A propos de la fiscalité

En général, je me hasarde peu à parler de l’actualité politique. Non que ça ne m’intéresse pas, au contraire, mais je crains les dérapages au niveau des commentaires (je crains les excès de langage qui desservent leurs auteurs mais je déteste encore plus les discours type « langue de bois » trop consensuels). Il devrait être possible, en théorie, de donner son point de vue sans en recourir forcément aux violences de propos. Mais bon, la vie politique en France ainsi faite, elle est fortement dualisée « gauche-droite » et peu de personnes arrivent à en parler de manière objective et non partisane. Pourtant, il me semble que l’on devrait pouvoir être de gauche et en même temps être capable d’approuver les mesures liées à la sécurité routières de Sarkozy (la seule chose que je lui concède alors que je me suis pris récemment deux excès de vitesse que j’ai d’ailleurs payés avec le sourire) et être de droite et reconnaître le (presque) millions de chômeurs en moins sous Jospin.

Y aurait-il quelques sujets traités dans l’actuelle campagne électorale qui pourraient donner lieu à des débats sur ce blog, sans que l’on s’engueule pour autant ? Oui, peut-être. Enfin, peut-être pas, mais je prends quand même le risque.

Prenons par exemple un sujet parmi ceux dont nous a parlé la presse les temps derniers : la fiscalisation. Il y a eu un gros couac au sein du PS à ce propos, François Hollande ayant annoncé une hausse de la fiscalité pour les personnes gagnant plus de 4 000 euros net par mois (par personne), ces propos ayant aussitôt été contrés par la candidate Ségolène Royal. Il ne s’agit d’ailleurs pas vraiment d’une hausse d’impôt mais simplement de revenir sur la baisse d’impôts des personnes touchant plus de 4 000 euros net, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

Je ne souhaite pas trop placer mon propos sur l’aspect politique. Certes, le PS montre dans cette affaire une absence complète de préparation dans son programme et a loupé l’occasion de montrer un signe fort vis à vis des classes populaires qu’il souhaitait reconquérir. Inutile donc d’en rajouter une couche, beaucoup de choses ont été dites sur le sujet.

D’une manière générale, les propos de François Hollande ont été plutôt démolis par la presse et par le monde politique. A lire un grand nombre d’articles et un grand nombre de réactions politiques qui allaient surtout dans le même sens, j’avais l’impression que beaucoup de gens de notre pays gagnaient plus de 4000 euros net mensuel. Les journalistes de la grande presse qui ont écrit ces articles font probablement partie de ces nantis. Les hommes politiques qui ont réagi aux propos de Hollande, sans doute également. Ceci explique donc peut-être celà.

Peut-être qu’à vouloir trop contenter son électorat (qui n’est plus du tout issu des milieux populaires), Ségolène Royal a-t-elle commis une erreur. Pas seulement sur l’aspect stratégique et ce fossé qu’elle creuse entre le PS et les classes modestes, mais sur le fond. Car, réfléchissons objectivement à la proposition de François Hollande, elle n’était pas si absurde que ça. Je connais beaucoup de gens, je rencontre beaucoup d’amis qui, pour la plupart ont un travail et sont donc bien installés, ont une vie plutôt normale, sont issus de milieux très divers et presque tous, dans leur très grande majorité, ont un salaire inférieur à 4 000 euros net. Si je prends l’exemple de mon village de 300 habitants dans lequel je connais tout le monde, il y a à tout casser 5 ou 6 personnes qui gagnent peut-être cette somme.

A qui va-t-on faire croire que fiscaliser les salaires élevés, c’est dégoûter les gens qui veulent travailler ? Les gens que je connais et dont je parle ci-dessus sont des gens qui travaillent, autant que ceux qui ont des salaires élevés. Je déteste cette idée qui s’installe insidieusement depuis quelques années et qui laisserait à penser qu’il y a d’un côté des gens qui gagnent de l’argent et qui seraient les moteurs de notre société et les autres qui seraient à la traîne.

Je pense que les élus, qu’ils soient de gauche ou de droite, n’ont plus vraiment de contact avec la réalité de terrain. On savait que la plupart ne savent pas combien vaut une baguette de pain, il est probable qu’il ne savent pas non plus ce que gagne un français moyen. En fiscalisant un peu plus ceux qui gagnent plus de 4 000 euros par mois, on ne mécontente qu’une petite partie de la population (d’ailleurs existe-t-il vraiment ce « français moyen’ dont on nous rabat les oreilles ?). Et cette partie là de la population est certes utile dans la marche de notre société, mais ni plus ni moins que les autres parties. Et puis, on le sait, tous les chiffres le montrent : les inégalités se creusent, les pauvres n’ont jamais été aussi pauvres et les riches aussi riches. Il faut donc avoir aujourd’hui le courage de dire STOP !

ALORS OUI, JE SUIS A 100% pour la proposition de François Hollande, tout comme j’aurais été également pour, si elle avait été émise par Nicolas Sarkozy.

Quant à la question de la bonne utilisation du budget de l’Etat issu de ces prélèvements directs sur le revenu, c’est évidemment une autre question.

J’espère qu’avec cet article, je ne me suis pas aventuré sur un sujet trop scabreux. Sinon, je me remets vite à ne parler que de tomates, de papillons et de musique !

Une eau à boycotter

L’eau du robinet a de plus en plus la faveur du public. Ce changement d’attitude a démarré l’an passé lorsque l’Académie de Médecine l’a plébiscitée en affirmant par ailleurs que l’eau en bouteille n’était pas la panacée. Et puis il y a eu ce scandale étouffé dont j’ai déjà parlé sur ce blog : l’Université d’Heidelberg en Allemagne avait analysé les principales eaux minérales européennes, et il apparaissait que neuf eaux françaises contenaient jusqu’à 200 composés chimiques. Le principal accusé parmi ces composés était l’antimoine (dont les doses sont parfois 160 fois supérieures à celles du robinet) qui est un métal suspect, dont on ne connaît pas grand-chose, si ce n’est que sa toxicité semble proche de celle de l’arsenic.

Les industriels cherchent donc à faire face à cette désaffection du public. A court d’arguments, le groupe Castel (qui possède 1/4 du marché des eaux embouteillées) vient de mener une campagne ignoble pour vanter les bienfaits de son eau (marque Cristaline). Je vous laisse découvir le panneau publicitaire qui s’étale depuis une semaine à 1400 exemplaires sur le territoire français :

vignettephp5.jpg

Les bornes ont été dépassées par le groupe Castel dans son communiqué de presse : « Accepteriez-vous de boire une eau dont une partie peut être issue du retraitement des eaux usées ? ». Rarement on a vu une campagne publicitaire aussi éhontée. D’ailleurs, le comité de déontologie du Bureau de Vérification de la Publicité a donné un avis défavorable à cette publicité mais Cristaline a opté pour le maintien de sa stratégie.

vignettephp6.jpg

Voilà, cette info était juste un élément de plus à verser au dossier du lobbying des grands firmes de l’agro-alimentaires (car la publicité mensongère n’est-elle pas l’une des formes les plus insidieuses du lobbying ?).J’imagine d’ici la tête de mes amis, lecteurs de ce blog : « Qu’est-ce qu’il raconte Dupdup à essayer de nous faire croire qu’il boit de l’eau ? Une dupduperie de plus ? ». Non, non, je les rassure : l’eau ne m’intéresse que très très moyennement, qu’elle soit du robinet ou en bouteille. Je suis juste soucieux de la santé des lecteurs de ce blog, ma démarche ne va pas plus loin, et je continuerai évidemment à boire de nombreuses petites mousses avec les amis.

Tiens, au fait, à propos de bières, vous connaissez celles qui sont produites par le chanteur Robert Charlebois (Charles boit ?), propriétaire d’une brasserie ? Je viens de déguster la Maudite, la Don de Dieu, la Fin du Monde et quelques autres. Je vous les conseille toutes.

bierescharlebois.jpg

Retour sur l’année 2006

Chaque année, au début janvier, on a droit au regard que jettent les médias sur l’année précédente. Tous les journaux sont d’accord pour dire que l’un des événements les plus importants de l’année 2006 a été la crise du CPE, la coupe du monde de football et le coup de boule de Zidane. Je ne sais pas si vous vous y retrouvez dans ce genre d’analyse faite en jetant un coup d’oeil rapide dans le rétroviseur. Moi pas du tout.

S’il fallait que je cite le truc qui m’a fait le plus rire dans l’actualité 2006, ce serait inconstestablement le départ de Johnny vers la Suisse, non pas que nous en soyions enfin délivré (quoique … !), mais surtout parce que plusieurs journaux (de droite essentiellement) ont comparé sa fuite vers l’étranger avec celles des cerveaux. Il fallait oser le dire.

S’il fallait par contre que je cite le truc qui m’a fait le moins rire et qui demeure l’un des événements les plus graves de l’année, je parlerais de la guerre Israël/Liban, pas de la guerre en entier mais seulement des tous derniers jours. Car ce qui est arrivé est une escalade de plus vers la barbarie. Essayons de nous rappeler, bien que les journaux en aient à peine parlé.

Fin juillet, on savait que la guerre allait se terminer de manière imminente, un accord avait enfin été trouvé. Pourtant, profitant des dernières heures de guerre officielle, les Israéliens avaient alors sauvagement pillonés le sud Liban avait des bombes à fragmentation. On considère qu’un million deux cent mille bombes ont été tirées.

La particularité de ces bombes est qu’elles n’explosent pas toutes lors du choc. Il en restera ainsi près de deux cent mille qui gardent toutes leur potentiel destructeur et qui, au fil des années, vont tuer ou mutiler des paysans et des enfants libanais. Trente après, si l’on en croit ce qui se passe encore au Laos aujourd’hui, la tuerie continuera.

Ces bombes, que l’on appelle « sous-munitions » font l’objet d’un vide juridique international. Enfin presque, car ces bombes qui sont considérées comme « non-discriminantes », ne peuvent, d’après la loi, être utilisées contre des civils, il s’agirait alors dans ce cas d’actes pouvant être qualifiés de « criminels ». Cet été, l’Etat israélien a donc bien agit de manière criminelle.

Evidemment, les américains, qui possèdent un milliard de bombes à fragmentation, qui sont les principaux fournisseurs d’Israël et qui ont utilisé eux-mêmes les mêmes bombes sur Bassora pendant la guerre du Golfe, n’on rien dit. Idem ou presque de la communauté internationale. Il me semble pourtant que le chef de l’Etat israélien, qui a donné l’ordre de ce bombardement et qui s’est félicité publiquement de la mort par pendaison de Saddam Hussein, présentait lui aussi toutes les caractéristiques pour être jugé par une cour internationale pour crime contre l’Humanité.

Et vous, qu’est-ce que vous avez retenu de l’actualité 2006 ?

Cadeaux à revendre !

Il y a trois jours, un article du Monde m’a fait sauter au plafond. Il était consacré à la revente des cadeaux de Noël qui se généralise, notamment sur les sites Priceminster et eBay. Il semblerait que 39% des internautes trouvent que l’idée a du bon et envisagent d’avoir bientôt recours à cette pratique.

Aujourd’hui, je ne saute pas au plafond, je le traverse littéralement. Je viens de recevoir un mail d’Amazon intitulé « vos cadeaux peuvent vous rapporter gros » et qui commence ainsi : « Cher Amazonaute, même le père Noël peut se tromper de cheminée… Ne stockez pas : vendez vos cadeaux sur Amazon.fr. Simple et rapide, la mise en vente est gratuite ! ».

La société de consommation dans sa forme la plus caricaturale ! L’argent est devenu la seule valeur reconnue. Notre société a-t-elle perdu tout sens du Sacré pour en arriver à considérer comme normal de monnayer les cadeaux de ses amis ?

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (6)

Au cours d’un stage que j’ai fait il y a quelques années sur « la gestion du temps », Anne, formatrice, nous avait expliqué la règle des 20%-80%. Ainsi, les choses importantes ne prennent que 20% de notre temps alors que nous en consacrons 80% à d’autres qui nous parasitent. Il semblerait bien que cette régle soit universelle et puisse être appliquée à des tas d’autres domaines. Ainsi, ne dit-on pas souvent que 20% des terriens s’accaparent 80% des richesses.

20%-80%, ça donne un rapport de 1 à 4, croyez-vous ! Eh bien non !

Lors de sa conférence, Pierre Rabhi nous a illustré ce rapport de manière plus crue. Cinq hommes autour de la table, cinq oranges sur la table. Le premier homme prend 80% des fruits, soit 4 oranges, il n’en reste qu’une seule à se partager entre 4, c’est à dire un quart d’orange par personne (dans la mesure où ces personnes se partageraient le fruit de manière équitable, ce qui n’est pas gagné !). On voit déjà bien dans cet exemple que la réalité est bien plus terrible qu’au premier abord. Le rapport n’est plus de 1 à 4 mais de 1 à 16.

Les propos de Pierre Rabhi me reviennent alors que je viens de lire ce matin un article sur une étude publiée par l’ONU qui s’inquiète de l’écart sans cesse croissant entre riches et pauvres. Les chiffres sont éloquants : 2 % de l’humanité concentre 50 % du patrimoine de la planète, alors que la moitié de la population mondiale n’en détient que 1 %.

Je vous laisse faire le calcul. Le vrai, cette fois-ci ! Celui qui nous montre le rapport exact entre le gâteau et la miette !

Ah, le capitalisme est bien le plus beau des systèmes que l’on ait inventé jusqu’à présent !

Belote et rebelote !

BELOTE
Il y a un mois et demi, le Canard avait révélé une info très cocasse sur la manière dont notre ministre de l’économie a mis en scène sa propre promotion médiatique en vue des journaux télévisés du soir. Petit rappel : Thierry Breton est allé faire le plein en biocarburant le 9 octobre à la Porte d’Orléans. Il est arrivé au volant de son véhicule (alors que les réglements de sécurité l’obligent à avoir un chauffeur), s’est servi lui-même en carburant vert sous les caméras et les micros d’une myriade de journalistes. Passage le soir sur les chaînes de télé.

Le lendemain, surprise : les automobilistes, venus en nombre à la suite des infos télévisées, n’ont pas eu droit à leur biocarburant, la POMPE ETAIT VIDE ! Evidemment, puisque celui-ci ne pourra être légalement vendu au mieux qu’en 2007 ! Sauf que le ministère de l’intérieur avait permis d’alimenter la station de la Porte d’Orléans, en produit illicite, juste pour satisfaire les appétits médiatiques du ministre de l’économie. Ce sont les douanes qui sont venues, dès le départ du ministre, exiger du pompiste qu’il vide sa cuve ! Quel grand art de la mise en scène !

REBELOTE
Moins de quinze jours plus tard, belote et rebelote ! Jean-François Coppé a monté de toute pièce quasiment le même type d’opération de comm’. Le 16 octobre, il s’est rendu dans un petit café à Saint-Ouen (en zone sensible, comme par hasard !), suivi par le cortège habituel des photographes, micros et caméras. Coppé était accompagné par des représentants de la Confédération française des jeux automatiques. But de la manoeuvre : vanter le projet d’abaissement de la taxe sur les flippers, les baby-foot, les billards et les fléchettes, baisse qui n’interviendra qu’en 2007. Les images du soir à la télé montrent Copé jouant au flipper, tutoyant la patronne du bar « hé, Marie-Lou, tu m’payes une partie, dis ! ».

Enquête du Canard quelques jours plus tard : là-aussi surprise, la société de jeu du coin qui avait prêté le matos était venue récupérer le flipper et le baby. A leur place, il n’y avait plus qu’une petite table et un bouquet de fleurs. Autre surprise, le journaliste du Canard a appris que le bar est toujours fermé le lundi et qu’il n’avait été « réquisitionné » ce jour-là que pour permettre à notre cher ministre de faire son numéro. Et puis, ça faisait longtemps que les propriétaires du bar avaient abandonné les jeux bruyants. Leur truc à eux c’est le tarot, les échecs et la belote !

Une Opinion fabriquée de toutes pièces

Je déteste les sondages. Tous les jours, il y en un sur le journal leMonde.fr (réservé aux lecteurs du journal) et la manière de formuler les questions y est toujours extrêmement orientée.

Ce même journal a mis en ligne un sondage CSA du 18 octobre dernier. Dans ce dernier sondage, les sondeurs demandent aux sondés leurs intentions de vote pour la prochaine présidentielle et de se prononcer sur … Segolène Royal et Nicolas Sarkozy alors que ceux-ci ne sont mêmes pas investis par leurs propres partis. Et de se prononcer sur d’autres qui ne sont pas officiellement candidats ou qui n’ont pas les 500 signatures nécessaires. VOILA COMMENT ON FABRIQUE L’OPINION ! Et l’opinion suit … ! Je crois infiniment plus à la dictature des médias qu’à celle des politiques !

La leçon de démocratie de Jean-Louis Debré

Belle initiative que d’avoir créé, juste après les événements qui ont vu brûler les banlieues en novembre 2005, un collectif pour agir contre la dégradation de la situation et les risques de nouveaux dérapages. Ce collectif a pris le nom d’AC LE FEU (Association du Collectif Liberté, Egalité, Fraternité, Ensemble et Unis) et s’est donné pour but de recueillir les doléances des cités françaises et de faire « remonter la parole des habitants des quartiers auprès des institutions supérieures ». Bilan au bout de trois mois de visites dans 120 villes de France : plus de 20 000 doléances recueillies.

12 000 de ces doléances ont été analysées, ce qui a nécessité un travail considérable, et les membres du collectif espéraient remettre la synthèse de ce travail en mains propres, le 25 octobre prochain, à Jean-Louis Debré, à l’issue d’une grande marche citoyenne organisée ce jour-là jusqu’à la Chambre des députés.

Le Président de l’Assemblée Nationale a fait savoir qu’il ne donnerait pas suite à l’audience demandée en raison d’un « emploi du temps particulièrement chargé ». Mais ce Monsieur est bien gentil : il a quand même gentiment invité ces gueux de banlieusards à déposer leurs doléances … auprès des gardiens-surveillants du Palais-Bourbon !

Quand « communication » rime avec « indigestion »

Nous sommes submergés par l’information. Et notamment par l’information écrite. Une bonne partie des milliers d’arbres qui sont coupés chaque jour en France pour fabriquer de la pâte à papier pourrait être largement épargnée.

Je dois avouer qu’une partie du courrier que je reçois à mon boulot part directement à la poubelle (à recycler, évidemment) ! Ai-je vraiment le choix d’ailleurs ? Car comment garder des revues qui ne servent à rien et qui ne me concernent pas ? A quoi ça sert qu’on m’envoie le courrier du Bureau sur les Recherches Géologiques et Minières alors que je ne travaille pas dans ce domaine ? Ou une communication sur la charte environnement du département de l’Essonne alors que je travaille dans l’Est de la France ? Ou le rapport d’activités de l’Agence de l’Eau de Bretagne ? Quelle est l’intention réelle de tous ces organismes ?

Ce qui me gonfle le plus, c’est quand le même courrier arrive, sous plusieurs enveloppes différentes, à plusieurs salariés de la structure. Tous les personnes concernées font d’ailleurs comme moi : illico poubelle à recycler !

Aujourd’hui, c’est le comble. Accrochez-vous !

La factrice nous a apporté … douze fois le même courrier. Douze fois, alors que nous sommes … seulement six à travailler dans la structure ! 6 enveloppes normales + 6 autres enveloppes en papier renforcé, excusez du peu !

enveloppes.jpg

Et elle viennent d’où, toutes ces enveloppes ? Du CNDP, autrement dit la Commission Nationale du Débat public. Et qu’est-ce qu’il y a dans ces enveloppes ? Une lettre signée d’un dénommé Philippe Marzolf et … un CD Rom ! Ou plutôt, vous l’avez compris, 12 CD Rom ! Et qu’est-ce qu’il y a sur ces CD Rom : la « synthèse du compte-rendu du débat public sur la politique des transports dans la vallée du Rhône et l’arc languedocien ». Et où est-ce qu’on travaille ? En Franche-Comté …. !

Je dois dire que ça m’a fait sourire sur le moment. Sur le moment seulement car là, j’enrage !

La Chine de l’horreur

Mais qu’est-ce qu’ils ont donc tous ces hommes politiques et tous ces journaux français qui nous vantent régulièrement les mérites de la Chine que l’on est prié de considéré comme un modèle ?

Il est vrai que vu de loin, une croissance à deux chiffres depuis plus de dix ans, ça force le respect. Mais à y regarder de plus près, il ne fait vraiment pas bon vivre en Chine : conditions de travail ignobles (moins d’un travailleur sur deux possède un contrat de travail), pollutions gigantesques, majorité de la population qui n’a pas accès à l’eau potable, exécutions sommaires, pas de libertés individuelles… Seule une minorité bénéficie des retombées de la croissance.

La grande presse va-t-elle un jour ouvrir les yeux et cesser de nous casser les couilles avec ce mythe de la Chine moderne ouverte sur la mondialisation ?

Il semble qu’il y ait en Chine un vrai scandale dont personne ne nous parle dans la presse officielle : c’est celui de l’élimination des adeptes du Falun Gong. Le Falun Gong est un mouvement spirituel dont les membres sont au départ issus du parti communiste chinois. Le nombre d’adeptes a augmenté tellement vite (80 millions de membres aujourd’hui) que le gouvernement a pris ombrage de cette concurrence au sein de son propre parti et a décrété son élimination en 1999 … en arguant du fait que le mouvement Falun Gong est une secte hérétique (alors que tous les autres pays au monde considérent cette organisation comme un simple mouvement spirituel).

Le journal chinois indépendant Da Ji Yuan a ainsi révélé en mars dernier l’existence de camps de concentration dont l’activité principale est de prélever des organes destinés au trafic (cornée, reins, peau, coeur…) puis d’incinérer ensuite les corps. Il y aurait 36 camps de concentration (qui abritent exclusivement les adeptes du Falun Gong) dont le plus grand incarcère 120 000 personnes. Il semblerait que personne n’en ressorte vivant.

L’affaire commence à se savoir et le gouvernement chinois semble s’être préparé les temps derniers à éliminer en masse les détenus des camps avant l’arrivée d’enquêtes internationales. Les hôpitaux ont prévenu leurs patients qu’il fallait « venir vite » pour les transplantations, qu’un organe pouvait leur être trouvé en un ou deux jours seulement mais que « celà deviendrait difficile lorsque ce stock d’organes sera épuisé ».

Si vous faites quelques recherches rapides avec Google sur ce scandale, vous y trouverez des tas d’informations qui vont toutes dans le même sens (mais avec des chiffres qui varient d’un article à l’autre).

Comment la communauté internationale peut-elle garder le silence sur ce massacre organisé ?

La guerre de l’ortie aura-t-elle lieu ?

Mon blog reprend donc sa vie normale après une semaine de perturbations !!!

Les jardiniers qui suivent un peu l’actualité liée aux jardins se souviennent peut-être de l’attaque subie au printemps dernier par l’association Kokopelli, accusée de vendre des graines de variétés anciennes non homologuées au catalogue officiel. Derrière ce procès, heureusement gagné en première instance par Kokopelli (mais malheureusement, il y a une procédure d’appel en cours) se cache une véritable offensive des grands groupes semenciers, avec la complicité de l’Etat, contre le patrimoine vivant.

Les lecteurs de ce blog auront peut-être également reçu des infos sur cette loi incroyable et délirante du 1er juillet 2006 qui montre clairement que l’Etat a baissé sa culotte devant les pressions des grands groupes agroalimentaires. Même si vous avez déjà peut-être reçu le texte de Bernard Bertrand (porte parole des Amis de l’Ortie) qui circule beaucoup depuis quelques jours sur internet, voici ci-dessous, en intégralité, ce texte relatif à cette nouvelle bagarre qui a pris en quelques jours le nom évocateur de « guerre de l’ortie ».

orties.jpg

« Un chroniqueur horticole courageux s’insurgeait, sur France Inter, de la parution imminente d’un décret (prenant effet en date du 01 juillet 2006), qui l’empêcherait dorénavant de donner à ses auditeurs des recettes leur permettant de traiter naturellement leurs jardins et balcons.

Lire plus

Boire avec ses amis ou bloguer, faut-il vraiment choisir ?

A peine rentré de vacances hier soir, je suis allé faire un tour rapide de l’actualité (ça fait du bien de ne pas suivre les infos pendant toute une semaine !) et je suis tombé sur un article de Jean-Michel Normand intitulé « La France allait au café, elle discute sur les blogs ».

C’est le genre d’article qui m’énerve, je n’aime pas les raccourcis trop hâtifs et nos journaux sont truffés de ce genre de choses. Pourquoi vouloir absolument faire un profil type du français alors qu’il en existe des millions dans notre pays ? Ce genre d’articles, qui se réfère à des statistiques ou à des sondages, ou pire à des études, a toujours un côté très tendancieux. Lorsqu’un journaliste présente les résultats d’une enquête et conclut « 65% des français préfèrent que … », il montre volontairement du doigt ceux qui font partie des 35% restant, qui ne sont pas dans le moule et ne sont pas « formatés », comme si la majorité avait nécessairement raison.

Pour en revenir à l’article de Normand sur les cafés et les blogs, je ne crois pas du tout qu’une activité en supplante nécessairement une autre, comme le laisse entendre le titre. Oui, statistiquement, il est vrai qu’il y a moins de gens dans les cafés et de plus en plus sur les blogs. Et alors ? Où est le rapport entre ces deux faits ?

Deux petits constats personnels qui vont à l’encontre de ce qu’énonce l’article :

1 – Je n’ai pas l’impression que depuis que je me suis mis à bloguer, j’aille moins dans les cafés qu’auparavant. J’y allais peu, j’y vais de temps en temps, au même rythme qu’avant. Et puis, si jamais j’y allais effectivement moins, ce serait pour d’autres raisons qui n’auraient rien à voir avec le fait que je passe plus de temps à discuter sur la toile. J’ai l’impression que c’est un peu pareil pour mes amis.

2 – Hier matin vers 9H30, je me suis arrêté boire un café dans la banlieue de Rennes. Il y avait là trois mecs en train de boire leur Nième petit blanc du matin. Ils n’avaient pas, comme on dit chez nous en Franche-Comté « une tête à sucer des glaçons », et je ne les imagine pas trop en train de troquer dans quelques années leur petit verre du matin contre une connection, même gratuite, à internet.

Cela dit, il est vrai que les blogs (il y en a 3,2 millions en France) contribuent à modifier, peut-être en profondeur, les relations entre les gens mais je n’ai pas vraiment l’impression que les relations directes entre personnes, en face à face, en souffrent pour autant. Qu’en pensez-vous ?

Un scandale de plus, me direz-vous ! (2)

Il y a une semaine, tous les journaux nous ont gavé (nous prend-on pour des oies ?) avec le mariage de l’acteur Jean Reno auquel participaient Nicolas Sarkozy et Johnny Halliday en tant que témoins du marié. Il ne me semble pas que ce genre d’information méritait plus de deux lignes et on peut se demander pourquoi des journaux plutôt habituellement sérieux se mettent d’un seul coup à dériver vers un genre d’articles habituellement réservés à la presse pipole à sensations. Enfin, le manque de sujets en été explique peut-être celà !

Le Canard Enchaîné de cette semaine nous éclaire un peu sur ce mariage qui a eu lieu aux Baux-de-Provence. Voici une partie du texte du Canard : « Scène remarquable : une bonne partie de la vieille ville, placée sous le contrôle pointilleux des flics et des gendarmes, a été fermée aux touristes de 11 heures du matin à la fin de l’après-midi. Tout au long du parcours emprunté par les mariés et les invités, des panneaux de tulle et de carton de 2 mètres de haut ont été installés, afin de cacher le cortège aux yeux impies. Et sans doute aussi pour protéger l’exclusivité du reportage photo promise au magazine « Gala » qui aurait déboursé 150 000 euros. En outre, les bars et les commerces situés sur le parcours ont été priés d’évacuer leurs clients et de fermer leurs portes. Une perte sèche de chiffre d’affaires qui a provoqué les protestations de certains commerçants ».

L’Etat met donc ses flics au service d’un événement d’ordre privé. Il s’agit là de l’une des nombreuses dérives de notre république qui évolue, de mois en mois, vers un système de plus en plus monarchique (et encore, Sarko n’est pas encore monarque, qu’est-ce que ce sera s’il arrive à ses fins !).

Evidemment, il ne s’agit que d’un scandale de plus. Progressivement, nous nous habituons à ce genre de pratique. Mais doit-on l’accepter pour autant ?

Les insectes pollinisateurs dépriment

Parmi les insectes qui butinent les fleurs, j’ai un petit faible pour les bourdons. D’abord et surtout pour leur facilité d’observation : on les voit toute l’année, dès les premiers beaux jours, du lever du jour à la tombée de la nuit, et ils se laissent observer de très près. Mais aussi parce qu’ils jouent un rôle énorme dans la pollinisation des fleurs et participent ainsi à la survie d’autres espèces.

Lorsqu’on parle de la pollinisation des arbres fruitiers, qui est indispensable pour qu’il y ait des fruits, on a tendance à ne parler que des abeilles et on cite rarement les bourdons. Quelle injustice ! Pourtant les bourdons sont bien plus actifs que les abeilles et visitent, dans le même espace de temps, deux ou trois fois plus de fleurs. Alors que les abeilles ne viennent visiter les fleurs qu’au-dessus d’une température de 15°C, les bourdons se contentent de 10°C (ce qui a son importance car les printemps franc-comtois sont plutôt froids et les fleurs des fruitiers n’ont parfois comme seule visite que le bourdon terrestre). Et puis, notons l’efficacité extraordinaire des bourdons dont les ouvrières déposent une phéromone (hormone volatile odorante) sur les fleurs butinées, indiquant à leurs suivantes que ces fleurs ont déjà été visitées et leur évitant ainsi une prospection infructueuse (vous imaginez un voleur mettant sur la porte d’une maison qu’il a visitée, une petite pancarte « déjà cambriolée » !). Comportement fascinant !

bourdon.jpg

Pour la première fois, je me suis fait du souci ce printemps pour les bourdons, n’ayant guère vu ces beaux insectes velus dans mon jardin. Plus tard dans la saison, j’ai remarqué que bon nombre de courgettes se formaient mais tombaient presque aussitôt (donnant l’impression qu’elles pourrissaient), signe que les fleurs n’avaient pas été visitées par les insectes.

Hier, je suis tombé sur un article paru dans leMonde.fr qui confirme mes observations. Ce journal fait état d’une enquête menée simultanément par une équipe de chercheurs britanniques, allemands et néerlandais. Leur étude montre que dans bon nombre d’endroits, les abeilles ont déjà subi une baisse de 67 % des effectifs et que les mouches pollinisatrices ont parfois décliné de 33 %. Cette baisse a déjà des répercussions sur les plantes : « 75 plantes sauvages qui nécessitent d’être pollinisées par des insectes ont vu leur distribution diminuer, tandis que 30 autres, pollinisées par le vent ou l’eau se sont, au contraire, répandues davantage ». Les chercheurs sont inquiets car, « quelle que soit la cause retenue, l’étude suggère fortement que le déclin de quelques espèces peut déclencher une cascade d’extinctions locales parmi d’autres espèces associées ».

Le service gratuit que nous offrait les insectes butineurs depuis 140 millions d’années est donc en train d’être détruit en quelques décennies seulement.

Soyons honnête : si les journaux font état des résultats de cette étude, c’est bien parce que la baisse des populations d’insectes pollinisateurs a une incidence sur le plan économique (pour produire leurs céréales, les Etats-Unis songent déjà à élever des insectes pour pallier la disparition des espèces sauvages mais se désolent par avance du coût engendré et du manque à gagner).

Mais là où certains ne voient aujourd’hui qu’un problème financier, se cache aussi une vraie tragédie dont peu de journaux parlent. Car nul doute que la baisse des insectes pollinisateurs s’inscrit dans un phénomène plus ample qui touche l’ensemble des espèces animales et végétales de la planète.

Une espèce disparaît toutes les vingt minutes, à un rythme cent fois plus rapide que la normale. Affolant ! Personne ne sait encore quand viendra le tour de l’Homme. Mais on pourrait commencer d’avoir une petite idée, non ?

Cette affaire commence à sentir le roussi et va finir par me foutre le bourdon !

La pire des saisons ?

Je me demande si l’été n’est pas en train de devenir la pire des saisons !

Et dire que tout ça n’est peut-être qu’un avant-goût de ce qui nous attend demain !

Quelques degrés encore de plus et on imagine bien que cette chaleur pourrait vite devenir apocalyptique. Vous n’avez pas cette impression ?

Ces arbres qui nous enterreront

J’habite un petit village (Bussières en Haute-Saône) où il n’y a pas vraiment de patrimoine, tout du moins au sens où on l’entend habituellement. Les maisons n’ont pas une architecture remarquable et le château y est d’un style très moyen. Seule l’église sort un peu du lot (comme toutes les églises de Franche-Comté d’ailleurs qui sont toutes plutôt belles). Il y avait bien un superbe lavoir mais il a été transformé en petite salle des fêtes. Il y a aussi une fontaine mais sa réfection indispensable et son entretien courant sont sans cesse remis aux calendes grecques.

Alors, en matière de patrimoine, vu la pauvreté ambiante, on s’accroche à ce qu’on peut. Par exemple aux arbres qui font aussi, d’une certaine manière, partie de notre patrimoine. Il y a ainsi un arbre qui m’a toujours semblé donner un peu de cachet au centre du village. Il s’agit d’un marronnier. Oh, c’est loin d’être un arbre remarquable, au contraire, sa taille n’est pas très grande mais il est là depuis quand même pas mal du temps, on ne sait pas trop depuis quand au juste … ! Il a même une petite histoire, faite de petits riens : c’est là que les gamins installaient chaque année la crêche de Noël (j’étais de ceux-là il y a 45 ans), c’est aussi sous ses branches que quelques générations de jeunes garçons ont embrassé leur première fille (je ne dirai pas si j’étais aussi de ceux-la), car cet arbre a été aussi un lieu de rencontre.

Il y a cinq ans, la commune a pris un arrêté municipal pour le couper, sans vraiment de raisons apparentes. Il est possible que quelques vieux grincheux du coin (ceux que Brassens appelaient les « vieux cons ») aient été gênés par les feuilles mortes à l’automne. J’ai ouï dire qu’un expert avait trouvé l’arbre en mauvaise santé mais aussi qu’un contre-expert l’avait trouvé plutôt sain. Alors, allez savoir … ! Il aurait pu y avoir débat au sein du village mais la municipalité a pris une décision unilatérale et arbitraire, selon l’adage bien connu « qui veut couper son arbre l’accuse de la hache ! ».

En ville, les vieux arbres dépérissants, même dangereux, font l’objet d’attentions particulières, ce qui est la moindre des choses. Ainsi les arbres des parcs publics de Besançon. En milieu rural, au contraire, on s’en tape !

La décision était prise, mais l’arbre n’était pas encore coupé ! Quand je me suis étonné de la décision des élus, le maire de l’époque a reconnu que le conseil municipal était peut-être allé un peu vite en besogne et que l’abattage de l’arbre n’était pas forcément une bonne décision. Souhaitant même visiblement faire marche arrière, il m’a conseillé de donner mon avis dans le bulletin municipal. Ce que j’ai évidemment fait.

Les arguments de mon article étaient faciles : l’arbre avait une allure saine, il n’avait aucune branche morte, aucun signe extérieur de maladie, il avait surtout essuyé sans dommages les deux tempêtes de juin et décembre 99… Beaucoup d’habitants ont été de cet avis, d’autant que j’ai joué aussi sur la corde sentimentale en rappelant la petite histoire de l’arbre (voir ci-dessus). A la suite de l’article, ça a discuté un peu dans le village et les élus n’ont pas osé appliquer l’arrêté.

marronierbussieres.jpg

Aujourd’hui, l’arbre est toujours debout, en très bonne santé apparente. Et même en très bonne santé tout court, comme semble le confirmer le fait qu’il ait passé sans encombres la canicule de 2003 et n’en ait même pas subi les contrecoups. Par contre son sort n’est toujours pas complétement réglé car si la commune n’a pas osé le tronçonner (par conviction ou par peur de la réaction des habitants ?), elle n’a pas non plus annulé sa décision, de peur peut-être de se désavouer.

Quand je regarde aujourd’hui les protagonistes de cette histoire qui date d’il y a cinq ans déjà, je m’aperçois que les moustaches du Dédé ont blanchi, que le René, depuis son opération, n’a plus la démarche aussi sûre, que moi-même ai pris pas mal de rides et même quelques kilos superflus (mon « tronc » s’est épaissi mais de manière moins harmonieuse que celui d’un arbre) … mais que le marronnier se porte … comme un charme !

Dans un contexte haut-saônois où bon nombre de vieux arbres du département sont systématiquement éliminés, notamment le long des routes, je me dis que tous ces arbres, que l’on accuse d’être malades, si on les laissait vivre jusqu’à leur belle mort, enterreraient tous ces élus éphémères qui prennent à la hâte les décisions d’abattage… et peut-être enterreraient même aussi leurs descendants les plus proches !

C’est peut-être aussi ma petite fierté à moi, de penser que cet arbre, sauvé (pour l’instant) à la suite d’un tout petit article de rien du tout, va probablement me (nous) survivre !

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (5)

Suite de notre rubrique destinée aux naïfs qui croient encore que la baisse du niveau de vie, c’est pour tout le monde. Deux infos très récentes :

1 – Zacharias, patron de Vinci, n° 1 du BTP, se fait éjecter de son siège avec la coquette somme de 200 à 300 millions d’euros, plus peut-être 8 millions supplémentaires qu’il réclame à corps et à cris pour avoir réussi le rachat des autoroutes du sud de la France. Les journaux ont calculé qu’il avait mis de côté une somme représentant l’équivalent de 5 766 années de la rémunération moyenne d’un salarié de Vinci (source : Le Canard Enchaîné du 21 juin). Je viens de faire un petit calcul rapide : en se basant sur 40 annuités de travail par salarié et 2 enfants par couple, les petits Zacharias à venir vont pouvoir se rouler les pouces pendant toute leur vie, et ceci pendant 6 générations complètes. Les 64 Zacharias de la dernière génération à en profiter pourront donc remercier ce lointain aïeul qui avait travaillé si dur. Et à mon avis, comme je n’ai pas pas pris en compte les intérêts de la somme (trop dur à calculer !), les 128 pauvres petits Zacharias de la 7ème génération devraient aussi en profiter (je dis bien « les pauvres petits » car il n’est pas certain que « chez ces gens-là, Monsieur », on puisse vivre avec le salaire moyen d’un employé de chez Vinci).

2 – Le numéro Un européen de l’assurance Allianz a annoncé aujourd’hui la suppression de 7 500 emplois. Ceci dans un contexte où l’entreprise vient de faire, non pas un déficit, mais un bénéfice record de 4,9 milliards d’euros. Le responsable d’Alliantz, Gerhard Rupprecht, a déclaré sans rire que la suppression des emplois est « un pas douloureux mais nécessaire pour sécuriser la compétitivité durable d’Allianz » (source : LeMonde.fr d’aujourd’hui). Il fallait oser le dire !

L’Europe en marche. Pour le meilleur ou pour le pire ?

L’Europe continue d’avancer. Malgré les pieds de nez des Français et des Néerlandais. Malgré aussi l’arrêt du processus démocratique de consultation de la base (la plupart des Etats, qui craignent la contagion, ont arrêté de demander l’avis du bas-peuple sur la question de la constitution). L’Europe continue donc, comme si de rien n’était. Pour le meilleur et pour le pire.

Deux infos glanées dans leMonde.fr des dernières semaines :

1 – L’Agence Européenne des Médicaments (EMEA) s’est déclarée favorable, mardi 6 juin, à l’utilisation de l’antidépresseur Prozac chez les enfants âgés de 8 ans et plus en cas d’épisodes dépressifs majeurs. Le comité scientifique de l’EMEA a considéré que « le bénéfice de l’utilisation de Prozac dans cette indication l’emporte sur les risques potentiels ». La décision d’étendre la consommation du Prozac aux enfants s’appliquera à tous les pays de l’Union et devrait entrer en vigueur en France à la fin de l’année.

2 – La commission européenne travaille sur un nouveau réglement de l’agriculture bio. Si ce projet était accepté, l’Union Européenne tolèrera que les produits étiquetés « bio » puissent contenir des OGM et puissent être cultivés avec des produits chimiques comme les pesticides. En outre, selon le projet de la Commission, il sera interdit de mentionner sur les étiquettes qu’un produit a été soumis à des exigences supérieures au règlement européen. En gros, si le produit est réellement bio, il sera interdit de le dire ! Ce réglement pourrait sonner le glas de l’agriculture bio. Une première mouture du projet a été rejetée mais le dossier va être repris à partir du 1er juillet prochain.

Jusqu’à présent, j’étais persuadé que s’il y avait au moins un domaine où l’Europe allait dans le bon sens, c’était bien le domaine de l’environnement (directive habitats, oiseaux migrateurs…). J’ai subitement un doute.

On nous dit que l’Europe stagne à cause de la France. Mais les lobbies, qu’ils soient agricoles ou pharmaceutiques ne stagnent pas, ils continuent d’avancer.

Braves gens, vous pouvez une fois de plus dormir sur vos deux oreilles, nos élus européens veillent sur vous et votre santé !