Comme je l’ai aussitôt vérifié sur l’écran et comme je l’avais deviné, il s’agissait d’un chevreuil, très mal cadré car, dans la précipitation, je n’avais pas anticipé le mouvement. La photo est nulle, complètement nulle et floue de surcroît. Mais quelle majesté dans le mouvement du chevreuil !

Dans l’intimité du blaireau (2)

Il y a tout juste deux ans, j’avais consacré un premier article à mes observations nocturnes de blaireaux. Et puis je n’ai pas pris le temps d’écrire de nouvelles choses, c’était une époque où le blog allait très (trop ?) vite et beaucoup de projets d’articles étaient alors passés à la trappe. J’avais pourtant annoncé une suite … La voici au bout de deux ans seulement.

Je pars toujours en forêt les mains vides, sans appareil photo. J’ai l’impression de troubler la quiétude nocturne de la forêt lorsque le flash et l’appareil se déclenchent. Pourquoi a-t-il fallu qu’au dernier moment, avant-hier soir, je prenne mon appareil ? Je ne sais pas trop … Pourquoi a t-il fallu que je me poste juste devant un des terriers duquel je n’ai jamais vu sortir le moindre animal ? Je ne sais pas trop non plus … Mais mon intuition était bonne : il faisait encore un peu jour (20H18) lorsqu’une petite tête a émergé du terrier. Une puis deux, trois, quatre, cinq et six ! Au total deux adultes avec quatre jeunes. La famille au grand complet ! A ma grande surprise, alors que j’étais très près d’eux, aucun n’a réagi au bruit du déclenchement.


A un moment donné, un blaireau a grogné violemment. Ce grognement a été provoqué par l’irruption soudaine d’un renard qui a déboulé au milieu des blaireaux comme dans un jeu de quilles. Le renard est parti et les blaireaux ont continué de jouer tranquillement. Je ne ramène aucune bonne photo, les conditions de prises de vue étaient mauvaises, mes quelques photos ont été faites sans téléobjectif, sans flash et en haute sensibilité (3200 iso). Il ne s’agit donc que de documents …

Au bout d’un quart d’heure, un adulte un jeune sont rentrés au terrier. L’autre adulte et les trois autres jeunes sont partis en forêt.

Je suis reparti sur la pointe des pieds avec déjà l’idée de revenir dès le lendemain …

Jan Garbarek et l’esthétisme ECM

Un petit dimanche musical proposé par Luc
C’est indéniable, historiquement, traditionnellement, le jazz, c’est une musique de noirs, c’est une musique d’américains. Elle trouve ses origines quelque-part dans le temps et l’espace entre la nouvelle Orléans et les champs de coton dans les états du sud des EU. Depuis près de cent ans, elle est un lieu d’expression d’identité raciale et culturelle. Elle porte dans son histoire les traces des tensions qui régissent les relations entre Noirs et Blancs, c’est à dire entre riches et pauvres, entre maîtres et serviteurs, entre sens et intellect.

Même si aujourd’hui, le grand brassage mondial a en partie fait son œuvre, même si le temps a construit maintes passerelles entre les deux parties, maintenant encore, un clivage existe, qui je l’espère, n’est plus un signe d’opposition mais au contraire une reconnaissance saine de l’existence de cultures multiples.

Aux États-Unis, le jazz, c’est d’abord la firme de disque Blue note (EMi), depuis 1939.

En Europe, c’est en Allemagne, en 1969, que va naître un première grosse maison d’édition de Jazz. Celle-ci trouvera dès le début de son existence, les moyens de cristalliser les spécificités du jazz européen, bien blanc, bien intellectuel diront certains, tellement froid diront d’autres que ce n’est plus du jazz. Pourtant, c’est avec un musicien Noir Américain, Mal Waldron que débutera l’aventure de la maison d’édition ECM (Edition of Contemporary Music).

Pourquoi un tel préambule ? Parce que Jan Garbarek, est un des musiciens phare de la maison d’édition ECM. Un chef de fil du son ECM, de l’esthétique ECM (*).

Vous n’aimez pas le jazz ? Essayez l’« ECM » !

http://www.youtube.com/watch?v=W7tM4-r7hHI&feature=related

Garbarek, c’est aussi ECM par son côté musique du monde. Il cultive l’art de s’entourer de musiciens venus du monde entier (et de tous les temps), d’intégrer à sa musique des sonorités lointaines sans pour autant nier son propre monde musical. On en trouve un magnifique exemple dans sa collaboration avec le quartet de musique ancienne « Hiliard Ensemble » (que j’ai mentionné dans le blog à la page Idée de cadeaux de noël 6, mais aussi ici, dans une collaboration avec Ustad Fateh Ali Khan).

Le petit Jan qui est né en 1947 à Mysen en Norvège, a depuis ce temps lointain enregistré près de 30 albums à son nom. Mais est-ce nécessairement dans ses propres albums qu’il s’éclate le plus? Je n’en sais rien. Ce qui est sûr par contre, c’est que moi je l’aime quand même un peu plus jazz, comme par exemple, toujours chez ECM, au service de la musique du contrebassiste Miroslav Vitous, avec Jack Dejohnette aux baguettes… Attention : musique.

http://www.youtube.com/watch?v=U5Txo3DhL_c

Je sais que sur ce blog, il y a quelques amateurs de jazz mais aussi encore beaucoup de monde à convertir. Alors, allons-y franchement.

En 1975, le pianiste Keith Jarrett enregistrait pour ECM, son fameux Köln Concert (**). Cette improvisation totale deviendra vite la meilleure vente de tous les temps de la maison d’édition.

Je vous propose une premier extrait, la totalité est facile à trouver partout sur le net.

http://www.youtube.com/watch?v=WFDb9oIw9xI

Je souhaite une toute bonne écoute aux petits veinard qui ne connaitraient pas encore ce morceau.

(*) le terme d’« esthétique ECM » est parfois utilisé par les journalistes ou même les musiciens pour qualifier un certain axe des productions ECM. À la clarté du son s’ajoute parfois en effet un parti-pris esthétique, qui met l’accent sur des climats intimistes, des tempos modérés ou lents, des œuvres de piano ou guitare solo, duos, trios, musique pour cordes, ou formation sans batterie. Les productions ECM sont pour ces raisons parfois qualifiées de « jazz de chambre ».
(**) The Köln Concert a été enregistré le 24 janvier 1975 par Keith Jarrett improvisant au piano lors d’un concert légendaire donné à l’Opéra de Cologne, en Allemagne, lors d’une étape de sa tournée européenne commencée en 1973. Keith Jarrett est revenu à de nombreuses reprises sur les conditions d’enregistrement de ce concert pour lequel il était dans un très mauvais état d’esprit, en manque de sommeil, et particulièrement irrité contre la qualité du piano qui n’était pas celui qu’il avait demandé. Jusqu’à la dernière minute il hésita à jouer et démarra le concert, à la surprise générale, avec les quatre premières notes qui reprennent le thème musical de la sonnerie de rappel de la salle de Cologne. La salle, passé un moment d’étonnement amusé, se laissa prendre par l’improvisation autour de ce thème et Jarrett réalisa l’un de ses concerts les plus importants.
Cet album a en partie ouvert les portes du jazz à un public qui n’y était pas habitué et connu un très grand succès populaire. Il s’agit de l’un des disques de jazz les plus vendus au monde et de l’album de piano solo le plus distribué de tous les temps avec ses 3,5 millions d’exemplaires vendus.
(source: Wikipédia)

L’oeil vif du choucas

OISEAUX DE TEXEL (9)
J’ai toujours aimé les oiseaux de la famille des corvidés. Corbeaux freux, grands corbeaux, pie bavarde, geai des chênes et corneille noire ont une intelligence qui les place à part dans le monde des oiseaux.

Le choucas des tours fait partie de cette grande famille des corvidés.

Cet oiseau a souvent été confondu avec le chocard à bec jaune qui vit en montagne et beaucoup de nos concitoyens sont persuadés qu’il s’agit là d’un oiseau exclusivement montagnard. Mais ce n’est pas à 2000 mètres d’altitude que j’ai rencontré les plus grosses bandes de choucas mais au niveau de la mer. C’était en février dernier sur l’île Texel en mer du Nord. Il suffisait de quelques quignons de pain pour les attirer autour de nous.

Au cours des vingt dernières années, j’ai vu le nombre de choucas de Texel augmenter au fil des années. Chaque soir, des bandes énormes viennent dormir sur les arbres et les édifices des villages de l’île. La journée, ils « rôdent » en petits groupes à la recherche de nourriture.


Le choucas a un oeil vif, coquin, malicieux. Son iris clair, bleuté, lui donne un air particulier que n’ont pas les autres corvidés.

Bien l’bonjour du Mexique !

Un article proposé par Sylvain
Voici un petit article pour l’anniversaire de mi padre (et pour l’anniversaire du blog, non ? ou je me trompe ????)
Je vous laisse donc rêver avec ce petit tour d’horizon mexicain !!!!
Quelques photos panoramiques prises au cours de mon voyage qui peuvent d’ailleurs servir à faire des marques pages (pour voir le diaporama complet, cliquer ici)
Bien entendu cela est un résumé très court de ce que j’ai vu ici (déjà quatre mois aujourd’hui que je suis ici, le temps passe trop vite).
Le meilleur serait d’en juger par vous même en prévoyant un voyage au Mexique, ça vaut le coup je vous le promets !!!

Alors ainsi commence mon voyage (en résumant) :
Je suis arrivé à Cancun, côte des Caraïbes, par avion le 11 décembre, je vous passerai les photos, ça ne vaut pas la peine, station balnéaire énorme et très récente pour touristes américains…
De là je suis parti à Isla mujeres en face de Cancun, petite île bien sympathique où il fait bon se prélasser sur une chaise longue, un cocktail à la main entre deux baignades.


Ensuite direction Tulum. La merveilleuse côte des Caraïbes avec cette mer d’un turquoise indescriptible et incroyable.


Visite de la zone archéologique maya de Tulum, surplombant la mer des Caraïbes !


De là je suis parti plus au sud en direction de Chetumal, pour profiter d’une lagune exceptionnelle, la laguna de Bacalar… pas de mot pour décrire ce lieu magique.


Ensuite direction le Chiapas et San Cristobal de las Casas, ville de 200 000 habitants perchée sur un plateau à 2300 mètres d’altitude.


Ville superbe que j’ai aussi beaucoup connu de nuit durant les fêtes de noël !
Du chiapas j’ai vu aussi le canyon del sumidero, Chiapa de Corzo, Palenque, zone archéologique magnifique perdue au milieu de la jungle, Mi-sol-ha, une cascade de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, Agua Azul, un enchainement de cascades d’eaux turquoises.


Du Chiapas, je suis parti en direction de la côte pacifique, à Mazunte, petit village de pêcheurs et coup de coeur pour moi !!!.

Dans les environs, j’aurai vu aussi Ventanilla, Playa Mermejita, San Agustinillo, Agua Blanca, Punta Cometa… des lieux merveilleux sans mot pour les décrire…


Ensuite retour au Chiapas, nouveau passage dans les Caraïbes, découverte d’un endroit magique pour nager avec des tortues géantes appelées couramment caguama ( ainsi  appellent-ils aussi les maxi bières de 2 litres!!!) : Playa Akumal…

Visite de Chichen-Itza, une autre zone archéologique immense entre Merida et Valladolid.


Encore une fois le Chiapas.
De là direction Puebla, Cholula, avec la vue du volcan en activité le Popocatépetl qu’ hélas on ne peut gravir pour cause de sécurité…

Une courte semaine au DF, Distrito Federal, México, la capitale.
Un seul mot : énorme ! 20 millions d’habitants. La plus grande avenue du monde, Insurgentes…

Visite de la plus grande et plus énigmatique des citées pré-hispaniques : Teotihuacan.


Un autre passage à Cholula.
Nouveau séjour sur la côte pacifique, une autre fois Mazunte, la laguna de Chacahua ! merveilleux !!!!


Une diversité impressionnante : 136 sortes d’oiseaux, plus de 20 sortes de reptiles recensés… et bien d’autres choses !
Et me voici actuellement à Oaxaca, visite d’une autre zone archéologique Monte Alban et d’un petit village nommé Santa Maria de Tule, avec le plus gros arbre du Mexique, un arbre de plus de 2000 ans et de 58 m de circonférence !


Voilà en résumant au maximum mon voyage…

Le Mexique c’est aussi des rencontres exceptionnelles, des gens chaleureux et très aimables, des voyageurs du monde entier, un mélange culturel  impressionnant, une diversité musicale très intéressante avec encore beaucoup de musique traditionnelle, à chaque état du Mexique son folklore local, de très bons musiciens et un public ouvert et intéressé par la musique d’ici ou d’ailleurs,  une faune et une flore époustouflante, des plantes et arbres de toutes sortes, fleurs, cactus, plantes grasses, des oiseaux par milliers, des poissons de toutes les couleurs, la première fois que je vois des baleines, en l’occurrence trois baleines à bosses de 15 mètres environ, que je nage avec des tortues marines géantes de plus d’1m 20 des raies de plus d’1m 50 aussi, que je vois des dauphins, des requins,  des colibris, des scorpions, des tarentules, des singes hurleurs et singes araignées, des mapaches ( raton laveur), que je nage dans du plancton lumineux, qui à chaque mouvement de brasse s’illumine en milliers d’étoiles filantes, dans des grottes remplies d’eau turquoise et douce appelées cenotes, que je vois un volcan en activité bien plus haut que le Mont Blanc, et puis de bonnes rencontres féminines mexicaines !!!

Je pourrais faire mille articles si j’en avais le temps et le courage, j’ai dû prendre pas loin de 16 000 photos en quatre mois et vu tellement de choses ici !!!! A mon retour mi-mai je pense faire une petite projection de photos avec commentaires et dégustations.
Bienvenue à tous ceux qui le souhaitent !!!
En espérant que cet article vous donnera envie de venir un jour au Mexique je vous remercie d’avoir pris le temps de lire ces quelques lignes et de regarder ces quelques photos.
Que todo vaya bien !!!! ( je traduis : que tout aille bien !)

Précieuses récoltes d’avril

Les mois d’avril et de mai sont difficiles pour le jardinier qui souhaite se nourrir uniquement de sa propre production. Il n’y a plus grand chose en cave et les premières récoltes n’arriveront qu’au début juin.

Pour la troisième année consécutive, j’expérimente le fait de laisser les carottes en pleine terre. Cette année, j’ai gardé également des panais. Alors que je ne m’attendais pas à ce que ces légumes résistent à cet hiver très froid (le thermomètre est descendu à – 20°C), j’ai eu l’agréable surprise de constater que, pour la plupart, ils avaient bien supporté le gel. C’est un avantage considérable de pouvoir manger tout l’hiver des légumes frais plutôt que de les laisser se défraîchir en cave. La technique de laisser des carottes en pleine terre est une bonne technique mais il faut surveiller sa production dans le cas de risque de consommation des carottes par les campagnols terrestres.

J’ai récolté mes derniers légumes ce samedi 10 avril. Les légumes sont impeccables, bien au-delà de mes espérances.

Ma grande découverte de cette année est le panais. J’avais déjà fait allusion à ce légume lorsque j’avais parlé de l’histoire de la carotte, car l’histoire de la carotte et du panais sont si liées qu’il est impossible de savoir, dans la littérature ancienne, si l’on parle de l’un ou de l’autre … jusqu’au jour où l’on a obtenu la première carotte rouge et où le panais a commencé de tomber en désuétude (tout du moins dans notre pays).


Joëlle et moi avons testé le panais de différentes façons : râpé en salade, dans une soupe, en accompagnement d’un pot-au-feu et coupé fin avec d’autres légumes dans un wok. C’est un très bon légume et j’ai du mal à comprendre qu’il soit tombé autant dans l’oubli.


Avec une récolte aussi tardive, il y a fort à parier que mes panais récoltés samedi se garderont en cave jusqu’au mois de juin.

Sandra Nkaké

Un article proposé par Thierry
Sandra NKAKE, le renouveau de la Soul – Son 1° album : Mansaadi

mansaadi est a moi, à  vous,
a l’Afrique, à la danse, à la transe,
aux éléments, aux enfants, à la lumière
mansaadi est pour ma mère,
ma Terre, espiègle, mutin, contrôlé,
fou-dingue, masculin, féminin,
mansaadi est tout ce que je suis,
mansaadi est ici !

« Je ne saurais pas définir précisément mes chansons, d’ailleurs, est-ce qu’il faut que mon album ait un style musical particulier ? Tu sais, avec ma mère métisse j’ai eu une éducation musicale très ouverte. A la maison on écoutait aussi bien Brel que Chopin, en passant par Joan Baez et Bob Marley… »

Elevée en partie par son grand-père camerounais, ancien danseur, et sa grand-mère bretonne, elle cumule très tôt les allers-retours entre la France et le Cameroun, puisant dans son métissage une inspiration qui se retrouve aujourd’hui dans son album, sans barrière ni cliché. Elle affectionne la sincérité, la franchise tant musicale qu’humaine. A l’instar de Nina Simone, une artiste pleine et entière que Sandra aime particulièrement « parce qu’elle était quelqu’un de concentrée sur sa vérité à elle ». Mais les influences de Sandra ne se cantonnent pas à un répertoire monochrome. Pour elle, il n’est pas question de limiter sa musique à un style particulier… et lorsqu’on écoute l’album Mansaadi on se laisse volontiers aller au mélange des genres dont Sandra a le secret : Funk, jazz, gospel, slam, rock, parfois pop… son album est une véritable démonstration d’ouverture d’esprit…… Et personne ne peut rester insensible à la voix feutrée, douce et suave de ce brin de femme qu’est Sandra Nkaké.


(Happy, seconde chanson du disque)


(5° chanson, une reprise de Brassens, pour faire plaisir à Dupdup)

http://www.youtube.com/watch?v=jvur9m5Pg1Q&feature=related
(hors album, avec les très excellents Erik Truffaz et Sly Johnson)


(concert à Deauville en 2008)


(un reportage torride et félin – 20mn – pour Etincelle et son repassage ; Yves et ses bonnes bières)

Petit rappel

Comme je l’avais annoncé (article du 3 mars), deux discussions auront lieu prochainement sur ce blog.
Un premier rendez-vous littéraire d’abord avec une discussion autour du livre « les enfants de la terre » de Jean M. Auel, le mardi 27 avril prochain. Il reste peu de temps pour lire ce livre.
Une discussion ensuite à propos du film « Solutions locales pour un désordre global » de Coline Serreau, le mardi 18 mai. A noter que ce film passe depuis mercredi dernier au Plazza-Victor Hugo à Besançon. Je pense que ce film est programmé un peu partout en France mais qu’il restera très peu de temps en salle.

Le bruant des neiges

OISEAUX DE TEXEL (8)
Il y a deux ans, lorsque j’étais allé avec Christophe sur l’île Texel, sur les rivages de la Mer du Nord, nous avions cherché en vain le bruant des neiges. C’est un oiseau que je n’ai jamais eu la chance de rencontrer. Il est vrai qu’il ne vient pas hiverner jusque chez nous et se limite, même pour l’hiver, à des zones situées bien plus au nord.

C’est dans le Slufter, une zone humide due à la rupture ancienne d’une dune lors d’une tempête, que nous avons eu la chance (Christophe, Lydie, Roland et moi), de tomber sur une bande de plusieurs dizaines de bruants des neiges.

Ils se nourrissaient au sol pendant quelques minutes puis s’envolaient tous en groupe avant de revenir se poser non loin de l’endroit d’où ils avaient décollé. J’ai réalisé une vingtaine de photos mais une seule d’entre elles n’est pas floue.

Voici trois détails de cette photo qui montrent différentes postions au vol ainsi que la diversité des plumages.

Le bruant des neiges est un habitant de la toundra arctique. Il se reproduit dans des lieux à végétation rase, parsemés de pierres et d’amas rocheux.  Il habite les zones nord de la Scandinavie, de la Russie et de la Sibérie.

En lisant le livre que Paul Géroudet a consacré aux passereaux, je m’aperçois que ce grand ornithologue aujourd’hui disparu dit ne jamais avoir eu la chance de rencontrer cet oiseau.

Beaucoup de chance donc pour nous, une espèce nouvelle pour moi, autant de raisons donc d’aller fêter l’évènement en buvant une bière à la « taverne des douze poutres » à Den Burg.  Ce que nous avons évidemment fait. Une bière, puis deux, puis du vin rouge, puis quelques liqueurs … Enfin, je ne suis pas très sûr que Lydie se souvienne de tout ça ! :biggrin:

Les vieux témoins

Un article proposé par Luc.
De tous les endroits propices aux balades rêveuses, mes préférés sont de loin les espaces semi ouverts, ceux qui témoignent d’un combat certain et d’une complicité possible entre l’homme et la nature : les alternances de cultures et de bocages, avec des haies vives, des vergers, des arpents oubliés, des fossés sauvages.
Dans ces mosaïques paysagères, quelques pièces, parfois fort petites, sont devenues pour moi des lieux de rendez-vous réguliers. Je vous parle aujourd’hui d’une de ces petites pièces, perdues au milieu de la Famenne, région naturelle située au nord des Ardennes et à la biodiversité encore fort riche. Le nom Famenne vient du mot famine, et le lien entre la richesse de la faune et flore locale et la misère paysanne traditionnelle est évidement frappante.

C’est là, sur le territoire de l’ancienne commune de Resteigne que j’ai plusieurs fois par an rendez-vous avec ces témoins privilégiés des difficiles temps anciens, un des fleurons de nos réserves naturelles : le genévrier.
Rare en Belgique, avec ses airs tantôt guindés, tantôt hirsutes, peu de gens l’identifient comme espèce sauvage, alors qu’il est le seul résineux authentiquement indigène de nos contrées. Il est comme l’if, assimilé à une plante ornementale.

C’est vrai qu’il n’a pas grand chose pour lui, le bougre. Il ne fait presque pas de bois, n’est  pas très beau, et surtout ne se laisse absolument pas caresser! Même les moutons le boudent. «Sa présence révèle une dynamique de végétation bloquée par le pâturage des moutons, seuls les genévriers sont passés outre leur appétit.» (visoflora.com)
Et pourtant, moi je l’aime parce que par un grand mystère, là où pousse le genévrier, se cache tout ce que j’aime : l’herbe sèche et le grillon, l’orchidée et la vipère, l’alouette lulu et même un bleu de ciel incomparable (rarement présent quand je prenais les photos…). Là où pousse le genévrier, les maisons sont rares, la foule et les voitures absentes. Les cailloux roulent encore librement sous les pas, la terre poussiéreuse invite à s’asseoir.

Et puis… et puis il y a ces perles rares, ce bonheur des cuisinières et autres amateurs de péquet (peket en wallon), le genièvre wallon.
La baie du genévrier ayant eu cette excellente initiative de se développer sur deux ou trois ans, on la récolte à toute heure de l’année!

« Les baies de genévrier ont bonne réputation : on les dit diurétiques, toniques, dépuratives, bonnes pour l’estomac ou si on a des rhumatismes ou de l’arthrite.
En tout cas, utilisées entières ou concassées, elles aromatisent le gibier, la volaille, le porc, la choucroute, les charcuteries, sans oublier le gin et le péket.
On trouve des genévriers aussi bien dans toute l’Europe qu’en Amérique du Nord ou en Asie.
Des papyrus égyptiens datant de 2800 ans avant notre ère le mentionnent.
Mais les baies de genévrier donnent surtout du relief à des cuisines roboratives et savoureuses.
On fait notamment une excellente préparation de lapin avec de la bière, des baies de genévrier, des oignons, du laurier, de l’ail et du romarin.
C’est à se lécher les doigts. » (extrait de ce site)

Le moineau friquet

Il semblerait que les effectifs de moineaux friquets diminuent un peu partout. Il est vrai que j’en vois un peu moins à chaque hiver. Les derniers mois, seuls quelques-uns ont fréquenté mon poste de nourrissage.


Par contre, ils semblent réapparaître comme par magie au printemps. Avec l’installation de nichoirs, j’ai réussi à fixer une petite colonie autour de la maison. Ce printemps semble bien démarrer pour eux, trois couples sont en train de visiter les nichoirs. Il faut dire que cette espèce est sociable et les moineaux friquets peuvent nicher en colonie, très près les uns des autres.

L’un des couples vient de s’installer dans un nichoir qui est juste devant la fenêtre de la cuisine. Voici quelques photos faites hier à travers la vitre.

Pharoah Sanders

Un article proposé par Thierry
Hommage à Pharoah Sanders dont j’ai toujours pensé qu’avec un son de cuivre unique et inventif, un timbre inédit, un vibrato qui va de la douceur à la gravité avec beaucoup de profondeur, a le pouvoir de vous envoyer en quelques notes les oreilles bien ailleurs.
C’est un bonhomme qui me fait bien vibrer. Une bonne gueule. Une vrai gueule. Pas très connu, en tout cas moins d’aura qu’un John Coltrane ou un Stan Getz.
Je vous propose de vous le faire connaître un peu, a travers 4 morceaux, trouvé sur le net. Cela ne représente pas toute son oeuvre J’espère que vous partagerez ce type de jazz avec moi.

Son vrai nom est Farrell Sanders. Il est né le 13 octobre 1940 à Little Rock Arkansas. Musicien d’une grande créativité, il est un des piliers de l’avant-garde jazz, du free, du hard-bop et du post-bop. Multi-instrumentiste incroyable mais ayant toujours privilégié le saxo ténor.
Il débute à Oakland en Californie puis part pour New-York en 1962. Il possède un des sons de saxo ténor des plus distinctifs dans le jazz, très riche harmoniquement, sa sonorité peut être la plus crue et la plus abrasive qu’un saxo puisse produire. Il se fit un nom en partie avec un free jazz très expressionniste et anarchique dans l’ensemble de John Coltrane au milieu des années 60. Il a également travaillé avec Sun Ra dans ces années là  c’est d’ailleurs là qu’il reçut son surnom. Etc..

31 albums en solo – 9 avec John Coltrane – 11 en collaboration, dont le dernier en 2006 avec un autre grand : Kenny Garrett. Le label Impulse réédite et remastérise ces plus grands albums, une joie.

Aujourd’hui c’est un  saxophoniste de légende. En avril 2009, il s’est produit au New Morning, voici ce que dit alors le journaliste du Monde : « Son de baleine en rut, faisant flèche de tout cuivre, tapotant les tampons en cadence, se jouant du tempo, le souffle continu, l’espagnolade inspirée, cheveux et barbe de neige, n’hésitant pas à faire couiner le public, aussi hiératique dans la posture (épaules immobiles, doigts effleurant) que monstrueux de joie et d’énergie, Pharoah Sanders démontre un théorème réjouissant : il y a un avenir pour le passé ».
Cliquer ici pour accéder au site officiel de Pharoah Sanders.

Tiré de Karma (1969), cet excellent morceau, très riche en instruments, de 33mn. Malheureusement, ici  sans image. Faites un majong ou un solitaire, et montez le son. C’est trop bon.

Jewels Of Thought (1970). 2 titres dont le fameux Hum-Allah-Hum-Allah-Hum-Allah

Thembi (1971), un album dans les étoiles. Le premier morceau : Astral Traveling

Elevation (1974), un album free, ouvert sur les musiques du monde (cliquer ici pour accéder à l’écoute de l’album).

Le vieux lierre et l’écureuil

Les vieux lierres sont précieux. Toutes sortes de bestioles y trouvent refuge. C’est ainsi qu’en ce moment, et depuis le début de l’hiver, un petit groupe de moineaux a pris l’habitude de dormir chaque nuit dans l’énorme lierre qui entoure le bouleau à l’entrée de ma propriété. Mais ils ne sont plus les seuls depuis quelques jours : un écureuil est en train d’y construire son nid. Joëlle et moi l’avons vu à plusieurs reprises en train d’y transporter des matériaux. A chaque arrivée, l’écureuil en question passe sous ma voiture avant de grimper au tronc d’arbre et j’ai du mal à en comprendre la raison.

Mais le lierre est dense et je n’ai pas réussi à localiser le nid (ou le début de construction du nid), tant celui-ci semble caché.

Par contre, les écureuils sont bien moins discrets sur le rebord de la fenêtre de la cuisine où ils passent parfois plusieurs heures par jour, comme en témoignent ses nombreux restes de nourriture qui tombent sous la fenêtre.

L’écureuil est le mammifère sauvage que je vois le plus, tant il fait partie de ma vie quotidienne. Il se déplace sur les murs de la maison, s’agrippant au crépi avec une aisance déconcertante. Il m’est arrivé de le voir faire le tour entier de la maison, alors qu’il se déplaçait avec rapidité en diagonale sur le mur, pour échapper à mon regard alors que je faisais moi aussi le tour de la maison.

Plusieurs personnes ont du mal à croire qu’il peut se déplacer sur les murs avec aisance (pour peu que le crépi du mur soit un peu rugueux). Il suffit pourtant de regarder les griffes de l’animal pour se rendre compte que cela doit lui être extrêmement facile.